Il est des jours où tout paraît s’obscurcir, pour moi c’est toujours l’été, à la fin août quand tout est calciné et que vient septembre, j’ai vécu à cette époque là de l’année, dans le désert de la ville la mort de mon compagnon. Un homme est mort qui n’avait au fond des yeux au fond du coeur que la soif de justice sur la terre. Il me laissa seule dans un monde hostile, avec un enfant malade que chacun fuyait et j’étais abandonnée, humiliée avec l’enfant erratique.L’homme disparut sans voir la débâcle de ce à quoi il avait cru toute sa vie, mais moi j’ai connu aussi cet anéantissement.
En ce mois d’août, il me revient ce souvenir parce que je vis une sorte de caricature de cet effondrement.De cet isolement puisque tous ceux qui furent mes camarades ont voulu se déshonorer en me stigmatisant sans que je l’ai le moins du monde mérité. Cela m’importe peu simplement c’est une signe d’impuissance et je m’interroge: sommes nous condamnés ? . Et si je ne crains plus rien pour moi, je crains qu’une fois de plus ils se montrent inhumains, indignes de notre histoire tragique mais grandiose. je cherche la force d’être encore et toujours révolutionnaire dans l’espace qui est le mien.
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Le discours que M. Rosenberg est venu prononcer à Paris en novembre dernier ( 1 940 ), et qui fut publié sous les titres « Sang et Or » et « Règlement de comptes avec les idées de 1 789 », était destiné à produire sur nous une très grande impression. C’est pour la première fois, en somme, que les mystères de la Rassenseele étaient révélés directement à l’usage des Français dans le cadre solennel et symbolique, du moins on le croyait, de la salle des séances de la Chambre des Députés. Et les Français devaient éprouver ou, selon la terminologie de M. Rosenberg, « erleben », « vivre » non pas simplement l’étalage de la force, mais la puissance de l’idée. Ils devaient retirer du discours de M. Rosenberg cette conviction que le « Règlement de comptes avec les idées de 1 789 » n’était pas uniquement le nom donné à la destruction de la démocratie par la force, mais l’avènement d’une idéologie « supérieure » ; qu’il y avait au fond du racisme hitlérien que M. Rosenberg appelle « l’idéologie du vingtième siècle », des vérités autrement vraies que celles que nous avons puisées dans les Essais, dans le Discours de la Méthode, dans les Provinciales, dans l’Encyclopédie et, d’une manière plus générale, dans la science et dans la philosophie ; que les pompes et les décors du racisme nous introduisaient dans l’intimité de penseurs autrement grands et vrais que ces Montaigne, Descartes, Pascal, Voltaire, Rousseau, d’Alembert, Diderot, Hegel, Karl Marx et autres « penseurs exaltés » qui ne doivent, en fin de compte, leur réputation surfaite qu’à l’habileté diabolique des francs-maçons et des juifs. Et la tribune de la Chambre des Députés devait apparaître aux Français comme un nouveau Mont Sinaï d’où M. Rosenberg leur révèle, par magnanimité, au son des fifres et aux accents du « Horst-Wessel-Lied », la nouvelle Table de nos valeurs intellectuelles.