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Réveil Communiste

L'Islande dit "non" à l'E

31 Août 2026 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #L'Europe impérialiste et capitaliste

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L
Le vote islandais mérite mieux qu’une lecture simplement souverainiste. Le refus de rouvrir les négociations d’adhésion à l’UE, notamment sur la question stratégique de la pêche, montre qu’un peuple peut défendre le contrôle de ses ressources sans renoncer aux coopérations internationales : l’Islande reste notamment dans l’EEE et Schengen. Souveraineté et isolement ne sont donc pas synonymes.<br /> <br /> Cette expérience éclaire aussi les contradictions de la gauche française. Depuis les débats du PS de 2008, les trois sensibilités aujourd’hui visibles — social-libérale, social-démocrate et radical-socialiste autour de Mélenchon — restent des variantes du réformisme, avec des degrés différents d’acceptation ou de contestation du cadre européen. La désobéissance peut être une tactique utile, mais elle ne constitue pas à elle seule une stratégie de transformation institutionnelle.<br /> <br /> La perspective communiste est différente : la question européenne doit être rapportée aux rapports de classe. Marché unique, concurrence, règles budgétaires, directives énergétiques ou ferroviaires ne sont pas de simples contraintes extérieures : elles organisent des rapports de pouvoir qui peuvent limiter les capacités d’action populaire.<br /> <br /> Le PCF est aujourd’hui l’un des rares à articuler explicitement remise en cause des traités libéraux, souveraineté populaire, coopération entre nations et transformation sociale. Il prolonge ainsi la bataille de 2017 en l’inscrivant dans le « communisme de conquêtes » : reconquérir les pouvoirs nécessaires pour réindustrialiser, planifier écologiquement, maîtriser l’énergie, le crédit et les services publics.<br /> <br /> L’enjeu n’est donc ni « sortir de l’Europe » ni « sauver l’Europe », mais qui décide. Le véritable internationalisme communiste consiste à construire des coopérations entre peuples souverains, et non à opposer souveraineté et solidarité.<br /> <br /> Le vote islandais peut ainsi nous aider à dépasser simultanément l’européisme abstrait et le souverainisme défensif : reprendre les pouvoirs pour transformer, coopérer pour construire. C’est cette dialectique que le communisme de conquêtes doit porter dans la bataille politique.
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L
@ Réveil communiste<br /> <br /> [Le PCF ne me frappe pas par la clarté de sa position sur l'UE ... et quand par hard il est clair, ce n'est pas bon.]<br /> <br /> Je ne suis pas d'accord avec votre affirmation. Permettez moi fraternellement d'apporter quelques précisions. <br /> <br /> Je comprends votre remarque sur la lisibilité, d'autant qu'il y a eu des alliances avec des éléments trotskistes et des sociaux-démocrates populistes depuis 2005, mais je ne pense pas qu’on puisse dire que le PCF n’a pas de position de fond sur l’UE. Elle est au contraire assez cohérente dans le temps, même si elle est effectivement parfois insuffisamment explicitée politiquement.<br /> <br /> Le PCF s'est opposé à Maastricht et aussi au traité constitutionnel de 2005. C'est une cohérence.<br /> <br /> Dès « La France en commun » en 2017, le PCF ne proposait ni de sauver l’UE telle quelle, ni de faire de sa sortie l’objectif stratégique. Il proposait « une Union de peuples, libres, souverains et associés », avec l’abrogation du traité budgétaire « jusqu’à s’en retirer si nécessaire », une révision complète de la politique économique et monétaire des traités, ainsi que des statuts et missions de la BCE et de l’Eurogroupe. Il y avait donc déjà le refus simultané de l’européisme et du souverainisme de rupture.<br /> <br /> Cela s'est traduit dans la campagne de 2017 de Jean-Luc Mélenchon par le plan A et le plan B. A cette époque, des réformistes critiques de l'UE avaient un rôle important dans le nouveau mouvement : LFI. Après 2019, ils ont été exclus ou invités à partir. LFI avec Manon Aubry s'est rapprochée d'EELV.