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Réveil Communiste

Communistes : les staliniens et les autres

11 Octobre 2025 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Qu'est-ce que la "gauche", #Théorie immédiate, #GQ, #Front historique, #classe ouvrière, #Mille raisons de regretter l'URSS, #Front politique intérieur

Architecture stalinienne ... qui dit mieux ?

Architecture stalinienne ... qui dit mieux ?

L’objectif de ce texte est de rappeler aux communistes, si faibles et désarmés qu’ils puissent paraître, que l’avenir de l’humanité est entre leurs mains, et que c’est la seule chose qui compte lorsqu'on en vient à juger.

Les communistes veulent le contrôle collectif des moyens de production, et un transfert massif de la richesse par le moyen du salaire et de la sécurité sociale au profit de la classe ouvrière et des groupes sociaux qui lui sont assimilés (en fait ce que les communistes veulent, c’est le socialisme). Ce but est rationnel, juste, et nécessaire pour l’humanité entière.

Il y a deux sortes de communistes en ce qui concerne les méthodes qu’ils se permettent pour réaliser ces buts : les staliniens et les autres. Les staliniens sont tous ceux qui considèrent que le but de renverser la bourgeoisie et de donner le pouvoir au parti de la classe ouvrière prime sur toute autre considération. La violence et la ruse sont légitimes - à condition de s’inscrire dans une stratégie rationnelle.

Les autres se pensent comme des défenseurs des ouvriers, ou des classes populaires, motivés moins par l’intérêt matériel que par leur éthique, qui leur donnerait une sorte d’éminence morale, qui devrait les conduire à triompher un jour (par exemple le 10 mai 1981) dans le cadre du jeu politique organisé par la bourgeoisie.

Ils disent qu’ils veulent parvenir au pouvoir pour réaliser des réformes fondamentales à leur bénéfice, mais ils considèrent qu’ils ne peuvent le faire qu’à l’intérieur du cadre démocratique établi, qu’il faut en respecter les règles, et que c’est cela qui est le plus important au fond. Ils sont en fait des représentants d’une tendance de la gauche libérale, et ils ont beau avoir lu Marx, ne sont plus du tout marxistes, ni communistes, ni même socialistes. Leur libéralisme est souvent enrobé d’une rhétorique révolutionnaire, mais il ne faut pas s’y fier. Il n’y a qu’à voir leurs envolées sur la Palestine – parfaitement sans effet d’ailleurs.

Les staliniens pensent de leur coté « que leur doctrine est assez sainte pour les laver tous leurs péchés ». Et que toute entrave à la réalisation de leur projet est en dernière analyse criminelle devant l’histoire – constat implacable qui n’est tempéré que par le peu de foi qu’ils ont en la responsabilité individuelle : ceux qui agissent en politique sont en réalité agis par des forces qui les dépassent – et une sincère autocritique peut réhabiliter ceux qui se sont trompés.

Les autres pensent qu’elle n’est qu’une option qu’il serait scandaleux d’imposer à qui que ce soit. Lénine disait des communistes allemands qu’ils n’oseraient pas marcher sur une pelouse interdite pour prendre d’assaut les palais de l’État bourgeois.

Les staliniens les plus conséquents considèrent aussi qu’il est idiot de prétendre imposer son point de vue, quand on n’a pas les moyens matériels de le faire. C’est cela le vrai problème des wokistes, au delà de leurs incohérences, et de la méfiance qu’ils suscitent dans la classe ouvrière. Les communistes qui tombent dans ce panneau veulent obliger la bourgeoisie à se repentir et à corriger l’injustice sociale en exerçant sur elle une pression morale. Alors qu’ils ne peuvent même pas obtenir des minutes de silence pour tout le monde.

Bien que cela puisse se discuter même entre staliniens (!) il est mauvais de chercher à interdire de parole fascistes, racistes, réactionnaires, nationalistes, suprématistes, masculinistes, climato-sceptiques, terre-platistes, et bien entendu antisémites, parce qu’on leur fait ainsi une bonne part, voire toute leur publicité, parce que la bourgeoisie libérale hypocrite ne vaut pas mieux, et surtout parce que ces velléités institutionnelles de chasse aux sorcières à la droite permettront de déchaîner au moment voulu une chasse aux sorcières à la gauche bien plus effective, radicale, et à l’occasion génocidaire comme ça s’est vu (notamment à l’époque où les juifs étaient de gauche).

