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Réveil Communiste

Sur l'idée que le communisme est beau sur le papier et effroyable en pratique

18 Juin 2026 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Théorie immédiate, #Front historique, #L'Europe impérialiste et capitaliste, #Mille raisons de regretter l'URSS

Sur l'idée que le communisme est beau sur le papier et effroyable en pratique

Les communistes sont souvent diabolisés, présentés comme des "méchants" de mélodrame, et affublés de motivations maléfiques et grand-guignolesques. Mais  contradictoirement, il est aussi très courant d’opposer les « bonnes intentions » des militants socialistes ou communistes révolutionnaires au résultat réputé effroyable de la mise en pratique de leur projet à l’échelle d’un pays réel.

C'est bien cela la leçon des romans soviétiques tardifs de la "littérature des camps", d'inspiration khrouchtchévienne, comme par exemple Les enfants de l'Arbat, de Rybakov, d'un anticommunisme plus rusé que ceux des Soljenitsyne, ou même des Pasternak.

Il semble que beaucoup de gens sont naïfs au point de prendre pour argent comptant toutes les légendes urbaines relayées par la littérature qui circulent sur les pays socialistes historiques ou actuels.

Mais il y a eu il faut le dire un grand nombre d’erreurs qui ont été commises au cours de cette mise en pratique, sachant que ceux qui assumèrent le pouvoir étaient souvent dépourvus d’expérience politique pratique, justement. Des intellectuels habitués aux abstractions, ou des travailleurs autodidactes venus du bas de l’échelle sociale.

Pas évident de remplacer d’un coup mille ans de savoir-faire politique, cultivé dans des lignées aristocratiques pour lesquelles le pouvoir était depuis toujours réservé.

Mais on ne va pas se chercher d’excuse. En fait même si tout ce que l’on raconte de l’URSS, de la RP de Chine, de la RPD de Corée, etc, était vrai, y compris dans les détails les plus atroces, y compris dans les fantaisies dystopiques les plus abjectes de Soljenitsyne ou de George Orwell, il n’empêcherait que les révolutionnaires de ces pays étaient dans leur droit en lançant le processus de la révolution prolétarienne, et qu’ils ne furent pas responsables des embardées imprévues provoquées par la lutte opiniâtre contre la contre-révolution et l'impérialisme qui ne dorment jamais.

Il est frappant qu’on tente maintenant de stabiliser un grand récit mondial démocratique-libéral schizophrénique où les résistants antifascistes et leur hymne Bela Ciao auront leur place comme s’ils n’avaient rien à voir avec les staliniens. Comme si les communistes hongrois ou allemand qui ont résisté au fascisme dans les conditions les plus dures étaient d’autres personnes que ceux qui cinq ans ou dix ans plus tard étaient devenus les « méchants » stigmatisés par la propagande occidentale dans les démocraties populaires, à Berlin en 1953 et à Budapest en 1956 – et comme si d’ailleurs dans le camp d’en face les fascistes qui avaient vingt ans en 1944 avaient disparu dans la nature, comme s’ils n’avaient jamais existé.

Les résistants antifascistes n’étaient pas des « antifas » aux cheveux vert, ils n’étaient pas des libéraux ou des droit-de-l’hommistes, et de fait ils n’ont pas fait de quartier quand ils ont triomphé en 1945. De quoi donner du grain à moudre à un contre-récit révisionniste qui a obtenu beaucoup de succès en Europe de l’Est. Et en Italie, le récit des « foibes » - les gouffres karstiques où les fascistes purs et durs, les tièdes, ou les malgré-nous de circonstance tous mélangés auraient été précipités - remplacera le récit des résistants. En Slovénie les souffrances des collaborateurs se substitueront à l’épopée des partisans.

Le fait est que les libéraux ne valent pas mieux que les fascistes et même parfois les fascistes ne sont pas pires que les libéraux. Un fasciste est au fond un libéral ou un conservateur ou même un gauchiste, mais surtout rédhibitoirement anticommuniste, qui est « passé à l’acte » d'exterminer les révolutionnaires réels ou potentiels.

Bref ce n’est pas parce qu’elle a des martyrs à revendiquer pour en témoigner que la cause est juste ! Les morts sont des martyrs et non de simples victimes vouées à l’oubli, parce que leur cause est juste et non l'inverse. Et une cause paraît juste ou bien non, dépendant de la position qu’on a choisi de prendre dans la lutte des classes.

Il ne s’agit pas de faire parade d’inhumanité pour revendiquer une stupide authenticité radicale. Il s’agit de ne pas être dupe des arguments moralisants utilisés, qu’on doit forcement utiliser, au cours de la polémique quotidienne et dans le travail de propagande. Pour autant que je sache, pris individuellement nous n’avons aucune préséance morale à revendiquer sur qui que ce soit – à part sur les psychopathes et sociopathes ou les simples criminels de droit commun qui garnissent aléatoirement le champ politique et qui se multiplient à l’approche du pouvoir.

