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Réveil Communiste

L'extrême-gauche contre les ouvriers

29 Octobre 2026 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Théorie immédiate, #Qu'est-ce que la "gauche", #GQ, #Front historique, #Positions

 

La maladie infantile du communisme (une suite à Lénine) :

Il y a une grande différence entre l’activité révolutionnaire dont le centre et la raison d’être se trouve au final dans l’intérêt et dans l’action du prolétariat et l’activité politique d’extrême-gauche qui volontiers prêche la révolution, mais pas de manière à la rendre populaire parmi les masses !

Cette tendance politique n’est en effet pas du tout une expression du prolétariat, ni même de la petite bourgeoisie, mais plutôt une expression de secteurs ou d’individus déclassés de la bourgeoisie proprement dite, et de son intelligentsia. Il faut rechercher le sens et la fonction sociopolitiques de l’extrême-gauche dans les contradictions internes de la bourgeoise : fractions montantes, ou au contraire groupes fragilisés à le recherche de rentes, problèmes d’affectation des héritiers, des cadets, des parents pauvres, ou parfois comme ce fut le cas autour de mai 1968, une dynamique de transformation inhérente au capital lui-même, et à son besoin d'un panel sociologique à qui proposer le renouvellement des marchandises à offrir sur le marché des idées, des mœurs et de la culture.

La composition sociale de l'extrême-gauche est proche de celle de l’extrême-droite internationale classique - en même un peu plus aisée, avant qu’elle ait reçu la correction de 1945 administrée par l’Armée Rouge.

Extrême-gauche et extrême-droite ont en commun le culte de Nietzsche et la haine de l’URSS - et souvent aujourd'hui, rancunier comme ils sont, de la Russie.

La gauche et l’extrême gauche dans le système cohérent de la vie politique bourgeoise, sont formées de ceux qui prétendent vouloir, et au début de leur carrière croient vouloir changer l’ordre capitaliste pour l’améliorer, le modérer, le rendre plus humain, et les plus extrêmes dans cette direction sont ceux qui pensent avoir quelque chose à gagner directement dans la dramatisation de l’agitation politique notamment en attirant l’attention sur leur personne.

Certes dans tous les partis on trouvera des professionnels de la politique, et il n'y a sans eux, ni continuité ni action cohérente possible, mais ces professionnels peuvent rester au service du prolétariat, ou se servir de sa cause, pour se servir eux-mêmes, et entre les deux comportements plutôt qu’une frontière bien délimitées par des grands principes (mais la moralité individuelle joue aussi son rôle) il y a plutôt une zone grise de transition. On trouve rarement dans la biographie d’un militant réel 100 % d’abnégation, ou 100 % d'opportunisme. Il faut bien vivre.

Le critère de distinction entre le groupe révolutionnaire prolétarien et le groupe d’extrême-gauche à l’agitation spectaculaire, mais politiquement passif ou même nocif, n'est donc pas le radicalisme verbal mais le réalisme politique avec lequel sont avancés des projets radicaux, et la volonté d’exercer le pouvoir au nom du prolétariat.

Bien entendu, nous considérons ici comme « d’extrême-gauche » ceux qui se désignent eux-mêmes ainsi, ou qui se satisfont de cette étiquette quand elle leur est accolée par les autres et par les médias. Ce sont de ces « gauchistes » que Lénine visait dans sa brochure de 1922, La maladie infantile du communisme, en l'espèce le courant conseilliste ou « soviétiste » qui se revendiquait exagérément de Rosa Luxembourg et qui interprétait littéralement le slogan « tout le pouvoir aux soviets » comme un appel à l’autogestion généralisée. Un courant historique dont Socialisme ou Barbarie et les situationnistes sont des continuateurs, deux générations plus tard (l’Internationale Situationniste fut fondée par Debord et ses acolytes de la bohème européenne en 1957). Mais le gauchisme comme tradition politique bourgeoise relève aussi d’autres courants, moins innocents, aux financements opaques, dont les développements principaux sont d’ailleurs bien postérieurs à Lénine : ce sont en ordre chronologique d'apparition, le communisme libertaire anarchiste individualiste, le trotskysme, et le maoïsme de salon.

Ce qui caractérise tous ces courants, c’est le refus des étapes intermédiaires entre la situation présente et le communisme, et le refus des compromis et des alliances provisoires nécessaires pour y parvenir. C'est l'incompréhension de la dialectique (on ne comprenait pas, par exemple, qu'il faille faire la guerre à Hitler pour préserver la paix). Et donc le refus, théorisé ou non, de l’État socialiste et de sa politique machiavélienne, et de sa stratégie qui pour en être une ne peut pas être transparente.

Ce critère de la pratique peut être parfois difficile à utiliser : si un gauchiste comme Mélenchon en arrive à briguer réellement le pouvoir, il devient du même coup - pour un temps assez court- relativement plus légitime qu’un parti prolétarien trop faible pour envisager ce but. Parfois des politiciens douteux se retrouvent à leur propre étonnement dans un costume trop grand pour eux. En général ils ne le conservent pas très longtemps.