Par contre il est parfaitement cohérent et légitime de censurer intelligemment les idées des adversaires du socialisme et d’entraver leur action politique une fois que celui-ci détient le pouvoir. Intelligemment signifie pas trop complètement pour maintenir en éveil et mobilisé son parti. Comme d’ailleurs cela se fait naturellement dans le monde capitaliste par l’effet des forces économiques. Le socialisme remplaçant ces forces de l’inconscient social par l’action consciente, il ne peut pas se voiler la face devant la nécessité d’une répression assumée consciemment. Encore et toujours, la voie vers le communisme passe par la dictature du prolétariat.

Il est souhaitable que les communistes s’en rappellent à nouveau, à force de contamination par des discours humanistes et pseudo-démocratiques sans effectivité. Ils ont non seulement le droit mais le devoir d’utiliser de manière opportune la totalité des moyens à leur disposition pour parvenir à leurs grands buts.

Dans la société socialiste les citoyens seront libres de tout choix politique sauf de retourner au capitalisme parce que sous le capitalisme ils ne sont pas libres d’en sortir et s’ils en sortent parfois, c’est par l’effet de surprise de ses contradictions internes qui ouvre pour un temps très court après de longs intervalles des fenêtres d’attaque pour le prolétariat. Des occasions qui ne reviennent pas de sitôt et qu’il faut saisir par les cheveux. Et il est effectivement criminel à ce moment là de ne pas se donner absolument tout les moyens pour passer de l’autre coté.

Dans la société communiste ils seront libres parce que le retour au capitalisme, au féodalisme, à l’esclavagisme, et à tous les autres modes de production du passé basés sur l’exploitation des travailleurs sera devenu impossible …

GQ 28 mai 2025

PS la distinction entre "staliniens" et "les autres" n'est pas la même qu'entre "révolutionnaires" et "réformistes" surtout si ces options stratégiques sont présentées comme des choix idéologiques.

 

