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Réveil Communiste

Courrier d'André GERIN (4 décembre 2008) à sept jours du congrès

6 Décembre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

Cher(e) Camarade,

A sept jours du 34ème congrès, apprécions la situation, ne laissons pas bafouer la souveraineté des communistes. Attention au chausse-trape, aux manœuvres de division, voire de scission.

Pour ces dirigeants qui s'agitent depuis plusieurs semaines et ont participé aux stratégies d'abandon de l'identité communiste depuis le congrès de Martigues, le vote des 29 et 30 octobre leur est inacceptable.
Oui, une majorité de communistes défend un PCF autonome comme force politique d'avenir. Qu'à cela ne tienne, ces dirigeants aujourd'hui se dévoilent au grand jour pour déstabiliser et peut-être saboter le 34ème congrès. Après le texte des 20 pour changer de nom, la lettre de Robert Hue qui justifie et veut poursuivre l'abandon d'un PCF révolutionnaire, les refondateurs, depuis Charles Fiterman après 20 ans de contorsion et de pollution, décident de la création d'une nouvelle force politique le 13 décembre 2008 au moment même où le congrès sera réuni. Ces dirigeants n'acceptent pas le verdict majoritaire des communistes, qui serait, selon ces esprits éclairés, trépané par « la matrice bolchevique », ceux-là même qui croient encore à l'illusion de la gauche plurielle.

Jean-Claude Gayssot voudrait faire éclater le PCF en donneur de leçons et réaliser au niveau national ce qu'il a tenté à Béziers où la majorité des communistes l'ont mis en échec. Il dit vouloir participer à la création d'une force politique nouvelle en méprisant totalement la souveraineté des adhérents.

Si tout cela n'est pas du mépris et surtout une entreprise coordonnée pour empêcher les communistes et les militants de décider en toute conscience, ça y ressemble! C'est peut-être même un mini complot...Au scénario nous pouvons rajouter « l'entreprise Mélenchon », qui créée un deuxième parti socialiste avec l'aide de quelques responsables du PCF, pour tenter de poursuivre l'affaiblissement, la marginalisation du parti.

Ce cocktail explosif appelle de notre part vigilance et beaucoup de sang-froid, en prenant appui sur le vote des deux textes alternatifs et au regard de la gravité du moment, pour rester fidèles à nos engagements : l'union des communistes dans l'action, faire que le 34ème congrès constitue une première étape forte pour un PCF rassemblé et reconstruire l'organisation et l'influence de notre parti.

Le vent a commencé à tourner. Sans complaisance, département par département, nous devons apprécier la situation pour mesurer ce qui a bougé. Dans les conférences départementales qui se sont tenues le week-end dernier, le débat confirme la volonté des communistes de faire vivre et renforcer le PCF et de clarifier "les transformations " nécessaires pour cela. Cela se traduit par l'adoption de plusieurs amendements qui reprennent souvent des thèmes du texte 3, des votes serrés sur la base commune...Tout confirme que quelque chose bouge en profondeur dans le parti, un début de réappropriation du PCF par les communistes. La reconquête est en route avec plus ou moins de réussite en fonction des situations locales ou régionales. Dans un certain nombre de départements, nous avons eu une représentation acceptable dans les comités départementaux, délégations au congrès, propositions au comité national. Partout le débat, la confrontation, qui étaient impossibles depuis plusieurs congrès, ont eu lieu.

Cette situation de grande portée politique, nous pouvons parler de tournant, cette possibilité de redressement doit déterminer notre position, notre volonté de prendre notre place à tous les niveaux de responsabilités. Cela ne veut pas forcément dire de faire le choix d'une liste alternative comme au 33ème congrès.

Beaucoup d'entre nous revendiquent de prendre notre place dans les directions à tous les niveaux mais insistent sur le fait que cela nécessite une représentation équitable ainsi que des modifications du texte qui devront affirmer, sans les ambiguïtés initiales, la nécessité de faire vivre le PCF. Si ces conditions étaient réunies, des camarades n'excluent pas de partir sur la liste commune du congrès. Dans le cas contraire, les mêmes ne rejettent pas l'éventualité d'une liste alternative. En fait, ils pensent plutôt qu'il ne faudrait pas trancher les choses avant le congrès et rejettent toute négociation de sommet préalable qui pourrait donner carte blanche à la direction. En même temps, ils pensent qu'il ne faudrait pas laisser passer l'atout que serait notre présence dans les mêmes directions.

