Alain De Poilly, au CN du PCF 8 et 9 avril 2011
11 Avril 2011 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #CN du PCF
INTERVENTION DE ALAIN DE POILLY AU CONSEIL NATIONAL
DU 8 ET 9 AVRIL 2011
Compte tenu du peu temps de parole qui nous est accordé, je vais aller droit au but. Le choix du candidat à l'élection présidentielle va être déterminant pour l'avenir du Front de Gauche
En effet nous voyons s'affronter pour les présidentielles deux conceptions antagonistes du Front de Gauche avec les candidatures de Jean-Luc Mélenchon et de André Chassaigne.
Jean-Luc Mélenchon qui s'est donné comme objectif de transformer le Front de Gauche en un parti Politique qui se constituerait à partir de la fusion du PCF, du PG et du GU.
André Chassaigne qui lui déclare : que le Front de Gauche n'est pas la configuration d'une future organisation politique, que nous avons besoin d'un parti révolutionnaire comme le parti communiste, que le Front de Gauche est conçu pour faire du collectif, pas pour être au service d'une personnalité charismatique.
En conséquence choisir entre ces deux candidature c'est forcement choisir entre ces deux conceptions du Front de Gauche.
Par ailleurs, il faut être conscient que c'est avec le candidat du premier tour qu'on négocie le deuxième tour et les législatives.
Au sujet des législatives, nous avons négocié un paquet avec les présidentielles . Les communistes soutiendraient la candidature de J.L Mélenchon à l'élection présidentielle et Mélenchon soutiendrait des candidats communistes à l'élection législative selon la répartition suivante PCF 50 %, PG 30% et GU 20%, cela est un vrai marché de dupes qui rappelle celui des élections régionales ou notre parti a perdu 50 % de ses élus et pire cela interdirait tout accord ultérieur avec le PS ou le NPA., nous inféodant ainsi à la stratégie de Mélenchon de la guerre des gauches contre le parti socialiste.
Pour justifier l'effacement du parti communiste à l'élection présidentielle, on nous dit que nous avons négocié le partage des temps de parole, ce qui est complètement illusoire, l'élection présidentielle est une élection ou s'affronte des personnalités, la campagne officielle s'organise autour des candidats. Or, les médias qui sont au service du capital ont intérêt à promouvoir la candidature de J.L Mélenchon et à ne pas donner la parole aux communistes, parce qu'ils voient dans la candidature de J.L Mélenchon la fin du PCF, la fin de leurs cauchemars. D'ailleurs ils soutiennent déjà sa candidature en le présentant comme le meilleur candidat du Front de Gauche, qui a l'ambition de François Mitterand et l'impertinence de Guy Bedos.
Jean-Luc Mélenchon a compris que si il veut que sa conception du Front de Gauche s'impose qu'il faut absolument qu'il soit le candidat du Front de Gauche à l'élection présidentielle. Comme tous les petits courants politiques qui se présentent, il sait qu'il ne va pas faire un bon score à cause du vote utile. Mais il sait comme eux que pour exister politiquement il faut être présent au premier tour des élections présidentielles. Cette présence est vitale pour lui c'est ce qui explique d'ailleurs la dureté de l'ultimatum qu'il a adressé au parti communiste « ou vous vous rangez derrière moi ou il n y a plus de front de gauche » attitude méprisante pour ceux qui ont mis leur espoir dans le Front de Gauche, personne est propriétaire du Front de Gauche. Comme le dit André Chassaigne « le Front de Gauche est conçu pour faire du collectif pas pour être au service d'une personnalité charismatique »
Pour ceux qui ont peur et qui pensent qu'il faut mieux que ce soit Jean-Luc Mélenchon qui fasse un mauvais score que le Parti communiste, il faut qu'ils se souviennent que la dernière fois ou nous ne nous sommes pas présentés à la présidentielle c'est avec Mitterrand et aux législatives suivantes il nous a marginalisé, ne laissons pas Mélenchon terminer le travail de François Mitterrand, qu'il présente comme son maître à penser. Il appartient donc à tous les adhérents du parti qui représentent 98 % des forces organisées du Front de Gauche de décider si ils veulent oui ou non exister dans cette élection présidentielle. Cette décision doit être prise par un vote des adhérents avant la conférence nationale. On ne peut conditionner la décision de présenter Jean-Luc Mélenchon ou André Chassaigne au vote de la seule conférence nationale, qui est une instance de direction, sur laquelle la direction du parti est très influente. Je dis cela pour mon camarade André Chassaigne. Si tu conditionnes ta candidature à la seule décision de la conférence nationale, alors tu peux retirer ta candidature tout de suite. Ta candidature doit dépendre du vote des communnistes, de eux seuls.
La détresse des français est grande, le fait qu'ils se réfugient dans l'abstention et le vote Le Pen n'est pas bon signe, c'est le signe que l'offre politique de l'opposition de gauche n'est pas à la hauteur de leurs attentes. La crise systémique du capitaliste fait que les propositions des communistes redeviennent d'actualité. Aussi, ce n'est pas le moment pour notre parti de s'effacer en s'enfermant dans une petite gauche, alors que la situation exige de la radicalité, que la situation exige l'union de toute la gauche autour d'un projet non pas partagé entre dirigeants du Front de Gauche, mais imposé par les luttes des travailleurs. Il faut sortir du piège dans lequel la direction du parti nous a enfermé, il faut qu'il y ait un candidat issu du parti communiste à l'élection présidentielle.
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
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Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
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