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Réveil Communiste

L’Ukraine, gouffre de la raison politique par Jean Luc Melenchon

28 Avril 2014 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ukraine

pour info, lu sur le blog de Danielle Bleitrach.

 

Les Etats-Unis et l’Europe, dans leur sillage, sont engagés en Ukraine dans une stratégie d’engrenage absurde face à la Russie. Comment comprendre l’ingérence permanente des Etats-Unis dans le dossier ukrainien, pourtant si éloigné de ses frontières, alors que l’Europe directement mitoyenne est censée s’en préoccuper au premier chef ? Chaque semaine un nouveau dirigeant états-unien se déplace pour soutenir le gouvernement provisoire de Kiev auquel participent, comme on le sait, plusieurs néo-nazis hier dénoncés par le Parlement européen lui même. Et quels visiteurs ! Le directeur de la CIA, John Brennan, était ainsi en voyage officiel à Kiev les 12 et 13 avril. Il a été suivi le 22 avril par le vice-président des Etats-Unis, Joe Biden. Cet activisme est délibéré. Il ne résulte d’aucune légalité internationale ni d’aucun intérêt légitime des USA dans cette zone. Les USA rejouent ainsi un lamentable scénario de guerre froide sans objet ni but d’action rationnels. Il s’inscrit dans la droite ligne de leur stratégie pour faire adhérer à l’OTAN tous les anciens pays du bloc de l’Est, en totale contradiction avec la lettre du Traité de l’Atlantique Nord. Cela a commencé en 1999 avec l’adhésion de la Hongrie, de la Pologne et de la République tchèque. Cela a continué avec l’adhésion en 2004 de la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et les trois pays baltes directement à la frontière russe. Cela s’est poursuivi en 2009 avec l’adhésion de la Croatie et de l’Albanie. Le projet d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN soumis au Parlement ukrainien par le nouveau pouvoir de Kiev vise à parachever ce plan états-unien. Il est clairement dirigé contre la Russie. Pourquoi ? Pourquoi la Russie prend–elle ce statut d’adversaire ? Où est l’intérêt européen dans cette affaire ? Et l’intérêt français ? On nous dit « la cause c‘est le régime Poutine ». Je me demande bien pourquoi. Mais admettons. Dans ce cas, que dire de l’Arabie saoudite, du Qatar et de je ne sais combien de régimes de cette sorte que les mêmes cajolent sans trêve ? Et si la Russie est traitée en adversaire, comment s’étonner qu’elle réagisse et utilise toutes les situations pour rétablir le rapport de force que lui imposent les Etats-Unis ? Ce que je dis là ne comporte pas d’appréciation sur la légitimité de l’action mais sur sa logique. Qui pouvait croire que la Russie se laisserait agresser sans rien faire pour faire reculer un adversaire qu’elle n’a pas souhaité ?

Alors qu’elle devrait être une force d’apaisement dans cette escalade, l’Europe met de l’huile sur le feu. Elle l’a encore fait la semaine dernière, lorsque le Conseil des ministres des Affaires étrangères des 28 a sommé la Russie de retirer ses troupes stationnées à la frontière avec l’Ukraine. Comment l’Europe peut-elle ainsi prétendre régenter le déploiement de l’armée russe sur son propre territoire ? Pourquoi l’Europe n’enquête-t-elle pas, à l’inverse, sur la présence suspectée en Ukraine de soldats des sociétés militaires privées états-uniennes DynCOrp et Greystone Limited, ne parlant ni le russe ni l’ukrainien, mais en uniforme ukrainien ? Pourquoi ne s’alarme-t-elle pas que l’essentiel des victimes tuées dans les heurts des dix derniers jours soient des militants pro-russes ? Pourquoi ne dénonce-t-elle pas l’intégration sous uniforme ukrainien des milices ultra-nationalistes de Pravyi Sektor ? Pourquoi ne s’émeut-elle pas que des membres du pouvoir de Kiev appellent à mobiliser les cadets des lycées militaires (entre 15 et 18 ans) alors que l’UE est d’habitude si prompte à dénoncer les enfants soldats ? Pourquoi ne s’étonne-t-elle pas que des unités entières de l’armée ukrainienne (des unités parachutistes et blindées s’ajoutant désormais aux unités marines refusant l’autorité du gouvernement de Kiev) préfèrent déserter plutôt que de réprimer dans le sang les manifestations pro-russes ? Au lieu de ça, le Parlement européen a encore voté le 17 avril une résolution nuisible qui « prie instamment le Conseil et la Commission d’aider le gouvernement de Kiev ». Ce gouvernement est composé comme on le sait de ministres néo-nazis membres du parti Svoboda. Je rappelle que c’est le même Parlement qui, le 13 décembre 2012, appelait « les partis démocratiques siégeant au Parlement ukrainien à ne pas s’associer avec le parti Svoboda, ni à approuver ou former de coalition avec ce dernier » !

