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Réveil Communiste

Témoignage d'une déléguée à la conférence fédérale du congrès

1 Décembre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

J'étais déléguée du 20e arrondissement, à la conférence fédérale de Paris. Je vous livre ici mes impressions de cette conférence. Ce texte n'a pas pour objectif de faire le compte-rendu formel de cette conférence, je tiens juste à faire part à mes camarades de ce que j'y ai vu, entendu, et ressenti. On me répondra sûrement "mais bon sang de bois, si tu l'écris, tout ça, pourquoi t'a pas proposé d'amendements? Tout simplement, parce que je n'ai pas eu le temps de lire le texte de BC amendé (comme bcp de camarades qui en on pris connaissance que le vendredi matin, cas au moment de la conférence fédérale), ensuite, parceque  je préfère laisser parler ceux qui s'expriment mieux que moi, de peur de nuire plus qu'autre chose à mes camarades qui sont sur le même positionnement que le mien.

Je commencerai par des constats sur la forme, puis j'aborderai dans un second temps le fond.

Tout d'abord, un premier constat : j'ai été frappée par la sur-représentation de camarades s'exprimant « bien » (souvent frisant la langue de bois), genre ce qu'on apprend à sciences po ou à la fac. On va m'accuser de faire de l'ouvriérisme, mais voilà, on est au parti communiste, et j'ai la désagréable impression que seuls les camarades se sentant sûrs d'eux et de ce qu'ils disent, avec un discours bien construit, avec des mots « qui font bien », peuvent s'exprimer. Les camarades qui s'expriment moins bien, avec des mots moins fleuris et recherchés, n'osent pas prendre la parole, peut-être par peur de paraître ridicule. Je le dis, car c'est mon cas. Pourtant, j'ai fait des études, mais voilà, j'ai peut-être la pensée moins claire que d'autres, je m'exprime pas toujours très bien, je tombe parfois à côté de ce que je veux dire,  et j'appréhende toujours de prendre la parole, de peur qu'on se dise « elle sort d'où celle-là » ? Je n'ose même pas imaginer ce que peuvent ressentir les camarades qui n'ont pas fait d'étude, qui ne manient pas l'art de la rhétorique, etc. Ce constat est accablant, car nom de dieu, je pensais naïvement que le parti communiste mettait à un pied d'égalité tous les camarades de toute origine sociale. Je me suis apparemment trompée.

Je me souviens des interventions d'un camarade du 16e (je crois ?) avec un accent étranger très fort. Hé bien presque personne ne l'écoutait, ou alors d'une oreille légère. Ca m'a un peu choquée. En plus il disait des choses très intéressantes, il avait notamment proposé un amendement qui précisait la " transformation sociale à visée socialiste", donc rajouter le mot qui fache, socialiste (ou communiste, encore pire !). On s'est juste foutu de sa gueule, ni plus ni moins. Parce que trop comuniste, parce que trop étranger. Alors j'ai ressenti vivement un profond décalage entre les affirmations d' « ouverture » et de « diversité »  du parti concernant les étrangers ou les camarades d'origines étrangère. A propos d'immigration, je tiens quand même à souligner le très bon amendement de mon secrétaire de section (Amar) qui rectifiat le tir de la vision du pauvre étranger sous-qualifié exploité, rappelant à juste titre qu'il y a aussi (et bien souvent !) des étrangers qualifiés, diplômés, qui se font exploiter et embauche en dessous de leurs qualifications. Je le confirme, j'ai vu ça chez Papa, où certains sans-papiers étaient qualifiés et avaient un poste en dessous de leur qualif (car sans-papiers !) ou encore un autre qui avait un diplôme d'infirimier et qui n'était bon qu'à faire le maitre d'hotel payé au black dans une chaîne de restau du sud-ouest...

Mais revenons au propos.

Deuxième constat, et de loin le plus grave : une absence quasi TOTALE de démocratie et d'impartialité de la part du bureau (la « commission », toute puissante, bien plus souveraine que les délégués, décidant parfois de rejeter un amendement en raison d'un avis défavorable -on aurait plutôt dit un jury délivrant des bons et mauvais points !) et  frisant parfois l'impolitesse envers certains délégués. Notamment, je dénonce la façon scandaleuse dont Nicole Borvo traiait Emmanuel Dang Tran, l'appelant uniquement par son nom (dire le nom de la personne suivi de « tu » est d'ailleurs en soi extrêmement impoli, je ne sais pas où elle a appris les bonnes manières...Au Sénat, peut-être ??). Cette façon de traiter notre camarade était bien évidemment voulue, car elle connait son prénom. C'était juste une manière de le rabaisser, de le distinguer par rapport aux « autres » (donc DT est un sous communiste?). Elle a fait de même avec Yves Dimicoli, l'appelant parfois par son prénom, mais le plus souvent, « Dimicoli »... Ceci ne paraît peut-être pas le plus important, mais je trouve que ça dénote un profond mépris qu'on certains dirigeants pour leurs camarades. On peut ne pas être d'accord politiquement avec eux, mais quand on est  présidente de séance et qui plus  est, élue, et donc censée représenter TOUS les communistes,et de surcroit les français, on se tient différemment.