D’autre part il s’est développé, de concert avec l’écologisme (qui a des liens à son origine avec le courant anarchiste - mais aussi avec la réaction antidémocratique et l'extrême-droite passéiste), un nouvel esprit gauchiste non seulement sectaire comme il l’a toujours été, mais sectoriel, communautaire, séparatif, « intersectionnel » qui met l’accent sur les luttes de minorités considérées à tort ou à raison comme particulièrement opprimées.

Ce faisant il n’aide en rien les membres des dites minorités qui sont réellement opprimés, c’est à dire ceux qui font partie du prolétariat. Et quant aux autres, ils n’ont pas vraiment besoin d'aide, vu l'énorme publicité gratuite que leur offre spontanément le conformisme actuel des médias et de la vie intellectuelle !

Ce gauchisme est la continuation, mais aussi la métamorphose et dans bien des cas l’inversion des combats pour les droits civiques qui ont marqués les années 1960 et 1970 dans les métropoles occidentales. Pour l’essentiel, ces combats ont gagné la partie à l’époque et les discriminations institutionnelles ont disparu : les dates charnières de cette victoire globale étant la promulgation de l’amendement des droits civiques en 1964 aux États-Unis, et la fin du type de société qualifiée par Foucault (parangon intellectuel du gauchisme libéralisant) de « société disciplinaire », à la suite des mouvements qui comme mai 68 terminent l’histoire du mouvement ouvrier traditionnel, tout en écrivant les premières pages des « révolutions colorées » libérales. Le laissez-faire des mœurs et le laissez-faire économique sont les deux expressions du même slogan des années-fric, « chacun fait ce qui lui plait-plait-plait », comme on dit dans la chanson Chagrin d’Amour (1980).

Or la situation générale des minorités dans le nouvel âge du capitalisme post 68 – et on inclura pour la commodité de la démonstration les femmes qui ne sont pas une minorité – c’est la réalité de leur émancipation. Cette émancipation, qui concerne aussi bien les Noirs américain que les Français d’origine maghrébine, les femmes que les homosexuels, les indigènes américains et les minorités ethnolinguistiques un peu partout dans le monde, et même les groupes religieux dissidents, se caractérise par la recomposition à la faveur du mouvement d'émancipation sous sa forme récupérée d’une bourgeoisie et d’une petite bourgeoisie interne qui prétend au droit de représenter l’ensemble de la communauté sur des bases inter-classistes, et qui s’accapare tout le fruit matériel de la lutte émancipatrice. Les Afro-Américains ou les français d’origine maghrébine sont invités à se sentir libres parce qu’ils peuvent s’identifier à des présentateurs de télévision, des vedettes du sport ou du show-biz, des ministres, ou à de grandes fortunes qui émanent de leur rangs, et qu’ils peuvent s’ils le souhaitent suivre exclusivement des canaux de diffusion culturels animés à leur intention où ils ne verront que des gens qui leur ressemblent.

Le capitalisme va flatter ces représentants (qui ne sont jamais démocratiquement désignés) et même leur accorder le bénéfice d’une discrimination positive, qui consiste non pas à leur faire une place parmi la bourgeoise déjà nantie et bien installée (d’où chez les bénéficiaires de cette hypocrite sollicitude le maintien d’un sourd ressentiment), mais à leur réserver un quota favorable parmi ceux qui sortent des classes exploitées et qui réussissent leur promotion dans la bourgeoisie.

La discrimination positive des minorités pour favoriser l’ascension sociale de quelques individus est donc en fait une discrimination tout court à l’encontre des prolétaires sans qualité, c’est à dire n’appartenant pas à une minorité, autochtones, ou appartenant à des minorités intégrées - et un moyen très sûr de promouvoir des opportunistes, qui ont pour fonction de se substituer préventivement aux représentants radicaux de ces minorités, de substituer partout où c'est possible le type "Obama" au type "Mandela".

Le discours bourgeois est à peu près celui-ci : enrichissez vous comme l’ont fait les plus méritants ou les plus valeureux de vos représentants, et le discours victimaire qui n’en continue pas moins ne porte finalement plus que sur ce point : contrairement aux promesses, il n’est pas possible d'enrichir tout le monde, ni de s’enrichir autant qu’on le voudrait. Et comme on sait, le désir est sans limite.

Pour la grande majorité, qui ne change pas ou fort peu de classe sociale au cours de sa vie, cette politique n’a aucun autre effet que de rendre invisible ses revendications. Pour prendre un exemple comme un autre, un ouvrier d’industrie n’a rien à perdre objectivement à une extension des droits des groupes estampillés LGTB (etc.) mais il va quand même bien souvent en prendre ombrage, non pas tant parce qu’il serait un homophobe irrécupérable mais parce qu’il aura le sentiment hélas justifié que cette cause n’est en fait mise en avant dans les médias et les partis politiques que pour prendre la place de la sienne, qu’il estimera, et je pense justement, bien plus universelle, bien que trivialement matérialiste. A terme, ce sentiment de frustration, et cette jalousie de la bonne place accordée dans les médias aux surenchères permanentes des représentants des minoritaires peut finalement contribuer à diffuser massivement une sorte de racisme secondaire qui s’appuiera sur le constat que ces néo-bourgeois promus par le gauchisme sont effectivement favorisés, et particulièrement pour l’accès au quart d’heure de célébrité à laquelle se résume l’idée du bonheur post-moderne.

