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Réveil Communiste

Le communisme et la science (banalités sur le socialisme, 7)

27 Septembre 2025 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Théorie immédiate, #Front historique, #Positions, #Mille raisons de regretter l'URSS

Le communisme et la science (banalités sur le socialisme, 7)

Le communisme et la science

Les penseurs socialistes et la pratique des États socialistes ne sont pas relativistes en matière scientifique, au moins en ce qui concerne les sciences de la nature. Ils ont même souvent été accusés de faiblesse pour le positivisme ou pour le scientisme.

Mais dans le domaine des sciences sociales il y a en effet, si on suit Lénine, deux points de vue de départ radicalement opposés et cohérents, qui déterminent deux courants objectifs dans l'histoire des sciences, et deux discours scientifiques opposés, deux constructions effectivement diamétralement opposées dans leurs objectifs et dans leurs conclusions : la bourgeoise et la prolétarienne, et qui se reflètent philosophiquement, la ligne matérialiste s’opposant à la ligne idéaliste comme dans un affrontement politique séculaire.

Il existe aussi tout un domaine frontière où certaines disciplines oscillent entre l’objectivité matérialiste des sciences de la nature, et le relativisme de classe des sciences humaines : linguistique, psychologie, sociologie, économie etc. (classées par ordre d’éloignement croissant de la réalité).

Le travail scientifique en lui même a des aspects « communistes », comme dans le partage spontané des données et des connaissances, le travail collectif, et la contribution gratuite des amateurs éclairés, qui sont entravées par l’appropriation privée des droits intellectuels.

Mais la science en progrès implique aussi une forte sélection des individus qui y contribuent selon leurs capacités, elle n’a pas de temps à perdre pour ménager l’amour propre de ceux qui ne la comprennent pas, et elle exige aujourd'hui une contribution de la richesse sociale proportionnellement de plus en plus forte.

Cela signifie que dans une société communiste le public non spécialiste et même non qualifié doit être un amateur enthousiaste de la science, même et surtout s’il n’en comprend pas tous les ressorts. Et il peut exiger une exposition de ses résultats en des termes accessibles, et un récit de vulgarisation suffisamment fascinant pour qu’il contribue spontanément à la cause de la recherche désintéressée - et sans doute la société soviétique préfigurait-elle cette nouvelle culture de masse, ce nouveau sens commun, selon le sens que donne Gramsci à ce concept.

A ce propos, on peut dire de l’interprétation de Copenhague de la théorie de la mécanique quantique, qui heurte le sens commun, qu’elle n’est pas fausse, mais qu’elle n’a pas véritablement de sens, du point de vue du sens commun justement. En fait ce n’est pas une interprétation, parce qu’elle se borne à expliquer qu’il n’y a pas moyen de proposer une description de la réalité qui ne lui paraisse pas contradictoire, et qu'elle soutient indirectement le retour postmoderne à une métaphysique idéaliste.

Il y a déjà eu des situations similaires : la gravité universelle ou la théorie du champ électromagnétique ont heurté le sens commun, et d’ailleurs aussi les savants contemporains de ces théories. Mais le discours de vulgarisation a fini par produire une acceptation indiscutée ou presque de leur réalité.

L’exigence de la part d’Einstein, et de toute une école de physicien devenue minoritaire essentiellement pour des causes institutionnelles, d’une explication des paradoxes quantiques qui soit recevable par le sens commun persiste, car les spécialistes doivent pouvoir traduire dans ce langage leurs résultats, ne serait ce que pour justifier que la société les finance dans leur existence matérielle qui est il faut bien le dire dans le cas des meilleurs spécialistes très privilégiée, et aussi leurs recherches.

En ce sens la démarche de Lénine dans la critique de l’idéalisme de la philosophie scientifique dominante est bien plus pertinente que je pensais quand j’ai écrit mon compte-rendu de lecture critique de Matérialisme et empiriocriticisme en 2008 : Lénine contre Lénine.

GQ, 27 août 2025

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