Débat syndical et communiste en Italie
29 Décembre 2025 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Communistes en Italie
AUTRES CONTRIBUTIONS AU DÉBAT CONCERNANT '' LA QUESTION SYNDICALE;"
que nous publions bien volontiers, de la part d’Ugo Bettini, instituteur et militant de la CGIL, et de Marco Carrieri, ouvrier adhérent à la CUB.
Chères et chers camarades, après avoir lu les éditoriaux « sur les questions syndicales »
[https://www.forumdeicomunisti.it/edit78_questione_sindacale.html et https://www.forumdeicomunisti.it/edit75_questione_sindacale.html], nous souhaiterions apporter une brève contribution.
Il n’existe pas d’organisation vers laquelle orienter les quelques militants de telle ou telle réalité syndicale. C’est une attitude répandue et typique des organisations et groupes communistes qui pensent identifier, sous un sigle donné, le point d’aboutissement naturel de leur corps militant encore en activité. Nous-mêmes militons dans deux organisations communistes distinctes, mais cependant, sur les questions essentielles, nous partageons la même vision et la même pratique syndicale et sociale.
Il est utile, au risque de simplifier les choses à l’extrême, de rappeler qu’il existe au moins trois courants répandus dans le milieu communiste. Le premier est celui qui considère la CGIL comme le seul espace dans lequel agir, afin de rester en contact étroit avec les masses. Ironie du sort, le nombre de retraités inscrits au principal syndicat italien est désormais prépondérant par rapport à celui des adhérents qui sont encore en activité. Si l’on observe ensuite la fonction publique, les élections des RSU et les données d’adhésion favorisent les syndicats qui ont signé des conventions nationales avec un accroissement de 6 %, face à une hausse du coût de la vie comprise entre 17 et 18 %.
Peut-être la réalité est-elle plus complexe qu’on ne le pense, si les syndicats qui signent des accords au rabais continuent d’être élus et enregistrent même parfois une augmentation de leurs adhérents.
Parmi les partisans de la militance au sein de la CGIL, on trouve des positions contradictoires entre elles. Il y a ceux qui finissent dans la minorité interne, et qui affichent aujourd’hui les chiffres absolus les plus bas de ces soixante dernières années. Les minorités internes sont désormais réduites à presque rien et constituent l’expression de micro-groupes politiques ; or nous savons bien que certaines minorités internes à la CGIL sont plus attachées à leur fauteuil qu'à la majorité elle-même, surtout lorsqu’elles bénéficient de détachements syndicaux qui permettent de disposer de quelques marges de manœuvre politique pour accroître les partisans de leur organisation de référence. On pourrait aussi parler d’un usage instrumentalisé du syndicat, mais nous préférons analyser cette réalité avec distance.
Il y a ensuite les positions de ceux qui pensent, de manière pathétique, pouvoir influencer l’action d’une organisation syndicale comptant des millions d’adhérents simplement en proposant les formules prétendument salvatrices de luttes « par la base ». Des enseignants et pseudo-intellectuels qui voudraient expliquer aux ouvriers comment conduire le conflit : ceux qui ont plus de lectures et une plus grande aisance orale sont avantagés par rapport à ceux qui sont peu ou mal scolarisés. Mais la révolution n’est pas faite uniquement par les intellectuels, surtout lorsqu’ils finissent par se dresser en gardiens de prétendues idéologies.
Mais au-delà de l’entrisme au sein de la CGIL, il existe un deuxième courant, celui qui voudrait privilégier le syndicat jugé le plus combattif ; c’est pourquoi il s’inscrit aujourd’hui à l’USB, alors qu’il y a 35 ans, cela aurait été le SLAI Cobas. Mais là encore, on oublie l’histoire récente de l’USB, faite de signatures d’accords et de contrats afin d’obtenir une reconnaissance et une capacité d’action syndicale. Sans aucun doute, cette phase est aujourd’hui close, mais elle a été déterminante pour la croissance de l’leur organisation. Ils inspirent la crainte, ou la tendresse, ces groupes communistes qui envoient leurs militants à l’USB puis viennent se plaindre de l’exposition excessive de ce sigle vis-à-vis de la Rete dei Comunisti et de Potere al Popolo : soit ils viennent d’une autre planète, soit ils feignent d’ignorer les réalités et les appartenances, les lectures du rôle syndical et de son rapport à la politique.
Et nous pourrions conclure par une troisième option, celle qui voit les communistes présents partout où il y a nécessité : il y a trente ans, nous retrouvions des militants de Rifondazione Comunista dans les syndicats autonomes, où ils sont même devenus des cadres importants — ces syndicats qui soutiennent aujourd’hui ouvertement le gouvernement Meloni.
La discussion sur le rôle des syndicats devrait être menée de manière plus sérieuse et moins partisane, sans aucun doute en dehors de toute idéologie et de tout opportunisme. Et sans cette analyse, nous, serons malgré nous, les spectateurs d’un scénario dont la projection se déroule ininterrompu, dans le cirque de l’auto-représentation, qui incarne désormais ce qui reste — bien peu, en vérité — de nombreuses idées et pratiques communistes.
Pour le Bureau de Correspondance du Forum Italien des Communistes
Ennio Gori
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
Le blog reproduit des documents pertinents, cela ne signifie pas forcément une approbation de leur contenu.
Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
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