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Réveil Communiste

Faudrait-il réviser notre position sur l'immigration ? Wagenknecht, ou Mélenchon ?

15 Mai 2026 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #classe ouvrière, #GQ, #Élections, #Qu'est-ce que la "gauche", #2027, #Théorie immédiate

Faudrait-il réviser notre position sur l'immigration ? Wagenknecht, ou Mélenchon ?

Faut-il réviser notre position sur l’immigration au vu de développements récents de la situation économique sociale et politique en France et dans quelques pays similaires?

Nous défendons depuis plus de dix ans sur cette question ainsi que sur d'autres (notamment l'insécurité) des positions originales qui nous font régulièrement accuser de tendances "rouges-brunes", pour le moins, par les militants de la gauche mainstream. Aussi minables et de mauvaise foi que soient de tels amalgames, cela ne va pas sans un coût politique et une certaine marginalisation, voire une marginalisation certaine.

Nos raisons théoriques fondamentales pour faire ce choix sont que l’immigration est à la base une politique du capital pour affaiblir la classe ouvrière, et une politique de l’impérialisme pour exploiter les pays du Sud et de L'Est.

Mais la raison décisive qui nous a concrètement poussé à risquer une mauvaise réputation si dommageable est politique : pour réunifier la classe des travailleurs actuellement scindée en deux camps qui se haïssent et ne peuvent en aucun cas s'unir, pour simplifier brutalement, entre les immigrés qui votent LFI et les autochtones ou les intégrés qui votent RN, et pour les ramener à un vote en faveur du socialisme, il faut faire à l'intention des seconds cette concession (évidement, autre condition, il faut des partis de gauche qui visent le socialisme, mais c'est une autre question).

Au fond c'était déjà la positon du PCF de Marchais au début des années 1980. On est contre l'immigration pour de bonnes raisons mais surtout au bout du bout parce que les ouvriers sont contre l’immigration et qu'on est le parti des ouvriers.

Mais il y a des problèmes de fond qui surgissent quand on adopte cette position.

D'une part elle ne semble pas politiquement très efficace dans les condition actuelles. Sarah Wagenknecht (SW) en Allemagne n'a pas réussi, en partie sur cette base, à remplacer le parti Die Linke, parti de la gauche historique complètement dégénéré par un nouveau parti plus proche des ouvriers. Aux récentes élection au Bundestag SW reste sous la barre des 5%, et Die Linke qui paraissait en voie de disparition électorale remonte à près de 9%. Je m'attendais plutôt au résultat inverse.

D'autre part cette position controversée serait-elle juste, et en théorie elle le reste, il faudrait tenir compte de la force militante qui serait chargée de la mettre en œuvre, et il faut bien dire qu'elle est remontée comme une pendule contre toute critique même prudente, nuancée ou marchand sur des œufs de l'immigration et de ses conséquences. Lever les yeux au ciel et se lamenter de la mauvaise qualité de cadres militants de la gauche actuelle ça ne va résoudre aucun problème si on en reste obligé peu ou prou à solliciter leur concours pour mettre en œuvre son programme.

Mais surtout le paysage politique français vient de changer considérablement depuis deux ou trois ans. La politique immigrationniste de la grande bourgeoisie bien illustrée par des régimes comme ceux de Hollande-Macron, Obama - Biden, ou de l'establishment anglais dans son ensemble qui avait connu une foudroyante accélération à la fin des années 2010, vient de subir un coup d’arrêt très marqué au moins aux États-Unis, et des courants bourgeois fascisants conséquents sont apparus à nouveau des deux cotés de l'Atlantique, alors que jusqu'au milieu des années 2010 ils relevaient largement du fantasme. Ils s'appuient maintenant sur une large fraction des médias bourgeois pour faire avancer l'agenda identitaire anti-immigrationniste, et dans leur cas, anti-immigrés. Ils sont de partie liée avec le lobby sioniste, furieusement hostiles aux musulmans et remplis de préjugés anti-africains - et particulièrement à l’Algérie et aux algériens - et se déchainent depuis le début de la guerre de Gaza.

