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Réveil Communiste

Orwell, un auteur de guerre froide

16 Août 2026 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Front historique, #Royaume-Uni, #GQ, #Impérialisme, #Théorie immédiate, #Ce que dit la presse, #Mille raisons de regretter l'URSS

 

Vu l'énorme utilisation de cet auteur par la propagande anticommuniste diffusée sur les réseaux sociaux, de l'extrême-droite à l'extrême gauche en passant par les libéraux il est bon de republier périodiquement cette mise au point ! 

Depuis que Gérard Lébovici a réédité toute l'œuvre d'Orwell aux éditions Champ Libre, dans les années 1980, cet auteur a passé pour une icône révolutionnaire, d'abord chez les situationnistes de Guy Debord, puis parmi la foule de ceux qui ont été influencé par eux, le plus souvent sans le savoir.

Alors qu'il s'agit d'un romancier anticommuniste banal de la Guerre Froide (voir ses célèbres romans 1984 et la Ferme des Animaux, publiés en 1948) dont la promotion scolaire mondiale s'explique uniquement par son message politique sans ambiguïté. En terme de littérature d'anticipation, 1984 est un roman beaucoup plus faible pour dire les menaces futures que son contemporain Meilleur des Mondes de Aldous Huxley.

Ce n'est ni un grand penseur, ni un grand écrivain. C'est un journaliste qui écrit des livres (d'où sa popularité dans la confrérie). Il avait produit avant la guerre des reportages biographiques-politiques : Dans la Dèche à Londres et Paris, Le Quai de Wigan, Hommage à la Catalogne, Souvenirs de Birmanie, où il s'engageait physiquement pour crédibiliser un message populiste sentimental et gauchiste, anti-intellectuel, et déjà, anticommuniste.

La common decency des gens simples tant vantée par Orwell et dont Jean Claude Michéa espère former la substance éthique du peuple révolutionnaire ne conduit à nulle prise de conscience. Il ne s’agit ni plus ni moins que de la morale populaire commune, qui subsiste un peu partout, et qui si elle a un fond solide de maximes simples et saines pour vivre ensemble avec ses voisins et ses cousins, est volontiers traditionaliste, sexiste, xénophobe et homophobe ; il suffit de lire Orwell lui-même pour s’en convaincre. Quant au prolétariat, quelques soient les préjugés qu'il véhicule, il est reconstitué dans la lutte qui transcende ces limitations et produira à son issue des valeurs nouvelles qui lui seront propres, qui ne relèveront ni de la tradition conservatrice, ni de la consommation aliénée des marchandises modernes ou du libéralisme moral accompagnant l'individualisme de masse.

Orwell manqua singulièrement lui-même de cette décence commune, qui déteste les informateurs, le jour où il établit une liste d'intellectuels communistes pour les signaler aux services secrets, en 1949.

Orwell produit une critique émotionnelle et paradoxale des injustices qui accablent le peuple décent et qu’il supporte avec constance, pour mieux discréditer toutes les tentatives crédibles mais indécentes et outrageantes de secouer cette société injuste. En Birmanie il donne longuement la parole aux birmans pro-colonisateurs qui raillent le manque d’authenticité des nationalistes. La théorie historique d'Orwell (formulée dans 1984) est d'une faiblesse à pleurer : de tous temps il y aurait eu trois groupes sociaux : les privilégiés, les "moyens" et les pauvres. Les "moyens" qui sont jaloux des privilégiés fomentent des révolutions en trompant les pauvres avec de fausses promesses, pauvres qui se révoltent mais restent pauvres comme avant. Lorsque les "moyens" deviennent à leur tour privilégiés en renversant les précédents, une nouveau groupe de "moyens" se forme. Qui fomente des révolutions. Et ainsi de suite.

C’est bien un tory, un conservateur paternaliste anglais. La symbolique grossière de Animal Farm est là pour le dire : le fond de sa pensée, c’est que les communistes sont des porcs. Faire la révolution, c’est se donner aux porcs. Orwell est un conservateur populiste en ce que comme Dostoïevski (mais sans le génie du romancier russe) et comme les slavophiles russes du début du XIXème siècle, il dote le peuple de qualités imaginaires pour l'opposer aux avant-gardes révolutionnaires chargées de toutes les tares. Il plonge bravement dans la Guerre d'Espagne ou dans le peuple anglais des mineurs, ou des prolétaires laissés pour compte du Quai de Wigan, pour pouvoir dire "j'y étais" quand il calomnie les vrais révolutionnaires, il va explorer ces marges comme on allait à l'époque chasser le tigre dans son milieu, ou comme un sportif de l’extrême ou un humanitaire d’aujourd’hui. Comme Kouchner au Biafra qui faisait servir la compassion aux intérêts pétroliers. Toujours la même histoire. Lorsqu'Orwell se met à vitupérer le capitalisme, c'est qu'il lui reproche en fait, en convergence avec la critique ultra-libérale de Von Hayek, d'être plus qu'à moitié socialiste. Le Welfare State et la sécurité sociale, voilà l'ennemi. Quant à l'État bourgeois et à ses gouvernements, Il s'en fait une idée complètement complotiste, comme on dit aujourd'hui.

