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Réveil Communiste

Le communisme et la diversité (banalités sur le socialisme, 6)

27 Avril 2026 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Théorie immédiate, #Front historique, #Mille raisons de regretter l'URSS

Tous divers, tous égaux? ou tous identiques ?

Tous divers, tous égaux? ou tous identiques ?

Le communisme et la diversité

Pour nous, au XXIème siècle, la diversité est une qualité positive. On peut remarquer tout de suite que pour qu’elle le soit il faut un point de vue extérieur pour la contempler et l’apprécier. Les individus de cette diversité sont tous identiques en ce qu’ils sont à la recherche de cette approbation du spectateur, qui se trouve toujours au sommet de la pyramide sociale.

Il n’en a pas toujours été ainsi, et on peut même considérer notre époque comme singulière à cet égard. La diversité humaine concrète et rationnellement explicable au cours de l’histoire est directement liée à la division du travail, à l’exploitation, et à la séparation de l’humanité en classes sociales. Mais aujourd’hui la diversité serait une expression du libre arbitre individuel, qui est très susceptible de ne pas exister du tout … une illusion nécessaire somme toute à la psyché de l’individu dans les sociétés féodale, puis bourgeoise.

Mais si on y tient tant que ça, la diversité des destins et des qualités individuelles est-elle effectivement mise en danger par le communisme ? Le communisme est-il un complot du quantitatif et de l’uniforme contre le qualitatif, et l’exceptionnel ? C’était manifestement la crainte générale au XXème siècle parmi les bien pensants, et les intellectuels organiques des classes dirigeantes, à l’époque où le triomphe mondial du socialisme paraissait une éventualité immédiate concrète, et particulièrement de penseurs influents comme Nietzsche – le rebelle d’extrême-droite qui dans sa bataille contre le « troupeau » et la démocratie – qui n’est pourtant à son époque et encore plus dans la nôtre qu’une apparence, un fantôme - s’en prend sans le dire au communisme – la pensée de Nietzsche est essentiellement une de ces nombreuses réactions épouvantées devant la Commune de Paris qui ont fait flores en Europe à la fin du XIXème siècle.

La diversité qui est défendue ainsi, c’est toujours celle des classes sociales, et aussi l’idée qui remonte aux anciens Grecs que seules les classes oisives créent des valeurs esthétiques ou morales, voire même des connaissances positives. L’idée que la seule aventure et le seul récit intéressants sont liés au le passage ascendant ou descendant d’une classe sociale à une autre – suivant le schéma de Barry Lindon. Et qui imagine le communisme - mais aussi la société industrielle - à l’image dystopique de la fourmilière humaine qui écrase la personnalité individuelle. Et l’idée qui conduit Madame Bovary à sa perte, que seule est digne d’intérêt une existence plein d’aventures, y compris sexuelles, qui cadre dans un récit romantique.

Mais c’est en réalité dans notre monde que toute diversité réelle évolue en hiérarchie sociale, en « distinction » de rang entre individus fondamentalement identiques – ou différenciées seulement par la quantité de marchandises qu’ils peuvent ingérer, n’en déplaise aux élèves des professeurs surfaits de la « différance » (sic), Deleuze ou Derrida. Il est curieux d’ailleurs que Bourdieu qui a théorisé la distinction sociale comme fondement de l’esthétique n’ait pas compris qu’il aboutissait à ruiner toute esthétique en la privant de contenu – cela bien sûr, dans le contexte de la société de classe.

On constate d’ailleurs que la diversité effective des objets culturels telle qu’on peut la saisir dans le paysage, par exemple celle des styles architecturaux, est un mille-feuille de sédiments historiques, des débris aléatoires de styles variés qui cachent une homogénéité tendanciellement mondiale de la culture à chacun de ses moments, et on retrouve dans le monde entier les mêmes immeubles « art nouveau » datant des années 1920 è 1940. Et que le « style international » des année 1950 qui a pris la suite partout, est bien nommé. Déjà l’Europe du Grand Siècle était parsemée de Palais de Versailles plus ou moins bien imités. Saint-Pétersbourg est un joyaux néo-classique et élevé dans ses murs, Pouchkine, le poète national russe s’il en est, est un disciple du poète français Parny, archétype du bon goût de la France des Lumières.

Il n’y a en fin de compte en fait de diversité capitaliste que des mises en scène à l’intention des touristes. La Bible de la diversité, c’est le Guide Vert Michelin. Qui permet d’aller d’un « plus beau village de France » à l’autre en passant par d’interminables périphéries de centre commerciaux, d’échangeurs et de parkings qui sont fait pour ne pas être vu, et qui sont d’ailleurs masqué par des « murs anti-bruits » .

