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Réveil Communiste

Le communisme et la démocratie (banalités sur le socialisme, 2)

21 Avril 2026 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Front historique, #Front politique intérieur, #Théorie immédiate, #Grèce

Le communisme et la démocratie (banalités sur le socialisme, 2)

Le communisme et la démocratie

La démocratie est ce système politique d’extension mondiale et qui est considéré à bien des égards aujourd’hui comme le seul légitime. Cette croyance et cette certitude pénètre tous les esprits, même les plus critiques : le peuple souverain est à l’origine de tout pouvoir légitime. Or cette pratique politique à notre sens est absolument invalide , la souveraineté du peuple n’est qu’une fiction, et il ne gouverne pas ; les élections sont le moment où les pauvres sont invités à faire leur choix parmi les riches qui veulent les diriger et qui ne se privent pas à cette occasion de les abreuver de mensonges - à tel point que l’idée même d’un discours politique vrai paraisse une naïveté voire une barbarie – ou une tromperie au second degré.

Notre démocratie est anticommuniste, car elle assimile le communisme à la dictature, notion qu’elle définit comme l’opposé de la démocratie, mais le communisme est qu’on le veille ou non l’aboutissement logique de la démocratie, à partir du moment où les travailleurs font partie du démos, le peuple qui jouit des droits politiques, sur un pied d’égalité avec les autres classes, car la première chose qu’ils feront dans ce cas, c’est exiger démocratiquement ou non l’arrêt de l’exploitation de leur travail qui fait vivre les autres classes.

Mais s’il existe un compromis qui permet le maintien des différences de classes, des castes, de toute forme de stratifications sociales, ce type démocratie inachevée est presque le contraire du communisme : le démos est alors défini par l’exclusion des travailleurs - les esclaves - du corps politique et leur assimilation à l’étranger.

Aujourd’hui cette assimilation des travailleurs à l’étranger est réalisée par le recours à l’immigration de masse qui place ipso facto les plus exploités en dehors du corps politique. Le cosmopolitisme mondialiste n’est pas un idéal démocratique, mais plutôt le discours d’ouverture que diffuse une forme modernisée du despotisme éclairé du XVIIIème siècle, ou du libéralisme aristocratique anglais du début du siècle suivant.

Réaliser la démocratie implique de réaliser l’égalité réelle entre les citoyens, et dépasser aussi les contradictions étymologiques de ce système politique instable qui est éphémère à l’échelle du temps historique, les contradictions entre citoyens et étrangers, hommes libres et esclaves, homme et femmes, etc. et cela implique aussi de dépasser la contradiction politique entre les mandataires et les mandants, chose que les anciens Grecs savaient faire – ou presque, car si c’était une démocratie esclavagiste, c’était à ses meilleurs moments aussi une démocratie de soldats et de marins qui élisaient leur chef et qui tiraient au sort leurs magistrats.

Seul le communisme est à même de produire une démocratie directe des travailleurs, dans les conditions technologiques modernes d’une société mondiale, une fois que la transition socialiste aura éliminé le pouvoir politique du capital, dans un monde où les travailleurs au pouvoir auront remplacé les hommes de guerre et les hommes d’argent et imposeront la norme.

La démocratie purement formelle, où le peuple des électeurs n’est que le fétiche qui donne la légitimité aux oligarques, est d’ailleurs en crise terminale. Le peuple non seulement ne gouverne pas, mais l’expression libre des opinions disparaît peu à peu, ce luxe qui était et avait toujours été l’opium des intellectuels ( et non le marxisme, comme croyait le vieil Aron).

Nous avons pris l’habitude de dire sans y penser que la démocratie est ce système où il y a des compétitions électorales périodiques, où règne la liberté d’opinion et l’État de droit. Or il n’y a aucune raison qu’un tel système en supposant qu’il tienne ses promesses de presse et d’élections libres aboutisse en quoi que ce soit à une démocratie au sens étymologique du mot : le pouvoir du peuple, ou de sa majorité.

Le débat ouvert et la coexistence d’opinions opposées n’est d’ailleurs qu’une fonction de l’équilibre obtenu dans la luttes des classes, et parfois aussi de la redistribution de richesses provenant de l’exploitation des colonies. Ce type là de démocratie fait bon ménage avec l’apartheid et ses équivalents.

Donc si on croit un tant soit peu à la démocratie réelle, il faut être communiste aussi.

GQ, 18 juillet 2025

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L
Bonjour.<br /> <br /> Vous n'êtes pas gentil d'agiter ainsi un chiffon rouge (écarlate ?) devant mes yeux ;-)<br /> <br /> Aussi je me contenterai de me prosterner en vocalisant AMEN (ainsi soit-il) à la phrase : "Seul le communisme est à même de produire une démocratie directe des travailleurs".<br /> <br /> PS : Je viens de finir de lire le livre de Matthias Schindler "Nicaragua (1979-2019)" – "Du triomphe sandiniste à l'insurrection démocratique", qui illustre ô combien l'importance de la démocratie et de disposer d'une Constitution AVANT un changement de régime.<br /> <br /> Cordialement.<br /> <br /> Luc Laforets
Répondre
L
@ Réveil Communiste Auteur 19/07/2025 09:20<br /> Vous devriez lire le livre que j'évoque, il illustre DANS LES FAITS exactement le contraire de votre croyance.
R
Je crois au contraire que les constitution set les régimes politiques se construisent en cours de route dans le feu de l'action; les tentatives de pratiques à froid de la démocratie directe que j'ai pu voir à l'œuvre ressemblaient plus à de la manipulation trotskyste qu'autre chose.