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Réveil Communiste

La Réunionite du PCF

21 Juin 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ce qui ne peut plus durer au PCF

9 juin 2008

En guise d'introduction, je voudrais réagir sur un point de la très bonne intervention de Marie-Christine Burricand (cf Intervention de Marie-Christine Burricand à Marseille
cliquez ici). Marie-Christine nous fait part d'une intervention de Patrice Cohen-Seat, qui expose l'idée de l'abandon du mot communiste. Ainsi, l'ANE n'a jamais existée, ce qu'on acté les communistes n'étaient pas important, ils n'ont jamais insisté (ô grands dieux, jamais!) sur le fait qu'il fallait garder le Parti communiste, son nom comme sa forme. L'intervention de Cohen-Seat n'est pas seulement à côté de la plaque, elle est significative d'un certain comportement anti-démocratique qui a lieu dans le parti. 
Cohen-Seat sort cette idée de son chapeau, c'est son idée, mais il l'attribue aux adhérents communistes, qui, c'est évident, pensent tous comme lui. Cohen-Seat me fait penser à ces technocrates de Bruxelles: le Non français et néérlendais au traité européen, c'était au mieux le résultat d'un manque de pédagogie (les Français-et les Néerlandais- sont des abrutis, ils n'ont rien compris à l'Europe, on aurait du  leur mettre une sonde et leur infuser l'idée que l'Europe capitaliste est la chose la plus merveilleuse qui soit), au pire, le Non n'a jamais existé (quoi, quel référendum? Hein, un référendum? Vous êtes sûrs??).
Cohen-Seat prend donc ses désirs pour des réalités, mais, chose grave, il fait en sorte qu'ils se réalisent bon gré mal gré. Que ce soit contre l'avis des communistes, ce n'est pas un problème. Ce n'est qu'une question de temps.

Alors, pour faire patienter les communistes pendant qu'on sape l'appareil et les idées, on a inventé une chose merveilleuse: la Réunion Extraordinaire. Ou encore, l'Assemblée Nationale Extraordinaire, l'AG décentralisée, la Réunion de Préparation, les Ruches...Et que sais-je encore...Formidable, n'est-ce pas? Or cet enchaînement de sympathiques réunions porte un nom: la Réunionite.

Le parti est malade de la Réunion en tout genre, à toutes les sauces. La réunion est l'instrument pratique de nos dirigeants: en faisant plein de réunions, on entretient l'illusion que les adhérents sont maîtres de leur parti. Or, c'est loin d'être le cas.

L'idée consiste à réunir des centaines voire des milliers d'adhérents communistes, dans une salle (de préférence très coûteuse), les faire parler (très longtemps, si possible), leur dire à quel point ils ont raison (oh oui, camarade), pour finalement ne surtout rien acter, rien décider (ce serait franchement le preuve d'un manque d'ouverture d'esprit, voyons). Parfois, cela se décline en petites réunions (style les AG décentralisées) qui consistent à réunir des adhérents d'un même secteur et les faire parler (comme ça ils sont contents, les communistes aiment bien parler). Ou encore, comme cela va être le cas prochainement (j'en mets ma main à couper) on va nous réunir en AG décentralisée, pour nous faire le compte-rendu des réunions de Paris-Tour-Marseille. Faire une réunion pour faire le CR de réunions qui préparent une autre réunion (la Congrès) c'est formidable, et tellement utile. Mais, j'ai mauvais esprit voyons. Non, franchement, j'ai dû mal comprendre. La Réunion, c'est le symbole de la démocratie puisqu'on permet aux communistes de s'exprimer. Et puis, c'est démocratique, on nous met au courant de ce qui s'est décidé...pardon, j'ai dit un gros mot, de ce qui a été dit sans être tranché bien sûr (voilà, c'est mieux) aux réunions de Discussions Thématiques (ah oui, c'est un autre type de réunions encore) où une centaine de communistes "à responsabilité", triés sur le volet ergotent pendant une journée sur les transformations du parti et réfléchissent longuement sur une question existentielle: qu'est-ce que le communisme.

Au final, ces charmantes réunions démocratiques, elles serviront à quoi? à rien.