Minoritaire ou non minoritaires doivent pourtant tous les deux se préoccuper de leur beefsteak, même s’il est préparé à base de tofu. Mais le porte-parole minoritaire qui milite en tant que tel a déjà résolu ce problème et vise plutôt à obtenir de tous les autres non plus un droit à l’indifférence qui est acquis depuis longtemps, mais une reconnaissance spéciale qui ressemble beaucoup à une résurrection en plein XXIème siècle de la notion de privilège. Et on remarquera que les minoritaires entre eux n’ont pas particulièrement de tolérance pour les privilèges de reconnaissance revendiqués par une autre minorité.

Par réaction, la majorité sans qualité en vient à réclamer le privilège de l'antériorité, et à se « minoriser », à se "zemmouriser"  en se réfugiant dans le roman historique et les clichés scolaires de l’histoire de France, et la boucle est bouclée.

Par contre, le beefsteak, (et le fromage, le vin, et le couscous) ils l’ont tous en commun, et pendant qu’ils se disputent entre eux sur leurs identités respectives, ils sont tous en train de se le faire rogner à l’âge du capitalisme hyper tolérant, mais encore plus hyper exploiteur.

Et donc n’en déplaise à Frédéric Lordon, les femmes de chambre qui ont mené la longue grève de l’hôtel Ibis des Batignoles étaient des ouvrières qui n'étaient pas prêtes à lâcher le beefsteack, et non des « noires », ou des « femmes », bien qu’elles fussent presque toutes des femmes noires. Ce n'étaient pas des filles à papa qui revendiquaient un coupe-file pour passer à la télé et servir de faire-valoir à Zemmour, mais des travailleuses qui luttaient contre l’exploitation, pour le bien de tous !

GQ 8 juin 2021, relu le 23 novembre 2025

 

PS : Je critique les gauchistes dans leur concept, mais je suis bien conscient du fait que des personnes sincères peuvent se retrouver dans leurs rangs, comme ce fut d'ailleurs mon cas, par erreur de jeunesse, ou par les hasards de l'existence. L'erreur est humaine; persévérer dans l'erreur est diabolique.

 

 

