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Réveil Communiste

Le tabou de la démocratie libérale

26 Août 2026 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Élections, #Qu'est-ce que la "gauche", #classe ouvrière, #Impérialisme, #Mille raisons de regretter l'URSS

La fontaine de Stalingrad

La fontaine de Stalingrad

Le tabou de la démocratie bourgeoise

Pour « virer Macron » en 2017 puis en 2022, et 2024 il aurait fallu transgresser le tabou du vote Le Pen, dit-on souvent sur le mode "retenez-moi, ou je fais un malheur" ! Mais Le Pen est un tigre de papier et le vrai tabou est ailleurs. D'ailleurs si on veut pactiser avec le diable autant ne pas en choisir un qui est totalement opportuniste et inconsistant.

Le voici, le tabou : il serait plus important de pouvoir participer à des élections et de pouvoir défendre publiquement toutes ses idées politiques que d’avoir un gouvernement social favorable aux intérêts des ouvriers ! Partager ou non cette opinion, ça dépend évidemment beaucoup de la classe sociale à laquelle on appartient. Mais il en procède dans la gauche bourgeoise l'invocation de l'esprit du fameux "front républicain"  - qu'on essaye maintenant d'inverser pour barrer la route au pseudo "islamo-gauchisme" de Mélenchon  - et les calomnies à l'encontre des affreux qui ne le respecteraient pas.

Le consensus actuel des idées permises est que la liberté politique dont on jouirait en Occident est un bienfait absolu qui n’a pas de prix et que la politique sociale en comparaison est un bien tout relatif. Au fond si les gens veulent la justice sociale ils n’ont qu’à voter pour elle !

L’argument implicite qui justifie cette opinion dans l’ensemble d’une gauche politique qui était autrefois vouée à la défense de la classe ouvrière, est que grâce à la liberté politique on peut avancer ses revendications sociales.

Sans voir immédiatement que grâce à la même liberté on peut aussi avancer et puissamment légitimer l’agenda inverse avec un soutien matériel beaucoup plus conséquent de la part des patrons et des capitalistes. Et depuis un demi-siècle c’est exclusivement cet agenda anti-social qui progresse. Donc dans une espèce de match « fondé sur des règles » de faux fair-play les partisans du capital l’emportent très aisément sur les partisans du socialisme grâce à leur contrôle des médias et grâce à la sociologie bourgeoise des intellectuels, et des agents de l’État en position de pouvoir.

A la grande époque du PCF Georges Marchais lorsqu’on lui opposait inévitablement les critiques concernant le respect des droits de l’homme en URSS répondait dédaigneusement « nous sommes en France ici » et il n’avait pas l’air d’en souffrir politiquement, en tout cas auprès de la base ouvrière du PCF. Mais à l’intérieur du parti ces critiques rongeaient les convictions de cadres de plus en plus embourgeoisés, comme un acide.

On pouvait encore avoir la satisfaction d’entendre un auditeur contester la présence de Soljenitsyne en expliquant qu’on en parlait à la radio que pour nuire aux résultat du PCF aux élections cantonales ! (Souvenir personnel des années  1970).

Au reste toutes les élucubrations des médias sur le Venezuela et maintenant sur la Russie nous démontrent aujourd’hui rétrospectivement ce que valent ce genre de faux témoin et ce genre de campagne de presse.

Mais sur le principe ? Faut-il renier les utopies libertaires du printemps de Prague de 1968? Un "socialisme à visage humain" est-il inatteignable ?

Les contestations populaires qui ont secoué les pays socialistes à partir des années 1960 et qui ont contribué à leur ruine, à l’exception de cinq d’entre eux, vers 1990, voulaient le beurre et l’argent du beurre, le socialisme et la démocratie libérale à la fois. Certes ce sont d’autres forces que les manifestations de rue et les grèves qui ont détruit le socialisme réel, et principalement le pourrissement par la tête des cadres dirigeants insidieusement convertis au libéralisme; mais la revendication du pluralisme démocratique et de la liberté des médias leur a servi de justification dans leur opération de spoliation générale de la propriété sociale et de restauration du capitalisme.

