En Allemagne aussi : grève historique à la Deutsche Bahn (chemins de fer allemands)
8 Novembre 2014 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Journal des luttes
Lu sur PCF Bassin :
Lu sur le blog de l'UL-CGT de Dieppe. Cliquez sur le titre ci-dessous pour y accéder
L'Allemagne sans trains : grève historique à la Deutsche Bahn !
C’est l'une des plus longue grève dans l’histoire des chemins de fer allemands qui vient de commencer. La grève est massivement suivie. Le patronat tonne contre les risques de pertes de millions d'euros de profits.
Le 5 novembre, après l’échec des négociations salariales entre les syndicats des conducteurs de train et la direction de la Deutsche Bahn, les cheminots du fret ont arrêté le service. Ce jeudi, c’est le transport des passagers qui est également concerné. L’arrêt de travail durera jusqu’au lundi 9 novembre – 100 heures en tout –, et deux trains sur trois ne quitteront pas leur gare. Du jamais vu outre-Rhin.
Résultat : "Les gares sont vides. Les rues d’autant plus encombrées. Et maintenant, nous risquons de manquer d’essence", persiffle le Handelsblatt. Le premier quotidien "économique" du pays (Düsseldorf), entièrement au service du patronat et de sa vision antisociale, est donc allé en reportage dans sa région, une des plus densément peuplées du pays. Il constate : "Les bus, les agences de location et les taxis sont les gagnants de cette grève. [Mais] sans les trains, les durées de trajet ont doublé ce 6 novembre." Le quotidien, comme la grande majorité de la presse, tire à boulets rouges contre les cheminots, et dénonce une "prise d'otages" inédite dans un pays prétendument fier de son dialogue social policé. On a l'habitude de cela en France, n'est-ce pas ?
Une grève qui touche au porte-monnaie patronal
Côté passagers, les Allemands, forts de l'expérience de six grèves depuis septembre, auraient fait le plein d'essence il y a plusieurs jours déjà. La grève serait populaire au point que, le journal Die Welt, est obligé d'écrire que "le désagrément serait très relatif". Le quotidien de droite ironise donc sur la service régulièrement dégradé que connait la Deutsche Bahn, comme aussi en France à la SNCF, car on y applique les mêmes règles de gestions à la mode ("libérale") : "Enfin une nouvelle grève à la Deutsche Bahn. Beaucoup de passagers avaient déjà protesté contre cette pause inhabituellement longue. [Grâce au syndicat des conducteurs], ils tiennent enfin une explication pour les retards, les annulations ou l'éternelle rupture de stock dans les bistrots à bord des trains." Eh oui, les suppressions d'emplois, la soutraitance, la gestion prétendument "économique", etc. produisent partout les mêmes effets et désagréments pour les usagers.
Côté patrons, l’heure est évidemment à la canonade patronale et médiatique anti-grèvistes. Les fédérations patronales éructent sur "des coûts allant dans les millions d’euros", rapporte la Süddeutsche Zeitung. En premier ligne les producteurs d’acier qui risquent de manquer de matière première, car la moitié des 200 000 tonnes d’acier ou de charbon transportés chaque jour passent par les rails. Le patronat, oublieux de ses profits, dénonce que "Les entreprises ne pourront pas compenser une grève de cinq jours", note le quotidien prétendument de "centre gauche" (mais pro-patronat), "ni le port de Hambourg, qui traite 25 000 containers par jour". Ce centre de l’industrie d'Allemagne du nord "perdra son rythme".
Cela veut dire que les cheminots touchent là où dela fait mal, avec leur grève. Ils méritent notre soutien.
Les cheminots revendiquent hausses de salaires et réduction du temps de travail
Entre-temps, la direction de la Deutsche Bahn, elle, tente de combattre la grève. Elle a porté l'affaire en référé devant la justice pour tenter de l’arrêter, mais dans l’après-midi d'hier (jeudi 6 novembre) elle a été déboutée.
A Berlin, ville censée accueillir des milliers de visiteurs ce week-end pour commémorer les vingt-cinq ans de la chute du Mur, leTagesspiegel se demande donc "innocemment" comment résoudre le conflit. Ce dernier porte sur une revendication de hausse de salaires et de réduction du temps de travail; il suffit de satisfaire les revendications !
Mais il s'agit aussi d'un conflit sur la représentativité du syndicat. La Deutsche Bahn veut choisir ses interlocuteurs et refuse de négocier avec le syndicat des conducteurs de trains qui veut une convention s'appliquant à l'ensemble des cheminots, pour qu'ils aient les mêmes droits.
Campagne de propagande anti-grève sur le thème de "Kit de survie pour usagers énervés"
D'une manière générale les usagers soutenaient plutôt la grève. Les journaux et les télévisions s'investissent donc dans un prétendu "soutien aux passagers", tout en "appelant au calme" qui règne pourtant partout. Le Spiegel Online publie donc un kit de survie pour usagers énervés, où l'on trouve, en plus guide du juron ou de la méditation, une playlist musicale sur le thème "Waiting for a train..." ("En attendant le train"; en allemagne aussi on "anglicise un max").
Donc que ce soit en Allemagne ou en France les actionnaires des journaux pèsent donc sur les lignes éditoriales pour que les médias aillent dans le sens de leurs intérêts. La question d'une presse impartiale est donc posée là-bas comme ici.
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
Le blog reproduit des documents pertinents, cela ne signifie pas forcément une approbation de leur contenu.
Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
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