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R
Je suis d'accord sur le sens de l'article. Cependant il faut rappeler que dans l'ouvrage de Lénine, ceux qui sont explicitement visés ne ressemblent guère à nos gauchistes actuels (j'y inclus LFI, les plus nuisibles à mes yeux parce que parachevant l'oeuvre des gauchistes soixante huitardrs). La polémique de Lénine visait la gauche germano-hollandaise (conseillistes comme Gorter, Pannekoeck et KAPD) et la gauche italienne de Bordiga (anti-parlementariste mais non anti-syndicaliste). Ces gens-là étaient quand même plus sérieux et d'un autre niveau théorique que notre contemporaine extrême gauche du capital. Peu après surgira l'"Opposition Ouvrière" que Staline réduira (Piatakov trahira au service de Trotsky et de l'impérialisme étranger et subira ce qu'il méritait durant les Procès de 37/38 ; Alexandra Kollontaï fera oeuvre utile en tant qu'ambassadrice de l'URSS sous l'aile protectrice de Staline). Ce que l'on appelle la gauche communiste survivra en Europe ultérieurement (Belgique, Italie, France) et critiquera l'URSS et la politique de Front populaire. La revue française Bilan condamnera le Frente Polpular durant les années trente, par exemple. Des tracts seront diffusés en France à l'adresse des soldats allemands durant l'Occupation (on pouvait rêver!). Pour l'anecdote signalons l'active participation ignorée de ce courant aux émeutes de l'été 35 à Brest et Toulon contre les décrets-lois. Barthélémy compagnon de Doriot (au PCF à l'époque) décrit dans ses Mémoires la violence armée du soulèvement à Toulon sans comprendre la situation apocalyptique. Des dizaines de militants de ce courant travaillant à l'Arsenal arment l'insurrection (une mitrailleuse est installée), la police et la gendarmerie sont dépassés, la pègre locale essuie des tirs et fuit à Marseille (on ne flatte pas le lumpenproletariat comme le fait LFI...). La bourgeoisie fera appel aux tirailleurs sénégalais (applaudis sur les boulevards par les bourgeois locaux...) pour mater l'insurrection.<br /> Tout cela pour dire que ces communistes de gauche que je n'approuve pas politiquement mais qui se sont toujours tenus à distance de nos néo-gauchistes, ne peuvent être identifiés à ces derniers (nullissimes Kollabos de l'oligarchie actuelle ; le 17 octobre longuement préparé en amont fut plutôt une réussite pour Macron et sa bande).
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L
Bonjour Richard,<br /> <br /> Permettez moi d'apporter quelques précisions et rectifications. Je partage votre souci de ne pas confondre les courants de la gauche communiste historique avec les expressions contemporaines que vous qualifiez de gauchistes. Mais il me semble que votre rappel historique gagnerait à distinguer plusieurs séquences qui ne relèvent ni des mêmes débats ni des mêmes regroupements politiques.<br /> <br /> D’abord, oui, "La Maladie infantile du communisme" de Lénine, publiée en 1920, vise principalement les conceptions de la gauche communiste occidentale : les positions antiparlementaires du KAPD et des courants germano-hollandais autour de Gorter et Pannekoek. Lénine leur reproche de transformer des principes révolutionnaires en interdits tactiques, en refusant le travail dans les syndicats existants ou la participation aux élections. Il ne polémique pas alors contre l’Opposition ouvrière soviétique, qui se constitue qu'à la toute fin de l'année 1920 autour d'Alexandre Chliapnikov et d'Alexandra Kollontaï.<br /> <br /> Cette dernière pose une question différente : celle de la place des syndicats et des organisations de producteurs dans la gestion de l'économie soviétique, mais aussi celle de la bureaucratisation du Parti et de l'État. On peut discuter ses propositions et leurs limites, mais il est historiquement nécessaire de ne pas la confondre avec l'Opposition de gauche autour de Trotsky. En effet, les membres de l'Opposition ouvrière respecteront les décisions majoritaires des Congrès et ont défendu l'URSS. L'un de leur représentant le plus célèbre est d'ailleurs l'ambassadeur soviétique à Londres Ivan Maïski.<br /> <br /> Il faut également distinguer les différentes recompositions de l'opposition bolchevique. Radek et Piatakov ont connu des trajectoires de capitulation, puis des évolutions politiques ultérieures. Les regroupements oppositionnels des années 1930, notamment le bloc de 1932 entre des représentants de courants trotskystes, zinoviévistes et d'autres oppositions, constituent une autre séquence. Les travaux de l'historien trotskiste Pierre Broué ont d'ailleurs documenté l'existence de ce bloc terroriste ; à partir de l'assassinat de Kirov le 1er décembre 1934 jusqu'à la création d'une IVème Internationale.<br /> <br /> Vous évoquez aussi des épisodes intéressants mais à mon avis trop peu connus de l'histoire du mouvement ouvrier. La revue Bilan, issue de la Fraction de gauche du Parti communiste d'Italie, a effectivement combattu la stratégie du Front populaire espagnol. Elle y voyait une subordination politique du prolétariat à des fractions de la bourgeoisie démocratique, au détriment de son indépendance de classe. Cette critique mérite d'être étudiée, tout comme les débats qu'elle soulève sur les conditions de l'unité d'action et de la lutte antifasciste. Avec LFI en France, nous avons d'ailleurs de belles dissidences du PCF ou d'ex PCF de droite et de gauche qui rejoue la partie. Parfois, ils tournent comme des girouettes : anti front populaire, puis pro NFP avec des ex macronistes. Plus jamais PS, mais en réalité un programme de plus en plus soc-dem modéré. D'ailleurs, le POUM de Maurin et Nin qui ont appelé Trotsky à venir à Barcelone à l'été 1936 ont été humilié par ce dernier qui a poussé son SBLE les anarchistes de gauche qu'il méprisait à l'insurrection en mai 1937. Heureusement, malgré le droitier Orlov (du NKVD), l'unité d'action a été préservée et le rassemblement populaire des gouvernements à majorité ERC, l'aide soviétique et les dockers anarchistes majoritaires à Barcelone ont continué de travailler ensemble contre le fascisme franquiste.