Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Réveil Communiste

Cuba Coopération , éditorial. La doctrine Monroe, qu'est-ce que c'est ?

1 Janvier 2026 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #États-Unis, #Amérique latine, #Front historique, #Cuba

Cuba Coopération , éditorial. La doctrine Monroe, qu'est-ce que c'est ?
 

James Monroe, né le 28 avril 1758 en Virginie et mort le 4 juillet 1831 à New York, est un homme d’Etat américain. Élu pour deux mandats, il est le cinquième président des États-Unis, de 1817 à 1825. C’est aussi un important planteur esclavagiste, propriétaire de 250 esclaves, il était partisan de l’esclavage,

Le 2 décembre 1823, lors de son septième message annuel au Congrès des Etats-Unis, il prononce quelques phrases plus particulièrement destinées aux puissances européennes :

Les Amériques ne sont plus ouvertes à la colonisation.

Toute intervention européenne dans les affaires des Amériques sera perçue comme une menace pour la sécurité et la paix.

Les États-Unis, en contrepartie, n’interviendront pas dans les affaires européennes.

Ce que l’on appelle « La doctrine Monroe », fondée sur les principes énoncés par celui-ci, est utilisée par les dirigeants des États-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale pour justifier le combat mené contre les puissances étrangères perçues comme une menace.

Le continent américain doit appartenir aux Etats-Unis.

À partir de la fin du XIXe siècle, les États-Unis ont donné un caractère impérialiste à la doctrine Monroe et entrepris de resserrer leur influence militaire, économique et politique sur la région des Caraïbes, y compris au moyen d’interventions militaires. L’objectif est de transformer la mer des Caraïbes « en notre mer » en raison de son importance stratégique.

Entre 1891 et 1912, les Etats-Unis sont intervenus plusieurs fois militairement : en Haïti, au Nicaragua, à Cuba et à Porto Rico, au Venezuela, en République Dominicaine et en Colombie.

En pratiquant la « diplomatie du dollar », les Etats-Unis ont réalisé des interventions d’ordre financier qui ont abouti à l’établissement de contrôles américains sur les finances de plusieurs états (Honduras, Nicaragua, République dominicaine, Haïti). Les États-Unis ont acquis des territoires de l’Espagne comme Porto Rico après la guerre hispano-américaine en 1898 et les Îles Vierges, ces dernières étant achetées au Danemark en 1917. Certains États comme Cuba sont placés sous un statut proche du protectorat en vertu de l’ amendement Platt et de l’obtention de la base navale de la baie de Guantánamo (voté le 2 mars 1901 par le Congrès des États-Unis l’amendement Platt définit les termes des relations américano-cubaines). De plus, le Panama, en vertu de la Constitution panaméenne, a garanti le déploiement permanent de forces américaines dans la zone du canal avec la participation du consul américain, le pays étant le résultat d’une sécession de la Colombie fortement aidée par les Etats-Unis.

Theodore Roosevelt (1901-1909) prononce « le corollaire de la doctrine de Monroe ». Ce discours ne prône plus une neutralité absolue et affirme que le pays ne tolérerait pas que l’on s’oppose frontalement à ses intérêts. Il permet aussi de justifier les désirs d’expansion nord-américaine vers l’Amérique latine. Cela a provoqué l’indignation des dirigeants européens.

Sous la guerre froide, la doctrine Monroe a servi de prétexte à des interventions anti-communistes en Amérique latine (au Brésil, en République dominicaine, au Salvador, au Nicaragua, au Chili et à Grenade) sous différentes présidences (John Fitzgerald KennedyLyndon B. JohnsonRichard Nixon, et surtout Ronald Reagan).

Après que la révolution cubaine (1959) a établi un gouvernement communiste proche de l’URSS, la doctrine Monroe a été perçue comme moyen d’empêcher la diffusion du communisme soviétique à l’ensemble de l’Amérique latine. Suivant cette interprétation, les États-Unis ont alors aidé (par des renseignements ou des ressources militaires) les gouvernements d’Amérique centrale et du Sud en proie à la « vague » communiste (comme ce fut le cas lors de l’opération Condor)

Lors de la crise des missiles de Cuba en 1962, John Fitzgerald Kennedy, a cité directement la doctrine Monroe pour en faire le fondement de la confrontation américano-soviétique

En novembre 2013, John Kerrysecrétaire d’État sous la présidence de Barack Obama, a déclaré « l’ère de la doctrine Monroe est révolue ». Néanmoins, plusieurs spécialistes ont remarqué que les demandes de Kerry d’un partenariat plus fort envers les autres pays d’Amérique sont bien conformes aux intentions originelles de la doctrine Monroe.

Sous Trump (2017-2021) :

En août 2017, le président Donald Trump a implicitement déclaré un nouvel usage de la doctrine Monroe en annonçant une possible intervention militaire au Venezuela après que son directeur de la CIA, Mike Pompeo, lui a indiqué que la dégradation de la situation vénézuélienne était due à l’ingérence de l’Iran et de la Russie.

En février 2018, le Secrétaire d’État, Rex Tillerson, a vanté les mérites de la doctrine (« une vraie réussite » dit-il) et averti des ambitions commerciales chinoises « impériales », tout en rappelant que les États-Unis demeurent la plus grande puissance commerciale du continent américain.

En mai 2018, Pompeo pris la place de Tillerson au secrétariat d’État. Lors d’un discours au cours de la 73e Assemblée générale des Nations unies (2018), Trump a réitéré son engagement sur l’application de la doctrine Monroe.

Le 26 janvier 2019, lors de la réunion d’urgence du Conseil de sécurité no 8452, la Russie (via Vassili Nebenzia) a déclaré percevoir l’implémentation de la doctrine Monroe. Le Venezuela a fait de même en énumérant 27 interventions étatsuniennes en Amérique latine, tout en ajoutant que celles-ci représentent une « menace directe envers la république Bolivarienne du Venezuela ». Cuba a formulé une déclaration similaire en affirmant que « la Présidence en cours aux États-Unis a déclaré la prise d’effet de la doctrine Monroe »

Le 3 mars 2019, le Conseiller à la sécurité nationaleJohn R. Bolton, a cité la doctrine Monroe pour décrire la politique de l’administration Trump sur le continent américain en affirmant que « dans cette administration, nous n’avons pas peur d’employer les mots de « doctrine Monroe ». C’était déjà l’objectif de nombreux présidents américains, notamment de Reagan, d’avoir un hémisphère totalement « démocratisé » à la botte des Etats-Unis

Après ce rappel de l’histoire, et en ce premier jour de l’année 2026, nous devons continuer de nous battre ensemble contre cette doctrine Monroe, impérialiste, qui justifie, entre autres, le blocus et les sanctions extraterritoriales contre Cuba.

Notre association continuera en 2026 sa solidarité avec Cuba et la mise en œuvre d’importants projets de coopération et tous nos vœux vont vers ce peuple combatif et courageux.

Tous nos vœux également de bonheur, de solidarité et de paix à tous les peuples du monde.

Pour terminer, chers lecteurs, je vous souhaite une bonne année 2026 pour vous et pour vos proches avec tous nos remerciements pour votre soutien indéfectible.

Manuel Pascual

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article