Au reste Georges Marchais n’est pas exempt de responsabilité dans le déclin de la force de conviction des communistes français : n’est-ce pas lui qui a imposé au PCF l’abandon qui parut improvisé de la dictature du prolétariat, en 1976 ?

Et si on veut remettre en question la démocratie libérale, la démocratie bourgeoise, les constitutions parlementaires, et la liberté formelle, dans la mesure où elles font très bon ménage avec le capitalisme c’est à la dictature du prolétariat qu’il faut revenir. A l’idée que tout pouvoir politique est essentiellement la dictature d’une classe.

Or l’expérience historique a montré que le pouvoir du prolétariat se stabilise au moins dans les premières générations sous la forme d’un système de parti unique, ce qui est considéré par les conservateurs, libéraux, sociaux-démocrates et gauchistes bourgeois comme une forme épouvantable de dictature, alors que la dictature de la bourgeoisie prend la forme d’un jeu entre plusieurs partis qui s’opposent publiquement ou qui feignent de le faire. Et le public (bourgeois) se passionne pour cela au moins autant que pour la coupe du monde de football.

Et l’argument implicite, encore, pour justifier cet état de fait désastreux, c’est que nous pouvons y vivre toute notre existence bien tranquillement et discuter entre nous du communisme ad vitam eternam sans nous retrouver à Dachau.

Mais il est très intéressant d’observer comment sur la question ukrainienne  - et maintenant sur le sionisme - la possibilité de libre débat a en réalité complètement disparu sur une question essentielle et vitale : la paix ou la guerre pour le monde entier. Significatif, affligeant, et pourtant assez comique de voir Marine Le Pen mettre son drapeau dans sa poche à ce sujet. Et on peut donc en conclure que la liberté du débat disparait à proportion de l'importance de l'enjeu pour le capitalisme.

Évidemment il serait difficile de faire campagne électorale en proposant de supprimer les campagnes électorales. Pourtant on se demande vraiment ce qu’il y a de bon dans une campagne électorale occidentale et en quoi elle contribue en quelque manière que ce soit à la sélection d’une élite compétente et responsable, ou au choix de politiques rationnelles, et à l’éducation du public ! A contrario, on pensera ce qu'on voudra de la Chine, mais on admettra qu'il n'y a aucun risque de voir là-bas un Trump ou un Biden, un Macron, un Hollande ou une Le Pen parvenir au pouvoir.

Le minimum serait en cas de victoire électorale d’un parti ouvrier, rendue par toutes ces dispositions très improbable mais qui n’est pas rendue complètement impossible pour le bon fonctionnement du système (parce qu'ils faut que les masses y croient, un miracle électoral est toujours imaginable)  la promulgation de lois réprimant l’ingérence politique étrangère, et réglementant de manière drastique le soutien financier du capital aux médias et aux candidats.

Mais on dira sans doute que c’est bien joli tout ça dans la théorie mais que fait-on quand la répression bourgeoise et/ou fasciste effectivement s’abat sur les militants ? Si on ne peut plus arguer de la démocratie et du droit d’expression pour se défendre ou alors hypocritement parce que chacun sait qu’on n’y croit pas ? Il est significatif que tous les groupes qui se sont déclarés unilatéralement « en guerre » avec la bourgeoisie n’ont même pas su par où commencer l’engagement, à l’exception de ceux qui pratiquaient la lutte armée dans l’isolement, dans les années 60 à 80 et qui ont tous été écrasés.

Un parti ouvrier doit donc utiliser la voie électorale et défendre les libertés bourgeoises. Mais il doit simultanément démasquer les illusions et les pratiques opportunistes qui sont créées par cette voie et la réalité cachée par cette apparence de liberté. Ce n’est pas facile. Si la chose était facile, le monde entier serait socialiste depuis longtemps.