Depuis l'époque de Georges Marchais, le plan migrationniste de la bourgeoisie occidentale, européenne et nord-américaine a été scrupuleusement mis en œuvre et il a atteint des résultats probablement irréversibles. Il y a des raisons de penser que dans tous les grands pays d'Amérique du Nord et d'Europe de l'Ouest la classe ouvrière au sens strict, comportant travailleurs ouvriers industriels, et travailleurs manuels ou exposés à des risques majeurs et des conditions de travail pénibles est très majoritairement maintenant d'origine immigrée, et un fort contingent, près de la moitié des classes moyennes, dont les fonctionnaires, qui forment le noyaux dur de ce qui subsiste de l'électorat de gauche l'est également.

Alors si les prolétaires autochtones sont en voie de disparition, ou si ce qui en reste forme un noyau xénophobe idéologiquement endurci et fanatisé il n'y a peut être pas de raison de leur faire de concessions, bien qu'ils aient raison sur le caractère fondamentalement antisocial du phénomène migratoire. Que faire avec des gens qui refusent des politiques sociales qui leur seraient favorables parce que des Algériens en bénéficieraient aussi ?

Le grand remplacement a déjà eu lieu et on se retrouve avec un prolétariat de facto immigré dont les porte-paroles bureaucratisés se sentent attaqués lorsqu’on critique l’immigration en montrant qu’elle consiste en une opération des patrons et de la bourgeoisie pour exploiter davantage et pour diviser politiquement la classe ouvrière.

SW avait tenté de ramener Die Linke sur une position plus proche de la classe ouvrière en proposant un contrôle de l'immigration, et elle s'est retrouvée poussée de plus en plus à défendre ce qui apparaissait comme un discours identitaire allemand - lequel était d'ailleurs justifiable s'il fallait empêcher la nation allemande de se lancer dans une guerre suicidaire avec la Russie. Ce qui a rouvert un certain espace politique à Die Linke, malgré son peu de mérite pour défendre les ouvriers, les travailleurs et la paix - et son infiltration par les agents des services de  l'OTAN (revélée par Wikileaks).

En France la question se pose d'une manière un peu différente. Essentiellement, le débat, pollué de toutes sortes d'ingérences, tourne autour de la question :  faut-il oui ou non se regrouper autour du seul candidat électoralement sérieux, Mélenchon, pour le premier tour 2027 ?

A ce moment là de la discussion on voit surgir un déchainement de réactions qui incriminent l'intéressé de toutes les façons, parfois loufoques et d'une mauvaise foi intégrale bien caractéristiques du niveau de militantisme dégénéré décrit ci-dessus, mais aussi parfois parfaitement justifiée. En un mot, sérieux ou pas en terme de potentiel électoral, Mélenchon n'est pas un nouveau Lénine, ni un nouveau Chavez. Il n'a pas été à assez bonne école pour cela.

Mais il est bien clair que ceux qui à gauche accusent Mélenchon et son organisation de verser dans le "wokisme" ne lui reprochent pas son conformisme en matière sociétale, qu'ils partagent aussi pour la plupart, ce qu'ils lui reprochent c'est sa position antisioniste intransigeante, et cela est un signe sans équivoque qui témoigne de leur soumission à l'ordre du monde tel qu'il est. Si un politicien de gauche estime qu'il est urgent de participer à la chasse au Dahu antisémite organisée par Israël et ses prolongements dans les lobbys occidentaux, il révèle immédiatement qui il est, et quel est le niveau de confiance qu'on peut lui accorder. Si peu qu'on puisse en accorder à Mélenchon, ce sera toujours mille fois plus.

Contrairement aux autres qui partagent avec lui l'idéologie informe de la nouvelle gauche et qui comme lui esquivent les questions essentielles, l'Europe, l'OTAN, l’impérialisme etc, Mélenchon semble posséder une colonne vertébrale. Et c'est bien ce qui explique sa capacité de rassemblement.

Sans doute a-t-il tourné le dos à la formule magique qui lui a permis de percer en 2017 : allier la gauche radicale (petite bourgeoise) au souverainisme (petit bourgeois aussi d'ailleurs). Cela dit les inflexions patriotiques épisodiques de son discours montrent aussi qu'il peut y revenir. 

