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Réveil Communiste

La tendance T 34 sur les réseaux anglo-saxons

25 Août 2026 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #États-Unis, #Royaume-Uni, #Réseaux communistes, #Théorie immédiate, #Front historique

Tankistes de tous les pays, unissez-vous !

Tankistes de tous les pays, unissez-vous !

La tendance communiste T 34  qu’est ce que c’est ?
 

Pour ceux qui l’ignorent, le T 34 est le modèle de tank mis en service dans l’Armée rouge juste avant l’invasion nazie de l’URSS, en juin 1941, un adversaire imprévu pour la Wehrmacht, une très mauvaise surprise pour des envahisseurs arrogants et imbus de leur supériorité.

Pendant longtemps la gauche qui est essentiellement pacifiste a préféré penser que l’on pouvait se passer d’armes de cette sorte dans la lutte mondiale contre le capitalisme et l’impérialisme. Ce n’est pas notre opinion, comme on sait si on nous fréquente un peu.

Alors on va caractériser comme « T 34 » notre tendance, qu’on désigne d’habitude plutôt comme « stalinienne », ou « orthodoxe », ou « campiste », et par d’autres désignations péjoratives destinées à nous reléguer hors du discours politique légitime.

Avec le recul historique le sens des grands événements paraît plus clairement. Ainsi Robespierre a dû séjourner un siècle dans le purgatoire des historiens avant que chacun, pour ou contre d’ailleurs, comprenne qu’il est inséparable de la Révolution.

Il devient de plus en plus difficile de séparer les aspects négatifs et positifs des révolutions par des positions théoriques, pour n’avoir à assumer que les seconds, alors qu’ils sont unis par la nature contradictoire même de la réalité historique et géographique où ils sont apparus .

Ainsi qui croirait dans l’univers bien gentil des pédagogies centrées sur l’élève que Djerdjinsky, le fondateur de la redoutable police politique soviétique, la Tchéka, et Makarenko, le pionnier de la pédagogie active, sont les deux faces d’une même médaille ?

La Tchéka avait en effet parmi ses responsabilités la nécessité de gérer les millions d’orphelins errants générés par la guerre civile en Russie entre 1917 et 1922. Reconnaissants envers le "premier maitre", les élèves qu'il a tirés par milliers de la steppe glacée furent d’ailleurs nombreux à intégrer les services du NKDV.

Les Anglo-saxons, au moins depuis la contre-révolution manquée à Budapest en 1956 ont trouvé un terme dépréciateur pour désigner les communistes qui refuseraient de prendre leurs distances avec le socialisme réel : les « tankies ». Ce terme traduirait assez bien la notion de « non repenti » et de non dissocié, qu’on peut reprendre à l’histoire de la lutte armée en Italie. Ceux qui en prison, dans les années 1980, refusaient de collaborer avec la police et de désavouer leur camarades encore actifs.

Pour revenir au sujet, l'image du char d’assaut utilisé contre la foule est en effet un des mèmes les plus courants de la propagande anticommuniste, de Budapest à Tien An Men.

Depuis longtemps il y a en Occident une extrême-gauche confortable qui veut la fin, le communisme, sans les moyens, la répression des partisans du capitalisme. Leur impertinence et leur manque de substance autre que confusionniste est flagrante. On y trouvera en vrac les trotskystes, les anarchistes, les révisionnistes khrouchtcheviens, les maoïstes de salon, les orwéliens, les héritiers de l’idéologie situationniste et les adeptes du sport de combat de rue, les fabuleux Black Blocs que la police n'attrape jamais. Ce qui ne signifie pas que tous les individus qui « s’identifient » ainsi sont forcément mauvais ; mais la triste réalité c’est qu’ils n’arriveront jamais à un résultat dans le monde matériel, au moins parmi leurs buts affichés.

Le scandale Chomsky-Epstein en est peut être l’illustration finale. Cette figure intellectuelle très respectée de la contestation anticommuniste de gauche du capitalisme dans le monde intellectuel anglo-saxon, et au-delà, est apparue à la surprise horrifiée de ses admirateurs comme une créature à double face, prête à se compromettre par naïveté avec l’agent du Mossad et prédateur sexuel international sioniste et suprématiste juif. Par contraste la figure du tankie devant l’Éternel, le célèbre professeur et vulgarisateur du matérialisme historique qui vient de décéder, Michael Parenti, prend son véritable relief.

Sur l’Internet toutes les tendances de toutes les idéologies ont leur chambre d’écho. Donc sans doute ne faut-il pas exagérer l’influence de ces militants des réseaux sociaux pour qui l'URSS et même Staline ne sont plus des épouvantails, mais des sources de fierté, ni l'apparition d'un concurrent du CPUSA, le PC historique des USA fortement wokisé, d'un "American Communist Party", pour "communistes MAGA" qui scandalise beaucoup le milieu militant traditionnel, et dont la percée sur les réseaux est manifeste.