Je tiens à m'attarder sur la façon dont la commission n'a pas tenu son rôle : normalement, les amendements doivent être tous examinés sans discrimination, et avec une certaine neutralité ; or cela n'a pas été le cas DU TOUT (on va me dire qu'on « a toujours fait comme ça », mais j'en ai rien à foutre, ce qui m'intéresse, c'est ce qu'on fait aujourd'hui, sous mes yeux, et que je juge inacceptable, complètement anti-démocratique et souvent à la limite du statutaire. Ce sont ce genre de pratiques qu'il faut absolument abolir !). Quelques exemples parmi d'autres : non seulement on présente d'abord l'avis de la commission, ce qui a tendance bien sûr à influer sur le vote des camarades (passe encore) mais en plus il est arrivé à plusieurs reprises que l'avis de la commission bloque un amendement, car jugé « contraire » avec l'avis de ladite commission. C'est ce qu'il s'est passé avec des amendements du 5e et du 12e. En outre, concernant les votes, il est arrivé que l'on ne compte même pas les votes, et qu'on juge « à vue de nez » qu'un tel ou un tel était majoritaire ou minoritaire, donc accepté ou rejeté, de manière totalement arbitraire. C'est tout simplement innacceptable dans un parti qui prône la démocratie à tout bout de champ, avec force trémolos dans la voix.

Par moments, je me demandais si on n'était pas à un congrès de l'UMP ou du PS. Verrouilages, manip' en tout genre, refus de compter...Ce sont des accusations fortes, mais c'est la vérité, d'autres délégués, écoeurés par ces pratiques, peuvent en témoigner.

Maintenant, le fond. Alors, là, on l'atteint, le fond. L'Europe ? Des peuples, forcément. Capitaliste ? A peine.  Sortir de l'Otan ? On ne s'est même pas posé la question. Les institutions européennes ? On ne doit pas rentrer dans ce débat. Pour Ian Brossat, le débat ne se place pas là. Ah bon, très bien. L'Europe des peuples, alors. Oui, mais avec un « nouveau traité fondateur », et on a bien insisté là-dessus. A peine si on a évoqué les NON français, néérlandais et irlandais, dont on s'est pourtant gargarisé après le 29 mai, et tout récemment, pour le vote irlandais (oui enfin on s'est pas trop attardé sur leur vote non plus, car attention, faut pas trop de refus de l'UE, ça peut faire mauvais genre...Surtout quand on a un député européen membre du cercle Lisbonne, lobby du très droitier think tank « Confrontations »). Le NON,  c'est déjà du passé, apparemment, sauf quand c'est pour rappeler qu'il faut des « fronts à vocation majoritaires » comme lors de la bataille pour le non au TCE. Drôle de paradoxe...Donc, à retenir : 1/ l'Europe, c'est formidable, 2/ il faut très vite un nouveau traité, 3/ ne surtout pas se poser la question des institutions  européennes. Vous avez dit « congrès du PCF » ? Tiens, c'ets drôle, j'aurais juré que c'étaient les positions du PS, voire du Modem...

Parlons-en, du Modem. Au Modem et chez ses électeurs, apparemment, il y aurait aussi des gens de gauche (d'ailleurs qu'est-ce que la gauche, en particulier, les « forces de gauche » ? Il ne faut surtout pas poser la question....Chuuut...Sujet tabou...). C'est à l'arrache pied que dans le 20e nous avions réussi à faire passer un amendement sur le refus d'allaince futures avec le Modem, Pierre Laurent jugeant que « c'est-pu-compliqué-kssa », ben oui, il faut être dans l' «intelligence » des situations...Ouais, ouais...Alors, hourrah, victoire, un amendement a pu être rajouté à la base commune, par les membres de la commission des amendements !! : « Ce serait une impasse [...] de chercher une alliance avec le centre droit, le MODEM... » Ouf ! on a évité le pire !!?? (non mais, oh, c'est quand même un drame qu'au parti, on se pose la question d'alliances avec le MODEM!!!).

