La culture populaire stalinienne et ses ambiguïtés, en Russie et en France
6 Février 2015 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Front historique, #Qu'est-ce que la "gauche"
Lu sur PCF Bassin
Des Sondages ont montré que 60 % des russes étaient contre le changement de nom de la ville de Stalingrad en Volgograd, les communistes oeuvrent dans le sens du rétablissement du nom. L’attaché de presse de Vladimir Putin, Dmitry Peskov a déclaré dans une interview à la presse que les fonctionnaires du Kremlin n’avaient jamais envisagé de rebaptiser Volgograd en Stalingrad et n’avait pas prévu d’inscrire cette question à l’ordre du jour à l’avenir.
La seule concession, faite en 2013, a été la décision de la municipalité de la ville de Volgograd qui a décidé que la ville serait rebaptisée Stalingrad pour seulement quelques jours chaque année – pendant les grandes vacances et les dates commémoratives.
Ces jours-là, les fonctionnaires régionaux et les médias doivent officiellement utiliser le nom Stalingrad dans les documents et rapports.
L’Union soviétique n’aurait probablement pas gagné la guerre contre l’Allemagne nazie si le régime de Staline n’avait pas été aussi implacable : c’est ce que pense le président russe Vladimir Poutine.
« Il est difficile de dire si nous aurions pu gagner la guerre si le pouvoir n’avait pas été aussi implacable », a lancé le chef d’Etat russe au cours d’une rencontre avec des universitaires et des professeurs d’histoire dans un musée d’Histoire à Moscou.
Cette tirade traduit l’attitude ambiguë de la Russie à l’égard du dictateur de l’URSS : officiellement dénoncé pour la Terreur d’Etat qu’il a orchestrée dans les années 30 et jusqu’à sa mort en 1953, Staline est cependant toujours enterré devant le Kremlin, sur la place Rouge, l’endroit le plus symbolique et le plus prestigieux de Russie.
Cette attitude est aussi celle du peuple russe puisqu’en 2012 Staline est arrivé en tête d’un sondage concernant les plus grandes personnalités russes.
Maintenant ma position personnelle sur le sujet si faire ce peut… La direction du PCF faute d’arguments déclare souvent que je suis folle et stalinienne… Folle je leur laisse le niveau de l’insulte, mais stalinienne je ne crois pas. Pour au moins deux raisons, la première est que telle que je suis, j’étais et je suis toujours la candidate pour tous les envois au goulag. Le véritable stalinien est celui qui attend le vainqueur sur la ligne d’arrivée et donne toujours raison aux directions quelles que soient leurs errances.
La deuxième raison est le résultat auquel aboutissent les régimes despotiques. Je comprends bien la position des Russes et je partage leur idée que si à la tête de la Russie pour faire face au nazisme il y avait eu Gorbatchev, la victoire sur la bête immonde n’eut rien eu d’assuré. Et nul doute qu’en ce moment la volonté manifeste des américains et de l’UE n’ait renforcé la popularité de celui qui a tenu tête à l’invasion nazie, le désenchantement face au capitalisme, l’hostilité contre la Russie ne peut que produire cette réévaluation du rôle de Staline.
Je comprends également leur analyse, il vaut mieux un tyran qui exerce sa cruauté sur les boyards comme Ivan le terrible qu’un type faible qui laisse proliférer tous les autocrates et autres oligarques qui sont une vraie plaie sur le peuple. Il est clair que l’expérience vécue à la chute de ,l’Union soviétique, le pillage de mafias locales, les a confortés dans cette vision historique. Mais c’est là où je ne suis pas convaincue: Est-ce un hasard, si les « troubles », ces temps de malheur, de division, de misère pour le peuple et de guerre civile succède à celui des tyrans? Dans la violence de l’autocrate il y a de ce fait aux yeux du peuple une capacité à assumer un dessein grandiose dans lequel le peuple se reconnait mais il y a aussi la destruction de toutes les capacités, la montée des courtisans les plus lâches et la répression injustifiée qui détruit les capacités, le laisse démuni face aux cyniques et aux lâches qui ont survécu.
Parce que peut-être sur quoi ne s’interroge pas Ivan le Terrible c’est la destruction réelle de l’aristocratie qui tend à se constituer dans son sillage et qui flatte les pires aspects réactionnaires des peuples.
Il y a tout de même une analyse à faire de l’état de dégradation qu’avait atteint le pouvoir russe, comme d’ailleurs les partis communistes où l’on a conservé les pires aspects du légitimisme des directions sans la combativité.
Mais là encore, la situation est contradictoire, l’Union soviétique, les partis communistes n’étaient pas simplement des appareils bureaucratiques aux mains d’une caste de nouveaux boyards chers aux analystes trotskistes, il a fallu détruire cet appareil d’Etat, ces partis pour que règne le capital et l’impérialisme. Ce qui est légitimement vécu comme une trahison par une bonne partie des peuples qui ont vécu cette expérience socialiste.
Non je ne crois pas être « stalinienne » mais je voudrais bien qu’en tant que communiste on parle de tout ça autrement que ce que la bourgeoisie nous incite à la faire.
Parce que je suis convaincue que le socialisme est à l’ordre du jour, le capitalisme a fait son temps et ce qui nous bloque est non seulement la domination du capital qui a toutes les lois, les forces de répression l’idéologie dominante pour lui mais le fait que les victimes ont du mal à s’avancer dans une expérience pour laquelle elles n’ont que des certitudes négatives…
Danielle Bleitrach
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
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Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
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