Prague : 25 000 manifestants boudent l'anniversaire de la révolution de velours et préfèrent manifester contre la politique d'austérité du gouvernement
23 Novembre 2012 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #l'Europe impérialiste et capitaliste, #Europe de l'Est
sur el diablo
Jamais commémoration de la « Révolution de velours », qui a renversé le régime socialiste et restauré le capitalisme en 1989, ne fut un flop aussi patent, en dépit des appels au « devoir de mémoire » du président anti-communiste Vaclav Klaus.
Au contraire, pour la première fois, ce jour a été transformé en manifestation contre le pouvoir par le Parti communiste (KSCM), la confédération des syndicats de Bohême-Moravie (CMKOS) et par la coalition « Stop au gouvernement ! ».
Construite en parallèle aux mobilisations en Espagne et au Portugal du 14 novembre, les syndicats ont appelé les travailleurs à exprimer leur colère face « aux mesures anti-sociales du gouvernement dans les domaines politiques et économiques, et d’autres sphères de vie ».
Parmi les mots d'ordres que l'on pouvait lire sur les pancartes des manifestants : « Nous ne voyons pas la lumière à la fin du tunnel », « Nous voulons un gouvernement qui serve le peuple » ou encore « Stop à un gouvernement corrompu et anti-social ! ».
Les drapeaux des organisations syndicales, des forces de gauche – en premier lieu les communistes – dominaient la manifestation. Symbole fort en ce jour de commémoration de la « Contre-révolution de velours », plusieurs drapeaux de l'Union soviétique ont également été brandis par les manifestants.
Réaction anti-communiste des forces dominantes face à la popularité croissante des idées communistes
La réaction des forces de droite ne s'est pas fait attendre, exprimant un anti-communisme viscéral.
Le ministre des Finances Miroslav Kalousek a ainsi riposté en garantissant que son gouvernement « n'appliquera jamais un programme socialiste ».
Face aux exigences d'une véritable démocratie portée par certains manifestants, Kalousek leur a demandé si « ils souhaitaient le centralisme démocratique communiste ».
Il a enfin contesté avec virulence l'hypothèse d'un changement de système au nom de la lutte contre le totalitarisme communiste : « Après l'expérience des régimes totalitaires, je considère que demander un changement de système, en ce 17 novembre, c'est une honte ».
La classe dominante est sur la défensive après les excellents résultats du Parti communiste aux élections régionales en octobre dernier. Avec 20% des voix, les communistes s'installent comme deuxième force du pays, talonnant les sociaux-démocrates, et comme seule force politique en progression dans le pays.
Pour la première fois depuis 1989, un communiste est élu président de la région après des accords signés, en position favorable, avec le Parti social-démocrate. Oldrich Bubenicek a ainsi été élu président de la région d'Usti nad Labem.
Les manifestations anti-communistes convoquées par les opposants à l'entrée de vice-présidents et de présidents à région à Zlin, Usti nad Labem ou à České Budějovice n'ont guère mobilisé les foules. Quelques centaines de manifestants y ont répondu présents.
Le fiasco de la commémoration de la « révolution de velours », son détournement au profit d'une manifestation contre le pouvoir et le « système », la réaction anti-communiste des forces dominantes prouvent une chose : vingt ans après la restauration capitaliste, les idées communistes redeviennent d'actualité par un nombre croissant de tchèques.
Article AC
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
Le blog reproduit des documents pertinents, cela ne signifie pas forcément une approbation de leur contenu.
Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
Les textes originaux, écrits par l'animateur seul ou en collaboration et dont il endosse pleine et entière responsabilité sont publiés dans la catégorie GQ, accessible directement dans la barre de menu. Ils sont reproductibles, sans modification, à condition d'en mentionner l'origine.
Les commentaires sont publiés après validation, mais ne sont pas censurés, sauf abus (insultes, diffamation, mythomanie, publicité, non-pertinence, ou bêtise manifeste).
Newsletter
Abonnez-vous pour être averti des nouveaux articles publiés.
Catégories
- 7201 Impérialisme
- 4862 Ce que dit la presse
- 4434 Economie
- 3400 lutte contre l'impérialisme
- 3202 Répression
- 2925 Front historique
- 2897 Journal des luttes
- 2822 États-Unis
- 2441 Qu'est-ce que la "gauche"
- 2376 A gerber !
- 2287 Ukraine
- 2128 Cuba
- 2128 l'Europe impérialiste et capitaliste
- 2113 classe ouvrière
- 2061 Russie
- 1903 Positions
- 1861 Syndicalisme en débat
- 1792 Théorie immédiate
- 1786 Initatives et rendez-vous
- 1680 Chine
- 1582 L'Internationale
- 1347 Élections
- 1287 Réseaux communistes
- 1193 Venezuela
- 1112 L'Europe impérialiste et capitaliste
- 1101 loi travail
- 1031 Amérique latine
- 938 Asie
- 895 Afrique
- 894 Europe de l'Est
- 859 élection 17
- 843 la bonne nouvelle du jour
- 675 Publications
- 619 Royaume-Uni
- 596 Art et culture révolutionnaires
- 579 Asie occidentale
- 576 Congrès du PCF depuis 2008
- 567 Syrie
- 536 Articles les plus lus archivés chaque semaine
- 529 GQ
- 477 Corée
- 450 Colombie
- 433 Euroboycott
- 378 Grèce
- 358 Communistes en Italie
- 357 La bonne nouvelle du jour
- 351 Brésil
- 350 Luttes 2008-2011
- 315 Bolivie
- 303 Mille raisons de regretter l'URSS
