Guerre de douze jours, "opération militaire spéciale" de quatre ans ...
1 Février 2026 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Russie, #Iran, #lutte contre l'impérialisme, #Ukraine, #Asie occidentale
Iran et Russie , guerre de douze jours, guerre de quatre ans ..?
On ne peut que contempler avec effarement la différence de résultats entre les stratégies militaires de la Russie et de l’Iran, et constater à quel point la stratégie iranienne pour confronter l’Empire a été meilleure ! La première est loin d’avoir atteint en quatre années « d’opération militaire spéciale » les succès obtenu par la seconde en douze jours d’échange de missile et de drones.
Pourtant les deux pays ont pratiqué longtemps chacun à sa manière l’apaisement d’un ennemi implacable et qui n’a jamais caché son mépris ni ses mauvaises intentions.
Mais l’Iran a eu raison malgré les sacrifices que cela lui a imposé d’attendre le moment ultime de l’agression impérialiste. La manière dont la Russie a pris les devant avec une soudaine précipitation en 2022, et précisément là où elle était attendue, témoigne d’un mauvais calcul de ses forces et de celles de l’adversaire. Et encore plus la manière dont une fois attaquée par l’OTAN elle a de nouveau retenu ses coups, contrairement à L’Iran qui a fait une démonstration de force discrète mais implacable, impossible à nier, en ravageant des secteurs entiers de l’économie et des installations militaires israéliennes que tout le monde croyait inviolables.
Personne ne gagne une guerre si d’une manière au moins implicite son adversaire n’est pas contraint de le reconnaître.
La Russie par contre à force de tergiverser a laissé aux force politiques et militaires de l’OTAN le temps nécessaire pour se réarmer et pour s’organiser en vue d’une confrontation décisive. L’organisation met le paquet et vide tous ses arsenaux, car elle a décidé de remporter la victoire décisive en Ukraine même, considérant à tort ou à raison qu’il n’y a plus de risque de voir ce territoire complètement occupé par l’armée russe, et doutant de la victoire sur un champ de bataille situé plus à l’ouest, en Pologne ou en Roumanie, à cause de l'impréparation et de l'hostilité fondamentale de la population locale.
Il y a de plus en plus de signes que des fronts nouveaux sont en préparation contre la Russie dans la Baltique, dans le Caucase et même dans l’Arctique.
En laissant le temps à L’OTAN de se construire une stratégie, même aventureuse et finalement vouée à l’échec, la Russie a accru le risque de guerre mondiale au lieu de l’atténuer, et le prix qu’elle devra payer pour obtenir la victoire.
Une provocation de grande ampleur est aussi envisageable maintenant en Mer de Chine pour lancer la confrontation générale. Les stratèges de l’OTAN sont prêts à sacrifier des atouts et des pays entiers en Europe de l’Est, au Moyen Orient, et en Asie du Sud-Est, pour créer la coalition de guerre ouverte et décisive, contre leur « axe du mal » anti-impérialiste : Russie, Iran Chine, Corée du Nord. Ils estiment qu’une telle situation permettra de mobiliser les forces économiques de l’Occident qu’ils surestiment et qui paraissent en effet d’une supériorité écrasante si on utilise le mode de calcul usuel qui néglige l’économie matérielle.
L'Iran a gagné une bataille, ce qui a surpris la plupart des observateurs, au moins ceux qui sont prêts à reconnaître les faits, mais pas encore la guerre, et son appareil politique a montré de singulières fragilités, qui sont apparue à nouveau ces derniers jours (janvier 2026).
La Russie quant à elle n’a gagné que dans ce sens où elle n’a pas encore perdu, malgré les délires triomphalistes de ses adversaires qui veulent la démembrer.
Mais elle ne peut gagner vraiment qu’en faisant la démonstration à ses ennemis, qui sont plus une classe internationale que des nations, que la poursuite de la guerre est très dommageable pour eux, démonstration faite en moins de deux semaines par l’Iran, pourtant fort mal parti, infiltré de toute part par les espions israéliens, et dont la stratégie récente a été hésitante .
Le problème que la Russie doit résoudre, sans déclencher l'apocalypse pour autant, c'est que les coups qu'elle donne aux Ukrainiens, ou même aux mercenaires de l'OTAN en Ukraine ne font pas de mal à ses ennemis réels qui sont bien au chaud dans les bureaux de Bruxelles, de Londres, de Berlin, ou de New-York.
Les deux pays se sont bousculés au portillon pour abandonner en rase campagne leur allié syrien en décembre dernier, et ils n’ont pas encore payé toute la facture, et la Chine encore moins, qui a laissé se reformer dans ce pays le nid de frelon de ses terroristes nationaux dont elle voulait se débarrasser.
Ils n'ont pas non plus su dissuader l'Empire de s'en prendre au Venezuela et de kidnapper son président.
On espère maintenant qu'ils ne laisseront pas les États-Unis refermer complètement le siège de Cuba.
L’Union Soviétique, on ne peut pas lui retirer cela, était au moins respectée par ses adversaires. A cause du « gobatchévisme » indécrottable des dirigeants et de la nouvelle bourgeoisie russe - mélange d'idéalisme, de naïveté, de rapacité, de désir de reconnaissance, de complexe d’infériorité, il semble que nous soyons partis pour une décennie de guerre et de provocations occidentales aggravées dans un nombre croissant de pays, avec un risque important d’escalade nucléaire.
Je souhaite ardemment me tromper !
GQ, 22 juillet 2025, revu le 1er février 2026
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
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Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
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