<br /> <br /> Toutefois, la NUPES a ensuite explicitement reconnu que certaines batailles nécessitaient de « renégocier les traités et les règles européennes actuelles » et qu’il faudrait être « prêts à ne pas respecter certaines règles ». En effet, l'accord NUPES stipulait encore : «Nous partageons l’objectif commun de mettre fin au cours libéral et productiviste de l’Union européenne et de construire un nouveau projet au service de la bifurcation écologique, démocratique et solidaire, même si nos histoires avec la construction européenne diffèrent.<br /> <br /> La France insoumise et le Parti communiste français sont héritiers du non de gauche au Traité constitutionnel européen en 2005, le Parti socialiste est attaché à la construction européenne et ses acquis, dont il est un acteur clé, et Europe Écologie-Les Verts est historiquement favorable à la construction d’une Europe fédérale.<br /> <br /> Ensemble, nous voulons faire bifurquer les politiques européennes vers la justice sociale, l’écologie, le progrès humain et le développement des services publics. »<br /> <br /> Le NFP de 2024, texte de compromis, était plus prudent dans sa formulation, mais il proposait toujours de refuser le pacte de stabilité, de mettre fin aux traités de libre-échange et de modifier les règles européennes de concurrence lorsqu’elles entravent les services publics. Toutefois, cet accord stipulait : « Annuler l’accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (CETA) ; renoncer à l’accord du Mercosur et protéger nos agriculteurs de la concurrence déloyale.»<br /> <br /> Et surtout, « Un communisme de conquêtes » clarifie aujourd’hui cette orientation : « remise en cause des traités européens et de la logique capitaliste de la construction de l’UE », dans la perspective d’une « Europe de peuples et de nations libres, souverains et associés », avec des « coopérations à géométrie choisie ». On est difficilement dans la simple réforme de l’UE actuelle.<br /> <br /> Je pense donc qu’il faut éviter deux réductionnismes symétriques : celui qui fait de la sortie de l’UE ou de l’euro la condition préalable de toute transformation, qui en soit n'est pas une perspective socialiste, et celui qui considère l’UE comme un cadre indépassable qu’il suffirait de réformer à la marge.<br /> <br /> La réflexion sur la souveraineté permet justement de sortir de ce face-à-face.<br /> <br /> Si, la souveraineté a une réalité ontologique, elle doit être pensée comme une capacité effective à décider et à agir. Elle suppose donc de retrouver de l’indépendance, de l’autonomie et des capacités d’action : industrielles, énergétiques, financières, économiques et démocratiques. La souveraineté n’est pas la fin de la coopération : elle est ce qui permet de choisir la coopération et d’en maîtriser les objectifs. Cela conduit aussi à ne pas confondre les niveaux. Être hors de l’UEM ne signifie pas nécessairement être hors de l’UE ; sortir de l’UE ne signifie pas davantage renoncer à toute coopération européenne. L’EEE, Schengen ou d’autres formes d’association montrent que plusieurs architectures sont possibles. C’est précisément ce que l’expérience islandaise permet de comprendre : souveraineté sur des ressources stratégiques et coopération internationale ne sont pas contradictoires.<br /> <br /> Pour moi, c’est là que se situe la spécificité communiste.<br /> <br /> Il ne s’agit pas seulement de modifier des institutions européennes, mais de partir des rapports de classe et des pouvoirs matériels dont les conquêtes ont besoin. Le marché unique, les règles de concurrence, la BCE, les règles budgétaires ou les politiques énergétiques ne sont pas des abstractions institutionnelles : ils déterminent concrètement notre capacité à réindustrialiser, planifier écologiquement, maîtriser l’énergie, développer les services publics ou reprendre le contrôle du crédit.<br /> <br /> La question n’est donc ni « sortir de l’Europe » ni « réformer l’Europe » pour une Union européenne (sociale et démocratique).<br /> <br /> Elle est : quels pouvoirs devons-nous reconquérir pour retrouver notre capacité d’action, et quelles coopérations voulons-nous construire à partir de cette souveraineté retrouvée ?<br /> <br /> C’est cette dialectique que je retrouve dans la ligne du PCF depuis 2017 et que le « communisme de conquêtes » me semble approfondir : reconquérir pour transformer, coopérer pour construire. La souveraineté des peuples n’est pas l’antithèse de l’internationalisme ; elle peut en être le point d’appui.
R
Le PCF ne me frappe pas par la clarté de sa position sur l'UE ... et quand par hard il est clair, ce n'est pas bon.