Le "front" Patrice Cohen Seat/Mélenchon, d'après Nicolas Marchand
1 Décembre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Qu'est-ce que la "gauche"
Nicolas Marchand nous a fait parvenir ceci:
Dans une interview à l'hebdomadaire Politis daté du 27 novembre 2008, Jean-Luc Mélenchon apporte un certain nombre d'informations qu'il est utile de connaitre. Il ne s'agit pas de polémiquer, ni mettre en cause un front d'action pour une europe progressiste. Il s'agit de prendre, pour ce qui concerne le PCF et son devenir, des décisions claires, et non des décisions laissant, malgré les mots, "toutes les hypothèses ouvertes", notamment celle de la "nouvelle force"...
Ce besoin de clarté concerne le texte d'orientation, mais aussi, tout autant, la composition de la future direction, sachant que d'assez nombreux dirigeants sortants se sont exprimés favorablement à la perspective de "nouvelle force".
Je joins le texte complet de l'interview. J'ai remarqué notamment les deux passages suivants:
"Le Parti de gauche peut s'inclure dans un ensemble plus vaste. Pourquoi en est-on venu à l'idée du front? Au lendemain du vote de 2005, la discussion sur l'unification des forces du «non» de gauche a donné lieu à beaucoup de malentendus liés à l'évocation de Die Linke. Celui-ci a fusionné deux partis et une fraction: l'Alternative pour le travail et la justice, le Parti communiste rénové, et la petite fraction d'Oskar Lafontaine. Au début, il s'agissait d'un front, et ils ont été obligés de fusionner, en partie pour respecter la loi électorale. C'est la victoire qui les a ensuite collés ensemble. Et Lafontaine m'a dit: «Le meilleur liant que tu aies, c'est le succès.» On sait donc ce qu'il nous reste à faire. Mais tout commence par un front respectueux de l'identité de chacun."
"Comment lever les malentendus? Dans la préparation de mon livre et les discussions qui ont suivi sa sortie, notamment avec Patrice Cohen-Séat et d'autres dirigeants communistes, j'ai compris que le plus gros blocage venait du fait que beaucoup de communistes n'acceptaient pas le débat sur une nouvelle force politique parce qu'ils la vivaient comme l'anéantissement de la leur. Cette disparition nous poserait aussi un problème. Par conséquent, ce que nous allons emprunter à Die Linke et aux Allemands, c'est la méthode: former un front et voir ensuite ce qui est possible, au lieu de proclamer la nécessité d'une convergence politique, idéologique et organisationnelle totale avant de se mettre au travail."
Pour mémoire, je rappelle la déclaration de Patrice Cohen-Seat: "on ne décrète pas de la vie et de la mort des organisations politiques de l'extérieur. Il faut partir de ce qui existe, de la diversité de nos cultures politiques, avec l'ambition de construire quelque chose. Pourquoi ne pas construire ensemble un front? La construction d'un tel front peut être une étape avant d'aller plus loin." (L'Huma 21 juin 2008)
Fraternellement,
Nicolas Marchand
Remarque de GQ : faire un front avec Mélenchon ça signifie quelque chose si Mélenchon ramène avec lui un électorat socialiste. Mais s'il espère grossir au dépens du PCF, voire le phagocyter, ça n'a guère d'intérêt, tout attachement au parti mis à part. Ce serait, purement et simplement nous unir avec nous même, autant faire ça en interne. Sans parler du fait que Mélenchon connait la culture manipulatrice du groupe dirigeant, et ne se laissera pas balader comme Clémentine Autain.
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
Le blog reproduit des documents pertinents, cela ne signifie pas forcément une approbation de leur contenu.
Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
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