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Réveil Communiste

On ne pourra pas reconstruire le mouvement communiste en Italie en "recollant les morceaux"

22 Décembre 2024 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Communistes en Italie, #Réseaux communistes, #Positions, #Théorie immédiate

On ne pourra pas reconstruire le mouvement communiste en Italie en "recollant les morceaux"

Après l'appel de Giuseppe Amata, un texte émanant du Forum communiste italien voir ici: les questions directes pour la réorganisation communiste en Italie

Il faut se sortir de l'esprit que le développement d'une présence effective des communistes italiens consiste à recoller les morceaux. Rien de cohérent ne se construit avec des matériaux inertes. Quelle est la voie à suivre ? Et de quelle nécessité objective part la reconstruction ? C'est de la réponse à ces questions qu'il faut partir pour comprendre le Que faire ?

Sur la première question. Pour commencer, nous devons ouvrir une discussion sur la façon dont, après la liquidation du PCI, la tentative (ou plutôt les tentatives) de reconstruire une force communiste en Italie a commencé.

Les caractéristiques de ce redémarrage ont toutes été substantiellement négatives. La première a été de penser qu'il était possible de reconstruire sans s'attaquer à la crise du mouvement communiste et à la manière d'en sortir. Reconstruire une force communiste ne pouvait être un slogan derrière lequel se cachaient d'ailleurs de vieilles théories vaincues par l'histoire et l'exploitation électoraliste. Il fallait au contraire s'interroger sur les raisons des événements et en évaluer les implications. Au lieu de cela, l'opération de reconstruction est restée, du moins tant qu'elle a rapporté des voix, entre les mains des mauvais maîtres qui pensaient que la liquidation du PCI ouvrait des prairies infinies à leurs aventures politiques, jusqu'à ce que la réalité prouve le contraire.

Le deuxième point sur lequel il faut réfléchir est la nécessité de reconstruire une force communiste pour se connecter aux contradictions de la société et comment cela peut se produire et quel rôle les communistes doivent jouer. On ne peut pas être communiste « indépendamment », mais on doit au contraire se mesurer à la réalité.

La réflexion et la connexion avec la réalité sont donc les points de départ. Mais si ce sont les prémisses, la question à poser est alors : « où en sommes-nous dans la reconstruction ? » L'issue de l'aventure de Rizzi a montré ce que peut cacher le mot « communiste » aujourd'hui, et donc quel crédit le mot « communiste » peut avoir pour les classes de référence. Tout reste donc plus ardu et difficile pour ceux qui se proposent d'aller de l'avant, et nous devons humblement reconnaître que nous sommes encore au « pôle ».

Malgré cela, il y a une partie des camarades qui continuent à croire, à juste titre, qu'ils doivent s'exprimer à partir de positions communistes dans la lutte contre l'exploitation, l'impérialisme et la logique du profit, afin de construire une nouvelle société. Il va sans dire que le Forum partage ce point de vue, mais avec une condition préalable importante, à savoir que la tentative de ceux qui insistent pour reprendre une voie communiste soit en phase avec le développement des processus réels, parvienne à jouer une fonction effective de transformation de la situation réelle et, ajoutons-le, approfondisse les éléments théoriques de la perspective.

Comme le montrent les faits, tant en ce qui concerne la consistance électorale que les niveaux de militantisme de la présence communiste, ce n'est pas avec un appel à la faucille et au marteau que l'on résout la question.

La question est donc la suivante : que faut-il faire pour mettre en place un mécanisme de réorganisation d'une présence communiste efficace ?

En premier lieu, nous pensons qu'il faut partir du fait qu'un parti, pour se reconstruire, a besoin de démontrer son efficacité dans l'action politique et non pas de vivre sur des souvenirs historiques. On ne peut pas non plus penser que les principes sont seuls capables de dénouer les nœuds tactiques et stratégiques auxquels est confrontée une formation communiste qui doit, au contraire, démontrer dans les faits qu'elle a trouvé la bonne voie. Les communistes ne peuvent être réduits à une secte ou à un club d'intellectuels qui séparent la recherche de l'action. Les communistes organisés sont, et doivent représenter, le point le plus avancé sur la ligne de front de la transformation sociale. Aujourd'hui, ils sont en queue de peloton et cela doit nous faire réfléchir sur l'état de l'art de la reconstruction.

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D
Mais le mouvement communiste en Italie est déjà reconstruit, c'est le Rete de Comunisti qui est parvenu à créer un vrai syndicat de masse, l'Union syndicale de Base, et même une alliance électorale qui marque quelques points. Certes RdC est plutôt issu de la mouvance proche de la lutte armée des années 1970, ce qui explique les méfiances qu'il éveille chez les ex du PCI. Mais quarante ans après et avec une jeune génération dans ses rangs, est-ce que ce vieux clivage a encore du sens ? Le fait de n'avoir pas été marqué par le révisionnisme du PCI peut expliquer pourquoi RdC a réussi à émerger là où les ex ont longtemps hésité entre nostalgies, sentiments d'échec, auto-destruction et esprit de décision.
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R
Le processus de construction d 'un parti ouvrier légitime représentant de la classe est plus darwinien que coopératif ...