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Réveil Communiste

Le racisme est il dû à la concurrence dans la classe ouvrière ou au malaise identitaire dans la classe moyenne ?

9 Octobre 2026 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #classe ouvrière, #Théorie immédiate, #2027

On aura beau utiliser la couleur brune, il va falloir trouver autre chose pour traiter la vague identitaire

On aura beau utiliser la couleur brune, il va falloir trouver autre chose pour traiter la vague identitaire

Le racisme et le vote d'extrême droite sont-ils dûs à la concurrence dans la classe ouvrière ou au malaise identitaire dans la classe moyenne ?

J'ai longtemps partagé l'hypothèse que le développement de la xénophobie dans la classe ouvrière était une conséquence de la concurrence sur le marché du travail et pour l'accès aux services publics.

C'est pour cette raison que le PCF historique militait au temps de Georges Marchais pour l'arrêt de l'immigration.

Je pense que c'était effectivement le cas il y a une génération ou deux quand les gens étaient bien plus racistes que maintenant (on pouvait ouvrir une rubrique hebdomadaire pour les meurtres racistes), mais ne votaient pas pour des partis racistes. Mais aujourd'hui le rejet de l'immigration me paraît davantage centré sur la crise identitaire de la petite bourgeoisie ("périphérique"si on veut la définir ainsi, mais de toute manière majoritaire), qui est par ailleurs devenue nombreuse et hégémonique idéologiquement, tandis que la classe ouvrière proprement dite (travailleurs manuels et ouvriers des grandes usines) est largement composée à présent d'immigrés ou d'enfants d'immigrés, qui ont de facto remplacé les prolétaires gaulois. 

Ce que ces masses recentrées sociologiquement reprochent aux immigrés, ce n'est pas d'accaparer les HLM, c'est de ne pas s'assimiler complètement au point de disparaitre dans le paysage comme l'ont fait les vagues précédentes d'immigration, et ils imputent cela à l'islam, et à la couleur de peau des immigrés africains et antillais.

On peut certes condamner moralement cette attitude mais ça ne va pas nous mener très loin, quand on en est à constater qu'elle influence directement 40% du vote aux élections, ce que quarante ans d'indignations et de manifestations n'ont pas réussi à contenir.

La solution est donc de faire en sorte qu'ils "pensent à autre chose", et c'est en cela que le wokisme est une erreur : il ramène continuellement l'attention sur les causes rebachées du rejet des immigrés. Causes sans doute injustes et irrationnelles, mais bien réelles. 

Mais immigrés et autochtones ont des intérêts communs, et tout ce qui divise peut s'effacer dans la lutte commune. A condition que ce soit cette lutte fédératrice qui soit menée, et non la promotion différentialiste de droits pour des minorités qui en on déjà obtenu beaucoup. Sans doute l'identité "judéo-chrétienne-républicaine" que revendiquent de défendre les premiers est largement imaginaire et dans bien des cas toute récente. Mais dans le milieu idéologique décérébré contemporain qui exalte les différences les plus subjectives, c'est effectivement une différence de plus, et celle que partagent le plus de gens.

Toute la question pour la gauche est donc une fois de plus de savoir si on fait de la politique pour obtenir des résultats positifs ou pour afficher sa vertu.

GQ, 9 octobre 2026

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