La démocratie au sens courant du terme, qui désigne un système politique libéral et parlementaire, et le fascisme ne sont pas antagoniques comme on le croit. Comme Bertold Brecht l’avait relevé, c’est le même système, qui se modifie en temps de guerre ou en temps de crise. L'histoire montre qu'il n'y a pratiquement aucune résistance concrète des libéraux sous les régimes fascistes, et ce n'est pas ou pas seulement par lâcheté, mais  parce qu'ils attendent tranquillement que ça passe, sachant que ces régimes sont transitoires et que dans le fond ils travaillent pour eux.

En temps troublés ce sont précisément les gens qui n’ont que les droits de l’homme à la bouche qui vont imposer la dictature, la torture, les assassinats politiques et les internements administratifs. Il y avait plein de démocrates et de républicains parmi les Versaillais quand ils exterminaient les Communards. Il y a en a encore plus aujourd'hui parmi ceux qui quotidiennement dans les médias mainstream justifient le génocide des Gazaouis !

Et l'Ukraine en fait depuis quatre ans la démonstration inexorable sous la férule du clown Zelensky, qui aurait pu être une créature sortie de l'imaginaire pervers de Stefen King.

GQ 22 avril 2022, relu le 15 juin 2026

PS à propos de Stefen King : le romancier populaire américain a bel et bien offert ses services à la propagande de Kiev. Manque de chance, c'était à des humouristes russes qui s'étaient fait passer pour Zelinsky.

 

 