<br /> <br /> Vous avez également raison de rappeler le travail internationaliste de certains militants pendant l'Occupation, notamment la propagande menée auprès des soldats allemands. Mais il faut distinguer les organisations : la Fraction italienne qui publiait Bilan, les RKD, les groupes trotskistes internationalistes et les autres courants de la gauche communiste n'étaient pas une organisation homogène. Le journal Arbeiter und Soldat, diffusé à Brest en 1943, témoigne effectivement d'un courage politique remarquable : s'adresser aux soldats allemands comme à des travailleurs enrôlés dans une guerre impérialiste, en pleine occupation nazie, relevait d'un internationalisme exigeant.<br /> <br /> Concernant Brest et Toulon en août 1935, les événements témoignent avant tout d'une profonde colère ouvrière contre les décrets-lois de Laval et les amputations salariales. Les mobilisations ont pris une dimension insurrectionnelle, avec des affrontements meurtriers et une répression importante. Alain Le Moigne relève l'intervention possible de militants révolutionnaires, mais souligne aussi que l'importance de leur présence et leur responsabilité dans l'organisation des événements ne sont pas établies de manière certaine. À Brest, l'influence anarchiste semble notamment avoir été significative.<br /> <br /> Il serait donc utile de disposer de la référence précise aux Mémoires de Barthélémy que vous évoquez, notamment pour vérifier les éléments concernant l'armement des insurgés, la mitrailleuse et le rôle des militants de ce courant à Toulon. Il ne faudrait pas confondre la réalité de la combativité ouvrière, l'intervention de militants révolutionnaires et la preuve d'une organisation insurrectionnelle structurée.<br /> <br /> Mais je crois que le fond du débat est ailleurs. La critique de la collaboration de classes ne peut pas devenir une fin en soi. Elle doit déboucher sur une stratégie permettant de construire l'unité du monde du travail, de développer ses luttes et de conquérir un rapport de forces favorable à l'émancipation.<br /> <br /> C'est aussi ce que nous enseigne l'histoire de 1935-1936 : les travailleurs ne se sont pas mobilisés parce qu'une alliance électorale leur en avait donné le signal. Ils se sont mobilisés contre une politique qui attaquait leurs salaires et leurs conditions d'existence. Le mouvement social a lui-même contribué à transformer la situation politique. C'est l'unification syndicale et la tactique de rassemblement populaire par la SFIC de Maurice Thorez en lien avec les représentants de l'IC Eugen Fried et Georges Dimitriov.<br /> <br /> Quant au 17 octobre dernier, on peut considérer que les violences et les pillages ont offert au pouvoir une occasion de déplacer le débat vers la sécurité et le maintien de l'ordre. Mais cela ne suffit pas à démontrer que toute la mobilisation aurait été préparée pour servir Macron. Il faut distinguer les revendications sociales, les organisations qui les portent et les groupes responsables des violences. Enfin, je serais prudent avec l'emploi du terme de lumpenprolétariat : Marx lui donne un contenu social précis, qui ne saurait servir à disqualifier indistinctement des fractions des classes populaires. C'est je pense l'erreur d'un marxisme superficiel : il ne parle pas du prolétariat mais d'une couche sociale au service de l'ordre : les casseurs donc, mais aussi les policiers qui exercent des manquements à leur déontologie contre les manifestants pacifiques, les Alexandre Benalla et les journalistes pigistes ou salariés qui mènent une campagne de presse contre les lycéens et prolétaires qui manifestent pacifiquement. Le lumpen est la couche sociale qui soutient l'ordre capitaliste par des violences.<br /> <br /> Marx refuse de voir le lumpenprolétariat comme une subdivision de la classe ouvrière. C'est la propagande bourgeoisie qui essaye de faire passer cette analyse pour dire que le prolétariat est une classe violente en elle-même. Et les gauchistes actuels plongent les deux pieds car acculturés. POur Marx, c'est une « classe » de déclassés, de marginaux et de parasites qui ne participent pas à la production économique réelle. Marx en dresse un inventaire célèbre dans le "18 brumaire" :<br /> « À côté de roués ruinés [...], de rejetons dépravés de la bourgeoisie [...], on y trouvait des vagabonds, des soldats licenciés, des forces de justice libérées, des galériens en rupture de ban, des escrocs, des charlatans, des lazzaroni, des pickpockets, des escamoteurs, des joueurs, des souteneurs, des tenanciers de maisons closes, des portefaix, des littérateurs, des tourneurs d'orgues, des chiffonniers, des rémouleurs, des rétameurs, des mendiants, bref, toute cette masse confuse, décomposée, flottante, que les Français appellent la bohème. » Pour Marx, la grande force de Louis-Bonaparte a été de comprendre que cette masse n'avait aucune conscience de classe et était profondément vénale. Bonaparte s'est proclamé « chef du lumpenprolétariat » en créant une organisation privée, la Société du 10-Décembre (ancêtre des polices parallèles et des milices de choc). En l'espèce, c'est donc bien Macron, qui est le badinguet de notre époque et le chef du lumpenprolétariat, avec ses Alexandre Benalla et ses BRAV-M et autres provocateurs et auxiliaires black-blocs, dont la fraction médiatique est une spécificité de notre époque contemporaine. Marx affirme que Louis-Napoléon Bonaparte est lui-même un pur produit du lumpenprolétariat. aventurier politique vivant d'expédients et de dettes, Bonaparte voit dans cette masse de déclassés son propre reflet : « Bonaparte, qui se place à la tête du lumpenprolétariat, qui ne trouve que là sous une forme de masse les intérêts que lui-même poursuit personnellement, qui voit dans cette lie, dans ce rebut, dans cet écrit de toutes les classes la seule classe sur laquelle il puisse s'appuyer inconditionnellement, c'est le vrai Bonaparte, le Bonaparte sans phrase. » Le lumpenprolétariat est selon Marx l'outil de l'autocratie. C'est une masse manipulable et antirévolutionnaire qui, parce qu'elle cherche seulement à survivre ou à s'enrichir sans travailler, s'est vendue à un aventurier politique pour écraser la bourgeoisie républicaine et le prolétariat conscient.