On pourrait trancher la dispute entre les deux formations en proposant que les communistes des États-Unis, qui semblent de plus en plus nombreux,  se répartissent ainsi : que tous les hommes et toutes les femmes s'inscrivent à l'ACP, et que tous les autres restent au CPUSA!

Mais leur apparition sans complexe dans l’aire culturelle anglo-saxonne dominante de l’Empire est tout de même le signe d’une grande mutation idéologique. Et ce qui caractérise la chambre d’écho des staliniens de Tik Tok ou de FB, c’est qu’il s’agit là moins de posture et de scandale attrape-clic (pour choquer le bourgeois aux États-Unis il suffit de préconiser de lui faire payer des impôts), et un peu seulement d’une pulsion juvénile de transgression. Il s’agit surtout d’imposer sans complexe d’infériorité dans la réalité médiatique le socialisme de l'homme de la rue, dans ce qu’il a de banal, trivial, vulgaire, quotidien, plébéien, impénitent et inesthétique : éducation, santé et logements gratuits, propriété collective des réseaux de services publics et des moyens de production, salaire minimum garanti, expropriation des riches et élimination "en tant que classe" des super-riches qui ont fait sécession de la société humaine. Le capitalisme totalement dérégulé infligé au peuple américain lui ouvrirait enfin les yeux !

Et bien il semble que dans la dernière génération, dite « gen Z », on trouve de plus en plus de  socialistes et de communistes prêts à reprendre à zéro l’histoire des révolutions prolétariennes réelles, et à examiner leurs résultats sans préjugés, loin des utopies bourgeoises, verbeuses et individualistes de la french theory ...

La chambre d’écho stalinienne qui se développe aux États-Unis et dans le reste de l'anglosphère n’a pas pour fonction pour ceux qui vont y faire un tour de se fantasmer comme un génie, un surhomme ou un soldat rouge mais de remettre sur le tapis les revendications des tous les hommes et ça va sans dire de toutes les femmes ordinaires. Au dépens des caprices idéologiques de la petite-bourgeoisie et de ses intéressantes minorités.

GQ, 18 février 2026 - relu le 25 août

PS: Poursuivant le travail de vulgarisation de Michael Parenti dans une ère nouvelle, les algorithmes de Tik Tok et de Facebook vous conduiront à tomber sur les chaînes hautes en couleur de Lady Izdihar, et de Madeline Pendelton, deux jeunes femmes solidement documentées malgré leur apparence d'influenceuse de mode perchée, du cuisinier « athée-déiste » à la barbe fleurie qui veut emprisonner tout le Congrès, du grognon retourné au pays natal "Grumpy Chinese", de l'escadrille des influenceurs de l'ACP (Professor Garrido, Midwest communist, Haz Al Din, etc; ) et du maitre en déconstruction de l'anticommunisme "Pissed Magistus" pour ce qui est des plus originaux de la  province néo-stalinienne des réseaux anglo-saxons. Dans un genre plus classique, Joti Bar, dirigeante des marxistes léninistes britanniques aligne des analyses impeccables, (au moins en théorie) avec son accent d'Oxford.


 

