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Réveil Communiste

Les communistes devraient soutenir Mélenchon, mais pas pour les raisons qu'on avance habituellement

13 Septembre 2026 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #2027, #Qu'est-ce que la "gauche", #GQ, #Réseaux communistes, #lutte contre l'impérialisme

Les communistes devraient soutenir Mélenchon, mais pas pour les raisons qu'on avance habituellement

De nouveaux les couteaux sont tirés entre le PCF et LFI, et en interne au PCF, à la suite de l’annonce de la candidature Roussel.

Cette polémique dans un verre d’eau ne va pas retenir beaucoup d’attention en dehors du petit monde des militants auto-centrés. Cependant on peut observer que ceux qui défendent le ralliement à Mélenchon au PCF, comme Elsa Faucillon, s’ils ont tactiquement raison parce que Mélenchon peut gagner et Roussel ne le peux pas, le font pour de mauvaises raisons. Ainsi par exemple j’ai pu visionner l’intervention d’une jeune militante de cette tendance qui reproche principalement au secrétaire du PCF de ne pas vouloir régulariser tous les sans papier. Or c’est précisément pour avoir préconisé ce genre de mesure que Mélenchon risque de perdre, au second tour contre le RN.

De même d’acres reproches sont lancés à Roussel sur le thème qu’il diviserait la gauche et empêcherait à nouveau qu’elle soit présente au second tour. Or il est clair que l’électorat résiduel du PCF, de quelques 600 000 voix, si on l’écoute s’exprimer sur les réseaux sociaux, ne votera jamais pour Mélenchon au premier tour, et pour ce qu’il en est de ses éléments les plus sionisés, qu’ils voteront contre lui au second tour, même pour le RN !

Donc si j’étais un militant LFI je ne perdrais pas mon temps à jeter du fumier sur le PCF. Ce n’est pas à cause de ce parti que Mélenchon a raté deux fois le second tour de peu, mais à cause de lui-même.

Le « wokisme » de plus en plus anachronique de Mélenchon et surtout de ses partisans est un problème à contourner plutôt qu’à prendre de front, car il reflète les illusions identitaires du noyau dur de son électorat. La candidature Roussel s’il s’en était donné le moyen – mais sa défaite aux législatives face à un inconnu du RN montre qu’il ne l’avait pas fait - aurait d’ailleurs pu être effectivement comme il l’affirme aujourd’hui conçue de telle sorte qu’elle ne prenne aucune voix à Mélenchon ni à la gauche, mais qu'elle viserait en premier lieu les abstentionnistes de la classe ouvrière et les électeurs occasionnels du RN, qui une fois rassemblés auraient pu se reporter sur un candidat tel que Mélenchon – si celui-ci de son coté , voulait bien faire un effort pour être prolo-compatible, ce qui n’est pas acquis, car il n’est pas acquis qu’il vise la victoire, au-delà de son rôle de grande gueule d’opposition ...

Mais Roussel s’est montré si veule et si lâche sur les questions de l’OTAN, de l’UE, de la guerre en Ukraine, et sur Gaza, qu’il ne faut pas attendre grand chose de lui ni pour remobiliser le prolétariat ni pour apporter de la substance au débat. Au pied du mur on a vu le maçon, et on a vu qu’il était prêt à tous les compromis pour passer à la télé, prouvant ainsi non seulement son opportunisme mais aussi son incompréhension des nouvelles formes de la communication politique.

Comme toujours depuis la chute de l'URSS et l'effacement de Georges Marchais, le PCF montre qu’il a toujours une ou deux guerres de retard.

Quant à LFI , il se crée tant de handicaps qu’il ne pourra gagner que grâce à l’extrême détestation qui monte envers tous les candidats du centre macroniste ou Macron-compatible, et de sa gauche d'accompagnement. Et grâce au discrédit qui commence à toucher le RN, au vu de ses virages à 180 degrés sur l’UE, l’OTAN, de l'abandon de ses promesses sociales et de l’incompétence de ses candidats.

GQ, 9 septembre 2026

PS : la tendance du PCF qui veut se rallier à Mélenchon sans condition au premier tour, qui regroupe les anciens refondateurs et les partisans de l'ancien secrétaire, Pierre Laurent, est idéologiquement très proche de la base petite bourgeoise des Insoumis (elle en est même sans doute la principale composante militante), et n'apporte donc rien d'original qui pourrait contribuer à la construction d'un bloc politique victorieux.