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L
Merci pour cet article qui ouvre un débat essentiel sur un véritable tabou : la tendance à confondre démocratie, démocratie libérale et pouvoir réel du peuple.<br /> <br /> La lecture de Luciano Canfora me paraît ici particulièrement utile et pertinente. Son travail historique rappelle que la démocratie n’est pas née comme synonyme du parlementarisme libéral contemporain. Le mot même de démocratie renvoie historiquement au pouvoir du demos, et donc à une question de classe : qui gouverne effectivement, au bénéfice de qui et avec quels moyens matériels de décider ? Nous vivons en ploutocratie.<br /> <br /> C’est ce qui permet de comprendre la contradiction centrale relevée dans votre article. Le suffrage universel et les libertés publiques sont des conquêtes populaires réelles, mais leur existence ne signifie nullement que les travailleurs disposent du pouvoir social. Une société peut être politiquement libérale et rester économiquement oligarchique. Le capital dispose alors de moyens incomparablement supérieurs pour influencer les médias, les idées dominantes, les institutions et les choix politiques. Mais il ne faudrait pas laisser à la bourgeoisie le monopole du mot « démocratie », en concluant que toute démocratie parlementaire serait à rejeter et que le parti unique serait par lui-même l’expression du pouvoir prolétarien. Luciano Canfora nous conduit à une question plus précise : aucune forme institutionnelle ne suffit en elle-même à définir la démocratie. Le critère décisif reste le rapport réel entre les masses et le pouvoir.<br /> <br /> Sur le fascisme, il faut également historiciser : Marx et Lénine fournissent les catégories de l’analyse de classe, de l’État et de l’impérialisme, mais c’est surtout Dimitrov, avec Staline et Georges Politzer ainsi qu’Antonio Gramsci, qui permettent d’analyser le fascisme à partir de l’expérience historique de l’entre-deux-guerres. Brecht a rappelé utilement que le fascisme ne tombe pas du ciel hors du capitalisme, sans pour autant confondre démocratie parlementaire et fascisme.<br /> <br /> La véritable conclusion pourrait être que le communisme devrait être présenté comme la conquête de la démocratie et le socialisme comme son approfondissement qualitatif par la dictature du prolétariat. Passer de l’égalité politique formelle à la démocratie sociale, économique, territoriale et écologique ; du citoyen électeur au citoyen producteur et décideur ; du pouvoir sur les institutions au pouvoir sur les conditions matérielles de l’existence.Autrement dit, ne pas abandonner la démocratie à la bourgeoisie : lui disputer son sens historique et la pousser jusqu’au bout.
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J
ça me parait toujours étrange d'entendre que le parti unique c'est forcément la dictature alors que quand deux partis qui se relaient au pouvoir et sont daccord à 100% sur tous les sujets importants... c'est la démocratie.<br /> <br /> Vous avez raison,faut choisir. on peut pas avoir les avantage du libéralisme et ceux du socialisme.choix que LFI ne semble pas capable de faire.
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D
La démocratie bourgeoise a évidemment pour mission de doter le capital de son représentant à la tête de l’Etat, bourgeois donc ! Choisissez qui vous voulez, et à la fin c’est le capital qui gagne ! C’est un bon argument pour dire que finalement on n’a pas à se mêler de ces choses là. Parce qu’un pouvoir politique s’appuie toujours sur une ressource idéologique. Par exemple, sous l’ancien régime, la royauté était portée par l’église catholique : le roi est choisit par dieu, inutile de s’y opposer. Or vers 1750, la moitié de la population ne va plus à la messe ! C’est à dire qu’elle se retire de l’emprise religieuse, de ses sermons et injonctions. S’abstenir est de même nature : on se soustrait aux sermons et injonctions du capital : c’est déjà ça !<br /> Evidemment, s’abstenir ne conduit en ligne directe à la révolution, mais c’est une étape nécessaire, déconstruire l’illusion que c’est nous qui avons choisit le chef de l’Etat. Non, c’est le capital qui l’a choisit et personne d’autre.<br /> De plus, la démocratie bourgeoise a un effet redoutablement pervers, c’est que le choix n’est pas collectif, mais étroitement individuel : on vote dans un isoloir ! Choix individuel pour un destin qui se prétend collectif !<br /> S’il y a un reproche qu’on peut (qu’on doit) faire au Parti Communiste Français, il date de 1946 ! C’est la dissolution des Comités de la Libération, inscrit dans le programme du CNR (c’est à dire que les CdL étaient issue d’un large consensus politique !) Le débat n’a pas directement porté la-dessus, mais sur « il faut rendre les armes ». Finalement les CdL dissous, Le PCF se présenté aux élections (organisées par la bourgeoisie donc) et est content de faire 30% des voies ! En route vers d’autres succès. Mais ces succès ne sont pas venus. Les élections, c’est comme si tu montes sur un ring pour un combat honnête et que, dès les premiers coups, tu t’aperçois que l’arbitre, les juges, les commentateurs, les pronostiqueurs, et même la bimbo qui annonce les rounds, tous travaillent pour ton adversaire ! Donc ? Tu perds ! Bien joué, Maurice !<br /> De plus, quand t’as compris le truc on t’explique qu’il y a des conditions pour avoir le droit de monter sur le ring : il faut être « démocratique » ! Donc, tu abonnes la dictature du prolétariat, la révolution qui fait couler le sang (la bourgeoisie à horreur du sang, enfin du sien ! Aujourd’hui, elle trouve merveilleux le sang des ukrainiens !) et toutes ces choses nécessaires. Alors tu perds encore plus, pour finir dans la plus triste marginalité !<br /> Il est donc nécessaire, pour pouvoir prétendre contribuer à une réorganisation du peuple de détruire cette illusion qu’un changement politique peut apparaitre suite à une élection telle que nous la pratiquons assez stupidement. <br /> D’ailleurs, qui n’a pas vu que c’était principalement les classes populaires qui votaient le moins. Quand on annonce un taux d’abstention, c’est une moyenne : il faut aller ce qui se passe dans les bureaux de vote des banlieues et des villes moyennes périphériques, le taux d’abstention est magistral !<br /> C’est un excellent point d’appui.