L’alignement de François Hollande sur la politique internationale des Etats-Unis a rendu la France largement inaudible dans la crise ukrainienne. Alors que la France est une amie historique de la Russie, sa position aurait pu peser fortement en faveur de l’apaisement. Au lieu de ça, nous avons découvert avec stupeur que plusieurs navires de guerre français sont arrivés il y a peu en mer Noire dans le sillage de la flotte états-unienne. J’ai été, le 17 avril, le premier parlementaire français à m’étonner de la présence de ces navires français et à demander publiquement des explications au gouvernement. J’attends toujours cette réponse. Alors que le gouvernement a ainsi engagé notre armée dans une escalade absurde contre la Russie, ni les parlementaires ni les citoyens n’en sont informés. Le service d’information des armées a certes concédé à l’AFP la présence du navire de renseignement Dupuy de Lôme. Celui-ci est entré en mer Noire dans le sillage du destroyer états-unien USS Donald Cook. Nous avons aussi découvert via les signalements qu’en effectuent les Etats côtiers de la mer Noire, la présence de la frégate Alizé utilisée par les commandos du service action de la DGSE. Pour compléter ce dispositif, se trouvent dans les parages la frégate Dupleix et le pétrolier ravitailleur Var. Tout cela manifeste des intentions opérationnelles inquiétantes vis à vis de la Russie. Ces navires n’évoluent pas, en effet, habituellement en mer Noire.

Le seul prétexte qui pourrait être invoqué pour justifier leur présence est le rattachement à l’opération méditerranéenne de l’OTAN Active Endeavor. Lancée depuis 2001 cette opération a pour objectif la "neutralisation des groupes terroristes" et la "recherche des armes de destruction massive". Aucun rapport avec la crise ukrainienne et la Russie donc. Cette surenchère militaire française dans le sillage des Etats-Unis est une erreur politique. Je la condamne. Elle est absolument contraire aux intérêts de notre pays et à la nature de nos relations avec la Russie. La gêne du ministre à répondre et la concession faite d’une information incomplète posent gravement problème. On mesure de nouveau l’inconvénient d’avoir des médias si serviles dès qu’il s’agit de politique étrangère mettant en cause les Etats-Unis d’Amérique. La multiplication des provocations contre la Russie ne peut que conduire au pire. J’ai donc demandé le retrait immédiat des navires français présents en mer noire. Notre flotte a beaucoup à faire ailleurs, en particulier pour surveiller l’immensité du domaine maritime national, qui manque cruellement de moyens. Suis-je assez clair ? Pour moi, la France n’est pas l’ennemie de la Russie et doit se comporter avec elle en partenaire.

Afin d’éclairer ce qui se passe dans l’est de l’Ukraine, je veux aussi rappeler quelques réalités démographiques et économiques largement invisibles dans le traitement médiatique actuel de la crise ukrainienne. Le déclencheur des tensions en Crimée puis dans 3 provinces (oblasts) de l’est de l’Ukraine a été l’annonce par le nouveau gouvernement de Kiev de la suppression du russe comme langue officielle du pays aux côtés de l’ukrainien. Or, le russe est parlé au quotidien par 70 % des Ukrainiens et même 85 % d’entre eux dans les régions de l’est du pays. Même en terme de nationalités, le destin des russes et des ukrainiens est indéfectiblement lié : 17 % des habitants de l’Ukraine sont russes et ce chiffre monterait même à 40 % selon les estimations des bi-nationaux, très nombreux. La volonté des nationalistes actuellement au pouvoir à Kiev de construire une identité nationale ukrainienne sur des critères ethnolinguistiques est donc une illusion dangereuse. Au-delà de ce déclencheur linguistique des tensions, celles-ci sont alimentées par des enjeux économiques encore plus profonds. Le gouvernement provisoire de Kiev a décidé, par idéologie, de rompre la plupart des accords politiques, économiques et commerciaux qui liaient l’Ukraine avec la Russie. Or, les trois régions de l’Est, Donetsk, Louhansk et Dnepropetrovsk, constituent le poumon industriel de l’Ukraine. Et l’essentiel de leur activité est tournée vers la Russie, tant en raison des exportations qu’en raison des investissements effectués. Par exemple, le bassin houiller du Donbass, où se concentrent actuellement les troubles, est commun avec la Russie et pèse 27 % du PIB de l’Ukraine à lui tout seul, non seulement sous forme de mines mais aussi de métallurgie et d’industrie chimique. Moins troublée, la région de Dnepropetrovsk est également fortement liée à la Russie puisqu’elle concentre l’essentiel de la production héritée de l’URSS en matière de pipelines, de ferroviaire et surtout d’industrie spatiale. C’est là, par exemple, qu’est fabriqué le lanceur spatial russe Zenith, par une société détenue par le géant russe de l’espace RKK.