Il est malheureusement toujours possible que des Yejov apparaissent là où il faudrait toujours pouvoir compter sur un Dzerdjinsky, et pour un Robespierre on trouvera beaucoup de terroristes qui finissent thermidoriens.

GQ, 8 décembre 2025, relu le 18 juin 2026

PS / Dzerdjinsky, fondateur de la Tchéka, la police politique soviétique, choisi pour ce poste pour son intégrité morale et prématurément décédé en 1926, et Yejov, dirigeant du NKDV pendant les purges de 1936 à 1938, intrigant sans principe qui assuma la responsabilité des plus graves dérives.

Thermidoriens : les montagnards terroristes qui se retournèrent contre Robespierre en juillet 1794, et mirent un terme à la Terreur, mais aussi à la tendance démocratique de la Révolution pour instaurer le régime le plus corrompu de l'histoire.

On peut appliquer cette logique à la situation présente à Gaza : ce n'est pas parce que les Gazaoui subissent un génocide que leur cause est juste, c'est parce que leur cause est juste qu'on leur inflige un génocide !

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C
Le principe suprême de l’Antiquité était le significatif, mais le résultat suprême d’un traitement réussi était le beau» (Goethe)... Le Communisme est l'Art de vivre ensemble... Le Materialisme inventé para les grecs est l'harmonie de l'Arc et la Lyre (Heraclite), IL ne S'est realisé dans toute sa splendeur qu'une fois ... À Sparte, dont l'Image la plus fidèle (avec un F majuscule) serait dans notre modernité serait Cuba.... Lorsqu'on voit le développement de la Science en Chine, on NE peut que s'imaginer ce qu'eût été aujourd'hui l'URSS... Que serait devenue Cuba si on l'avait laissée croître naturellement? Le Materialisme Dialectique est le double mouvement de l'Idealisme au Realisme en double sens... C'Est un mouvement perpetuel ... l'Esprit est hora du temps... Cuba n'à jamais cessé d'être la pointe de lance!
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R
Il est vrai que paradoxalement les pays socialistes voués à construire la paix ont excellé par dessus tout dans l'art de la guerre ....
S
Comme je dis toujours, je préfère m'inspirer de ceux qui ont été au pouvoir (urss, démocraties populaires) plutôt que des communistes Français qui plus le temps passe, plus ils n'y arriveront jamais. <br /> Si ceux qui ont été au pouvoir dans les grandes heures du communisme voyaient ce qu'est devenu le PCF, le PCI disparu etc, ils n'en croiraient pas leurs yeux. <br /> Alors se faire donner des leçons par des perdants, certains n'ont pas peur du ridicule.
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D
Le problème est que nous, marxistes français, voire occidentaux, avons lu beaucoup de livres, beaucoup commenté les mises en oeuvre dans d'autres pays du marxisme, mais nous n'en avons aucune expérience pratique ! Ce fait devrait nous appeler à la modestie, et ce positionnement est assez rare ! Pire encore la Chine, qui a pas mal réussit, il faut le dire, nous explique que son socialisme est "à la chinoise". Comprenons qu'il n'est pas "à la française". Il est spécifique et difficilement transmissible. Et que vous devons imaginer un socialisme "à l française" qui plait aux gens de chez nous, comme dirait Mao Tsè Toung. J'ai eu l'occasion d'aller deux fois en Chine à l'invitation du PCC. Avec mes amis nous avons beaucoup visité, beaucoup discuté. Mais, avec le recul, je me suis aperçu que le PCC n'avait aucune idée de ce qu'était "la démocratie représentative". Stupeur (rétrospective), nous non plus ! La "démocratie à la française", mais plus généralement en occident, est la clé du maintien du capital au pouvoir ! Comment avons nous pu passer à coté ? Et je vois de nombreux amis s'engouffrer dans des batailles électorales perdu d'avance parce que le processus est entièrement entre les mains du capital. C'est à dire que, nous seulement nous n'avons rien appris, mais encore que nous avons régressé ! Le CNR dont tout le monde se revendique et à qui ont attribue la Sécurité Sociale est plutôt léger sur cette question. Mais il défini assez bien les "Comités de la Libération" quelque chose comme des sortes de soviets. Et ils ont réellement existé ! Mon acte de naissance est signé par un type qui se défini comme membre du "Comité de la Libération du 15° arrondissement". Et ils ont disparu dans le fumeux débat sur "il faut rendre les armes". Le PC à donc, à l'époque choisit les élections du capital plutôt que ces sortes de soviets. Nous en payons encore le prix que beaucoup porte avec une fierté ridicule. Il faut apprendre avant de critiquer !
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