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Réveil Communiste

Trump et Rubio déclarent la guerre au communisme ...

21 Septembre 2026 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Répression, #Réseaux communistes, #lutte contre l'impérialisme, #États-Unis

Trump et Rubio déclarent la guerre au communisme ...

Que penser des discours fascistes et colonialistes de Marco Rubio, le secrétaire d’État américain (ministère des affaires étrangères), et des menaces de Trump contre les communistes et les socialistes ?

D’abord, que les qualifier ainsi n’a rien d’hyperbolique ni d’exagéré. Il vérifie parfaitement d’ailleurs la thèse selon laquelle le fascisme n’est rien d’autre que l'anticommunisme avancé par tous les moyens.

On peut aussi remarquer le caractère archaïque de son argumentaire. Le socialisme, le communisme, l’anarchie, ce sont la révolte diabolique des faibles, des lâches et des mauvais contre les bons et contre l’élite naturelle et légitime. Ce sont les paresseux, envieux de la réussite des meilleurs, qui revendiquent des ressources qu'ils ne méritent pas.

Cette campagne anticommuniste est accompagnée d’une offensive raciste anti-noir, exploitant le thème de la criminalité , et d’une campagne philosémite d’autant plus exacerbée que ses promoteurs sentent qu’ils perdent du terrain. De plus, les réseaux sociaux sont soudain inondés de propagande anti-socialiste.

Ce qui crée la panique chez les conservateurs américains, c’est la percée du centre-gauche électoral du Parti démocrate, à la suite de la victoire de Mamdani à la mairie de New York. Après les avoir tant diabolisés, ils refusent d’admettre la légitimité des progrès de ces opposants modérés qu'ils ont catalogués comme communistes, et se mettent à croire eux-mêmes en leurs délire paranoïaques.

Mais au-delà des AOC et des Sanders comme toujours velléitaires et inoffensifs, et de Mamdani, on peut y comprendre un signe tangible de la poussée d’influence de la gauche réelle aux États-Unis (non wokiste, ou seulement secondairement wokiste, mais priorisant les revendications matérielles).

Une somme démentielle de 350 milliards de dollards serait affectée au Pentagone à cette fin ; comme l’a fait remarquer l'influenceuse communiste Madeline Pendelton cette somme suffirait pour résoudre la totalité des problèmes sociaux des États-Unis, et supprimer toutes les raisons objectives de la dite « Gen Z » de soutenir le socialisme : logement, éducation, santé, salaire minimum, etc.

Mais la menace communiste aux États-Unis est aussi mise en avant comme une préparation à la guerre, la seule qui compte, contre la Chine. Et d’une dictature militaire interne pour la rendre possible.

Ils annoncent une répression, qui lancée contre les migrants, les soutiens de la Palestine et les musulmans, s’étendra maintenant aux marxistes, socialistes, communistes et anarchistes, et à tous ceux qui soutiennent Cuba.

Les thèmes utilisés sont d’ailleurs non seulement anti-socialistes, mais aussi antidémocratiques. Cela signifie aussi que l’aile libérale du capitalisme qui triomphait sous Obama est maintenant en déconfiture.

Il y a maintenant un front, une alliance entre le lobby juif AIPAC, le techno-fascisme de la Silicon Valley et les forces fascistes endogènes en Amérique, liées aux églises évangélistes - quoique des fissures apparaissent dans ce milieu sur la question du soutien inconditionnel à Israël.

En réaction, une situation favorable à un nouveau front populaire (rien à voir avec la caricature électoraliste française de 2024) est en train de se créer sur le continent nord-américain.

