La souveraineté de la nation est imprescriptible, par Roland Weyl
31 Août 2012 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #l'Europe impérialiste et capitaliste
sur lepcf.fr
Il fallait s’y attendre, le Conseil Constitutionnel a déclaré que la soumission de notre économie aux intérêts financiers qui dirigent l’Europe n’exige pas de réforme constitutionnelle. Certes, ses membres sont des « sages », mais la démocratie n’est pas une sageocratie. Et si une institution ou juridiction dit qu’il fait nuit à midi, cela n’empêche pas qu’il fasse jour,
Il est vrai qu’il pourra arguer de ce qu’il n’a été appelé à se prononcer que sur une loi qui organise l’austérité et pas sur la ratification du mécanisme européen. Mais cela reviendrait à ne vouloir connaître que l’écume de la vague et pas la vague qui la produit.
Car tout ce qui altère notre maîtrise sur nos affaires est contraire à la Constitution. Va-t-on, alors, nous faire procès de souverainisme ? La souveraineté, c’est être souverain, du latin superanus, supérieur ; donc, avoir le pouvoir. On ne doit pas avoir le pouvoir sur les autres, comme le colonialisme d’avant-hier, le leadership de Bush hier et la domination des marchés aujourd’hui.
En 1789, on est passé du souverain qui disait « l’État c’est moi » à ce qui a été affirmé dans la Constitution de 1946 et repris en 1958 : « La souveraineté nationale appartient au peuple français ». Il est certes ajouté : « qui l’exerce par ses représentants » (et non « dont les représentants l’exercent ») « ou par voie de référendum ». Mais cela ne concerne que l’exercice. Cela ne veut pas dire qu’il peut en disposer pour y renoncer.
Dès la Constitution de 1791, la souveraineté de la nation était déclarée « imprescriptible et inaliénable ». Et l’indépendance budgétaire en est un attribut tellement essentiel que déjà l’article 14 de la Déclaration de 1789 des droits de l’homme et du citoyen précisait que « tous les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en contrôler l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée ».
Ce n’est pas une valeur ancienne et périmée. Au contraire, la charte des Nations unies a donné en 1945 une valeur universelle à la maîtrise exclusive des peuples sur leurs affaires en en faisant, avec l’interdiction de la violence dans les relations internationales, une pierre angulaire de la société internationale. Cela inclut la coopération, mais entre peuples libres et égaux. Et c’est un principe « d’ordre public », comme par exemple le Code du travail : si un peuple renonce à sa souveraineté, c’est nul et sans valeur, comme si un individu accepte de devenir esclave.
C’est pourquoi, si en vertu de l’article 54, le Conseil Constitutionnel peut déclarer qu’un engagement international ne peut être ratifié qu’avec une révision de la Constitution, cela ne peut pas concerner une renonciation, même partielle, par un peuple, à sa souveraineté nationale, car elle est « inaliénable ».
Mais l’abolition de l’esclavage est peut-être une valeur périmée ?
Roland Weyl, avocat, vice-président de l’AIJD (Association internationale des juristes démocrates)
Le 21 août
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
Le blog reproduit des documents pertinents, cela ne signifie pas forcément une approbation de leur contenu.
Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
Les textes originaux, écrits par l'animateur seul ou en collaboration et dont il endosse pleine et entière responsabilité sont publiés dans la catégorie GQ, accessible directement dans la barre de menu. Ils sont reproductibles, sans modification, à condition d'en mentionner l'origine.
Les commentaires sont publiés après validation, mais ne sont pas censurés, sauf abus (insultes, diffamation, mythomanie, publicité, non-pertinence, ou bêtise manifeste).
Newsletter
Abonnez-vous pour être averti des nouveaux articles publiés.
Catégories
- 7165 Impérialisme
- 4852 Ce que dit la presse
- 4427 Economie
- 3356 lutte contre l'impérialisme
- 3194 Répression
- 2902 Front historique
- 2897 Journal des luttes
- 2805 États-Unis
- 2427 Qu'est-ce que la "gauche"
- 2359 A gerber !
- 2283 Ukraine
- 2128 l'Europe impérialiste et capitaliste
- 2108 classe ouvrière
- 2100 Cuba
- 2048 Russie
- 1899 Positions
- 1857 Syndicalisme en débat
- 1780 Initatives et rendez-vous
- 1775 Théorie immédiate
- 1676 Chine
- 1579 L'Internationale
- 1344 Élections
- 1267 Réseaux communistes
- 1187 Venezuela
- 1101 loi travail
- 1096 L'Europe impérialiste et capitaliste
- 1030 Amérique latine
- 940 Asie
- 890 Afrique
- 888 Europe de l'Est
- 858 élection 17
- 843 la bonne nouvelle du jour
- 673 Publications
- 622 Royaume-Uni
- 594 Art et culture révolutionnaires
- 575 Asie occidentale
- 575 Congrès du PCF depuis 2008
- 567 Syrie
- 533 Articles les plus lus archivés chaque semaine
- 515 GQ
- 470 Corée
- 446 Colombie
- 433 Euroboycott
- 378 Grèce
- 353 Communistes en Italie
- 350 Luttes 2008-2011
- 349 Brésil
- 342 La bonne nouvelle du jour
- 307 Bolivie
- 298 Mille raisons de regretter l'URSS