Toujours est-il qu'il existe politiquement, qu'il offre une alternative qui est paradoxalement validée par la violence des réactions qu'il suscite et qu'il est bien le seul dans ce cas. Et ce serait donc dans cette direction là qu'il nous faudrait faire des concessions.

Voilà où en sont mes provisoires réflexions sur cette question d'une grande quantité d'importance.

GQ, 4 mai 2026 PS Cet article est une "autoréponse" et en partie une autocritique de celui-ci : 

https://www.reveilcommuniste.fr/20

la gauche pour atteindre ses objectifs politiques ne devrait pas donner l'impression de favoriser les migrations

PS Dans un des commentaires ci-dessous on se gausse de cette nouveauté : se faire à soi-même des "autoréponses". Et bien quand des réponses il n'y en a pas de bonnes il faut bien se résoudre à lees donner soi-même.
 

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R
Avant de faire des propositions, un prérequis : régulariser tous les travailleurs sans papier, ils travaillent, cotisent , produisent mais n' ont même pas droit a une carte vitale pour bénéficier des remboursements maladie . Sinon les propositions que faisait Georges Marchais qui lui avaient valu f ' être traité de raciste sont plus que jamais d' actualités : ZERO immigration hormis pour les personnes relevant du statut de réfugié, dont la vie pour diverses raisons est en danger dans leur pays . Les seuls vrais bénéficiaires se sont les patrons , le MEDEF d' ailleurs réclame 3; millions d' immigrés supplémentaires d' ici 2030
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R
Je n' ai peut être pas été assez clair : je propose de régulariser ceux qui travaillent actuellement et de refuser tout nouvel entrant cela évitera l' effet appel d' air . Pour ce qui concerne les réfugiés, il existe des accords internationaux signés par la France avec des critères d' admission il suffit donc de respecter cela et seulement cela .. si il y a afflux de demande il suffit de faire comme les préfectures le font actuellement pour les sans papiers fixer un délais d' examen du dossier et expulser le demandeur une fois le délais passe' . Ne rien faire c'est laisser se perpétuer une terrible injustice en acceptant cet esclavage moderne en faisant travailler des étrangers sans qu ils puissent bénéficier des prestations sociales comme les travailleurs Francais ,
R
Comme l'a fait remarquer Bruno Drweski dans un autre commentaire il est très difficile en pratique de tracer une ligne nette entre sans papiers et immigrés légaux et même entre immigrés et autochtones. Si on régularise tout le monde ou presque, on crée forcément une incitation pour que d'autres tentent l'aventure, et si on fait exception pour les réfugiés, on verra comme c'est le cas aujourd'hui une multiplication de demandes plus ou moins fondées. Le seul moyen de diminuer vraiment la nouvelle immigration dans les conditions économiques et politiques actuelles, c'est de publiciser des mesures de répression, et de compter sur l'indignation des bien pensants comme caisse de résonance.
R
Mélenchon est une girouette opportuniste ayant vécu confortablement de la politique. Son antisionisme de façade ne lui a d'ailleurs guère attiré d'ennuis comparé à d'autres... Ce n'est qu'un dispositif utile au pouvoir dominant, servant de repoussoir à la critique révolutionnaire du nationalisme chauvin sioniste. Il ne fait que flatter les tendances racistes présentes au sein d'une partie des immigrés. Il en rajoute d'ailleurs une couche avec le racisme anti-blanc tout aussi repoussant que les autres formes de racisme. Il est désormais le candidat du racialisme visant à scinder le prolétariat et joue à cet égard une partition inquiétante ("la nouvelle France" : odieux) dont se réjouissent les factions fascisantes occidentales en leur donnant du grain à moudre. Cela empêche par ailleurs le développement d'une analyse sérieuse de ce qu'il faut bien appeler clairement l'idéologie islamo-fasciste présente au sein de l'immigration (c'est avant tout cette idéologie que rejettent les prolétaires français sans savoir la nommer et non par conviction racialiste) et dans la plupart des pays musulmans y compris à Téhéran où l'on a défiguré le Shî'îsme en y instaurant une parodie de celui-ci. <br /> Quant à Sarah Wagenknecht elle est sur la bonne voie, elle a frôlé les 5% (très suspect) et je crois que sa demande pour recompter les voix n'a pas été admise ; il y a fort à parier que le pouvoir préfère Die Linke...