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L
Votre intuition sur l’individualisation du vote est intéressante. L’isoloir transforme effectivement une décision politique collective en une série de décisions individuelles. Mais il faut éviter d’en faire une essence intemporelle de l’élection : le suffrage universel a aussi été une conquête collective des classes populaires. Sur les Comités de la Libération, je crois que vous touchez en revanche à une question stratégique majeure. La Libération avait fait émerger des formes de souveraineté populaire organisée dont la disparition ne peut être comprise simplement comme une étape de « reconstruction de l’État ». Il faut replacer cette évolution dans le rapport de forces de l’époque : la pression américaine et le projet d’AMGOT, la question de la souveraineté nationale, le risque de guerre civile et la lutte pour déterminer quelle issue politique et sociale aurait la Libération. C’est d’autant plus important que la bourgeoisie française ne pouvait simplement restaurer l’ordre d’avant-guerre. Le rapport de forces issu de la Résistance et le poids du mouvement ouvrier imposaient des transformations profondes : Sécurité sociale, nationalisations des secteurs stratégiques, statut de la fonction publique, Plan et reconstruction économique. Une partie considérable du programme du CNR est ainsi devenue réalité, mais sans que les formes de souveraineté populaire qui avaient contribué à créer ce rapport de forces puissent se prolonger durablement. Ce sont les acquis du PCF Thorezien qui ne professait pas un gauchisme romantique et abstrait. Cette période 44-47 a été la plus féconde pour la classe ouvrière. La contradiction n’était donc pas simplement entre élections et pouvoir populaire. Elle portait sur la transformation du rapport de forces de la Résistance en institutions durables : comment conquérir des droits et des institutions sans désarmer politiquement et organisationnellement le prolétariat dans le cadre d’une société complexe et totale à reconstruire.<br /> <br /> Je partage néanmoins une grande partie du diagnostic, mais je serais plus prudent sur la conclusion concernant l’abstention. Luciano Canfora permet justement, me semble-t-il, de déplacer la question. Oui, la démocratie libérale organise une forme de pouvoir compatible avec la domination du capital et le vote individuel ne saurait être confondu avec la souveraineté populaire réelle. Mais cela ne signifie pas que l’élection soit une illusion pure ni que l’abstention constitue en elle-même une rupture avec l’idéologie dominante. Le problème est moins de sortir du vote que de sortir de l’électoralisme, actuellement mélenchoniste, donc actuellement du La véritable rupture avec la démocratie bourgeoise n’est donc peut-être pas de ne plus voter, mais de faire en sorte que le vote cesse d’être le seul moment où le peuple est réputé exercer sa souveraineté : faire de l’élection le moment suprême de la politique, alors que la puissance populaire devrait se construire en permanence dans les entreprises, les syndicats, les communes, les services publics, les associations et les territoires. Historiquement, la démocratie ne se réduit pas au parlementarisme libéral. La question fondamentale est toujours celle du demos : qui possède réellement les moyens de décider ? Le suffrage peut donc être à la fois un instrument de légitimation de la domination bourgeoise et un terrain conquis par les luttes populaires et utilisable contre cette domination. Le bulletin de vote ne doit être ni une fin ni une illusion de souveraineté. Il doit être un outil parmi d’autres d’un pouvoir populaire organisé. Il ne s’agit pas de demander aux classes populaires de sortir de la politique institutionnelle, mais de faire en sorte qu’elles cessent d’y entrer seules, individuellement et périodiquement. Il faut qu’elles y entrent avec leur organisation, leurs revendications, leurs institutions propres et leur capacité collective d’action. En 44-47, il y avait le PCF et la CGT. La lutte de la bourgeoisie avec la social-démocratie et les trotskistes alliés objectifs pour réduire le PCF et casser la CGT ont été utiles dès 47 pour reprendre petit à petit la main et imposer l’hégémonie du capitalisme, particulièrement du capitalisme financier avec la contre révolution neo libérale et le processus de fascisation que nourrissent le populisme et l’anomie organisationnel et culturelle. Et c’est pour ça que depuis le 38eme Congrès le PCF repart dans le bon sens. La véritable rupture avec la démocratie bourgeoise n’est donc peut-être pas de ne plus voter, mais de faire en sorte que le vote cesse d’être le seul moment où le peuple est réputé exercer la souveraineté.