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Réveil Communiste

Les objectifs des communistes sont élémentaires, et transcendentaux

13 Septembre 2026 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Qu'est-ce que la "gauche", #Front politique intérieur

Les objectifs des communistes sont élémentaires, et transcendentaux

Les objectifs de la lutte politique et sociale des communistes tels que nous les concevons sont les suivants :

(par ordre d’urgence mais ils sont tous d’importance identique et interdépendants)

- la paix, la souveraineté nationale, la solidarité internationale et la lutte contre l'Impérialisme occidental, forme politique du développement du capitalisme global.

- les intérêts matériels de la classe ouvrière, la croissance du salaire, des revenus du travail, et de l’emploi productif.

- la défense, le maintien et l’élargissement de services publics gratuits et de qualité (santé, éducation, transports, communications, énergie, recherche …), la sécurité sociale sous la forme la plus étendue, en comptant la santé, l’emploi, le logement, et la tranquillité dans l’espace public

- le contrôle et l’orientation de l’économie par la collectivité et l’éradication des monopoles des financiers et des milliardaires.

- la diffusion d'une culture populaire de l'égalité, de la science et du socialisme pour la conduire peu à peu et à nouveau vers l'hégémonie.

Détail qui a son importance : les communistes réels sont les partisans du socialisme réel et non du communisme utopique.

La société capitaliste a divisé l’humanité en divers groupes identitaires souvent hostile les uns aux autres et aux prétentions particularistes (nations, religions, communautés minoritaires diverses). L'État créé pour instaurer le socialisme les reconnaît comme des faits sociaux réels et légitimes de facto, et travaille à harmoniser et pacifier leurs relations en veillant à ce qu’aucun ne devienne le bouc émissaires des contradictions de la collectivité. Mais il se réserve le droit de sanctionner, jusqu’à le dissoudre, tout groupe de ce genre qui se mettrait au service de la restauration du capitalisme ou de l’ingérence extérieure.

Les objectifs du socialisme ne sont relatifs à rien de plus haut que lui-même, à aucune valeur transcendantale, ils sont transcendantaux en eux-mêmes. En conséquence de quoi, la défense de l’État de droit, des droits de l’homme et de la démocratie représentative, ainsi que de la liberté d’expression, sont pour nous des moyens et non des fins. Dans une société de classe toutes ces grandes choses ne sont disponibles qu’à la mesure de son pouvoir d’achat et de son appartenance à un réseau d'influence.

On ne défendait pas le capitaine Alfred Dreyfus en 1898 pour les beaux yeux bandés de Dame Justice qui figurait en allégorie sur les frontons des tribunaux, mais parce qu’en le faisant on résistait à une offensive des réactionnaires traditionalistes, qui étaient les ennemis communs des ouvriers et des juifs français.

Et on défendra les Palestiniens aujourd’hui pour des raisons similaires de solidarité frontale : ils sont en première ligne dans la lutte contre l’impérialisme occidental, dont le sionisme est un des promoteurs idéologiques majeurs.

Il y a une question test qui permet de bien distinguer les vrais socialistes des contrefaçons :

Sont-ils loyaux en dernière instance aux institutions de la démocratie libérale, ou au socialisme ?

Le chavisme, la forme de socialisme redistributif qui est en crise probablement terminale au Venezuela, tirait fierté et argument de propagande du grand nombre d’élections pluralistes qu’il avait organisé. Et il n’a recueilli pour cela aucune sympathie supplémentaire de la part des partisans pointilleux de l’État de droit, et dans les médias du capital – c’est à dire quasi tous. Ses victoires électorales ont abouti à une impasse comme la stratégie de Napoléon Premier. Une seule agression militaire a suffi pour les annuler toutes. Élection rime avec trahison.

Donc l’objectif est bien d’instaurer une société où les retours en arrière au capitalisme sont institutionnellement, et structurellement impossibles et où les partisans de ce retour sont hors-la-loi.

La raison d’être de ce blog communiste indépendant de toute organisation constituée est de rappeler ce genre de vérités machiavéliennes à leurs militants, sans qu’ils aient à payer eux-mêmes le prix politique d’avoir profané le tabou de la démocratie libérale. Le « Mur de Berlin » n’est pas un problème éthique, mais seulement un problème d'image. Tout ce qui est vrai ne peut pas être soutenu publiquement, à cause de la "fenêtre d'Overton" du moment, mais n’en reste pas moins vrai et ce blog pourrait bien avoir l'utilité de le rappeler encore et toujours aux communistes du quotidien qui sont bien obligés de jouer le jeu du pseudo pluralisme de la démocratie de marché (« un dollar, une voix », plutôt que « un homme une voix ») !

On objectera sans doute que cette conception du socialisme et de l'engagement communiste en ferait presque une sorte de fanatisme religieux en ce qu'elle impliquerait une conception du monde dogmatique et une psychologie fermée au doute. Le socialisme est scientifiquement fondé, contrairement aux religions, mais les militants révolutionnaires actifs, même cultivés, ne peuvent en général en maitriser la théorie en totalité ni atteindre une parfaite certitude scientifique si une telle chose existe, et ne peuvent donc éviter de recourir au genre de connaissance fondé sur la confiance en la science et au témoignage d’autrui et en suivant son exemple, le "premier genre de connaissance " défini par Spinoza. Le recours à une forme de dogmatisme pratique, ou pour le présenter autrement, à une axiomatique théorique est inévitable si on ne veut pas rester indéfiniment dans le ciel de la théorie et n'agir jamais.

La force de la conviction émane de l'action collective, et non d'une méditation cartésienne, au coin du feu.

Quant au fanatisme, la mort n'éblouit pas les yeux des partisans, comme on le sait. Quand on veut "la patrie et la vie" comme les gusanos cubains, on se retrouve à la fin avec ni l'une ni l'autre.

GQ, 20 mai 2026

 


 

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A
Voilà un texte qui va au coeur des coeurs (je veux dire au "noyau dur") dont on pourrait dire qu'il est l'inverse du transcendant que, lui, on imagine toujours aux cieux, larges et infinis !<br /> <br /> Mais va aussi pour "transcendantaux" qui restent tout de même les pieds sur terre, sinon au noyau ! J'en partage la rigueur dans la phase socialiste.<br /> <br /> Ce qui me chagrine c'est le sort réservé, en fin de texte, au "matérialiste" pré-kantien, pré-hégélien nommé Descartes. Son affirmation de l'existence de Dieu visait à ménager le clergé qui avait le pouvoir, encore à l'époque, de condamner quiconque pour hérésie.<br /> Son "Je pense donc je suis" atteste le mieux de son double attachement à la vie matérielle (être) : il voulait "aussi" être "pour" penser, et pas seulement constater que pour penser il faut être (matériellement).
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