Ukraine : Révoltes des mineurs dans le Donbass, entre revendications sociales et politiques
23 Avril 2014 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ukraine
Sur le blog de Nicolas Maury :
Les mineurs du Donbass en lutte pour des conditions de vie digne
Les revendications sociales étaient apparu en Ukraine lorsque les mineurs de la région de Lugansk ont annoncé l'organisation de manifestations, en raison de leurs salaires faibles et d'un prélèvement injuste de 10% "pour la réparation de la place Maïdan" début mars 2014. Les mineurs du combinat "Krasnodonugol", propriété de l'oligarque Rinat Akhmetov, député du Parti des régions et dont la fortune s'élève à 15 milliards de dollars (Metinvest) , sont entrés en grève pour exiger de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail.
5 puits sont concernés par les arrêts de travail. Des manifestations de masse ont aussi marqués la journée du mardi 22 avril. 500 mineurs occupent le siège de la compagnie minière depuis le 22 avril au soir. Cette action non isolée a déclenché une enquête administrative du procureur de la ville de Krasnodon pour que les mineurs obtiennent gain de cause dans leurs luttes.
Le Parti communiste (KPU) au cœur des luttes sociales
L'influence du Parti Communiste d'Ukraine n'est pas étrangère a cette situation. A Dnipropetrovsk, à Lugansk, à Kharkov, dans les régions insurrectionnelles, le KPU mène la lutte politique et sociale. Il porte des revendications précises qui parlent et rassemblent les ouvriers, les habitants de ces villes.
Aux mesures antisociales décidées par Kiev, le KPU organise, dans la proximité (et parfois dans la clandestinité) des réunions, des actions pour créer un front de résistance. La lutte pour les salaires, la santé, l'éducation, la sécurité et la démocratie est portée uniquement par le Parti communiste. Les organisations syndicales ukrainiennes (contrôlées par Kiev) n'ont aucune influence dans la région du Donbass, si bien que l'organisation de la résistance syndicales est (en partie) animé par les structures locales du KPU et ses militants (120.000 adhérents).
A Donetsk la situation est plus spécifique, les mouvements insurrectionnels se sont autonomisés des partis politiques. Cette nouvelle République est le fait des ouvriers, des mineurs qui sont montés à l'assaut des bâtiments officiels, qui ont rallié des unités de l'armée ukrainienne (25ème brigade aéroporté de Dniepropetrovsk), de la police, du SBU et des ex-Berkut. L'influence du communisme dans cette région est un atout dans la lutte politique contre la junte fasciste de Kiev.
Dans les semaines qui ont suivit le coup d'état, les principaux oligarques des clans de Donetsk et Dnipropetrovsk ont rallié la junte fasciste de Kiev, le maintien de leurs privilèges, issues du dépeçage de l'URSS et des biens de l'Ukraine soviétique, étant la seule chose qui compte. Ces derniers ont été mis en responsabilité dans les principales institutions des régions de l'Est (gouverneurs ...). Pour Kiev, ces ralliements auront été sans effet.
De très importantes manifestations dans le sud et l'Est de l'Ukraine marque le pays. Les habitants de ces villes, les mineurs a leurs têtes (reconnaissable par leurs casques oranges) sont massivement descendu dans les rues pour dénoncer les putschistes de Kiev, appeler à l'aide la Russie, mais pour dénoncer aussi les oligarques. Ce mouvement massif s’émancipe des clans mafieux qui dirigent le pays depuis 1991.
Les drapeaux rouges, ceux du Parti communiste et de la bannière de la victoire, les drapeaux russes et soviétiques (de la RSS d'Ukraine comme de l'URSS) ont envahi les rues des villes des régions du sud et de l'est de l'Ukraine. Les manifestants clament haut et fort leurs sympathie à la Russie et mais aussi a leur seule et unique patrie : L'Union Soviétique.
Les mineurs du Donbass moteur de la lutte contre Kiev
Les mineurs n'exprimaient pas de revendications politiques (en lien avec l'actualité dans la région), mais dans d'autres mines de la région les luttes sociales prennent un tournant politique.
L'accélération des événements politiques dans cette région n'a en rien entamé la mobilisation des gueules noires, la proclamation de la République Populaire de Donetsk, les insurrections à Kharkov, Lugansk, Odessa sont la marque des mineurs, très présent dans les mouvements de protestation contre la junte fasciste à Kiev.
Dans la mine de Gorlovka (République Populaire de Donetsk), le drapeau ukrainien a laissé place à celui de Donetsk. Après avoir rencontré les députés de la République du Donetsk, les mineurs ont pris la décision de changer de drapeau. Le directeur de la mine, Viktor Rybak, s’y est d’abord opposé, mais suite à une discussion avec les députés et les travailleurs a déclaré qu’il était sans parti, et que l’essentiel pour lui était que le travail continue normalement.
Les casques oranges a l'assaut des bâtiments officiels à Donetsk, les grèves dans les mines à Lugansk montrent l'irruption des ouvriers dans le conflit ukrainien. On ne pourra pas dire que les revendications sociales sont absentes des luttes politiques en Ukraine. Quelque soit l'issue du conflit, Kiev ou Moscou ne pourront pas s’asseoir sur les exigences ouvrières dans l'Est du pays. De meilleurs salaires, des retraites justes, de meilleurs conditions de travail, l'accès à la santé, ... sont les grandes oubliées des politiciens dans le pays. L'accord d'association avec l'UE ou avec l'Union douanière, le prêt du FMI ne sont pas des réponses capable de mettre fin a plus de 20 ans de pillage du pays.
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
Le blog reproduit des documents pertinents, cela ne signifie pas forcément une approbation de leur contenu.
Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
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