Je souhaite défendre le choix public et transparent de prendre la place qui nous revient à la direction du conseil national, au collège exécutif, au collectif d'animation décidé par la commission, avec la volonté de travailler pour que le Pcf rebondisse et pour donner au peuple de France l'image d'un congrès qui porte l'ambition de reconstruire un PCF offensif, en première ligne dans le combat de classe. Nous pouvons proposer une liste de 40 noms et ainsi voir jusqu'où Marie-George Buffet est prête à reconnaître notre place en terme de responsabilités. J'ai eu une discussion avec elle. Un échange de travail au siège du Pcf a suivi auquel ont participé Marie-Christine Burricand et Caroline Andréani.

Des camarades pensent qu'une liste alternative est nécessaire pour être fidèle au texte alternatif 3. Je vous rappelle que lors du 33ème congrès, j'étais à l'initiative du texte alternatif avec Jean-Jacques Karman et Maxime Gremetz et que sur la demande d'Henri Alleg, nous avons intégré les propositions de Paris 15. J'apprends que Nicolas Marchand est favorable à une liste alternative alors qu'il nous a reproché notre texte comme étant un élément de division.

Aujourd'hui, de deux choses l'une :

- Soit nous allons au bout des discussions pour obtenir une vraie représentation et des responsabilités à tous les niveaux. C'est le point de vue que je veux défendre en fonction du contexte, des échos au plan national.

- Soit nous décidons d'une liste alternative. Pour ma part, je ne le souhaite pas.

Je suis sûr d'une chose, malgré tous les reproches que nous pouvons lui faire, la secrétaire nationale, Marie-George Buffet, doit rester. Si son départ aurait été souhaitable, changer maintenant, c'est ouvrir une brèche sur des questions de personnes alors qu'aucune discussion sérieuse n'a eu lieu sur le choix du premier dirigeant, une personnalité publique porteuse d'une vraie légitimité. Sans cela, nous partirions à l'aventure en nous jetant des noms à la figure et le pire peut-être devant nous. Avec tous les coups tordus qui se préparent dans l'ombre jusqu'à dimanche prochain, un tiens vaut mieux que deux tu l'auras.

L'heure est grave. Je tenais à faire ce point. Aujourd'hui, nous devons ensemble partager nos avis pour savoir si l'hypothèse que je défends peut déboucher et si cela nous permettrait de continuer notre bataille au niveau national. Nous devons échanger, discuter et mesurer notre rôle. Nous pouvons représenter l'avenir, l'espoir pour le renouveau du PCF.