A
A Lafleur 21/10/26 12h47<br /> <br /> vous dites "Lénine désigne des courants communistes, notamment les communistes « de gauche » allemands, hollandais et britanniques, qui, au nom d’une pureté révolutionnaire, refusent certaines formes de lutte pourtant nécessaires : le travail dans les syndicats, la participation aux parlements bourgeois, les compromis tactiques et l’action auprès des masses qui ne sont pas encore acquises au communisme."<br /> <br /> Pourquoi pas et même sans doute, mais pour le coup, c'est exactement la définition de l'extrême gauche chez nous.
A
Très bon texte.<br /> Mais j'ai lu quelque part que le gauchisme dont parlait Lénine n'était nullement l'extrême gauche, mais une certaine gauche peu ... soviétique. Si en France on classe Debord dans l'extrême gauche, il est évident que c'était de l'anti-soviétisme compte tenu de son peu d'appétit pour ... le travail.<br /> <br /> "L'erreur est humaine; persévérer dans l'erreur est diabolique."<br /> Hum ! chassons ce diable que l'on ne saurait voir ... ici !<br /> <br /> et préférons "L'erreur est diabolique; persévérer dans l'erreur est malheureusement humain", car quand on persévère c'est souvent qu'on y a intérêt.
Répondre
A
Bis : à Lafleur<br /> <br /> Vous dites "Ce qui compte, c’est la capacité à organiser les travailleurs, à conquérir une majorité populaire et à faire avancer la transformation sociale."<br /> <br /> Tout à fait d'accord. Mais c'est d'ailleurs toujours vrai, et j'en profite pour dire que le PCF qui semble être votre port d'attache (et qui n'a strictement rien de communiste pas plus que de soviétique évidemment) a de grands efforts à fournir par rapport à LFI pour conquérir une majorité. La stratégie réelle du PCF c'est d'abandonner le communisme sur le fond, en espérant gagner des voix : mais, ça ne marche pas ! Le fayotage avec le patronat, ça ne marche pas non plus bien évidemment.<br /> <br /> LFI est beaucoup moins démagogue : elle n'arbore pas le drapeau rouge, mais elle conquiert au moins une majorité de centre gauche, ce qui est mieux que rien.
L
@Ainuage<br /> <br /> Le terme « gauchisme » ne désigne pas simplement, chez Lénine, l’extrême gauche au sens courant, ni une gauche insuffisamment soviétique.<br /> <br /> Lénine désigne des courants communistes, notamment les communistes « de gauche » allemands, hollandais et britanniques, qui, au nom d’une pureté révolutionnaire, refusent certaines formes de lutte pourtant nécessaires : le travail dans les syndicats, la participation aux parlements bourgeois, les compromis tactiques et l’action auprès des masses qui ne sont pas encore acquises au communisme.<br /> <br /> Lénine critique donc une conception qui oppose les principes révolutionnaires aux conditions concrètes de la lutte des classes. Pour lui, il ne suffit pas d’avoir raison dans ses intentions : il faut élaborer une stratégie capable de gagner la majorité des travailleurs et de modifier effectivement le rapport de forces. Mais Lénine ne donne pas davantage un blanc-seing à l’opportunisme. Il combat les déviations de gauche comme celles de droite, en rappelant que la politique révolutionnaire exige une analyse concrète des rapports de forces, un lien réel avec les masses et une stratégie adaptée aux conditions historiques. La leçon est claire : le radicalisme des proclamations, particulièrement aujourd'hui les groupuscules liés à LFI, ne garantit pas la justesse d’une ligne politique, pas plus que la participation aux institutions ne suffit à faire une politique communiste. Ce qui compte, c’est la capacité à organiser les travailleurs, à conquérir une majorité populaire et à faire avancer la transformation sociale.
L
Merci cher camarade pour cette nouvelle publication de votre réflexion, qui pose une question essentielle : celle de la différence entre la radicalité des discours et une politique capable d'organiser durablement les travailleurs, de transformer les rapports de force et d'ouvrir une perspective de dépassement du capitalisme.<br /> <br /> Je partage l'idée que le communisme ne peut se réduire à la surenchère verbale, au sectarisme ou au refus de toute médiation. Mais il me semble que nous pouvons prolonger ton analyse en croisant la critique léniniste de l'opportunisme ainsi que les apports de Michel Clouscard et les réflexions de Gramsci, Lukács et Poulantzas.<br /> <br /> Dans La Faillite de la IIe Internationale, en 1915, Lénine ne se contente pas de dénoncer la capitulation de dirigeants socialistes devant la guerre impérialiste. Il recherche les conditions historiques et sociales qui ont rendu cette capitulation possible. L'opportunisme ne se comprend donc pas seulement à partir des intentions individuelles, mais à partir de ses bases matérielles, de ses alliances et de sa fonction dans la lutte des classes. La fidélité aux proclamations socialistes ne garantit pas celle aux intérêts historiques du prolétariat ; inversement, les compromis et les alliances ne peuvent être jugés abstraitement, mais à partir de leurs effets sur l'autonomie et la capacité d'action des travailleurs. Ces sujets sont toujours d'une forte actualité. <br /> <br /> A l'époque de Maurice Thorez, nous les communistes déclarions d'ailleurs : le gauchisme est un opportunisme de droite. Dimitrov avait déclaré en 1939 que les gauchismes comme les soc-dem étaient des laquais du capital. L'analyse de la fascisation actuelle par le prisme trotskiste et soc-dem de LFI par le pacte raciste est un naufrage qui divise la classe ouvrière (ou des producteurs : ouvriers, employés, professions intermédiaires