PS : En réaction à des réactions colériques gauchistes sur Facebook :

Orwell aurait-il été à en croire certains un critique du stalinisme, et non du communisme proprement dit? Le stalinisme est un concept développé par des auteurs hostiles au communisme, qui décrit ses aspects négatifs apparus en contexte d'agression contre-révolutionnaire, comme si ce contexte n'existait pas, et qui se fonde sur des bilans et des témoignages exagérés ou fallacieux.

Il faut partir du principe méthodologique qu'à peu près rien de ce que la bourgeoisie a diffusé sur le socialisme réel n'est fiable. Le rôle d'intellectuels de gauche comme Orwell a été crucial pour créer le consensus dans la gens intelligente autour d'une image ultra-négative du socialisme réellement existant, à partir de ce qui n'était au départ qu'un mauvais discours de propagande.

Inévitablement, il y a eu des excès répressifs dans le seul pays du socialisme réel, confronté à hostilité implacable du reste du monde. Alors, on voudrait bien qu'il ait existé un communisme "gentil" qui n'eût jamais endossé la responsabilité d'aucun abus ! Un tel communisme n'aurait pas duré bien longtemps. Les staliniens avec leurs défauts et leurs limites ont réellement combattu le capitalisme, et la plupart des autres qui se gargarisent de révolution n'ont rien fait du tout, à part, comme Orwell, combattre ... le stalinisme.

La critique des "staliniens" est une chose facile, il suffit de reproduire tous les clichés idéologiques scolaires et médiatiques dont nous avons été abreuvés depuis l'enfance. Il n'empêche que pour l'essentiel ce sont ceux que l'on qualifie ainsi aujourd'hui avec haine et mépris qui ont réellement agis.

Aujourd'hui la politique "stalinienne" des partis du Komintern n'étant plus une option politique, et il faudrait se décoincer un peu et en reprendre la critique à nouveaux frais en sortant des ornières du discours bourgeois qui ne peut évidemment pas nous servir à grand chose pour préparer une nouvelle révolution prolétarienne (même et surtout le discours bourgeois d'extrême gauche). Sinon nous sommes partis pour conserver pour l'éternité le système actuel.

GQ, décembre 2015 - juillet 2021, relu le 13 jui 2026


 