Fraternellement.
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J
Je comprends les camarades méfiants à l'égard de la direction sortante qui s'en sort à bon compte, sans rendre compte de son bilan catastrophique global, en épurant les "pour un autre parti".Néanmoins comme Yann je pense que la position d'André Gerin est la bonne, n'écarte aucune possibilité d'affrontement comme de conciliation,  car au dela du patriotisme de parti, il faut se projeter dans l'avenir face à une situation générale où tout est possible (cette crise systémique qui n'en est qu'au début)  et se donner la possibilité de garder le meilleur outil existant actuellement, encore et malgré toutes les casseroles, que constitue le parti communiste français dans ce contexte.Par contre, je suis plus circonspect sur le maintien de MGB, comme signe à renvoyer dans cette période cruciale qui s'annonce. (Je comprends l'argument d'André Gerin mais maintenir MGB est aussi un non-choix qui ne met pas le parti en position, justement.)
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A
tu as peut être raison yann. Mais je me méfie quand même: ne servons pas de caution révolutionnaire à la direction!et oui il faut que la direction fasse un bilan, marie george doit faire un bilan, c"est tout ce qu'il y a de plus normal!!je suis d'accord avc toi sur un point: c'est un peu abusé cette lutte des jeunes loups pour obtenir le trône, alors que ces jeunes loups étaient auparavant les fidèles de la reine :)lutte des places...biseAstrée
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Y
André à raison d'oeuvrer pour l'unité des communistes, comme il a raison d'écrire à Martelli pour lui demander de rester, ce qui est je trouve plus responsable et ouvert que la position ici rapportée de MGB qui leur demande de partir (et si ici un tel ou un tel d'entre nous a pu  dire quelque chose du même genre, c'est aussi que nous n'avons pas de responsabilités éminentes dans le parti, et que nous pouvons  être donc moins responsable). Sur le maintent de MGB, je n'ai pas d'avis bien tranché mais j'ai été plutôt choqué par l'attaque en règle contre elle de la part de membres  de la majorité fédérale. Pour tout dire je trouvais même ça un peu indigne. N'oublions pas que nous ne sommes pas une tendance! et la quesion ou non d'une liste alternative ne se posent qu'en des termes simples : la liste de la direction nous fera t elle une place suffisante? avons nous intérêt, vis à vis des communistes, à nous opposer frontalement à la direction? (nous ne sommes pas le PRCF)Personnelement j'ai l'impression que les résultats des conférences fédérales ne nous sont pas si défavorables et que nous pouvons négocier plus en position de force..
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G
Bessac est plutot proche d'ANR maintenant, mais c'est difficile d'être sûr parce qu'il modifie son positionnement selon la salle... centre gauche à la section, centre droit à la fédé... pour le texte 3, l'unité  des cinq ou six composantes qui l'ont constitué est un combat! effectivement il aurait été plus judicieux de disposer d'une plateforme dès la fête de l'Huma. Pour l'immédiat, je pense que la direction nationale autour de MGB refusera le comprommis, et qu'il faudra faire une liste alternative. Mais tout dépend aussi de ce qui remonte des fédés, et du sérieux des velléités de scission des refondateurs.
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J
Moi je ne comprends pas la position d'André Gérin, mais surtout je lui reproche de jouer perso sur la qustion, sans avoir pris le soin de travailler à une position commune des signataires du texte 3.Mis à part ça, j'ai quand même apprécié qu'hier à Canal+ MGB dise que les refondateurs ne pouvaient pas à la fois vouloir un autre parti et vouloir en même temps diriger le PCF, et que s'ils voulaient faire un nouveau parti, elle a dit : "J'ai envie de leur dire qu'ils le fassent". Ceci dit on peut se demander pourquoi à la conf. dép. de parti, Bessac qui est un de ses très proches, a fait l'exact contraire en maintenant dans la proposition au CN Cohen-Seat, Borvo, Briant, Mazet et compagnie. Peut-être pour, précisément, ne pas faire de place dans un premier temps à l'aile gauche (textes 2 et 3), puis pour ensuite liquider l'aile droite en commission des candidatures du congrès national... je ne sais pas, mais la démocratie semble être la cinquième roue du carrosse...
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E
Je ne suis pas partisan du jusquauboutiste "le socialisme ou la mort".Le vote de la base commune est passé. le vote des sections et fédérations est passé. Que faut-il faire ?Les deux textes "marxistes" ont réuni 40 % des voix des votants : c'est beaucoup mais ce n'est pas 50 % !C'est certes un signe important donné par la base et la direction du Parti doit en tenir compte ! Elle sait qu'elle ne peut pas faire n'importe quoi.Maintenant, il y a deux angles de travail :1) on finit le travail du congrès en essayant d'avoir nationalement un maximum d'intervenants "marxistes" et, dans ce cadre, ce que propose Gérin est une sorte d'union de la gauche au sein du parti face aux liquidateurs officiels (cela me fait penser au débat : des députés ou pas ?) ;2) on continue le travail à la base, dans les cellules et les sections, pour convaincre un maximum de camarades des méfaits de la dérive sociale-démocrate actuelle et renforcer nos organisations auprès des travailleurs.La stratégie qui consisterait à dire "aucune compromission ! on refuse toute responsabilité au sein de la direction nationale !" reviendrait à laisser les mains libres à la direction actuelle et aux liquidateurs. La seule compromission que nous ne devons pas avoir, ici comme dans toute instance représentative, c'est la compromission des idées ! !Quant à maintenir MGB, c'est effectivement un compromis.D'abord, elle passe bien chez les adhérents, même chez certains de ceux qui refusent la liquidation. Ensuite, si MGB part, qui va t-on avoir comme secrétaire national ? Laurent ? Dartigolles ? ... Gérin ? (je blague !)... Gayssot ? (Je charrie !)...En clair : l'objectif pour ce congrès est désormais de renforcer notre poids politique au sein de la direction du Parti et d'éviter ce que souhaitent les liquidateurs, une explosion en plein vol !
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A
je ne comprends pas la position d'André...Il faut rester cohérent et proposer une liste alternative, un point c'est tout, y'a pas à tergiverser. La ligne actuelle de la direction ne nous convient pas, elle nous amène dans le mur: gerin compte travailler avec un collectif qui s'étripera à cause des trop grandes divergences de stratégie et de fond? non, ce n'est pas imaginable. La lutte des places, y'en a marre; et les tendances qui s'entredéchirent au sommet, y'en a marre aussi.Alors un peu de courage et de clairvoyance.
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J
En tous les cas, avec de tels propos - mais qui s'en étonnera - le camarade Gerin a droit de cité dans les colonnes de l'Huma du jour.
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G
Il ne faudrait pas qu'une participation à l'éxécutif aboutisse à discréditer notre ligne.
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J
Je ne sais pas comment MGB va prendre la proposition de Gérin, mais il faut le mettre en garde : si elle manifeste autant d'ouverture que la commission des candidatures du Congrès départemental de Paris, il pourra espérer 6 candidats...
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