Je passe aux alliances, aux rassemblements. La question prend beaucoup de place dans la base commune, c'est d'ailleurs son pillier politique central. Bien plus que la question de renforcer et faire vivre le parti. Quelque chose d'intéressant : un premier amendement à la BC a été rayé (par la commission) : « En France et en Europe, chaque force de gauche est confrontée aux défis de réponses nouvelles. C'est pourquoi une conversion du PS, des Verts, du PRG au social libéralisme, ouvertement revendiquée en leur sein, l'alliance avec le centre, seraient des impasses. Ils décrédibiliseraient encore la perspective de changement des forces de gauche (pour le Parti communiste la participation à des majorités ou des gouvernements est impossible si cela ne permet pas des améliorations réelles dans la vie de notre peuple ». Bon déjà, cet amendement était bien faiblard, très flou, voire dangereux. Mais celui qui l'a remplacé est bien pire encore, et montre toute l'habileté à nous faire accepter au détour d'un mot ou d'une phrase ingénieusement intégrée au reste le refus de mettre en cause les alliances avec les partis sociaux-démocrates : « En France et en Europe, chaque force de gauche est confrontée aux défis de réponses réeelles et durables à la question de l'issue de la crise et à celle de l'alternative politique- donc, dans l'un et l'autre cas, à la nécessité de réformes de structure opposées à celles du capitalisme mondialisé (celui qui m'explique le sens exact de cette phrase je lui paye une bière). Cela explique des exigences fortes et, à gauche, des remises en cause (oui, certes, mais lesquelles ???). Ce serait une impasse que de contourner ces exigences en faisant cause commune avec le Parti socialiste européen (oui, européen seulement, c'est là tout la différence avec l'amendement initial) qui porte la coresponsabilité avec la droite des politiques actuelles de l'Union européenne ou avec les porte-drapeaux du néo-libéralisme (et allez, on cogne un peu sur les libéraux européens, histoire de...nous faire oublier que le parti de Ségolène royal et de Cécile Duflot l'est aussi ?? et qu'on est tout prêt à reformer une gauche plurielle avec eux ??) au sein du Parti Vert européen (même remarque que pour le PSE). Ce serait une impasse de ne pas s'inscrire dans l'effort considérable pour reconstruire une dynamique majoritaire de gauche porteuse d'un projet politique de changement (sic !), ou de chercher une alliance avec le centre droit, le MODEM, ou encore de pratiquer un sectarisme diviseur et démobilisateur (j'offre une PINTE à celui qui m'explique ce que signifie cette expression...En gros, cela veut-il dire proposer des candidatures communistes et uniquement communises, aux élections ??)

Je ne livre qu'un passage de tout ce blabla dangereux sur les alliances et divers fronts de gôche à vocation majoritaire et citoyen et démocratique et porteur d'espoir et de réforme pour notre bon peuple...Si je retranscrivais toutes les allusions qui sont faite dans la BC à ces alliances, je serais pas couchée...

J'arrête là pour le moment, car il y a tant à dire...Je n'ai fait part que de ce qui me paraissait le plus dangereux et inquiétant pour notre parti, ainsi que les aspects les plus réformistes de cette « base commune »...

Tout ce que j'écris n'engage que moi, et je l'assume. Si un camarade a un ajout, une remarque, une question, un désaccord, c'est bien volontiers que j'y répondrai.

