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Réveil Communiste

Le CN et l'"offre" du PCF sur les élections régionales : réaction de C. Andréani (membre du CN du PCF , Gauche Communiste)

26 Octobre 2009 , Rédigé par Réveil Communiste

ELECTIONS REGIONALES

Une fois de plus, le Parti communiste est déconnecté de la vraie vie
!

Samedi 24 et dimanche 25 octobre, le Conseil national du Parti communiste français s’est tenu sur la question des élections régionales. Le rapport de Marie-George Buffet a été un morceau de bravoure pour ne surtout pas aborder les questions essentielles : quel bilan des élus communistes dans les exécutifs régionaux, quel projet politique pour le futur exercice, quelles alliances et surtout, quelles perspectives alors que la réforme des collectivités territoriales, si elle est adoptée telle qu’elle, va vider les conseils régionaux de tout pouvoir d’intervention.

Le bilan d’abord. Les élus régionaux, présents en nombre, ont répété que leur bilan était positif et que s’ils n’avaient pas été dans les exécutifs, les choses auraient été moins bien. On veut bien les croire sur parole. Mais concrètement, nous n’avons pas obtenu d’éléments permettant de juger.
Par contre, les critiques ont été nombreuses sur la gestion de « gauche » des régions. Même les plus suivistes ont fait le constat que les régions, qui auraient pu constituer une opposition véritable à la politique de la droite, n’ont finalement pas joué leur rôle. Et les exemples ont été nombreux de cas où des majorités socialistes se sont contentées d’appliquer les politiques nationales alors qu’elles auraient  pu ou du faire autrement. Par exemple, lorsque l’Etat a décidé de transférer les personnels techniques de l’Education nationale aux régions. D’où la remarque en pied de nez d’un élu disant : « De toute façon, ce n’est pas sur notre bilan que nous nous ferons élire »…

Quel projet politique pour les cinq prochaines années ? Très curieusement, personne n’a abordé le sujet. Soi disant, ce projet devrait être ficelé par les « ateliers » mis en place depuis le dernier conseil national. Seule question sur laquelle se sont focalisés les intervenants, les fonds régionaux qui pourraient permettre d’impulser une politique de développement régional. Il va être très compliqué de mobiliser les électeurs sur cette question, si tant est qu’elle ait une quelconque valeur politique. Les fonds régionaux existent depuis des décennies et sont toujours mobilisés par les mêmes grandes entreprises, qui n’hésitent pas à s’en servir pour délocaliser…

Quelles alliances ? Là, les discussions ont été très animées. Partout où le Parti communiste est faible, les communistes sont favorables à des alliances dès le premier tour avec le Parti socialiste « pour avoir des élus », passant sous silence une question pourtant essentielle, les alliances PS/Modem. Le leitmotiv est toujours le même : il vaut mieux avoir des élus que ne pas en avoir… Ailleurs, là où le Parti est sûr de faire 5 % et donc de pouvoir fusionner au 2e tour, la stratégie est différente : Front de Gauche élargi (à qui ?). Les annonces répétées de Jean-Luc Mélenchon qui revendique la tête de liste en Ile-de-France refroidissent toutefois les ardeurs. Et de nombreux camarades s’interrogent sur la répartition des places et des têtes de liste, entre un Parti communiste d’envergure nationale et ses deux « compagnons de route », Parti de Gauche et Gauche Unitaire, qui n’ont ni la même implantation ni la même force militante. Ouvrir le Front de Gauche à d’autres micro-forces politiques ne changera pas la donne.

Quant à la réforme des collectivités territoriales, qui va vider les régions de tout pouvoir, rares sont ceux qui l’ont abordée. Et pourtant, elle devrait conditionner toute notre démarche puisque 2014 arrive à grands pas. Une campagne nationale d’information, l’exigence d’un referendum : rien de tout cela n’a retenu l’attention des membres du Conseil national tellement les questions de boutique leur paraissaient plus essentielles !

Au total, la direction nationale a proposé un de ces textes fourre-tout qu’elle affectionne (et que tout le monde oublie dès qu’ils sont adoptés), où rien n’est défini clairement. Sauf qu’il n’y aura pas de stratégie nationale, et que chacun pourra agir à sa guise en fonction de ses intérêts.

Décidément, on peut se poser la question de savoir où va le Parti communiste. Manifestement, même ses dirigeants n’en savent rien !

