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Réveil Communiste

Sur le lobby juif il y a une question qu'on ne se pose jamais

6 Mai 2026 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Théorie immédiate, #Front historique, #Front politique intérieur, #États-Unis

Netanyahu à la tribune du lobby juif américain

Netanyahu à la tribune du lobby juif américain

Republication, ne serait-ce que pour vérifier l’hypothèse que chaque apparition de ce thème sur Réveil Communiste provoque une chute immédiate et inexplicable de la fréquentation ! (12 mars 2026)

Sur l’influence du lobby juif, il y a une question qu’on ne pose jamais : au delà de la poursuite d’intérêts particuliers, dans quel sens politique agit-t-il ?

Aujourd’hui il agit essentiellement pour promouvoir la défense inconditionnelle d’Israël et pour la mobilisation voire le détournement des ressources occidentales dans cette direction. Et en accompagnant le retournement hyper-réactionnaire de l’Occident, il noue des alliances à cette fin avec l’extrême-droite, en France comme aux États-Unis. Il tente aussi de faire mettre hors la loi la critique du sionisme et même toute critique contre lui-même par ses hommes de paille de la classe politique de ces pays, par une action internationale concertée.

C’était très différent avant 1948 quand les communautés juives étaient plutôt libérales-démocratiques et antiracistes, avec quelques sympathies pour le socialisme et l’URSS. Aujourd’hui, elles sont malheureusement devenues massivement conservatrices, ultralibérales, suprématistes et racistes ; s’il y a une « libération de la parole » en ce moment c’est bien celle des Klarsfeld et des Yadan.

La fondation d’Israël est bien la date charnière de ce retournement regrettable, même si tous ses effets ne se sont pas fait sentir tout de suite, et qu’il a existé un sionisme explicite ou implicite de gauche, d’extrême gauche, d’ultragauche (Michèle Bernstein à l’Internationale Situationniste) et même stalinien, qui a brouillé les cartes.

Le lobby juif américain, qui était moins puissant avant guerre mais déjà influent, notamment à Hollywood, bien qu’il fut activement combattu par le fascisme local du patronat fordiste, a usé de son influence pour faire intervenir les USA dans la Deuxième Guerre mondiale. Il était une force objectivement alliée à l’URSS dans la lutte des classes mondiale des années 1930. Et celle-ci en échange a favorisé la création de l'État d'Israël et la formation de l'armée israélienne dont les cadres à l'origine étaient issus de l'Armée rouge (et non des rangs des terroristes sionistes de Palestine). Presque immédiatement d'ailleurs, sous l'influence de Golda Meir, le mouvement sioniste et l'État qu'il venait de créer rompirent avec l'URSS et se retournèrent contre le socialisme réel.

Mais la gauche institutionnelle américaine qui a supplanté jusqu’à nos jours les communistes issus de la IIIème Internationale est largement issue des ailes trotskystes et bundistes de la communauté juive locale, de même d’ailleurs dans le reste du monde anglo-saxon.

La culture juive par sa profondeur historique est singulière dans le patchwork des idéologies bourgeoises parce qu’elle est plus informée des réalités de la lutte des classes mondiale et qu'elle ne rejette pas la dialectique – que hait si profondément un Georges Orwell, faux socialiste et vrai réac – les juifs savent, comme les communistes (ou devraient savoir en ce qui concerne ces derniers), que la paix peut être la guerre, et que l’on peut poser 2 plus 2 égal 5 dans certains contextes.

Et le lobby en effet effectua un tête à queue dialectique spectaculaire au moment du commencement du maccarthysme sous la présidence Truman (1945 - 1953), en sacrifiant les Rosemberg sur la chaise électrique comme victimes expiatoires et en nourrissant les études antisoviétiques ad hoc de l’Ivy League, puis en animant les réseaux néo-conservateurs qui tentent encore aujourd'hui de donner un cerveau et une direction stratégique à l’impérialisme occidental - il y a du travail, car les représentants physiques de ce dernier, comme Lindsay Graham ou Marco Rubio, ont tendance à croire aux slogans issus de leur propre propagande.

En France la droitisation des réseaux juifs est plus tardive, et remonte à la guerre des six jours (1967) voire à la guerre du Kippour (1973).

Mais leur aile gauche s'inscrit dans la longue durée. Selon la plaisanterie bien connue, si le yiddish n’était pas la langue officielle à la direction de la Ligue Communiste (ancien nom du NPA ) c’est parce que Ben Saïd était séfarade.

Dans les années 1958 – 1969 les durs de chez les durs en papier mâché de l’Internationale situationniste sont, comme l’École de Francfort à la même époque outre-Rhin, carrément sionistes, jusqu’à exclure Mustapha Khayatti (auteur fin 1966 du fameux pamphlet De la Misère en Milieu étudiant, détonateur de mai 68) à cause de ses sympathies palestiniennes.

Mais le lobby qu’il soit gauchiste ou libéral était furieusement anti-gaulliste et il contribua par ses relais dans les médias périphériques de l'époque, et dans le monde intellectuel parisien à la tentative de « révolution de couleur » du Quartier Latin en costume anarchiste et marxiste.