Pour toutes ces régions et leurs travailleurs, rompre avec la Russie signifie mourir économiquement. Leur défiance face au gouvernement de Kiev ne résulte donc pas tant d’un nationalisme pro-russe, qui reste minoritaire dans ces régions, que d’une défense éclairée de leurs intérêts économiques et sociaux. Car, bien sûr, le gouvernement de Kiev n’a pas la moindre stratégie de développement économique en dehors de la mise sous perfusion des emprunts du FMI et des aides de l’UE. En matière linguistique comme en matière économique, la politique actuelle de Kiev, soutenue par l’UE, de rupture avec la Russie est donc un non sens. Il n’y a pas d’avenir intelligent pour l’Ukraine sans coopération constructive avec la Russie. Et pour nous, les Européens en général, nous n’avons rien à gagner à voir ce genre de bagarres se dérouler sur le terrain où se trouve la centrale de Tchernobyl et sept autres centrales en aussi piteux état. La confrontation avec les Russes est une bêtise, une faute, et, maintenant, cela commence à être un crime.

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G
<br /> <br /> <br /> <br /> UKRAINE - Morts du Maïdan : l’enquête dévastatrice d’une télé allemande<br /> <br /> <br /> Lu sur AGORAVOX: Le silence des médias sur cette enquête est impressionnant, alors que l’information est explosive. Une enquête internationale devrait être diligentée très rapidement pour<br /> éclaircir…<br /> <br /> <br /> Pour lire la suite cliquez ici<br />
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M
<br /> Cela fait du bien de lire quelque chose d’intelligent face à tous les mensonges et à la désinformation extraordinaire ! Et cela est d’autant plus étonnant que cela vient de Jean-Luc<br /> Mélenchon : Lui qui il y a 3 ans votait l’interdiction de survol de la Libye, dont tout le monde savait que l’OTAN s’en servirait pour survoler la Libye et bombarder les populations civiles<br /> … faisant 100.000 morts et installant le « chaos constructif » cher aux faucons US !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Une contradiction toutefois dans ce texte très brillant : « Les USA … sans objet ni but d’action rationnels. Il s’inscrit dans la droite ligne de leur stratégie pour faire adhérer à<br /> l’OTAN … »<br /> <br /> <br /> 1°) Le fait de faire adhérer à l’OTAN les voisins de la Russie est en soi un but rationnel, l’OTAN peut intervenir à sa guise dans ces pays … s’ils sont attaqués, ou s’ils s’arrangent pour se<br /> faire attaquer, par des provocations intolérable comme en sont capables ses amis les snipers US Nazis de Maïdan et leur gouvernement… et les terroristes peuvent aussi être très utiles.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> 2°) L’attitude des Russes est insupportable pour les USA :<br /> <br /> <br /> 2-a) Impossible de gagner la guerre en Syrie Liban depuis 3 ans de combats, les occidentaux étant cachés derrière l’ASL jusqu’à son anéantissement le 11/12/13 ; puis depuis, derrière les<br /> islamo-fasciostes du Qatar (Front Al Nostra), de l’Arabie Saoudite (Front Islamique) ou des occidentaux ! (EIIL, on a encore vu récemment que les gardiens des 4 journalistes étaient des<br /> occidentaux).<br /> <br /> <br /> 2-b) Impossible pour les USA et leurs vassaux n’ont même pas pu commettre un attentat terroriste pendant les jeux de Sotchi, malgré leur menaces quasi directes avec les attentats de Volgograd, menés par leurs amis saoudiens, 35 morts,<br /> 85 blessés, les 29 et 30 décembre 2013 ; à l’époque le but était clair : Empêcher les Jeux olympiques d'hiver de Sotchi par « tous les moyens » et recourir à « la force<br /> maximale » contre la « fête sportive ». Sotchi a été un échec total cuisant pour Obama : aucun attentat terroriste de la rébellion islamiste dans le Caucase, leur allié, n’a<br /> été possible pendant les jeux ! ! ! Ils devaient se<br /> venger ! ! !<br /> <br /> <br />  <br />
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C
<br /> Tiens , on dirait que Melenchon vient de decouvrir l'Amerique (c;est le cas de le dire...)<br /> <br /> <br /> Il decouvre aujourd'hui ce que l'on connaisait deja bien depuis 1947:  quand leur maitre imperialo US donne l'ordre de sauter en l'air, nos caniches soci-a-l'eau<br /> repliquent aussitot en fretillant bien de la queue :" a quelle hauteur, boss ? "<br /> <br /> <br /> Je dirais meme que nos caniches sarko-llandais ont plutot tendance a demander " a quelle hauteur, boss ? " avant meme que le maitre leur ordonne de sauter, comme on l'a vu en Libye, Syrie et<br /> Ukraine.<br /> <br /> <br /> Melenchon dit que le gouvernement commet une erreur en Ukraine. Non , nos "socialistes" ne commettent aucune erreur, ils font exactement ce qu'ils sont supposes  faire , c'est a dire de<br /> servir fidelement les interets du Maitre imperialiste US et son commis, le cartel d'etats bourgeois europeens UE.<br /> <br /> <br /> Honneur aux Camarades ukrainiens qui ont fait le choix des armes contre la peste brune temporairement au pouvoir a Kiev !<br /> <br /> <br /> Comme dirait le CHE : un, deux, trois STALINGRAD ! <br /> <br /> <br />  <br />
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