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Réveil Communiste

Die Linke transposable en France? analyse de janvier 2008 toujours valable

2 Octobre 2009 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Qu'est-ce que la "gauche"

Publié sur Réveil communiste le 28 janvier 2008


AFP - Lundi 28 janvier, 00h32

A l'issue de ce scrutin, Die Linke (La Gauche), qui réunit des communistes de l'ex-RDA et des dissidents du SPD emmenés par Oskar Lafontaine, franchit la barre des 5% en Basse-Saxe comme en Hesse. Cette formation ancrée dans les Länder de l'est fait ainsi une entrée fracassante dans deux parlements régionaux importants de l'ouest du pays.


    Les résultats électoraux du Links, ou "Die Linke", parti situé à la gauche de la social-démocratie allemande sont assez flatteurs en ce moment. 8.7% au national, et pour la première fois plus de 5% en Hesse et en Basse Saxe, c'est à dire dans deux grandes régions (Länder) allemandes de l'ouest. C’est devenu la coqueluche des "maintenant à gauche', du PRS, l'association de Mélanchon. Une bonne partie du groupe dirigeant de PCF est tentée de suivre cette expérience (MP Vieu en est particulièrement férue).

"Die Linke" ("La Gauche") est un parti social-démocrate, non communiste, non révolutionnaire. La législation politique allemande est d'ailleurs redoutable contre toute force réputée anticonstitutionnelle (cette législation restrictive des libertés publiques sensée être antinazie en principe a surtout été appliquée contre les marxistes révolutionnaires, et les groupes armés comme la RAF). Mais ce parti contient les héritiers de l'ancien parti communiste Est-allemand, et l'aile gauche marxisante et altermondialiste du SPD Ouest-allemand qui a scissionné en suivant l'ancien dirigeant de ce parti, Oscar Lafontaine pour former le WAGS. Il est donc incontestablement connoté comme communiste en Allemagne. Nous pouvons donc nous réjouir de leurs succès.

Mais la recomposition dont Die Linke est issue en Allemagne est elle transposable en France? Absolument pas, et voici pourquoi.

1) Il s'agit en Allemagne de la fusion de deux partis complémentaires géographiquement, l'un implanté seulement en ex-RDA, le PDS qui est l'héritier du SED, le parti gouvernemental de l'ex-RDA qui après guerre a regroupé en Allemagne de l'Est le KPD communiste et la SPD social-démocrate, au bénéfice du premier. A l'ouest, le KPD qui était une formation parlementaire aux résultats non insignifiants a été interdit en 1956, reformé sous l'appellation DKP en 1967, mais n'a jamais réussi alors à retrouver son électorat.

Il faut noter que les Allemands des deux zones n'ont pas reçu la même éducation historique dans les décennies qui ont suivi la guerre. Ceux de l'Ouest sont profondément conditionnés par l'antisoviétisme de la Guerre froide, renforcé par le ressentiment (pas toujours dépourvu de raison) du peuple allemand contre l'Armée rouge  et son comportement en 1945 (ressentiment qui existe aussi en Alsace, au sujet des prisonniers d'origine alsacienne de l'armée allemande en URSS et qui explique la chute du PCF dans cette région en 1946, contrairement  au reste de la France), et l'anticommunisme cultivé par les associations de rapatriés d'Europe de l'Est. Ceux de l'Est au contraire restent pour une part fidèles au récit historique antifasciste enseigné dans les écoles pendant 45 ans. Ceci explique pourquoi un parti identifié comme communiste ne peut pas percer facilement à l'Ouest, alors qu'il garde un électorat important à l'Est (environ 25%)

Die Linke regroupe donc la gauche altermondialiste non communiste de l'Ouest (le WAGS) avec la gauche néo-communiste (et en fait très modérée) de l'Est. Dans la seule région où les deux partis doivent coexister, le Land de Berlin réunifié, ça se passe très mal entre eux: les néo-coco sont en front populaire avec le SPD où ils font de la gestion, et le WAGS fait de la surenchère gauchiste contre cette coalition: résultats, l'an dernier 10% de perdu aux élections du Land, et percée néonazie.

2) Ce sont deux partis de force comparable, les effectifs nettement plus important du PDS étant compensés par la jeunesse et l'activisme des militants du WAGS. Personne n'est berné dans l'histoire. De plus ils ont tous les deux une aile droite qui n'a qu’'un but stratégique, atteindre la barre des 5% imposée par la loi électorale allemande pour gouverner avec les socdems dans les länder, et aller au gouvernement fédéral avec le SPD et les Verts, qui pour le moment repoussent du pied une telle éventualité, de peur d'être diabolisés comme communistes. C'est un peu comme si Fabius et Gayssot (Lafontaine et Gysi) formaient un "PSG" d'appoint au PS. Et encore, un PSG pas tout à fait du "non".

3) le SPD allemand n'est certes pas très à gauche, il est au gouvernement avec Merkel, mais il réagit à la menace en gauchissant sont discours. Il faudra voir si ça marche, les élections en Hesse semble montrer que oui.