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R
Mélenchon est ce qu'il est, c'est peut être sans doute même un nouveau Tsipras, mais il représente actuellement la seule alternative à l'extrême droite ou à l'extrême centre et à leurs politiques ultralibérales et belliciste ( contre les Arabes, ou contre les Russes).
M
C’est bien les auto -réponses pour se persuader (alors qu’on se revendique pur et dur pour le communisme sic!) qu’on a raison de soutenir un candidat qui dit populiste et ne défend même pas le socialisme et encore moins la visee communiste quand on critique sans nuance ceux qui en proposent le chemin <br /> Mais Puisque c’est fait pour te convaincre toi même y a rien à dire ( humour!)
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D
Indépendamment de l'aspect moral et/ou affectif que la question de l'immigration véhicule, il faut aussi, quand on traite ce sujet, prendre en compte ces données indestructibles à l'étape actuelle : 1/ Comment faire face au vieillissement de la population et donc de la main-d'oeuvre puisque les politiques natalistes sont à trop long termes pour les capitalistes et que, de toute façon, elles ne fonctionnent pas dans le contexte social actuel 2/ Comment éviter les migrations quand le désordre capitaliste mondialisé impose la ruine, le pillage et la guerre dans les pays représentant presque 80% de la population mondiale, voire plus si l'on ajoute les périphéries des pays "développés" (Europe de l'Est et du Sud etc.) 3/ Comment mener une lutte contre l'immigration sans mener une lutte contre les immigrés ? 4/ Sur le plan social, familial, affectif, culturel, identitaire, politique, il n'y a souvent pas de limite précise entre l'immigré et sa famille née ici, donc, sociologiquement et politiquement, cela forme un continuum, qui englobe aussi souvent les familles mixtes et les copains de lycée ou du boulot, voire les voisins 5/ Comment ne pas réagir à ce désarroi civilisationnel, idéologique et culturel dû au capitalisme tardif, impérialiste, guerrier et néocolonialiste sans provoquer un dégoût à l'égard de l'Etat, de la culture "nationale" officielle et de sa légitimité ? 6/ Comment, du coup, ne pas être tenté de "regarder en arrière" de façon réactionnaire, aussi bien chez les "autochtones" que chez les "immigrés" plutôt que de "regarder en avant" de façon progressiste vers un modèle qui ne pourra être que internationaliste et donc internationalisé, c'est-à-dire proposant des solutions qui sont impraticables à l'échelle uniquement nationale à cause de la mondialisation des flux économiques et des modes culturelles ? <br /> PS. Le vrai parti des masses et des ouvriers ce n'est ni LFI ni le RN ni aucun autre, c'est le "parti" des abstentionnistes", ce qui en dit long sur l'absence d'espoir et de conviction de tous dans l'avenir. Et donc de l'absence de vraie réponse des uns et des autres face aux questions posées dans l'article et ici plus haut.
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C
@drewski Merci pour votre commentaire qui une fois encore donne de la profondeur aux questions posées par Réveil communiste.<br /> <br /> En effet : avec le chaos mondial provoqué par l'impérialisme et le déficit démographique qui met en péril notre modèle social, l'immigration maîtrisée ou pas s'imposera.<br /> Aussi ne faudrait- il pas politiser le parti de l'abstention pour le préparer à l'internationalisme communiste ?<br /> <br /> Ce que j'entends par là c'est l'organisation d'un vrai parti prônant l'abstention qui dénoncerait la mascarade electoraliste qui ne change pas la politique tant que nous restons dans le carcan européen et otanien. <br /> <br /> En gros un parti anti-impérialiste, anti- électoraliste ( provisoirement) qui ferait de l'éducation populaire en parlant et partant des préoccupations des citoyens. Son approche de l'immigration serait évidemment anti- impérialiste( en évoquant les causes et motivations des changements de " regime"), anti- capitaliste et poserait la nécessité de l'intégration sociale , politique et syndicale de cette main-d'oeuvre exploitée.