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Réveil Communiste

Sur l'argent des autres, et les limites économiques supposées des politiques sociales

8 Mai 2026 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Economie, #Théorie immédiate, #Front politique intérieur, #Royaume-Uni

Sur l'argent des autres, et les limites économiques supposées des politiques sociales

Thatcher aurait écrit " le problème du socialisme, c'est qu'on arrive toujours au bout de l'argent des autres".

Rien de plus faux ! On n'en arrive jamais au bout, et par contre le problème du capitalisme, c'est que "les autres" (les bourgeois et les classes oisives) bloquent la circulation de l'argent. Elles le soustraient à la circulation et le conservent jalousement dans leurs coffres bancaires, le placent dans leurs investissements spéculatifs, en valeurs financières, en titres d'État et en immeubles, ou elles investissement massivement dans des technologies inutiles, dangereuses, destructrices de la santé ou de la nature, dans la guerre et les armements, et dans le pillage des services publics et des monopoles privatisés.

Les politiques "sociales" de redistribution dénoncée avec tant de hargne par la sorcière des années 1980 ne sont pas socialistes, ce sont des mesures d'hygiène du capitalisme destinée à résoudre une de ses contradictions principales.

Mais ce qui est sûr, c'est que "les autres", à l'encontre de leur propre intérêt à long terme, auront à leur disposition des moyens d’intervention puissants pour limiter la taxation de leurs ressources. Une commentatrice aussi peu lucide que Karine Lemarchand le voyait clairement lorsqu'elle clouait le bec à Mélenchon, en 2017, en lui objectant :"parce que vous croyez que tous ceux qui sont assis sur leur tas d'or vont vous laisser faire?".

Ainsi les partisans d'un revenu universel, Lordon, Friot ou d'autres ne pourraient parvenir à leur but que si les classes oisives sentaient la nécessité politique de concessions majeures et ce n'est jamais qu'au risque de leur destruction pure et simple qu'elles feront un effort. Et un effort bien petit, moyennant quoi le revenu universel ainsi proposé sera bien décevant (sauf pour des immigrants pour lesquels il représentera toujours quelque chose de substantiel par rapport aux revenus légitimes du travail dans les pays d'origine).

Elles faisaient cet effort tant que l'URSS "stalinienne" ou réputée telle existait. On voit ce que ça donne aujourd'hui qu'elle n'existe plus !

Bref si on veut entretenir dans les métropoles une plèbe électorale pauvre semi-oisive et improductive on peut mettre en place un système qui fonctionne en prélevant "l'argent des autres" mais ces autres risquent fort d'être non pas les bourgeois et les oisifs du Nord mais les prolétaires des pays du Sud, y compris ceux qui sont importés dans ces généreuses métropoles pour y faire les travaux fatigants, mal payés, dangereux ou considérés comme dégradants que tous les autochtones refusent aujourd'hui d'accomplir. Pour apporter à vélo les pizzas des participants à "Nuit Debout" par exemple.

Le socialisme c'est tout autre chose que la redistribution d'un surplus de consommation et Thatcher le savait bien : c'est le contrôle social des moyens de production. La Chine actuelle qui ne redistribue guère est socialiste et l’Angleterre travailliste du welfare state des années 1970 ne l'était pas. Tant qu'il existe une bourgeoisie politiquement autonome il n'y a pas de socialisme.

Pourtant la fameuse "loi de Say" tant appréciée par les économistes classiques et néoclassiques, qui dit que toute offre crée sa propre demande, tend à montrer que l'argent n'est jamais perdu pour l'économie, s'il n'est pas retiré de la circulation.

Il y a en fait trois sortes de productions : des biens nécessaires, qu'on peut assimiler pour simplifier à la consommation populaire, des biens de luxe assimilés à la consommation des classes oisives, et des biens de production. La politique économique socialiste consiste à viser l'abondance dans la première catégorie, l'optimum dans la troisième, et à supprimer la dernière avec la classe qui en bénéficie, ou à l'intégrer à la première.

Le problème du socialisme n'est donc pas qu'il parvienne ou non au bout de l'argent des autres, c'est qu'il ne parvient que rarement au bout du pouvoir politique des "autres", et à leur imposer sa politique économique - à "dékoulakiser" la société. Et là, il n'y a pas à hésiter: c'est encore la théorie marxiste-léniniste qui ouvre un chemin pour y arriver enfin.

Aucune théorie de la justice sociale ne peut réussir sans passer par la case de la dictature du prolétariat. Sauf bien sûr dans les métropoles, provisoirement, par la redistribution de plus-values extorquées aux travailleurs des pays colonisés ou politiquement dominés, chez eux ou à domicile.

Quant à voir grandir une gauche consciente et claire sur cette alternative, c'est une autre affaire. 

Le "stalinisme", qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, est dans le réel, et à peu près rien d'autre à gauche n'y est. Il est pratiquement certain que dans un avenir par définition imprévisible, mais pas trop éloigné, ce type de socialisme sans concessions inutiles finisse par prévaloir. Sauf si le capitalisme a causé entretemps la ruine totale de l'humanité et son extinction.

GQ 1er mai 2026

PS Ceux qui croient que l'Occident va bientôt arriver au bout de ses ressources dans la guerre hybride qu'il mène contre le Sud global se font des illusions. Car lui aussi finance ses guerres avec "l'argent des autres", c'est à dire en imprimant des dollars, et des euros, que le monde continue d'accepter en échange de ses services et de ses marchandises. Ne pourra vraiment lui donner un coup d’arrêt qu'un nouveau Dien Bien Phu.