Et finalement on organisera des voyages de nostalgie pour admirer les arrêts de bus de l’ancienne Union Soviétique, élément d’agrément dans ce paysage méprisé, et les quartiers issus de l’urbanisme socialiste de la RDA, où le Palais du Peuple à Berlin-Est, édifice d’architecture simple et audacieuse, a été remplacé par une copie du palais kitsch Hohenzollern qui trônait à son emplacement avant les bombardements de 1945.

Circulez, il n’y rien à voir dans le capitalisme. Tout et tous se ressemblent, à force d’être divers.

GQ, 21 août 2025

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A
Mmmh ! Bizarre je trouve !<br /> <br /> Le progrès technique est aussi un facteur essentiel de l'esthétique (en particulier dans l'architecture : construire des tour de 400m nécessite de connaitre le béton armé et les fondations à 50m de profondeur !!!!). La matière plastique ouvre aussi des horizons, et même la matière fécale dans sa plasticité propre (ou sale).<br /> <br /> Pour les petits bourgeois pédants et ...pour le commerce (Bernard Arnaud, ...) on a inventé l'art contemporain facile à produire (je parle de produire l'oeuvre ET de produire sa célébrité) et qui rapporte énormément commercialement et fiscalement.<br /> <br /> Bref, tours gigantesques ou banane à 2 balles collée au mur : c'est la grande bourgeoisie qui est à la manoeuvre et du côté des profits ! le couillon direct c'est plutôt le petit ou moyen bourgeois. La presse (grande bourgeoise) se charge de la promotion. L'esthétique est décrétée ! la diversité dans l'ordinaire, ça rapporte et ça fait peuple. Le peuple qui n'aime pas plus l'art contemporain de la bourgeoisie qu'il n'aime l'usine de la bourgeoisie. Le peuple a du flaire.<br /> <br /> Par ailleurs je dois reconnaitre humblement que j'avais raté que Bourdieu avait posé la distinction sociale comme "fondement" de l'esthétique. Que les préférences et les pratiques des prolos et des bourgeois soient distinctes, ok ! Le prolos préfère l'accordéon et la trompette; et le bourgeois le piano, ok. Il y a derrière cela une certaine rationalité financière à mon avis : l'accessibilité à l'instrument. Mais au-delà ????<br /> <br /> La compétition esthétique entre bourgeois ne me semble pas "non plus" étrangère à l'esthétique. Tout comme la compétition sportive est un moteur (fondement ?) du sport.<br /> <br /> Pour finir, je dirai que la question de la diversité est pour moi plutôt la question woke : accepter toutes les différences, paradoxalement en les éliminant en conscience : filles = garçon , adulte = enfant etc .... le réel c'est ce qu'on en pense et ce qu'on en dit ! sauf, sauf, sauf "riche = pauvre" (là ça ne marche pas le post-modernisme).
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L
Bonjour.<br /> <br /> Je suis globalement en accord avec ce que vous dites. A propos de Nietzsche, je crois que la vidéo "Mercredis de l’Espérance du 20 août 2025 : Réponses à vos Remarques sur Nietzsche" devrait vous plaire (https://youtu.be/b5moTL_hbE0).<br /> <br /> Un bémol toutefois, lorsque vous dites : "La diversité humaine concrète et rationnellement explicable au cours de l’histoire est directement liée à la division du travail, à l’exploitation, et à la séparation de l’humanité en classes sociales." Certes oui, mais pas seulement et même pas principalement. La diversité de l'humanité provient bien plus des séparations géographiques avec les spécificités physiques, des cultures populaires, des langues, des religions et des civilisations. Tout ce qui fait que la Nation est un mode d'organisation émergeant et tout à fait central désormais.<br /> <br /> Cordialement.<br /> <br /> Luc Laforets<br /> Luc_Laforets@1P6R.org
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A
à Luc Laforets 04/05/2026 10:37.<br /> <br /> Là, vous vous raccrochez aux branches et vous aggravez votre cas. La philosophie vous est étrangère manifestement.<br /> <br /> L'essence de la philosophie ne consiste nullement en les opinions politiques du philosophe. Il y a des philosophes réactionnaires et des révolutionnaires. Il y a même des philosophes apolitiques. Il y a aussi de la poésie chargée de philosophie (SVP respectez les poètes : à mes heures, je me livre à ce sport quelque peu sentimental).<br /> <br /> Vous faites sans cesse la promotion de votre blog ; je m'y suis frotté ; sauf votre respect, je n'ai jamais tenu jusqu'au bout, bien que, techniquement, ce soit impeccable.<br /> <br /> Pour finir, votre intitulé "accepter la néguentropie" me laisse perplexe : il "semble" dire qu'il y a une difficulté à cette acceptation, et qu'il faut "surmonter" cette difficulté ! Pourtant, il me semble que plus on avance, plus on s'organise, et ce sans trop de difficulté, sans trop de résistance. Certes, certes le "marché" semble anarchique, mais cette anarchie satisfait les capitalistes habiles : êtes-vous partisan d'un régime communiste strict qui effectivement se propose de "néguentropier" drastiquement cette jungle où règne la loi du plus fort ?