Donc les conditions historiques particulière à l'Allemagne expliquent cette recomposition. En ce moment en France une telle formation serait un paté d'alouette où le PCF serait le cheval (ou plutôt une horde de 130 000 canassons) et les autres les alouettes, les coquerels ou les clémentines. Bref une unité non de forces réelles, mais d'une force, il est vrai mal en point, nous autres, avec personnalités et groupuscules d'importance symbolique. L'unique intérêt étant de les utiliser comme prétextes pour "dépasser" le PCF, tout en laissant en place le groupe dirigeant du même PCF (délesté des quelques éléments marxistes qui y restent encore).

Une toute autre question est : un parti social démocrate de gauche est-il souhaitable en France?
et : existe-t-il un espace politique et social pour l'implanter? et commet le situer par rapport au projet en cours de mutation de la LCR? Suite au prochain numéro!

lien à "links 2"

Gilles Questiaux, PCF XXème Paris



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G
<br /> En Grèce le KKE se maintient aux environs de 7.5%, la coalition "Syriza" (refonds et gauchistes) est en baisse à 4.5%.<br /> <br /> <br />
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G
<br /> A Jean François au message absent, Debord je connais, et ça te passera avant que ça me reprenne! Cela dit, je ne regrette pas. par contre Shopenhauer c'est une groose m...!<br /> <br /> <br />
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J
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D
<br /> Allemagne, Portugal...Les situations sont très différentes de celle notre pays, c'est clair. Il reste qu'à la lumière des récents scrutins on voit poindre, en Allemagne notamment, une aspiration<br /> populaire à rompre avec l'alternance conservateurs/sociaux-démocrates qui mène au désastre pour le monde du travail. Par ailleurs, le score de 8% du PCP démontre qu'un parti communiste resté "ferme<br /> sur les prix" peut très bien tenir son rang dans un pays capitaliste développé membre de l'UE (c'est aussi vrai en Grèce et dans une certaine mesure en République Tchèque). Qu'il se constitue "à<br /> gauche" de la social-démocratie des forces significatives et même si de fortes contradictions demeurent, c'est tout de même dans la "grisaille" actuelle, une petite lueur d'espoir et un terrain<br /> favorable au développement de nos idées révolutionnaires. Vous ne croyez pas?    <br /> <br /> <br />
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G
<br /> Au Portugal 8% (stable) pour le PCP historique (et ses alliés  ... écologistes!) et 10% en forte hausse pour le bloc "des gauches" que les médias locaux lui préfèrent , en bonne connivence<br /> petite bourgeoise. Le résultat global est assez flateur, mais une progression plus limitée, mais pour le seul PCP, véritable parti de classe, aurait été considérée par la bourgeoisie locale comme<br /> un avertissement beaucoup plus net. Sauf si je me fais une idée fausse du bloc des gauches portugais que j'imagine à l'instar des spécimens rencontrés dans les "collectifs antilibéraux" du XXème à<br /> Paris.<br /> <br /> <br />
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E
<br /> Pour moi, l'exemple portugais semble plus probant. Des avis ?<br /> <br /> <br />
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L
<br /> Sur le élections allemandes du 27 septembre et la situation politique nouvelle ainsi crée, lire mon blog de ce jour :<br /> "APRES LES ELECTIONS ALLEMANDES..."<br /> Die Linke est un parti composite dans lequel figurent des communistes comme des sociaux démocrates. Baucoup d'électeurs à l'Est, ont voté pour lui par "nostalgie" de l'ancienne RDA. Mais ce n'est<br /> en aucune manière un exemple pour la France...<br /> Amitiés.<br /> Jean<br /> <br /> <br />
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G
<br /> Die linke perce en Allemagne de l'ouest (6% en Bavière! jamais vu depuis 1919!) Mais stagne en Allemagne de l'Est, avec cependant une reprise sur Berlin (19% dans la ville réunifiée)<br /> <br /> <br />
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G
<br /> Piqûre de rappel à l'isssue  des élections allemandes, où Die linke a atteint 12% comme a dit un camarade aujourd'hui, c'est bien mais chez les autres!<br /> <br /> <br />
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J
Hum, présenter la Basse-Saxe comme "conservatrice" ne correspond pas à la réalité politique de cette région. En tout cas, la Basse-Saxe n'est pas plus conservatrice que la Hesse. Moins même peut-être... Ce n'est pas la Bavière en tout cas, qui n'a connu que la CSU depuis plus de 60 ans. Faut-il rappeler que la Basse-Saxe a été la terre d'élection de Gerard Schröder? Peut-être faut-il y voir là la cause du succès par la suite d'un candidat CDU très centriste que le SPD local, resté sur les options social-libérales de son ancienne figure emblématique, ne parvient pas à se concurrencer sur le créneau centriste, tout en laissant de l'espace à "die Linke" sur son flanc gauche. En Hesse, le candidat CDU était au contraire un conservateur populiste très controversé, qui a eu un effet repoussoir sur l'électorat centriste, effet dont a mécaniquement profité le SPD, bien que positionné relativement à gauche dans ce Land. Néanmoins, si "Die Linke" n'a pas bénéficié du même boulevard qu'en Basse-Saxe, son score n'en reste pas moins bon au regard des résultats antérieurs. Preuve d'une réelle dynamique nationale.Ceci étant dit, je souscris pleinement à l'analyse de Gilles sur la spécificité allemande de l'expérience "die Linke". L'échec cuisant de la tentative de transposition en Italie qu'a été aux dernières élections la "Gauche Arc-en-Ciel" est d'ailleurs là pour le prouver.
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