 

 

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L
Bonjour.<br /> <br /> Très bon billet de blog.<br /> <br /> Je vous rejoins lorsque vous dites que la seule alternative crédible ne saurait être réformiste, mais vise forcément à l'abolition du capitalisme. C'est-à-dire à l'élimination de la Haute Bourgeoisie et tout particulièrement de son rôle de classe politiquement dominante.<br /> <br /> En cela le communisme a fait ses preuves.<br /> <br /> Le communisme oui, le stalinisme pas trop, mais c'est une autre histoire.<br /> <br /> Le problème, c'est que le communisme a quasiment disparu. L'histoire a fait son œuvre de sélection. Et ne me parlez pas de la Chine ou du Vietnam, car là la Haute Bourgeoisie a tout sauf disparu.<br /> <br /> Vous devriez vous pencher sur cette question de la 4ème Voie. Elle a le mérite de tirer toutes ces leçons de l'histoire. Elle résout aussi le paradoxe de "l'argent des autres", celui de la Petite Bourgeoisie et des couches supérieures du Prolétariat, ce dont le communisme et la "dictature du prolétariat" passent à côté.<br /> <br /> Cordialement.<br /> <br /> Luc Laforets<br /> <br /> www.Via4.net
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A
Là vous flirtez avec la paranoïa ! J'aurai du lire ce que vous n'avez pas écrit en quelque sorte ...<br /> Arrêtez votre entêtement stupide vis-à-vis de Niertzsche. Tout le monde peut se tromper ...<br /> Nietzsche est un philosophe du fascisme : c'est tout.
L
Cette définition englobe l'ensemble des branches que vous évoquez. Elle englobe également l'ontologie, qui est l'examen du concept d'être, l'un des concepts mis en jeu dans cette définition.<br /> <br />  <br /> <br /> La définition qu'en donne Gastaud est proche de la mienne, même si plus restreinte. Elles sont donc différentes, contrairement à ce que vous affirmez. Cet exemple illustre votre démarche, et celle de bien d'autres : Vous n'écoutez pas les autres, n’essayez pas de les comprendre.<br /> <br /> Je le redis, si vous aviez visionné attentivement cette émission, vous ne diriez pas ce que vous dites.<br /> <br />  <br /> <br /> Ce déficit d'écoute, le fixisme idéologique, voire le rejet de toute idéologie, de toute raison (voilà bien du nietzschéisme, et ce n'est pas un hasard) fait le malheur présent qui nous enfonce chaque jour un peu plus dans la Barbarie.<br /> <br /> Cf. Chronique des barbaries du vendredi 10 décembre 2021 : L’impossible écoute (https://1p6r.org/1p6r/la-barbarie-qui-vient/chronique-des-barbaries-20211210/)<br /> <br />  <br /> <br /> Oui, je parle d'une nécessaire nouvelle voie, la 4ème. Si vous y êtes opposé, émettez des objections sur le fond, pas sur une prétendue forme parasitaire.
A
Euh ! je vous cite dans la réponse que vous m'objectez :<br /> "Vous avez bien fait d'évoquer ce phénomène sur un commentaire où il ne se produit pas".<br /> Et je vous re-cite dans votre même post :<br /> "Vous devriez vous pencher sur cette question de la 4ème Voie".<br /> Sans commentaire de plus sur cette question !!!!<br /> <br /> Mais, autre remarque : je viens d'aller visionner votre émission sur Nietzsche.<br /> Beaucoup d'approximations dont une essentielle : vous confondez dès le démarrage "philosophie" et "ontologie", ce qui est quand même ennuyeux, et qui explique sans doute votre jugement à l'emporte pièce et ridicule sur Nietzsche, comme quoi ce ne serait pas un philosophe !<br /> <br /> En effet, la photo de Georges Gastaud que vous présentez au début est accompagnée d'une définition que je cite de mémoire : " étude du lien entre la pensée et la réalité" définition que vous posez comme étant la définition de la philosophie !!!<br /> Mais, c'est la définition d'une seule branche de la philosophie qui se nomme l'ontologie. Si vous faites une recherche sur internet de type "quelles sont les branches de la philosophie ?" vous allez récupérer des listes de 4 à 20 branches de la philosophie (dont l'ontologie est seulement l'une d'entre elles).
A
@Luc Laforets 07/05/2026 21:28<br /> <br /> Comme précisé, j'ai saisi l'opportunité du thème proposé ( l'argent des autres --> le nid des autres : ça se nomme officiellement parasitisme de couvée, je n'invente rien https://fr.wikipedia.org/wiki/Parasitisme_de_couv%C3%A9e ).<br /> <br /> En tout cas, merci d'avoir convenu que, sur d'autres commentaires, c'était le cas.
L
@Ainuage 06/05/2026 10:57<br /> <br /> Vous avez bien fait d'évoquer ce phénomène sur un commentaire où il ne se produit pas.<br /> <br /> Si pour vous la discussion est un parasitisme, voilà une bien piètre conception du débat, qui a mon sens est la confrontation des idées afin de progresser vers la vérité. Mais, sans doute ai-je le défaut de ne pas partager tous vos présupposés…
A
Compte tenu du thème proposé, je ne peux résister : sur ce blog, vous faites sans cesse la publicité de votre propre blog (et de votre "oeuvre"). Voici un lien sur un phénomène qui décrit cela : <br /> https://fr.wikipedia.org/wiki/Parasitisme_de_couv%C3%A9e<br /> <br /> Vos commentaires ont leur intérêt, mais pour votre blog, contentez-vous du lien dans votre signature, sans en rajouter.
J
Très juste, tout cela, mais qui le voit, à gauche ?
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