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J
Le T34 est par ailleurs le symbole de la supériorité de la planification socialiste. Pas cher, facile à produire en masse, ingénieux (un des premier tank à blindage incliné) et capable au moment de sa sortie de perforer l'intégralité des blindages allemand.<br /> <br /> Pour le contrer les nazi se sont fait fourguer par leurs firmes capitalistes les Tiger et autres Panther, chef d'oeuvres d'ingénierie hors de prix, dont la logistique fut cauchemardesque: trop lourds pour les ponts, besoin de wagon ad hoc pour le transport, pièces détachées incompatibles avec ancienne génération...<br /> <br /> A tel point que, selon la légende, quand les ingénieurs demandèrent à Guderian quel genre de blindé il avait besoin pour gagner la guerre il répondit en désignant un T34 capturé: "quelque chose comme ça!"
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L
Merci pour cet article stimulant, dont je partage largement la critique du gauchisme occidental : vouloir le communisme sans affronter les rapports de forces, l’État, la propriété, l’organisation et les conditions matérielles de la conquête du pouvoir conduit effectivement à une politique de témoignage plus qu’à une stratégie de transformation. J’aurais néanmoins une réserve fraternelle sur la métaphore du « T-34 ». Elle rappelle utilement qu’une révolution ne se déroule pas dans un monde sans adversaires et qu’elle doit pouvoir se défendre. Mais le risque serait de réduire la question communiste à la force coercitive. La vraie question est : force de quelle classe, au service de quel projet, avec quelles institutions et quel rapport aux masses ?<br /> <br /> J’ajouterais surtout qu’il faut sortir d’une vision caricaturale de l’URSS. L’Union soviétique, fondée en 1922, n’est pas seulement l’image du char et de la guerre : c’est une expérience historique de près de soixante-dix ans, qui a transformé une société arriérée en puissance industrielle, contribué de manière décisive à la défaite du nazisme et des fascismes orientaux construit des rapports sociaux qui ont durablement marqué le XXe siècle. Et en mars 1991, lorsque les citoyens soviétiques furent consultés, 76,4 % des votants se prononcèrent pour le maintien d’une Union soviétique. C’est un bel hommage à Staline alors que la bureaucratie anti stalien’e restaurait le capitalisme et abolissait les acquis du socialisme pour devenir des oligarques et des ploutocrates. Sa disparition ne peut donc être simplement racontée comme le rejet populaire du socialisme. Au contraire.<br /> <br /> Il me paraît également utile de prendre au sérieux les contradictions internes de cette expérience. Le débat ouvert par les « Problèmes économiques du socialisme en URSS » de 1952 reste essentiel : Staline y distingue production marchande et production capitaliste et insiste sur le caractère limité de la loi de la valeur dans une économie socialiste où les moyens de production sont socialisés. Les réformes khrouchtchéviennes ont pris le contrepied économique des réflexions de Staline de 1957-1958 — sovnarkhozes, décentralisation et vente des moyens des stations de machines et tracteurs aux kolkhozes — méritent donc d’être étudiées comme des inflexions économiques et institutionnelles, et non comme de simples détails administratifs. A cette période Khrouchtchev avait exclu en 57 les « anti partis » (Molotov, Kaganovitch,…) et exécuté Imre Nagy en 58, comme il avait exécuté Beria et les inspecteurs du NKVD ayant restauré la légalité socialiste après l’ère de Iejov en 53.<br /> <br /> Le XIXe congrès du KPRF de 2025 vient d’ailleurs de donner à cette discussion une actualité politique : sa résolution demande de rétablir la « pleine justice historique » à l’égard de Staline et juge le rapport Khrouchtchev de 1956 politiquement biaisé, tandis qu’elle considère comme destructrices pour le socialisme certaines décisions du XXIIe congrès. Cela mérite débat, y compris critique, mais ne peut être ignoré si l’on veut comprendre les évolutions actuelles du mouvement communiste russe et international.<br /> <br /> C’est pourquoi je préférerais finalement dépasser le face-à-face entre « gauchistes » et « tankies ». Lénine nous apprend la conquête du pouvoir, Lukács la totalité et la conscience, Gramsci l’hégémonie, Poulantzas la matérialité de l’État, Mariátegui l’enracinement historique, Namboodiripad et García Linera les contradictions de la transformation institutionnelle. La question n’est donc pas seulement de savoir si une révolution sait se défendre : c’est de savoir si elle sait construire, produire, gouverner, transformer les rapports de propriété et faire durablement des masses le sujet de cette transformation. L’URSS a été une expérience utile sous Staline.<br /> <br /> Ne plus avoir honte de l’histoire soviétique, oui ; la mythifier, non plus. L’analyse critique y compris de Khrouchtchev et Gorbatchev s’impose. L’enjeu des communistes est précisément de tirer les leçons de ses réussites comme de ses contradictions pour construire une stratégie nouvelle, adaptée aux sociétés développées du XXIe siècle. Et aujourd’hui la Chine est très utile, comme le Vietnam.
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J
C'est vrai qu'entre les vidéastes que vous avez cité et les forum style leftypol et le ACP il y a un regain marxiste léniniste non repenti aux USA
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A
22 , tous aux abris, voilà les sTal34 new look !<br /> <br /> Très bonne analyse, peut-être un peu optimiste quant au renouveau des ... nouveaux communistes ! Mais cela prouve que l'idée même n'est pas utopique et correspond bien non pas à une simple idéologie (terme dépréciatif) mais à une réalité sociale.<br /> <br /> Pour Chomsky, c'est lamentable : il n'était certes pas dans le "tétrentequatrisme" mais il n'en était pas si loin ... derrière.<br /> <br /> Les horreurs sexuelles actuelles du capitalisme financier sont tout à fait conformes aux délires littéraires (pas que littéraires d'ailleurs) du Marquis de Sade. Qui eût cru cela possible ??? La féodalité a chuté au même moment ! Faut-il croire que le capitalisme financier chutera bientôt ???
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