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Réveil Communiste

Le communisme et la vie privée (banalités sur le socialisme, 10)

30 Septembre 2025 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Théorie immédiate, #Répression, #Mille raisons de regretter l'URSS, #Cuba, #Corée

le suspect habituel ...

le suspect habituel ...

Le communisme et la vie privée

Les situationnistes des années 1970 disaient de la vie privée qu'elle était privée de vie. Puis en parasites sociaux qu'ils étaient, ils se servaient de ce principe qui aurait prétendument été posé par des communistes millénaristes du Moyen Age pour s'ingérer dans celle des autres. 

Quoi qu'il en soit du bien fondé de ces utopies ravageuses de la transparence absolue, un des motifs centraux de la propagande anticommuniste de guerre froide, depuis 1984 de Orwell jusqu’aux caricatures affligeant encore aujourd’hui la représentation de la RPD de Corée dans les médias, est la disparition de la vie privée que le communisme produirait lorsqu'il est mis en pratique.

La société socialiste est décrite dans un discours récurrent et stéréotypé comme une tyrannie quotidienne où mouchards, concierges et informateurs tiennent le haut du pavé et où la police et la justice agissent avec l'arbitraire le plus complet

Ce n’est pas tout à fait faux en ce qui concerne le contrôle social dans la vie quotidienne, et c'est même une bonne chose, car il n'est pas rare de voir à Cuba les gamins naïfs qui jouent aux racailles pour imiter les rappeurs états-uniens filer doux devant la gardienne d’immeuble.

Comme si les informateurs n’existaient pas partout! et sans eux il n’y a ni police ni justice, il n’y a que de l’omerta partout. Un informateur peut être un jaloux, ou un pervers anonyme ; il est bien plus souvent un héros local qui se met en danger. Tout comme un guérillero n'est ni bon ni mauvais en soi, il peut suivre le Che, ou suivre Bandera.

Dans les pays socialistes, la police et la justice suivent les règles légales, comme partout ailleurs; sans doute il s'y trouve des lois que l'observateur libéral international n'aime pas trop. Et contrairement à la pratique commune des tribunaux bourgeois les juges sont tenus d'appliquer la loi et ne tirent pas leurs décisions de leur chapeau.

Ces lamentations biaisées passent allègrement sur le fait que dans l'immense majorité des cas, là-bas ou ici, ce n'est pas l'État, mais autrui, et les intérêts privés mercantiles qui menacent la vie privée et qui empiètent sur son domaine. Et particulièrement à l'ère du big data.

C’est plutôt l’illusion de la vie privée que sa réalité qu’on défend. C’est la propriété privée qui lui assure une certaine réalité chez les riches et qui leur sert de garantie ontologique et pratique. Le for intérieur sacré du charbonnier seul maitre chez lui n’est au fond que le culte religieux auquel il adhère, la liberté d’opinion et le droit à la parole n’étant en substance rien d’autre que cela : le droit d’errer dans l’espace devenu inoffensif de la métaphysique.

Pour la bourgeoisie la liberté individuelle et la sphère privée ont certes quelque chose de plus : ce sont essentiellement des espaces où existent des opportunités matérielles.

Notez qu’une campagne paranoïaque contre la sécurité sociale qui devait nous ficher tous avait aussi enfourché ce thème dès les années 1950, et constitua le noyau dur de l’idéologie libertarienne : la liberté selon eux, c’est de ne pas aller à l’école, de ne pas aller à l’hôpital, de ne pas se faire vacciner, et de se promener armé.

C’est en effet tout le contraire de ce que nous voulons.

GQ, 12 septembre 2025

 

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