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L
Merci pour cet article, qui a le mérite de s’attaquer à un véritable mythe : celui d’un Orwell qui serait devenu, par je ne sais quelle magie rétrospective, une sorte de penseur naturel de la gauche et même du communisme. Il faut au contraire le resituer historiquement.<br /> <br /> Orwell fut bien socialiste, mais son socialisme n’était pas marxiste. C’était un socialisme essentiellement éthique, empirique et anti-bureaucratique, fondé sur la « common decency », l’expérience vécue de la misère et de la guerre, et une profonde méfiance envers les appareils politiques. Il ne disposait pas réellement des catégories du matérialisme historique : rapports de production, détermination de classe, État, impérialisme, reproduction sociale. Sa représentation de l’histoire dans 1984, avec l’éternel affrontement entre « privilégiés », « moyens » et « pauvres », est à cet égard très pauvre comparée à Marx.<br /> <br /> C’est aussi ce qui explique la puissance et la limite de sa critique du communisme soviétique. Orwell voit très bien les dangers de la bureaucratisation, de la confiscation du pouvoir et de la manipulation idéologique, mais il les explique principalement par la logique du pouvoir et la corruption des révolutionnaires, beaucoup moins par les contradictions matérielles et institutionnelles qui permettent à une bureaucratie de devenir une couche sociale autonome. Animal Farm est une parabole remarquablement efficace, mais ce n’est pas une théorie marxiste de la dégénérescence révolutionnaire. Lénine avait déjà dénoncé le risque et Staline est lui même plus pertinent qu’Orwell contre la bureaucratie de Parti et le risque que celle-ci porte à l’Etat socialiste.<br /> <br /> Il faut également sortir du mythe de l’Orwell pur observateur indépendant de la guerre froide. Son engagement anticommuniste est réel et documenté. En 1949, il transmet à Celia Kirwan, qui travaillait pour l’Information Research Department du Foreign Office, une liste de 38 personnalités qu’il jugeait politiquement inaptes à participer à une campagne de propagande anticommuniste. Il ne s’agit pas d’une « liste de police » et il serait absurde de le transformer en agent secret ; mais ce n’est certainement pas non plus un détail innocent. À la lumière des travaux d’Annie Lacroix-Riz, d’Aymeric Monville et de Gabriel Rockhill sur les réseaux, institutions et dispositifs de la guerre culturelle anticommuniste, il faut regarder non seulement ce qu’Orwell voulait dire, mais aussi la fonction que son œuvre a progressivement remplie dans la lutte idéologique contre le communisme.<br /> <br /> C’est là que le mythe Orwell doit être déconstruit : non pas en prétendant que tout ce qu’il a écrit est faux, mais en refusant d’en faire une autorité au-dessus de l’histoire. 1984 est une grande dystopie anticommuniste, pas une démonstration du caractère intrinsèquement totalitaire du communisme ; et Orwell est un socialiste anticommuniste, pas un théoricien marxiste.<br /> <br /> Il faut même aller plus loin : la puissance de cette dystopie tient aussi à la légende noire qu’elle a contribué à nourrir. En associant durablement socialisme, bureaucratie, surveillance, manipulation du langage et négation de la liberté, elle permet de faire oublier que la démocratie libérale elle-même n’est nullement synonyme de démocratie sociale, de souveraineté populaire ou de liberté réelle. La chute du mur de Berlin n’a évidemment pas produit la « démocratie socialiste » que certains auraient pu imaginer : elle a surtout consacré la victoire du capitalisme libéral et la disparition des institutions socialistes de la RDA, avec les conséquences sociales et politiques que l’on connaît dans l’Est de l’Allemagne, où l’AfD trouve aujourd’hui une audience particulièrement forte. La promesse libérale de la liberté ne suffit donc manifestement pas à produire une société libre.<br /> <br /> Cela nous oblige à ne pas tomber dans le piège symétrique : opposer un « totalitarisme socialiste » à une démocratie libérale supposée naturellement protectrice des libertés. Les tensions contemporaines autour de la concentration du pouvoir économique, de la surveillance numérique, des procédures administratives, de la technocratisation des décisions et du déficit de souveraineté populaire montrent précisément que la question de la liberté ne peut être séparée de celle du pouvoir réel et de son contrôle démocratique.<br /> <br /> Il reste pourtant chez Orwell des intuitions qu’il serait absurde de rejeter : la bureaucratisation, le pouvoir séparé de la société, la manipulation du langage, la réécriture de l’histoire. Mais ces questions doivent être reprises avec Marx, Lénine et Gramsci, et non avec Orwell comme boussole théorique. Il faut comprendre la bureaucratie par ses conditions matérielles et institutionnelles, la propagande par les rapports de pouvoir qui organisent sa production et la liberté par les conditions sociales qui permettent effectivement aux citoyens de maîtriser leur destin collectif.<br /> <br /> Au fond, il ne s’agit donc ni de sanctifier Orwell ni de le diaboliser. Il s’agit de le remettre à sa place : celle d’un écrivain socialiste non marxiste, devenu un acteur intellectuel important de l’anticommunisme, dont certaines intuitions peuvent être utiles à la pensée révolutionnaire à condition de les arracher au mythe et de les réinscrire dans une analyse matérialiste des classes, des institutions et de l’impérialisme.<br /> <br /> Et c’est peut-être la contradiction historique la plus intéressante : Orwell voulait défendre la liberté contre la domination, mais la lecture idéologique de son œuvre a contribué à enfermer l’imaginaire politique dans l’alternative « capitalisme libéral ou totalitarisme ». Or cette alternative est précisément celle qu’il faut aujourd’hui dépasser : la question n’est pas de choisir entre la liberté abstraite du marché et l’autorité bureaucratique, mais de construire une démocratie sociale dans laquelle le peuple maîtrise réellement les institutions, la production et les conditions matérielles de sa liberté.Et cela passe par le socialisme qui est un processus historique ayant besoin de sauts qualitatifs pour aller vers le communisme.
