L'Allemagne exige de la Grèce un reniement complet
27 Février 2015 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Grèce, #l'Europe impérialiste et capitaliste
Le ministre grec des finances, Yanis Varoufakis (à droite) et son homologue allemand, Wolfgang Schaüble, lors de leur rencontre à Berlin, le 5 février
publié par Jean Lévy sur son blog
M Économie
Grèce : polémique autour des privatisations
LE MONDE ECONOMIE | 26.02.2015
Il aura fallu beaucoup d’efforts diplomatiques pour réconcilier les positions diamétralement opposées des gouvernements grec et allemand et obtenir l’accord du 20 février sur une prolongation de quatre mois du plan d’aide à la Grèce. Après plusieurs semaines de négociations mouvementées, la validation, mardi 24 février, par l’Eurogroupe de la liste des réformes qu’Athènes s’engage à mener semblait annoncer une période de répit dans les relations entre les deux pays. Au moins jusqu’à la mission de contrôle de ces réformes prévue pour fin avril.
Pourtant, dès le mercredi 25 février, le ping-pong bilatéral de déclarations musclées a repris de plus belle entre Berlin et Athènes. La pomme de discorde cette fois : les privatisations entamées en Grèce depuis quatre ans et inscrites au programme des mesures exigées par les créanciers du pays.
Dans un entretien au quotidien grec Ethnos, le ministre grec de l’énergie, Panayotis Lafazanis, qui appartient à l’aile gauche du parti de la gauche radicale Syriza, a annoncé que le gouvernement ne mettrait pas en œuvre le projet de privatisation de PPC, la première compagnie d’électricité du pays et de l’opérateur de réseaux électriques Admie. « Les entreprises n’ont pas déposé d’offre contraignante, donc cela ne sera pas finalisé », a-t-il dit.
D’autres sources au sein du ministère de l’économie, des infrastructures, de la marine marchande et du tourisme ont avancé, mercredi, que le processus de privatisation de quatorze aéroports grecs allait aussi être interrompu et modifié. L’objectif étant de garantir une participation de l’Etat dans les sociétés d’exploitations de ces aéroports et limiter dans le temps les concessions d’exploitation. La philosophie générale d’Athènes sur les privatisations reste celle annoncée aux lendemains du scrutin du 25 janvier. Les procédures déjà achevées ne seront pas annulées mais celles encore en cours seront réévaluées.
Berlin dit "Nein !"
La réponse de Berlin n’a pas tardé, en dehors pourtant du cadre institutionnel officiel de négociations que constitue l’Eurogroupe. Martin Jäger, le porte-parole du ministère allemand des finances, a déclaré, mercredi, que le gouvernement grec ne peut pas décider seul de retarder ou d’annuler la privatisation d’entreprises grecques : « Si Athènes nourrissait une telle intention, cela devrait se faire en étroite coordination avec la “troïka” [Fonds monétaire international, Banque centrale européenne et Commission de Bruxelles] », a-t-il précisé.
Dans un entretien à la radio SWR2, le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, est allé plus loin, assurant mercredi qu’« aucun euro » d’aide ne serait versé à la Grèce tant qu’elle n’aura pas rempli tous ses engagements prévus avec ses partenaires européens dans le cadre du programme d’aide. « S’ils remplissent [leurs engagements], ils pourront recevoir les versements restants, a-t-il insisté. Et s’ils ne les remplissent pas, il n’y aura pas de versements. »
Des déclarations très politiques alors que le Parlement allemand doit approuver la prolongation du plan grec à l’occasion d’un vote prévu vendredi 27 février.
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
Le blog reproduit des documents pertinents, cela ne signifie pas forcément une approbation de leur contenu.
Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
Les textes originaux, écrits par l'animateur seul ou en collaboration et dont il endosse pleine et entière responsabilité sont publiés dans la catégorie GQ, accessible directement dans la barre de menu. Ils sont reproductibles, sans modification, à condition d'en mentionner l'origine.
Les commentaires sont publiés après validation, mais ne sont pas censurés, sauf abus (insultes, diffamation, mythomanie, publicité, non-pertinence, ou bêtise manifeste).
Newsletter
Abonnez-vous pour être averti des nouveaux articles publiés.
Catégories
- 7209 Impérialisme
- 4865 Ce que dit la presse
- 4445 Economie
- 3404 lutte contre l'impérialisme
- 3203 Répression
- 2933 Front historique
- 2897 Journal des luttes
- 2828 États-Unis
- 2454 Qu'est-ce que la "gauche"
- 2378 A gerber !
- 2288 Ukraine
- 2128 Cuba
- 2128 l'Europe impérialiste et capitaliste
- 2124 classe ouvrière
- 2061 Russie
- 1910 Positions
- 1861 Syndicalisme en débat
- 1809 Théorie immédiate
- 1787 Initatives et rendez-vous
- 1680 Chine
- 1582 L'Internationale
- 1351 Élections
- 1292 Réseaux communistes
- 1193 Venezuela
- 1113 L'Europe impérialiste et capitaliste
- 1101 loi travail
- 1031 Amérique latine
- 939 Asie
- 896 Afrique
- 893 Europe de l'Est
- 859 élection 17
- 843 la bonne nouvelle du jour
- 676 Publications
- 625 Royaume-Uni
- 596 Art et culture révolutionnaires
- 581 Asie occidentale
- 576 Congrès du PCF depuis 2008
- 567 Syrie
- 549 GQ
- 536 Articles les plus lus archivés chaque semaine
- 477 Corée
- 450 Colombie
- 433 Euroboycott
- 378 Grèce
- 361 Communistes en Italie
- 357 La bonne nouvelle du jour
- 354 Brésil
- 350 Luttes 2008-2011
- 315 Bolivie
- 303 Mille raisons de regretter l'URSS