Pourquoi? Parceque, comme le prouve de façon significative l'intervention de Cohen-Seat, nous somme enferrés dans une organisation pyramidale, ou les décisions se prennent au sommet, sans possibilité, à aucun moment, que l'adhérent "de base" ait le contrôle sur ces décisions. Alors, on va me répondre (je parle par expérience): "mais, Astrée, voyons, il faut faire CONFIANCE. Et puis ces dirigeants ont été élus". Or ce n'est pas une question de confiance. C'est une question de principe. Le parti appartient à tout le monde (aux dirigeants comme aux adhérents), alors les adhérents ne doivent pas être écartés de la prise de décision. Premièrement.
Deuxièmement, les dirigeants n'ont pas été élus mais cooptés, ce qui est largement différent. Et quand bien même, élus ou cooptés, ils sont censés appliquer des décisions majoritaires, comme, allez,  prenons un exemple, au hasard, garder le nom du parti ( n'est-ce pas Cohen-Seat??).
Mais si on dénonce ce système d'organisation (ruches, réunions extraordinaires, ag décentralisées) totalement stupide, contre-productif et anti-démocratique, on se fait taxer de mauvais esprit. De râleur. D'agressif. De parano.

Tant qu'on continuera à se fourvoyer dans cette immense perte de temps et d'énergie que sont ces réunions "pour du beurre", on laissera le parti se déliter petit à petit. Première conséquence: les militants ne viendront plus. Ils resteront adhérents. Deuxième conséquence: on renforcera l'écart entre la base et le sommet. Troisième conséquence, et de loin la plus grave: on laissera passer les luttes, comme des vaches qui regardent passer les trains. Parcequ'on ne peut pas se regarder le nombril et être en même temps sur le terrain.

Astrée Questiaux


Sur la réunionite au PCF voir aussi "la tactique du congrès permanent" de Gilles Questiaux :lien au texte
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J
Le texte d'Astrée est très vrai. Il y a d'un côté multiplication des réunions, forums, rencontres, etc., et de l'autre, de pair, affaiblissement (délibéré) de la formation et de l'action. Perpétuellement en réunion, on parle, on bavarde, mais ça ne débouche pas sur du concret. Alors qu'une formation permet à chacun de s'approprier certains thèmes, et d'entrer dans l'action. Serais-je assez machiavélique pour penser que cette orientation a été voulue ?....
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E
C'est bien la question. Moi je suis parti parce que, dans ma section çà virait à l'insulte et à l'irrespirable. On m'accusait d'anti-communisme et de que sais-je encore. D'autres, ailleurs sont restés et sont confrontés aujourd'hui à la même mauvaise foi et aux mêmes manoeurvres politiciennes de ceux qui me crachaient à la gueule. Alors bon courage mon camarade et bon 34 ème congrès!
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G
Alors Que Faire?
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E
Aucune nostalgie du passé chez moi, simplement on a jeté le bébé (cellules, centralisme démocratique) avec l'eau du bain( autoritarisme, bureaucratie). Résultat il ne reste plus que ...l'autoritarisme et la bureaucratie! CQFD  
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G
Il a plusieurs sortes de "parleurs" : ceux qui informent du point de vue officiel, ceux qui cherchent à jouer un rôle, ceux qui expriment l'opinion courante, ceux qui sont toujours contre, ceux ont du charisme, ceux qui emmerdent tout le monde ... le mouvement ouvrier c'est aussi un mouvement dont la diversité passe par la parole. Le parti que tu décris représente à mon sens une phase d'organisation qui ne reviendra plus, en tout cas pas à l'identique. Quand les partis du mouvement communiste étaient disciplinés et structurés de manière quasi militaire, pour faire la révolution dans les conditions de cette époque révolue.
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E
D'accord, sauf que dans ces structures de base, tout le monde parlait ( de la femme de ménage à l'ingénieur si je peux dire) y compris ceux qui avait du mal à s'exprimer en public. Dans les assemblées de section ou départementales ce sont que les "beaux parleurs" qui sont le plus à l'aise et qui ont souvent de fait le monopole de la parole . Avant, Il n'y avait pas besoin d'instituts de sondage pour savoir ce que pensaient les travailleurs, "à quel rythme battait leur coeur": il suffisait de faire le point avec les secrétaires de cellules .Certes, il y avait des décisions prisent hors des choix de la base...c'est vrai. Mais la structure de l'organisation était la bonne, il fallait juste en améliorer le fonctionnement. Au lieu de çà "ils" ont tout cassé et aujourd'hui c'est la guerre des (petits) chefs et un PCF à...1,97%.Piètre résultat !
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G
Les cellules : beaucoup de camarades les regrettent, mais elles ont toujours fini par avaliser les choix directionnels. Ou alors elles étaient dissoutes, purement et simplement. Et comme les sections ont maintenant des effectifs de cellules (sui on considère les militants actifs)...
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E
Depuis que le PCF a abandonné l'organisation en cellules il a cessé d'être communiste...point final.
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