L’extrême-gauche qui a crié au loup pendant 50 ans se retrouve soudain en face de lui. Les conditions seront dures, et déjà des manifestants texans anti-ICE ont été condamnés à des peines de prison démesurées - 50 à 100 ans (sic!), mais elles seront également favorables pour tremper une nouvelle génération de révolutionnaires déterminés. Il est à parier que les militants intellectuels marxistes-léninistes sur Internet vont rapidement changer leur apparence, aujourd’hui encore trop souvent teintée de narcissisme individualiste et d'esthétique de carnaval de campus, pour se fondre dans la masse du peuple américain. La montée en puissance de l'ACP (American communist Party), caricaturé comme "communiste MAGA -  en témoigne.

Le déclassement général de la classe moyenne américaine a produit des conditions objectivement révolutionnaires dans le grand pays occidental. Voilà pourquoi Trump veut relancer en grand le maccarthysme, technologies de surveillance et tribunaux composés de juges Lynch à l’appui, et Rubio convoque les représentants de 60 pays pour organiser la lutte contre « le terrorisme d’extrême-gauche », dont bien entendu Cuba serait la tête de serpent. Cuba où comme par hasard Rubio a des ambitions personnelles.

La panique hystérisée des classes dirigeantes américaines les pousse à la faute. Les États-Unis contre toute attente deviennent le premier grand pays du monde où le socialisme revient d'actualité.

GQ, 19 juillet 2026

PS:" Les contradictions de nos ennemis sont notre base arrière" (Mao Zedong)

 

 


 

