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Réveil Communiste

Sur la notion de racisme anti-blanc

15 Septembre 2026 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Qu'est-ce que la "gauche", #classe ouvrière, #2027, #Théorie immédiate

Sur la notion de racisme anti-blanc

Le racisme est une forme de haine qui vise des individus à cause de leur couleur de peau, ou par extension à cause de leur origine ethnique ou religieuse.

Cependant la haine des blancs existe, mais le racisme anti-blanc paraît-il n’existe pas. L’explication condescendante mais peu claire de cette dénégation, à l’aide du jargon post-moderne, se réduit en général à ceci : la haine des blancs ce n’est pas du racisme parce qu'elle est dirigée du bas vers le haut de l'échelle sociale. On voit qu’il a fallu changer la définition du racisme et en fournir une nouvelle, ad hoc, pour prouver ce qu’on veut prouver.

S'il est vrai qu’il a existé un « racisme systémique » qui pour le plus grand bien du capitalisme traduisait en terme racial ou ethnico-religieux la lutte des classes, et qui prétendait inférioriser les exploités et les enfermer dans des catégories infamantes pour justifier leur exploitation ou l’exploitation de leur pays d’origine, il est officiellement réprouvé dans des sociétés occidentales qui ont fait de l’antiracisme et de l’inclusivité leur idéologie officielle.

Mais il existe aussi un indéniable racisme « de bas en haut »  historiquement avéré et d’ailleurs invoqué encore aujourd’hui à tout bout de champ : et il est clair que si le racisme anti blanc n’existe pas, parce qu’il est une forme d’aversion dirigée « vers le haut », et bien l’antisémitisme n’existe pas non plus, et pas simplement parce que les juifs sont des blancs.

Les juifs en effet ont été soumis à la vindicte populaire presque partout dans leur monde à cause de leur appartenance de classe : classe moyenne, classe intermédiaire, petite bourgeoisie urbaine, en conflit larvé avec la paysannerie majoritaire et les classes populaires, et de leur prévalence induite par leur relative prospérité dans intelligentsia et dans les positions de pouvoir social. Ce n’est que pendant une courte période qu’il a existé un racisme à la fois anti-juif, anti ouvrier, et anticommuniste, dans la première moité du XXème siècle.

Les Tutsi du Rwanda ont été soumis à une campagne d’extermination en 1994 comme les juifs entre 1941 et 1945, et pour la même raison : l’habile récupération par des forces fascistes du ressentiment populaire accumulé sur une longue période.

Il est donc bien clair que des individus apprenant à un groupe d’élite, ou privilégié, ou au moins économiquement favorisé, peuvent être pris pour cible, et cela précisément parce qu’il relèvent de ce groupe. De plus ce sont évidemment les individus les moins privilégiés du groupe privilégié qui en font la désagréable expérience : un médecin juif de Belleville a plus de chance de subir une agression antisémite qu’un financier de Wall Street. Un blanc du 93 subira le racisme dont un blanc du Quartier Latin niera l’existence.

Il est vrai que dans ce cas le retournement accusatoire est fréquent, et que le petit blanc non plus n’est pas innocent. Dans le cas du racisme comme partout ailleurs le fait d’être la victime n’assure pas qu’on en est immunisé de la tentation de devenir le bourreau.

En conséquence les politiciens de gauche européens feraient mieux de renoncer à la victimisation systématique de minorités « non blanches » quoiqu’on entende exactement par cette référence de couleur de peau. Aussi racistes que soient les blancs, ils trouvent du répondant et tandis que chacun se victimise et dresse des procès devant l’Éternel, et demande des compensations improbables, personne ne s’unit contre le capitalisme. Et c’est précieusement le but des théories identitaires qui squattent le débat à gauche, afin de discréditer ce camp politique et ses solutions dans les masses.

Si en flattant le sentiment d’être une victime on peut obtenir une fragile influence sur une partie de l’électorat populaire, il est clair que du même mouvement on s’en est aliéné une bien plus grande part. Parce que, que ça plaise ou non, les « blancs » qu’on se met à dos sont largement majoritaire. Surtout qu’on finit toujours par être le « blanc » de quelqu’un !

Marx et Lénine ? Des mâles blancs de plus de cinquante ans !

GQ, 15 septembre 2026


 

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