Une intervention externe ne fera qu'aggraver la situation en Ukraine (vu de Chine)
22 Février 2014 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ukraine
Après s’être immiscé dans les négociations et avoir réclamé des sanctions contre le gouvernement ukrainien (*), Fabius se rend jusqu'au 24 février à Pékin, où il tentera probablement de légitimer les ingérences françaises manifestes dans la subversion en cours en Ukraine.
La Chine rappelle sa position dans un article du Quotidien du Peuple paru aujourd'hui.
(*) On notera que l’Espagne, l’Italie et la Grèce n’ont pas appuyé ces sanctions. Ceci nous rappelle que les petits pays européens – les PIIGS mais aussi ceux déjà annexés en Europe de l’est – se trouvent sous domination franco-allemande. C’est évidemment le sort que l’Union Européenne réserve à l’Ukraine.
Bonne lecture, fraternellement,
Jean
( Xinhua ) 21.02.2014 à 08h46
Aucun signe de bémol n'est apparu dans la crise politique en Ukraine, qui dure depuis plusieurs mois. La tension est montée d'un cran depuis mardi dernier, date à laquelle les manifestants et les forces gouvernementales se sont affrontés à Kiev, capitale ukrainienne, faisant des dizaines de morts et plus de 600 blessés.
Une situation difficile à la fois pour le président Viktor Ianoukovitch et l'opposition, qui peinent à trouver un moyen de sortir de la pagaille actuelle. Or, cette situation est d'autant plus difficile à gérer qu'une intervention externe est en cours.
Le gouvernement ukrainien semble perdre l'emprise sur la situation, les concessions qu'il a prises n'ayant pas réussi à apaiser les manifestants en colère, tandis que l'opposition, qui cherche à transformer les sentiments anti-gouvernementaux publics en ses propres gains politiques, n'est non plus parvenue, à son tour, à contrôler les cours de l'événement.
La scission qui s'aggrave à l'intérieur du pays est un miroir du dilemme tant diplomatique que géopolitique auquel fait face ce pays d'Europe orientale. Celui-ci est constamment obligé, depuis son indépendance en 1991, de choisir son camp entre l'Occident et la Russie.
La crise en Ukraine a été déclenchée suite à la réticence affichée en novembre dernier par le président Ianoukovitch sur un accord d'association avec l'Union européenne (UE), et ce, en signe de rapprochement avec la Russie.
Le président a justifié sa décision par des considérations économiques, un motif qui est pourtant interprété par l'opposition pro-occidentale comme un stratagème en faveur de Moscou. Sous l'effet de la propagation par des médias occidentaux, la fracture politique de la nation a bientôt dégénéré en manifestations violentes et affrontements sanglants.
Coincé entre la Russie et l'UE, l'Ukraine est depuis bien des années tiraillée et essaye de trouver un équilibre entre les deux géants.
Pourtant, la politique d'équilibre de l'Ukraine n'a pas bien fonctionné ces derniers temps et des signes croissants d'une intervention extérieure directe sont apparus. Jeudi, les ministres des Affaires étrangères de la France, de l'Allemagne et de la Pologne se sont rendus à Kiev pour rencontrer M. Ianoukovitch avant de retourner à Bruxelles, pour y prendre part à une réunion des ministres des Affaires étrangères des 28 pays membres de l'UE sur les éventuelles sanctions imposées à l'encontre de l'Ukraine suite à la violence qui a éclaté mardi soir.
D'un point de vue plus large, la crise ukrainienne rappelle la guerre froide, car beaucoup d'Occidentaux considèrent toujours la Russie comme un étranger et sont désireux d'absorber les pays qui maintiennent des liens traditionnels avec cette dernière, comme l'Ukraine, dans leur orbite d'influence.
Cette attitude ne fera que croître le sentiment d'insécurité de la Russie, et l'effet de contagion des affrontements de titans dans un pays de taille moyenne comme l'Ukraine donnera lieu à l'instabilité politique.
Bien que l'Ukraine s'enfonce dans le chaos actuel, très peu de personnes s'attendent à l'adoption d'une politique étrangère purement unilatérale à l'avenir.
En Ukraine, des appels ont été lancés pour une politique étrangère indépendante basée sur les intérêts nationaux qui font écho dans d'autres pays en voie développement, qui revendiquent également l'autodétermination et l'autonomie.
L'évolution des événements montre que l'intervention externe envoie de mauvais signaux aux parties prenantes en Ukraine et divise davantage le pays.
Pour conclure, dénoncer la violence, mener un dialogue sincère et comprendre ce qui est le mieux pour le pays est le rôle des Ukrainiens. Bien que le processus puisse être long et douloureux, il caresse le meilleur espoir.
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
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Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
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