USA: Les manifestations se propagent, soutien syndical aux anti Wall Street
7 Octobre 2011 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #L'Internationale, #États-Unis
Des milliers d'"indignés" de Wall Street, protestant
contre les inégalités économiques, ont rallié mercredi le coeur de la
capitale financière des Etats-Unis, alors que des infirmiers, des
travailleurs intérimaires et des syndicalistes ont gonflé leurs rangs.
"Occupons Wall Street tous les jours, toute la semaine",
scandaient les manifestants qui étaient 5000 selon des sources
policières, et jusqu'à 12.000 selon des sources syndicales.
"Mettez fin aux guerres, taxez les riches", ajoutaient les
protestataires massés sur Foley square, siège de plusieurs tribunaux
new-yorkais. Ils n'avaient jamais été aussi nombreux depuis le début
de la mobilisation le mois dernier par le collectif "Occupons Wall
Street".
Des dizaines de protestataires ont toutefois été arrêtés à
New York, principalement après des échauffourées avec la police.
Le réalisateur Michael Moore était au milieu de la foule à
New York. "Partout où vous allez dans ce pays, vous voyez le mouvement
Occupy Wall Street", explique-t-il.
"Lors des premiers jours, les gens critiquaient (le
mouvement), disant que ce n'était qu'une bande de hippies. Mais
l'Américain moyen qui a perdu sa protection médicale, qui est sur le
point de perdre son boulot, dont la maison est en forclusion, peut
être tenté de joindre le mouvement", a estimé Michael Moore.
Les contestataires protestent notamment contre le plan de
sauvetage dont a bénéficié Wall Street en 2008, qui a permis aux
banques américaines d'enregistrer des profits considérables, alors que
l'Américain moyen affrontait le chômage, recevant peu de soutiens de
Washington.
Depuis le rassemblement initial du 17 septembre, les
"indignés" de Wall Street continuent de convaincre des Américains et
leur mouvement a trouvé des partisans à Baltimore, Los Angeles,
Philadelphie, Tampa ou encore Saint Louis.
"Je suis une mère. Je veux un meilleur monde pour mes
enfants", indique Lisa Clapier, âgée de 46 ans et productrice en
Californie, qui a rejoint les protestataires à Los Angeles.
A Seattle, où les protestataires ont monté des tentes dans
un parc de la ville, une vingtaine de personnes ont été arrêtées pour
avoir empêché les policiers de défaire leur camp.
"Les flics font leur boulot, et nous allons les laisser
faire leur boulot. Mais nous reviendrons et nous occuperons à nouveau
le parc", promet Michael Trimarco, charpentier de 39 ans actuellement
au chômage.
A San Francisco, une foule estimée à plusieurs centaines
de personnes a défilé dans le quartier financier, scandant "Join our
ranks, stop the banks" (rejoignez nos rangs, arrêtez les banques).
"Ce n'est que le début du mouvement" promet Sidney
Gillette, infirmière à Oakland.
Jeudi, un rassemblement est prévu dans la capitale
fédérale, Washington.
Les syndicats rallient le mouvement de contestation
Pour la première fois, des organisations syndicales
s'étaient jointes au mouvement, groupes d'infirmières, d'enseignants,
ou de personnels du transport notamment.
"Nous sommes les indignés de New York, les indignés de
l'Amérique, les indignés du monde", a lancé Hector Figueroa, du
Syndicat des employés des services (SEU), en écho au mouvement de
protestation qui s'est emparé ces derniers mois de plusieurs pays
européens.
Sarah, une secrétaire qui refuse de donner son nom, a pris
deux jours de congé pour être là. Et ce soir, elle dormira par
solidarité au square Zuccotti, où campent depuis trois semaines les
indignés d'"Occupons Wall Street".
"J'ai 34 ans, dit-elle. Je travaille et je n'ai rien. Pas
d'économies. Pas de maison. Et pourtant j'ai fait des études. Pour
notre génération, plus rien ne semble possible", ajoute-t-elle en
dénonçant les profits des grandes entreprises et en montrant sa
modeste pancarte "Quelque chose ne va pas". Elle se dit déçue par le
président Obama, qui "a fait trop de compromis". Il faut qu'il
"reconnaisse ce qui se passe ici" ajoute-t-elle.
Le soutien des syndicats la ravit. "Je suis
reconnaissante, ils renforcent le mouvement", dit-elle.
Plus loin dans la foule, Jose Martin, 29 ans, qui se dit
"militant anticapitaliste", "chômeur ou sous-employé selon les mois",
se réjouit aussi du succès de la manifestation. Il a dormi plusieurs
fois au square Zuccotti. "Au début j'étais très sceptique", dit-il.
"Ils n'avaient pas d'idéologie, pas d'agenda, ils étaient désorganisés
et ne demandaient rien. Mais il y a une vraie énergie", ajoute-t-il,
en voulant croire que ce n'est qu'un début.
"Ils parlent pour la vaste majorité des Américains
frustrés par les banquiers et les courtiers qui en ont profité, sur le
dos de ceux qui travaillent dur", a déclaré mercredi Larry Hanley,
président du syndicat des transports "Amalgamated Transit Union", qui
compte quelque 20.000 membres dans la région de New York.
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
Le blog reproduit des documents pertinents, cela ne signifie pas forcément une approbation de leur contenu.
Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
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