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S
Etre ou ne pas être stalinien, tel est la question. Mais c'est quoi être stalinien au juste? Pour certains, c'est ne pas hésiter à utiliser des méthodes expéditives pour corriger des défauts constaté, ne pas perdre son énergie en palabres interminables en essayant de convaincre des militants minoritaires qui font le jeu de l'adversaire sans le savoir ( quoi que) ne pas avoir honte d'être communiste et surtout ne pas avoir honte des expériences socialistes du 20ème siècle. Fonder son analyse sur le marxisme, le leninisme, et non sur de la social démocratie rénovée, toujours préférer le drapeau rouge au drapeau arc en ciel ou lgbt etc. Savoir que l'adversaire et même nos "partenaires " n' hésiteront jamais à se débarrasser de nous à la moindre occasion. Avoir une connaissance historique des rapports de force, et je pourrais rajouter avoir de la mémoire politique tout court....<br /> Savoir ce que veulent les travailleurs parce que nous venons nous même du prolétariat, et non d'un corporatisme de l'état bourgeois. <br /> Savoir que des militants peuvent trahir ou être adhérents pour de mauvaises raisons et en voyant cela ne pas hésiter à sevir en conséquence. <br /> Savoir que le communisme ne viendra pas par des méthodes légales en demandant la permission à la bourgeoisie pour tenter l'expérience. <br /> Savoir qu'il peut il y avoir une différence entre la théorie politique et la pratique, mais quand la différence est trop grande, cela s'appelle une trahison. <br /> Bien sur pour d'autres, ca doit être la parlote perpétuelle qui devient vite stérile. <br /> Dire que les expériences faites par des communistes n'étaient pas des expériences de pouvoirs communistes, mais du capitalisme d'état, ou du stalinisme, limite encore du capitalisme. <br /> Vouloir être le mouton noir de la gauche en devant expier le pêché d'avoir essayé le socialisme dans certains pays. Avoir des positions petites bourgeoises et voir le monde en conséquence, c'est à dire en petit bourgeois. <br /> Voir des trahisons régulièrement, mais faire semblant de ne pas les voir pour ne pas paraître "stalinien ".<br /> Ne pas avoir de constance politique, mais faire de la politique à la carte, selon l'intérêt du moment. Ne jamais parler de socialisme, mais utiliser ses mots creux pour imaginer la société idéale. <br /> Penser que toutes les luttes peuvent se rejoindre et, et , et.... et rien du tout mais c'est pas grave, on continue comme avant sans réfléchir pourquoi cela ne fonctionne pas.<br /> Je pourrais en écrire des choses......
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L
Ah le bon vieux temps avec Béria à la manoeuvre...<br /> Le communisme n'est pas l'avenir du monde, mais une impasse dont le stalinisme est la forme.
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R
Tout ce que l'on croit savoir du stalinisme doit être repris à nouveaux frais.
L
Béria un cliché ? Une culture urbaine ?<br /> <br /> Non, un monstre, efficace organisateur, bras droit de Staline. Ah, c'est sûr, quand on creuse (bien peu à vrai dire) le vernis, ce n'est guère reluisant.<br /> <br /> Voici, par exemple, une page d'un site Russe à son sujet : https://fr.rbth.com/histoire/83161-beria-bras-droit-staline<br /> <br /> Il est vrai toutefois que Beria, à côté de Ejov apparaitrait presque comme un ange (le maître d'œuvre des procès de Moscou où de nombreux communistes révolutionnaires furent condamnés, souvent à mort)…<br /> <br /> Le contestez-vous ?
R
Toujours étonnant à quel point des gens qu'on peut présumer pourtant bien informés de la critique des médias et de la culture universitaire sont naïfs quand il s'agit de reproduire les clichés et les légendes urbaines sur le stalinisme et L'Union soviétique.
Y
Tu écris "Dans la société communiste ils seront libres parce que le retour au capitalisme, au féodalisme, à l’esclavagisme, et à tous les autres modes de production du passé basés sur l’exploitation des travailleurs sera devenu impossible …"<br /> Tu ne dis pas pourquoi ce sera impossible. A te lire on pourraît penser que c'est la "dictature du prolétariat", c'est-à-dire à ce que j'en comprends des moyens coercitifs qui l'empêcheraient. He bien non, c'est le mode de production et d'échanges qui fait que ce ne serait plus possible ou alors très marginalement.<br /> La dictature du prolétariat, c'est tout simplement l'expropriation par tous les moyens possibles, du capital, par appropriation par le prolétariat (c'est en cela et en cela seulement que c'est la dictature du prolétariat !) des moyens de production et d'échanges. Ça c'est la socialisation des moyens de production et d'échanges, c'est le Socialisme. Le Communisme pour moi, c'est encore autre chose La tensions entre "les usines tourneront toutes seules" et le "travail premier besoins social", c'est-à- dire entre travail prescrit et travail choisi (voir livre 3 du Capital) !<br /> Salut et fraternité<br /> Ivan
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J
Bien vu l'argument de la taille du texte! quand on lit un texte politique sur un écran d'ordinateur la longueur est inversement proportionnel à l'éfficacité!
R
On ne peut pas tout développer à la fois, on risque de produire des textes beaucoup trop longs pour avoir un effet. Ce point fondamental est souvent oublié chez les militants. Et mes textes le sont déjà trop.
G
Le début du déclin du mouvement communiste coïncide avec le rapport Khrouchtchev en 1955, adopté avec enthousiasme par le PCI , refusé par les chinois, et nié maladroitement par le PCF le cul entre deux chaises qui disait qu'il était faux, pour ne pas réfuter le contenu.
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R
La victoire des "anti-staliniens" était celle de ceux qui étaient toujours alignés sur Moscou et qui le sont restés jusqu'à Gorbatchev inclu.
R
Le rapport Kroutchev a dans un premier temps a été considère comme un faux rédige et diffuse par la propagande occidentale puis la direction du PCF a reconnu son existance et approuvé certaines critiques du stalinisme notamment les passages critiquant des pratiques contraire au socialisme .les comptes rendus du CC maintenant consultables décrivent les débats entre pro stalinien et anti et la victoire finale de ces derniers , victoire qui après le 20 congrès à conduit le ,PCF a faire un bilan globalement négatif du stalinisme en reprenant a son compte la dénonciation des "crimes" de Staline