Aujourd'hui le lobby international s'est considérablement renforcé, comme on peut le voir à la manière dont il vient d'entrainer les États-Unis dans une guerre contre l'Iran qui n'est pas dans leur intérêt, et ses principaux piliers sont l'État israélien, son armée et ses services secrets, Wall Street, Hollywood, la Silicon Valley, et les grands groupes de médias occidentaux qu'il contrôle largement.

En conclusion, le problème que le lobby nous pose n’est pas qu’il existe, ni qu’il soit puissant et influent, ni même tabou – bien qu’il soit comme la lettre volée, exposé en pleine vue aux yeux de tous; et s’il était remplacé par les réseaux catholiques, protestants, laïcs ou par la Synarchie fasciste, qui dominaient auparavant dans la bourgeoisie ça ne vaudrait sans doute guère mieux de notre point de vue; le problème que pose le lobby en un mot comme en cent, c’est qu’il est de droite. C’est qu’il est contre le prolétariat. C'est qu'il est pour l'impérialisme, l'OTAN, et l'Union européenne. C’est qu’il est contre nous.

On peut d’ailleurs observer que quand ils inclinaient vers la gauche, les juifs dans leur ensemble ont risqué l’extermination. Ceci explique sans doute leur virage politique, avec également l’embourgeoisement général de la communauté en France et aux USA depuis 1945. Mais leurs nouveaux amis d'extrême-droite, qu'ils les aient trouvés au Texas, en Ukraine ou à Lyon ne leur veulent aucun bien et compter sur leur bêtise pour les manipuler peut être risqué (mais pour l'extrême droite aussi, comme me l'a fait remarquer un commentateur sardonique).


GQ 21 février 2026

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G
Au vu de la fréquentation, il semble que cette fois il n'y ait pas eu d’obstruction à la diffusion de l'article (pour le moment). Les chien de garde du web ont sans doute d'autres chats à fouetter.
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R
J'avais parlé trop vite ! brusque plongeon de la fréquentation le 13 mars. Ha ha !
J
Mon père, permanent et élu au Conseil de Paris, connaissait beaucoup de camarades juifs ( il l fut le suppléant du grand Lederman) et les noms de Radzinski, Krakowsky, Lederman étaient très familier ms sans oublier les Fiszbin et Malberg. Il y avait les Gingold , etc. Même en banlieue rouge, on pourrait en citer moultes parmi nos élus y compris parmi la descendance ayant perdu le patronyme...<br /> Toutefois, effectivement, il y a eu un tournant et une camarade de Paris Centre me communique ce.qu'elle peut observer dans sa propre section où même des anciens élus et responsables du Parti sont devenus sionistes, pro-israéliens de façon aveugle, alors même que le journal des camarades juifs du parti n'est plus rédigé en yiddish, langue que tous ces camarades utilisaient couramment entre eux, en famille et qui est la vraie langue des Juifs d'Europe, la langue vernaculaire, populaire, et non pas l'hébreu, qui est une construction israélienne rompant avec cette culture populaire d'Europe centrale. <br /> Parallèlement les associations d'anciens déportés se fracturent.<br /> La position vis à vis d'Israël me semble étroitement corrélée à une question de classe sociale. L'embourgeoisement de certains, leur être social, a déterminé leur conscience sociale. Les camarades juifs prolétaires ou de conscience prolétaire honnissent Israël et sont viscérale me attachés à ma cause palestinienne, par une sorte d'identification puisque le sort actuel du peuple palestinien n'est pas sans évoquer le sort du prolétariat juif d'antan, proscrit , sans parti, ghettoïsé.<br /> Évidemment, cette détermination de classe existait déjà au sein des Juifs, d'un côté le Bund, qui donna des bases au parti bolcheviks, et le sionisme voire le sionisme révisionniste avec Jabotinsky', de collusion avec les banderistes et Balfour.<br /> Tout ça est un moment de la lutte des classes. <br /> Cette même division s'observe aux USA : d'un côté Max Blumenthal et d'autres progressistes très actifs, facevayx faux jetons comme Bernie Sanders et la clique ouvertement lobbyiste des millionnaires.
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D
Les nazis ont exterminé en masse surtout les juif est-européens des classes populaires tentées par la révolution internationale assimilées au "judéo-bolchevisme", tandis que les sionistes ont visé à envoyer les juifs prolétarisés d'Europe de l'Est fonder une colonie de peuplement en Asie occidentale et au service des impérialismes britannique puis US. Leur but était colonial mais aussi de retourner une population potentiellement anticapitaliste en agent de l'impérialisme. Parallèlement, les juifs dans les pays occidentaux ont subi une promotion sociale au cours des "trente glorieuses" qui les a largement détachés du prolétariat, tandis que les juifs arabes, qui étaient favorisés par les colonialistes français et britannique, ont été poussés vers un retournement pro-sioniste après le reflux du colonialisme. Ce retournement pro-sioniste a partout été ponctué de violences commises contre le juifs antisionistes, religieux ou de gauche internationaliste. Aujourd'hui, avec la crise du capitalisme et du sionisme, une partie consistante des juifs, en particulier aux USA, se détache massivement des organisations du "lobby juif", que l'on devrait appeler "lobby sioniste", car il entre en contradiction avec la majorité de l'histoire et de la culture juives par principe opposée à la création d'un Etat ethnique juif.
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R
Ce qui a changé récemment, c'est que l'action du lobby coercitive sur la société politique est affichée au lieu d'être dissimulée.