etc.). La khrouchtchevisation du PCF et l'euro communisme puis la mutation et l'ère citoyenne populiste d'union de la gauche dite radicale qui a suivi a aussi permis ce processus, comme l'intégration de trotskistes à drapeau découvert : La Riposte ou la GU issue du NPA et de la LCR ; même si ces derniers ne sont pas les pires. <br /> <br /> Ta réflexion me paraît utile pour analyser les limites d'une politique qui privilégierait la personnalisation du pouvoir, la mobilisation électorale et le discours populiste sans construire suffisamment l'organisation autonome du monde du travail. C'est la raison pour laquelle, je porte une critique forte de certaines orientations de LFI portant tant sur leur contenu social, leurs alliances, leur rapport aux institutions et leur capacité à transformer les rapports de production. Il ne s'agit ni de nier les aspirations populaires auxquelles LFI capte une partie du prolétariat, ni donc de confondre radicalité affichée et transformation effective des rapports de classe.<br /> <br /> A ce titre, selon moi, nous sommes toujours dans le cycle identifié par Michel Clouscard lequel nous a apporté un éclairage complémentaire avec sa critique du « capitalisme de la séduction » et du libéralisme libertaire. Son interprétation de Mai 1968 comme « 14 juillet des couches moyennes » invite à examiner comment le capitalisme a pu intégrer certaines aspirations à la libération des mœurs et au renouvellement des modes de vie, tout en préservant la subordination du travail dans la production. La formule « tout est permis, mais rien n'est possible » exprime cette contradiction entre la permissivité marchande et le maintien des rapports de domination. Mélenchon est ainsi devenu le vote Terra Nova et la classe en soi votera probablement RN en 2027 pour dégager le système en place. Mais, nous reculons à chaque fois le travail pour la conscience de classe : un vote de classe pour soi ; comme il pesait et obligeait le patronat ou l'Etat à ne pas désespérer Billancourt. <br /> <br /> Il ne s'agit évidemment pas de réduire Mai 1968 à une manipulation du capital, ni de nier les conquêtes sociales et démocratiques du mouvement ouvrier. Il s'agit de comprendre comment le capital peut récupérer certaines contestations, transformer les aspirations en marchandises et déplacer le terrain de la conflictualité sans remettre en cause la propriété et le pouvoir économiques. L'analyse de Michel Clouscard nous aide à mieux interroger les formes contemporaines du populisme de gauche et la tendance à substituer parfois la représentation symbolique des individus à la construction d'une force collective de transformation sociale.<br /> <br /> Pour autant, l'unité de classe ne saurait se construire en opposant les revendications sociales aux combats contre les discriminations. La question est de savoir comment articuler les différentes expériences de domination dans une perspective commune d'émancipation, sans laisser le capital les fragmenter, les mettre en concurrence ou les récupérer. L'exemple des femmes de chambre de l'hôtel Ibis que tu évoques est à cet égard éclairant : leurs conditions de travail, leurs salaires et leur dignité constituent le terrain concret sur lequel peut se construire une solidarité de classe, sans qu'il soit nécessaire d'effacer les autres dimensions de leur expérience.<br /> <br /> Une classe ne devient pas une force dirigeante par la seule affirmation de ses intérêts immédiats : elle doit construire son hégémonie, élaborer un projet majoritaire et nouer des alliances sans renoncer à son autonomie politique. Gramsci et Lukács pensent ainsi la constitution du prolétariat en sujet conscient de son rôle historique. Cette réflexion prend une importance particulière face au processus de fascisation. Il faut analyser ensemble la progression de l'extrême droite, les transformations autoritaires de l'État, les reculs sociaux et les responsabilités des politiques conduites au nom du centre, sans confondre ces phénomènes ni banaliser leurs différences. La riposte ne peut se limiter à une défense de l'existant ou à une addition de consignes électorales : elle suppose de reconstruire une capacité d'intervention populaire, dans les entreprises, les services publics, les quartiers et les territoires. Pour cela, il est primordial que le PCF renforce et développe ses cellules : cela doit être un critère d'appréciation de la candidature de Fabien Roussel, au delà du résultat : le renfoncement effectif. <br /> <br /> Pour 2027, l'enjeu me semble donc être l'articulation entre un front de classe, l'unité d'action la plus large possible pour défendre les libertés et les droits sociaux, et la reconstruction d'une force communiste autonome, organisée et capable de porter un projet de transformation des rapports de production. Il ne s'agit ni de juxtaposer des appareils ni de s'effacer derrière une personnalité, mais de contribuer à faire du monde du travail un acteur conscient et organisé de son propre avenir. La tradition marxiste-léniniste et thorézienne nous rappelle que l'indépendance communiste et les alliances populaires ne sont pas contradictoires, à condition que ces dernières renforcent la capacité d'action des travailleurs au lieu de la subordonner. Ne cédons pas au pivertisme contemporain. L'enjeu est de construire une véritable hégémonie populaire, articulant revendications immédiates, conquêtes démocratiques, pouvoirs des salariés et transformation économique. Ni sectarisme ni subordination, ni radicalité incantatoire ni renoncement stratégique : construire l'unité dans l'action, sur des objectifs concrets, tout en renforçant l'organisation et l'autonomie politique du monde du travail. C'est à cette condition que la riposte à l'extrême droite et aux politiques qui nourrissent la crise sociale peut dépasser la seule défense de l'existant et ouvrir une perspective de transformation sociale et démocratique durable.<br /> <br /> Merci pour cette contribution, qui donne matière à poursuivre fraternellement le débat sur les conditions d'une politique communiste réellement transformatrice.