Astrée Questiaux PCF 20e

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P
Dans le Var la conférence départementale a été très riche en débat et en amendements souvent adoptés après discussion et vote à main levée. Ceci c'est fait dans le respect de tous les intervenants même si parfois et c'est normal il y avait de la passion. En fait, bien que je n'ai pas de conseils à donner, c'est en osant prendre la parole qu'on fait avancer les lignes. Il n'y a pas de petites ou mauvaises questions, il y a des questions. Exprimé son ressenti est important mais il vaut mieux le faire au bon moment plutôt qu'à posteriori. Il y va de la bonification du débat démocratique. En fait il s'agit tout simplement de pédagogie et d'acceptation des différences. Ce qui importe au final c'est d'avoir une synthèse qui dégage des points d'intérêts collectifs acceptés à la majorité et appliqués ensuite de façon démocratique. C'est apprentissage n'est pas toujours facile mias c'est une règle primordiale d'un succès collectif. Enfin un mot sur le marxisme. Je pense qu'il a aujourd'hui plus que jamais toute sa place dans notre démarche et notre conférence départementale a été quasiment unanime pour faire avancer cet avis. Le pcf est un parti de lutte de classe, à nous de former ou plutôt reformer nos militants(es) pour les armer correctement dans la combat idéologique à gagner à partir du terrain.
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Y
Il s'agit d'un amendement proposé pr les camardes du 5ème, donc je pense très proche de celui voté dans leur conférence de section.
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G
Quelqu'un a-t-il le texte exact de l'amendement voté qui cite Cuba comme référence de la lutte en amérique latine, celui qui a provoqué le cri du cœur de Jérome Rellinger qui présidait la séance " Cuba, une référence!", voté à 57 contre 53 contre la tribune et les pontes du groupe dirigeant?
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J
A la commission des amendements de ma section, j'avais présenté le même genre d'amendement, repoussé car, paraît-il depuis 1979, le parti n'est plus marxiste. Je crois qu'il s'agit alors d'une allusion à l'abandon du "marxisme-léninisme" ; mais cela signifie-t-il abandon du marxisme et du léninisme ? Les liquidateurs ont dû jouer sur cette ambiguité pour dire oui, mais la question est à mon avis plus complexe.
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P
Si tu veux une idée d'amendement, en voila un qui a failli passer à la conférence de section de Lyon :<br /> "Le marxisme reste notre socle de pensée. Si le monde a changé depuis Marx,les grands principes qu'il a énoncé restent d'actualité pour comprendre le monde et combattre le capital. Sa méconnaissance par nos militants est une véritable faiblesse dans la période qu'il nous faut surmonter par des efforts de formation."
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D
Ok, pour l'instant, le congrès du 92 (commencé Lundi soir, puis ce weekend à Gennevilliers) s'annonce un peu plus cordial: les camarades s'écoutent, les refondateurs et ceux qui soutiennent le changement de nom ont les oreilles qui sifflent (un étudiant en Histoire les a remis à leur place en mettant les rieurs de son côté), mais la nécessité des alliances reste sacro-sainte, et je ne crains qu'on s'enferme dans des débats byzantins sur "alliance ou construction populaire avec le monde du travail?".<br /> Je vous envoie un compte-rendu Dimanche? Une idée d'amendements que vous voudriez transmettre aux camarades du 92?
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G
Pour Caroline : le droit de tendance simplifie les statuts, et permet de mieux les observer, mais il aboutit souvent lui aussi à des dérives, qui consistent essentiellement à multiplier les abus par le nombre des tendances. Je crois qu'il faudrait créer un pluralisme par la généralisation du principe électif, et la limitation des pratiques de cooptation, sans créer de tendances style "parti dans le parti"
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P
Merci Astrée pour ton  courageux témoignage ! C'est partout la même chose, les mêmes comportements odieux : dans les HP, lors d'un congrès de la CGT, le sec. dép. s'était penché vers son voisin en commentant (?) et en souriant connement, suite à une question que j'avais posé depuis l'amphi., sur la représentation proportionnelle des délégués par branches d'activités. Il y a chez nous - mais je trouve çà insupportable de le voir CHEZ NOUS, dans NOS orgas, des petits barons prétentieux qui devraient être chassés à coups de pompe dans le cul. Ils s'entourent de fidèles, de moutons qui saisissent là l'opportunité à leurs yeux unique d'être "reconnus" socialement, politiquement, syndicalement, ils approuvent tous les abus de pouvoir, les comportements odieux et condamnables, par esprit disciplinaire, pour conserver leur "poste" d'élus, jusqu'au jour où ils disparaissent, et ils sont aussitôt remplacés par les mêmes opportunistes médiocres.<br /> Voilà pourquoi rien ne change, le parti ne peut se renouveler, prisonnier qu'il est de ses travers, de ses tares, et de ses insuffisances démocratiques . Les légitimistes sont sincères, mais ils ont tellement horreur du vide, comme la nature !<br /> Comme si la fuite de HUE pouvait créer un vide !!!!
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C
Cette manière de faire, notamment le mépris affiché vis-à-vis de certains camarades, voire la profonde hilarité qui secoue certains lorsque des camardes issus du monde ouvrier interviennent est une vieille pratique : je l'ai vue à différentes reprises, et notamment au Conseil national.<br /> Quant au manque de démocratie, au non respect de la représentation, on en revient toujours au droit de tendances : s'il y avait un droit de tendances reconnu, ce type de fonctionnement ne serait plus de mise.<br />  
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