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L
Pourquoi il ne faut pas voter Melenchon aux deux tours sauf pour les droitiers qui méprisent la discipline et la loyauté au mandat militant ? Tu l’as mis en PS « : la tendance du PCF qui veut se rallier à Mélenchon sans condition au premier tour, qui regroupe les anciens refondateurs et les partisans de l'ancien secrétaire, Pierre Laurent, est idéologiquement très proche de la base petite bourgeoise des Insoumis (elle en est même sans doute la principale composante militante), et n'apporte donc rien d'original qui pourrait contribuer à la construction d'un bloc politique victorieux. » La honte de voter comme eux et contre le front de classe !
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L
Je trouve ce texte intéressant parce qu’il met lui-même en lumière les contradictions de LFI, mais c’est précisément pourquoi sa conclusion me paraît profondément contradictoire avec une analyse marxiste.<br /> <br /> Et a fortiori marxiste léniniste et donc communiste !<br /> <br /> Vous reconnaissez que LFI repose largement sur une petite bourgeoisie militante, que son « wokisme » peut éloigner une partie du monde ouvrier, que son programme ne s’attaque pas véritablement au pouvoir économique et que Mélenchon peut lui-même être fluctuant sur plusieurs questions. Mais vous en déduisez malgré tout que les communistes devraient le soutenir au nom de sa supposée capacité à gagner.<br /> <br /> C’est ici que la distinction entre tactique et stratégie devient essentielle. Le marxisme ne demande pas seulement quel candidat peut obtenir le meilleur résultat électoral à un instant donné. Il demande quelle politique permet de reconstruire durablement le rapport de forces entre le capital et le travail.<br /> <br /> L’expérience du PS de Mitterrand, Jospin et Hollande devrait justement nous rendre prudents : une gauche peut accéder au gouvernement, prendre des mesures sociales importantes et néanmoins rester enfermée dans les limites de l’accumulation capitaliste et finir par appliquer des politiques compatibles avec les intérêts du capital. Ce n’est pas une question de sincérité personnelle, mais de rapports de forces et de structures.<br /> <br /> Mélenchon peut être plus radical que le PS, dont il est le produit issu du lambertisme comme Jospin, tenir des positions justes sur la Palestine ou certaines questions internationales, et pourtant rester dans l’horizon d’une gauche réformiste radicale. Être plus radical que la social-démocratie ne signifie pas devenir communiste.<br /> <br /> Surtout, pourquoi demander au PCF de devenir une force auxiliaire de Mélenchon ?<br /> <br /> Le monde du travail n’a pas besoin d’un candidat qui cherche à être « prolo-compatible »allèles qu’il est de l gauche culturelle anti ouvrière : le PCF a besoin de redevenir lui-même une force politique organisée.<br /> <br /> C’est tout l’enjeu du communisme de conquête. En 2027, plutôt que de dissoudre une nouvelle fois l’autonomie communiste dans le vote utile opportuniste, construisons un véritable front de classe, critique et rassembleur, mais à partir d’une force communiste autonome, de ses propositions, de ses militants et du monde du travail.<br /> <br /> La colère existe. Notre responsabilité est de la transformer en conscience, la conscience en organisation et l’organisation en pouvoir. Sinon, nous laisserons encore une fois à d’autres le soin de parler au nom de ceux que nous devrions aider à devenir eux-mêmes une force historique. Je voterai donc Fabien Roussel, démocratiquement désigné par un processus statutaire d’un parti et par le haut d’un mouvement télé.<br /> <br /> Fraternellement, je pense que le véritable débat n’est donc pas « Roussel ou Mélenchon peut-il faire le meilleur score ? », mais bien : quelle stratégie permet de reconstruire une majorité populaire capable de transformer réellement la société et d’ouvrir la voie au socialisme ? Et Melenchon ne garantit rien et bien au contraire !
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R
Faire 2% ou 20%, ce n'est pas la seule mais c'est une vrai question ...
Z
100% d'accord, en ajoutant : un communiste vote "communiste" au premier et reste à l'écart au second tour s'il n'est pas qualifié. Encore faut-il le dire pour assurer la sincérité des votes communistes. Assez d'union et de vote utile ce qui à conduit de Mitterrand à Jospin, Hollande et Macron, en faisant élire Borne, Philippe et en invitant le MEDEF au barnum de Brétigny;
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R
tes convictions sont honorables mais le reste d monde ne s'en soucie guère
S
C'est ce que je fais depuis que j'ai l'âge de voter. Vote communiste au premier tour, et abstention au second tour sauf si l'extrême-droite est au second tour et un parti de gauche est présent. Faire barrage, et voter pour le mieux placé, je laisse ça aux autres, moi je vote pour mes convictions.
S
Et donc cher Gilles, on fait quoi CONCRETEMENT ? "On" c'est à dire les militants PCF, LFI. <br /> Bien fraternellement<br /> PS
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R
Vote Mélenchon au deux tours sans illusions mais déterminé