Caroline ANDREANI
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E
<br /> Dont acte, Pascal !<br /> <br /> Nous sommes donc bien entièrement d'accord !<br /> <br /> Le diable se nichant dans les détails, j'ai senti le coup venir avec le changement des plaques d'immatriculation des voitures pour "s'aligner sur le système européen" qui fait disparaître la<br /> référence au département.<br /> <br /> Nous sommes l'un des rares pays (le seul ?) à avoir une organisation territoriale aussi proche des citoyens. L'Espagne et ses "autonomies", l'Allemagne et ses "lander", la Belgique et ses<br /> "provinces" ou l'Italie, sont déjà sur le modèle de régions concurrentes. On voit ce que cela donne de nationalismes réactionnaires (Catalans, flamands, ...), de tensions racistes (Vlaams Belang,<br /> Lega Nord) et de sous-développement de certaines régions (Mezzogiorno italien, Andalousie, ex-RDA, Wallonie, ...).<br /> <br /> Très loins du concept de fraternité, de péréquation territoriale et de souveraineté des peuples chers aux communistes !<br /> <br /> <br />
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P
<br /> <br /> Astrée, je crois qu’Eric a parfaitement répondu à ta question.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Pour ce qui est de mon intervention, je pense, Eric, que tu l’as interprétée un peu vite. Je n’ai jamais dit que la Région allait<br /> être renforcée, mais qu’elle était "au cœur du dispositif de l’UE" ou encore qu’elle était "un pion essentiel dans la stratégie du Capital", notamment par le fait qu’elle sert<br /> de point d’appui pour casser les services publics. Et qu’elle va servir, au travers de ces fameux élus territoriaux, à supprimer l’échelon départemental. Mais je t’accorderai le fait que les<br /> Régions seront transformées en simples exécutants afin de lever l’obstacle de leur conseil qui devra encore être élu (c’en est toujours trop pour les capitalistes).<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> Merci Eric. Effectivement, en tant que contractuelle précaire de l'éducation nationale, je peux témoigner qu'on est considérés comme des "sous-ssalariés", nous sommes rémunérés par un autre lycée<br /> du département chargé de rémunérer les contractuels de 15 lycée du 93. Ca fait 2 mois que j'attends d'être payée (je n'ai pas été payée en septembre, et j'attends la paye d'octobre, qui à mon avis<br /> n'arrivera pas).<br /> Il y a donc d'un côté le personnel fonctionnaire payé en temps et en heure, et les contractuels payés avec plusieurs mois de retard, nous n'avons donc pas le même traitement. Cette façon de<br /> procéder consiste très certainement à diviser les personnels de l'EN, pour préparer pett à petit à ce que l'exception devienne la règle (on remplacera petit à petit les fonctionnaires de l'EN par<br /> des contractuels précaires).<br /> Je te raconte pas le bordel....<br /> <br /> <br />
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E
<br /> Deux choses :<br /> <br /> Pour répondre à Astrée, l'intégration des personnels des lycées aux Régions et celle des personnels des collèges aux Départements a fait débat en son temps (il y a deux ans ?). C'est<br /> effectivement une attaque contre l'éducation nationale puisqu'on sépare personnel enseignant et personnel non enseignant (IATOS) et on "filialise" ces derniers en les passant dans la Fonction<br /> Publique territoriale. Encore un peu et on pourra faire des délégations de service publique auprès du privé pour "remplacer" ces fonctionnaires (menacés par la réforme du statut de la Fonction<br /> publique). Cette stratégie de filialisation rampante rappelle ce qui s'est passé avec la séparation EDF-GDF et l'éclatement des PTT puis les filialisations internes dans ces entreprises : on sépare<br /> le personnel en groupes de plus en plus petits pour casser le statut public.<br /> <br /> Sinon, je ne suis pas d'accord avec Pascal Brula sur le renforcement du pouvoir des Régions. Là où il a raison, c'est que le Capital souhaite détruire le tryptique commune-département-nation pour<br /> le remplacer par communauté-région-Europe. Mais la droite ne veut pas de Régions politiquement fortes ; l'encadrement budgétaire des Régions (avec la suppression de la Taxe Pro) et la<br /> suppression de la clause de compétence (qui permettait eux Régions et départements de s'emparer de tout sujet concernant leur population) vont transformer les Régions en simples exécutants de<br /> politiques décidées nationalement ou au niveau européen.<br /> <br /> On pourrait parler aussi du mode de désignation des futurs élus (Conseillers territoriaux à la fois conseillers généraux et conseillers régionaux) qui favorisera le bipartisme (et surtout l'UMP) et<br /> la professionalisation des élus (Deux casquettes en une = boulot à temps plein) ce qui videra les rangs des élus de bon nombre de salariés.<br /> <br /> <br />
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A
<br /> "comme l'intégration régionale des personnels de lycées chargée de miner l'Education nationale," peux tu préciser Pascal?<br /> <br /> <br />
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P
<br /> Je ne partage pas du tout le point de vue de Caroline quant à la place de la Région dans la réforme territoriale. Elle n'est absolument pas attaquée par le rapport Balladur, bien au contraire, elle<br /> est au coeur du dispositif de l'UE. Il est question de remplacer le triptyque Commune-Département-Nation issu de la révolution française et peaufiné par les différentes républiques, par le<br /> triptyque Métropole-Région-UE. Un des objectifs est bien sûr de déposséder le peuple français de sa souveraineté, de l'éloigner des centres de décision, notamment en détruisant les<br /> communes. Et la Région est un pion essentiel dans la stratégie du Capital pour cela.<br /> De plus, la Région sert aussi d'outil pour détruire les services publics nationaux. Il existe de multiples exemples, comme les TER qui grignotent petit à petit la SNCF, comme les Pôles de<br /> compétitivité qui sapent le CNRS, comme l'intégration régionale des personnels de lycées chargée de miner l'Education nationale, etc...<br /> Donc, non, le région n'est pas visée par la réforme territoriale...<br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br /> Si je pense bien le CN est censé préciser les propositions et notre ligne stratégique. Et la question du programme est essentielle, pour l’avenir du parti ! Aucune stratégie<br /> d’alliances ne peut se substituer à un programme ambitieux découlant de nos idéaux. Tous les militants communistes, à contre courant de notre direction s'il le faut, doivent réarmer le PCF<br /> avec des idées et un programme révolutionnaire. Le capitalisme dans son hideuse agonie confirme les perspectives fondamentales du marxisme. Le PCF doit impérativement renouer avec ces idées.<br /> C’est une question de vie ou de mort !<br /> <br /> <br /> <br />
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