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R
Je crois qu'il est exagérément optimiste de présenter Orwell comme un socialiste. Il ne suffit pas de l'affirmer pour l'être.
A
Très bon article.<br /> <br /> Orwell est le type même du "gauchiste de droite anticommuniste". "gauchiste" parce qu'anticommuniste quelque peu honteux : l'un sauve l'autre moralement dans la société. En principe, pour relever la sauce, on sale et poivre avec une pincée d'anarchisme. L'honneur est ainsi complétement sauf ; du béton !<br /> <br /> Staline est traditionnellement le prétexte favori des gauchistes de droite anticommunistes.
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D
SVP désinscrivez- moi! Déjà je ne sais pas comment je me suis retrouvée sur votre mailing list et les querelles entre pro et anti staliniens ne m'intéressent pas...<br /> merci d'avance<br /> D<br /> <br /> En 1996 – puis encore une fois en 2002 –, d’indécrottables staliniens lancèrent puis exploitèrent une rumeur selon laquelle Orwell, loin d’avoir été l’homme intègre que nous admirons, n’aurait été qu’un vil indicateur de police : au début de la guerre froide, il aurait communiqué aux “services secrets britanniques” une “liste noire” dénonçant une série d’intellectuels communistes et autres “compagnons de route” !<br /> Cette sensationnelle “révélation” eut un retentissement énorme dans la presse, en Angleterre tout d’abord, puis dans le monde entier. Comme The Daily Telegraph l’écrivait, “ce fut comme si, dans 1984, Winston Smith avait délibérément collaboré avec la Police de la Pensée”. Et en France, Le Monde, pour sa part, osait encore titrer en 2003 : “Orwell, honorable correspondant : l’auteur de 1984 dénonçait aux services anglais les intellectuels crypto-communistes.”<br /> Cette prétendue découverte se référait en réalité à une initiative parfaitement innocente et nullement secrète (Crick la mentionnait déjà dans sa biographie d’Orwell, qui date de 1980). Une amie intime d’Orwell, Celia Kirwan, travaillait dans un département de propagande du ministère des Affaires étrangères ; ce service souhaitait soutenir activement des écrivains, journalistes et artistes capables de contrer la propagande communiste. Pour aider son amie. Orwell lui signala à titre privé un certain nombre de personnes dont, étant donné les sympathies politiques, la malhonnêteté ou la stupidité, il eût été contre-indiqué de solliciter la collaboration pour un tel projet.<br /> Tant les archives des Affaires étrangères que les papiers privés de Celia Kirwan (décédée en 2002) ont permis d’établir une lumière complète sur cette affaire, qui n’a d’ailleurs jamais rien présenté d’équivoque ni de ténébreux [12]. Le fait que, un demi-siècle après sa mort, Orwell ait pu encore être la cible d’une aussi crapuleuse calomnie montre bien quelle formidable et vivante menace il continue à présenter pour tous les ennemis de la vérité.
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A
Il fallait s'inscrire ?<br /> <br /> Les querelles de "stalinisme" ne vous intéressent pas, mais apparemment vous avez beaucoup à dire. Et, à vous lire, il semble que vous avez encore beaucoup à apprendre.
O
Pour aider son amie. Orwell lui signala à titre privé un certain nombre de personnes dont, étant donné les sympathies politiques, la malhonnêteté ou la stupidité, il eût été contre-indiqué de solliciter la collaboration pour un tel projet.<br /> <br /> le simple fait de vous lire Dominique traduit par ce passage l’évidente collaboration politique policière ou dénonciatrice d'Orwel comme les lettres de dénonciations anonymes des années d'occupation nazie entre 1933 et 1944 <br /> <br /> <br /> affirmée par un autre passage Une amie intime d’Orwell, Celia Kirwan, travaillait dans un département de propagande du ministère des Affaires étrangères ; ce service souhaitait soutenir activement des écrivains, journalistes et artistes capables de contrer la propagande communiste<br /> <br /> Pour votre information la propagande à une toute autre signification pour les cultures ou programmes communistes En clair ce n'est pas un gros mot <br /> <br /> on ne peut plus clair Collaborer avec les forces du Capital ou de l’impérialisme libéral ne constitue ni une culpabilité ni une faute sauf que oui présenter Orwel comme une menace pour la Vérité avec un grand V <br /> <br /> Si à vos yeux les communistes sont les ennemis de la vérité je suis donc pour ma part un très gros menteur mais comme mes grands oncle morts ou résistants je suis fier de continuer leurs combats sans pour moi avoir du à cette date sacrifier ma carrière mes loisirs ou plus ma vie ou celles de mes proches Pour Tahon M mort pour la France entre 1939 et 1945 plaque de souvenir gare de LENS <br /> <br /> Je reste prêt à lire le nom de vos arrières parents ou proches morts pour la Résistance
R
En fait les défenseurs d'Orwell tentent de le faire passer pour un imbécile.
D
Et puis pendant la guerre d'Espagne on a trouvé la trace de ses contacts avec le côté franquiste alors qu'il était en zone républicaine. Cette version des choses hérisse les partisans posthumes du POUM.
R
Donc il a bel et bien établi une liste d'intellectuels communistes " à titre privé" ( sans blagues !) qui s'est retrouvée innocemment entre les mains des services secrets. Il y en a qui aiment tellement Orwell qu'ils préfèrent le faire passer pour un dangereux imbécile.