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R
Il faut bien sûr combattre les gauchistes mais ils sont en perte de vitesse alors que les rouges bruns tout aussi dangereux pour la classe ouvrière sont présents dans de nombreuses orgas qui se présentent comme communistes je sais de quoi je parle, je viens d en quitter une, ils ont très habiles dans la pratique du Confusionnisme et peuvent donc tromper des militants sincères même si parfois ils se demasquent en appelant à voter LE PEN... Cela mériterait peut être un article sur ce site...
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L
Bonjour,<br /> <br /> C’est amusant car vendredi dernier je consacrais justement ma Chronique des Barbaries au thème « Fascisme d'extrême-droite et Néofascisme d'extrême-gauche en miroir ». Comme quoi c ‘est dans l’air du temps, puisque plusieurs concordances d’analyse s’y retrouve.<br /> Émission disponible ici : https://1p6r.org/wordpress/1p6r/la-barbarie-qui-vient/chronique-des-barbaries-20220114/<br /> <br /> Cordialement.<br /> Luc Laforets
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B
Melenchon gauchiste ?<br /> de nombreux militants du NPA n'ont jamais lu Trotski<br /> le PC qui continue a faire des alliance avec le PS ou EELV ...<br /> je crois que tout le monde est dans une grande confusion et que chacun essai de l'expliquer avec des arguments ancien alors qu'il faudrait reconsiderer les choses differements
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P
Mélenchon a fait Hollande en 2012 SANS RIEN DEMANDER en échange ! était il "tenu" ou rendait il service pour obtenir qq chose en douce ?<br /> A ma connaissance les seuls gauchistes sont au NPA, les autres étiquetés gauchistes ne sont que des socio-démocrates ( la gauche (lol) du défunt PS et son résidu)réformistes comme d hab, la grande gueule en plus dont l efficacité politique est inversement proportionnelle à ses tonitruantes déclarations ! Toute la galaxie qui se réclame de la gauche ou que les chiens médiatiques , porte-parole du groupe multimilliardaire au pouvoir ( De Bésieux vient de demander à Marcon qu il s active sur la réforme des retraites!) aiment à désigner comme telle, mentent outrageusement cez qui a pour effet de dissimuler le caractère libéral_libertaire de leurs revendications politiques et sociales. Et les chefs sont bien aise d appeler à la défense des libertés ( des minorités petites bourgeoises alliées à leur sous prolétariat immigrés )pour faire oublier leur opportunisme sinon leur complicité avec le régime !
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R
Les gauchistes ont tendance à être à la fois gauchistes et sociaux démocrates. Il y a des gauchistes au NPA, ches "Ensemble", chez EELV ( de moins en moins), au PCF, à la FI, et d'ancien style aux deux POI et à LO. Sans parler des groupes Antifa, Anars, Zadistes, et les débris de la tradition autonome et dans la décomposition de la culture de l'Université Paris 8 ... mais aussi chez des souverainistes de gauche et des admirateurs des GJ qui rendent un culte complètement inepte à George Orwell.
G
A propos de gauchiste, on remarquera le vote anti-cubain de Manon Aubry, que Mélenchon avait tiré de son chapeau pour conduire la liste européenne de LFI avec le succès qu'on a pu voir. On peut dire que ce dernier, comme Tsipras, a fait son petit tour, et puis voilà.
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R
Si tel est le cas, tant mieux
L
@GQ<br /> Quand vous vous rendez compte que vous avez fait circuler une fausse information, vous pourriez peut-être vous fendre d'un rectificatif : ainsi «le vote anti-cubain de Manon Aubry» était véhiculé à l'origine par “Initiative communiste”, qui a depuis reconnu que c'était un bobard.
G
Fabien Roussel, interpellé sur l'expulsion des demandeurs d'asile déboutés répond fort justement "quand on n'est pas bénéficiaire du droit d'asile, on a vocation à retourner chez soi"., ce qui est qualifié par les trotskystes de service (révolution permanente) de "sortie xénophobe".<br /> <br /> Qu'est ce qu'ils auraient voulu qu'il dise, ces belles âmes? que les déboutés et autres irréguliers ont droit de rester en France, même quand le droit, justement, dit le contraire? On voudrait qu'il prononce des propos qui le disqualifierait directement auprès de l'électorat populaire?<br /> <br /> On ne sait pas quoi ajouter devant tant de mauvaise foi et de stupidité. "Extrême gauche", ça signifie de plus en plus "extrêmement con" .<br /> <br /> Ou plus exactement, ce courant politique au dossier historique surchargé révèle chaque jour davantage sont caractère fondamental d'être une faction bourgeoise et antipopulaire ; (ndgq 11 juin 2021)
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J
Ca ne répond absolument pas à ce que je dis.<br /> Quand à la référence à Hegel, philosophe idéaliste, Marx a dit, après ses jeunes années, ce qu'il en pensait. Nous lui devons la dialectique, point à la ligne. Nous devons plus à Héraclite, Démocrite, Descartes et Diderot, les matérialistes.
R
la vraie naïveté c la loi du cœur qui s'inverse en tyrannie, voir Hegel.
J
Une sortie d'une consternante naïveté de la part de Roussel, comme d'habitude, et cela n'a rien à voir avec les commentaires des anciens trotskystes. Qui accorde le droit d'asile ? Qui décide qui est éligible ? L'Etat bourgeois. Roussel fait donc confiance à l'ennemi de classe et à ses instruments pour choisir "impartialement" qui peut bénéficier de ce droit. Le droit d'asile en France est jalonné de refus politiques selon le pays d'où l'on vient et selon que ses gouvernants sont amis ou pas avec l'Etat bourgeois français. Et il est accordé au compte-goutte, y compris lorsque des gens risquent leur vie. Même s'il peut y avoir des connexions, droit d'asile et migrations économiques sont deux questions fondamentalement différentes.