L
@ Ainuage 01/05/2026 09:26 et Ainuage 30/04/2026 17:39<br /> La réponse à vos remarques a été pour l'essentiel présentée dans cette vidéo : Mercredis de l’Espérance du 20 août 2025 : Réponses à vos Remarques sur Nietzsche – Partie 2 (cf. https://1p6r.org/1p6r/les-mercredis-de-lespoir/mercredis-de-lesperance-20250820/).<br /> <br /> J'y reviendrai dans la section [P2-C3-A3-D2] Le nietzschéisme (Pour en finir avec le prétendu philosophe Nietzsche) de mon œuvre en cours "Accepter la Néguentropie".<br /> <br /> En résumé, il n’est pas un philosophe, car un philosophe est une incarnation de la raison du logos. Sa démarche est à rebours de cela, c'est un destructeur du logos, un réactionnaire intégral, un antiphilosophe, un aphilosophe (au mieux un poète).<br /> <br /> Une part des promoteurs d'une aristocratie le présentent comme un philosophe. C'est sans doute ce qui explique la modération des critiques des communistes à son endroit : Solidarité aristocratique avec lui de l’aristocratie ouvrière. L’opposition intégrale à ce théoricien de la supériorité d’une élite, aryenne hier, judéo-évangélique aujourd’hui, telle qu’il l’a théorisée, est non seulement un devoir, mais elle passe nécessairement par sa disqualification intégrale.
R
"Tous philosophe" c'est une thèse centrale de Gramsci
A
"<br /> Réveil CommunisteAuteur<br /> 01/05/2026 08:45<br /> Nietzsche exerce une séduction certaine mais n'en reste pas moins un philosophe réactionnaire violemment antisocialiste racialiste et antidémocrate. Dire cela n'est pas dire "il ne faut pas le lire". Voir le gros bouquin de Losurdo "Nietzsche le rebelle aristocratique".<br /> "<br /> <br /> Entièrement d'accord avec cela. De plus Nietzsche ne me séduit nullement. Mais ça ne peut pas justifier qu'on le prive de son statut de philosophe. De plus j'ai tendance à penser que nous sommes tous un peu des philosophes même si nous n'avons pas fait des études de philosophie. Certes il y a les grands et les petits philosophes : mais n'entrons pas dans ce débat.
R
Nietzsche exerce une séduction certaine mais n'en reste pas moins un philosophe réactionnaire violemment antisocialiste racialiste et antidémocrate. Dire cela n'est pas dire "il ne faut pas le lire". Voir le gros bouquin de Losurdo "Nietzsche le rebelle aristocratique".
A
Ben ça alors ! affirmer, sur votre lien, avec assurance que Nietzsche n'est pas un philosophe, il fallait oser.<br /> Je ne suis pas un grand connaisseur de Nietzsche, mais tout de même, j'ai quelques rudiments.<br /> Je joins un lien sur un des MULTIPLES sites internet qui présentent la ou les philosophies de Nietzsche.<br /> <br /> https://www.institut-pandore.com/philosophie/comprendre-nietzsche-grandes-idees-expliquees-simplement/<br /> <br /> C'est un site parmi beaucoup d'autres qui présentent Nietzsche explicitement comme un philosophe. Un des axes philosophiques de Nietzsche est la volonté de puissance.<br /> <br /> D'ailleurs il y a des connexions à faire avec le marxisme. <br /> Si l'on part de la thèse marxienne centrale selon laquelle l'essence de l'homme c'est l'ensemble de ses rapports sociaux,<br /> et ensuite si l'on définit un rapport social comme une dépendance réciproque entre deux sujets (on devrait dire acteurs -cad collectifs- mais je ne développe pas cela ici ....),<br /> ensuite, si pour un acteur cette dépendance n'est pas heureuse ou s'il s'y sent coincé, il va chercher à s'en défaire ou à la dominer, et pour cela il doit maximiser ses "pouvoirs d'agir" sur cette dépendance (voir le sociologue du travail Yves Clot sur l'importance du "pouvoir d'agir" dans son travail).<br /> <br /> Cette dernière étape qui consiste à se fabriquer du "pouvoir d'agir" par tous les moyens (union, mensonge, revolver, séduction... etc, tout est bon pour s'en sortir) ressemble quelque peu à ce concept de "volonté de puissance" lorsque le besoin s'en fait sentir. Et le matérialisme dialectique, n'est-il pas aussi quelque peu cela ? agir pour obtenir un "dépassement" du rapport social dans lequel on est coincé, et entrer ainsi dans une autre histoire (autre rapport social), cad, en fait, fabriquer l'histoire ....