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L
Je partage largement le constat de départ : la réactivation de l’anticommunisme aux États-Unis, la désignation de nouveaux « ennemis intérieurs », la militarisation et la confrontation croissante avec la Chine ne sont pas des phénomènes séparés. Il y a là une évolution importante du rapport entre crise sociale, politique intérieure et impérialisme américain.<br /> <br /> Mais je pense que le texte gagnerait à pousser plus loin la dialectique matérialiste. Dire que « le fascisme n’est rien d’autre que l’anticommunisme » me paraît trop réducteur. Avec Dimitrov, il faut précisément analyser le fascisme comme une forme particulière de domination politique du capital dans une situation de crise, et donc étudier les fractions de classe, les alliances sociales, l’appareil d’État et les formes de mobilisation idéologique. L’anticommunisme est une composante essentielle, mais il ne suffit pas à définir le phénomène.<br /> <br /> Même réserve sur l’idée que le déclassement de la classe moyenne aurait produit des « conditions objectivement révolutionnaires ». Les contradictions objectives peuvent ouvrir des possibilités, elles ne produisent pas mécaniquement une force révolutionnaire. Entre les rapports de production et la transformation politique, il y a toute la médiation des expériences collectives, de la conscience, des organisations, des syndicats, des alliances de classe, de l’hégémonie et de la conquête du pouvoir d’État. C’est précisément là que Gramsci et Poulantzas complètent Dimitrov.<br /> <br /> Le phénomène Mamdani est intéressant de ce point de vue : le retour de revendications matérielles sur le logement, les salaires, les services publics ou la santé montre qu’un espace politique existe autour des conditions concrètes d’existence. Mais il faut éviter de confondre radicalisation sociale, socialisme démocratique et construction d’une force communiste organisée. L’anticommunisme peut d’ailleurs servir préventivement à empêcher que des revendications sociales ne se transforment en conscience et en organisation de classe.<br /> <br /> Enfin, je serais prudent avec certaines formules sur « AIPAC », la Silicon Valley ou le « techno-fascisme ». Il faut distinguer les fractions du capital, leurs intérêts contradictoires et leurs rapports différenciés à l’État plutôt que de les transformer en blocs homogènes.<br /> <br /> Au fond, la question décisive me semble moins être de savoir si les États-Unis sont déjà entrés dans une « situation révolutionnaire » que de comprendre comment la crise de l’hégémonie américaine recompose les classes, les alliances et les formes de domination, et si une force communiste est capable d’intervenir dans ces contradictions pour les transformer en puissance politique organisée.<br /> <br /> C’est là que la phrase finale sur les contradictions de l’adversaire prend tout son sens : les contradictions ne constituent une « base arrière » que pour une force capable de les saisir politiquement. Sinon elles restent simplement les contradictions du système.
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L
Désolé camarade Gilles Questiaux,<br /> <br /> Je me réponds ne pouvant te repondre. L’anticommunisme est bien une fonction centrale du fascisme, mais il n’est pas à lui seul son « noyau rationnel ». Le noyau rationnel est plus largement sa fonction de classe : écraser l’organisation autonome du mouvement ouvrier, empêcher une issue révolutionnaire à la crise, restructurer l’État et la société au bénéfice des fractions dominantes du capital dans une situation où les formes parlementaires ordinaires ne suffisent plus. L’anticommunisme en est le cœur idéologique et politique parce qu’il désigne l’ennemi de classe à détruire.<br /> <br /> Cette fonction sociale parfaitement déterminée produit une idéologie qui, elle, travaille systématiquement à détruire la rationalité. Le nazisme substitue à la classe la « race », à l’analyse historique le mythe, à la connaissance scientifique la mystique. La théorie raciale sert précisément à empêcher de remonter des apparences idéologiques aux rapports sociaux réels : l’ouvrier et le grand capitaliste peuvent ainsi être présentés comme appartenant au même « sang ». <br /> <br /> L’irrationalité n’est pas extérieur au fonctionnement du fascisme ; il constitue une arme politique. Le mythe racial ne vient pas remplacer accidentellement une politique rationnelle : il sert à empêcher les masses de comprendre les rapports réels de classe. Le fascisme veut remplacer la connaissance par la « mystique » et que le racisme sert à masquer les classes. <br /> <br /> Il y a donc une contradiction dialectique : une politique peut avoir une rationalité sociale déterminée tout en produisant des formes idéologiques et pratiques qui deviennent de plus en plus irrationnelles dans leurs moyens et dans leurs conséquences.<br /> <br /> Le cas allemand montre effectivement qu’un régime fasciste n’est pas nécessairement un simple instrument docile que la bourgeoisie pourrait arrêter lorsqu’il cesse de lui être utile.<br /> <br /> Dimitrov le dit lui-même, d’une manière très importante : le fascisme est une puissance « féroce mais instable ». Il cherche à résoudre les contradictions du camp bourgeois mais peut en réalité les aggraver. Il détruit les partis bourgeois traditionnels, concentre le pouvoir politique et crée ainsi une dynamique propre. C’est précisément pourquoi Dimitrov insiste autant sur les contradictions internes de la dictature fasciste. Le fascisme détruit les anciennes médiations politiques bourgeoises tout en étant incapable de supprimer les contradictions de classes qui les avaient produites.<br /> <br /> Une partie des élites militaires et conservatrices allemandes tente de renverser Hitler alors que le régime est engagé dans une guerre catastrophique. Cela montre qu’il existe des contradictions entre différentes fractions des classes dominantes et entre leurs intérêts à différents moments. Mais cela ne signifie pas que ces opposants deviennent pour autant démocrates ou antifascistes au sens communiste : leurs motivations étaient hétérogènes et beaucoup demeuraient profondément conservateurs, nationalistes et anticommunistes.<br /> <br /> C’est une nuance importante si l’on veut rester dans Dimitrov plutôt que dans une lecture moraliste. C’est pour cela que les trotsko anti campistes et les revisos du PCF pro Melenchon doivent être combattus et dénoncés pied à pied : l’hitlero trotskisme est jouer l’élection du RN en cassant toute reconstruction du mouvement ouvrier autour de la résistance communiste et le socialisme.
R
Lorsque je dis que le noyau dur du fascisme est l'anticommunisme je veux dire que c'est son noyau rationnel qui explique son financement par le capital et son pouvoir politique. Maintenant chaque variété de fascisme a son identité ethnico religieuse, ses marottes, ses boucs émissaires et ses fantasmes.