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Réveil Communiste

"Chahut des consciences" ? de Pasquale Noizet

6 Décembre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

Sentiments, interrogations, propositions avant la dernière étape du 34ème congrès

Un peu de recul. Que reste-il après ce « chahut des consciences » ? Ces « métamorphoses » leitmotiv des mutants communistes qui réclament un communisme sans marxisme où juste un peu de pensée issue du marxisme pour les plus téméraires. Mutants qui s’accrochent comme des berniques à un parti dont ils ne veulent plus le nom ni les symboles du communisme historique et qui veulent en faire la coquille de « tous les possibles » de « toutes les métamorphoses » « ouvertes à toutes les cultures », et qui regardent vers d’autres horizons imaginant des îles incertaines, mais pleines de promesses, à gauche avec Mélenchon, à gauche en Europe qui rêvent de faire les belles expériences du type des collectifs du « tous ensemble tous ensemble » qui ont creusé les divisions plutôt que rapproché les militants du non à la constitution européenne .Il faudrait faire table rase de notre passé récent, et stigmatiser un passé bien plus lointain dont le bilan est laissé à l'ennemi et aux médias valets du capital sans même s'approprier, nous les communistes,  notre propre histoire et l'analyse de nos échecs, de nos erreurs, et aussi de nos réussites  !


Ah quel beau chahut des consciences ! Que de bruits sans fureur ! Que de platitude ! Est-ce donc là le communisme du 21ème siècle ? Sans odeur ni saveur ? Comme la formule publicitaire « un goût de canada dry sans canada dry». Un parti communiste sans communisme, sans symbole, sans nom. Un parti sans identité. Un parti sans parti pris, sans Parti. Un parti courant d’air, tremplin pour la lutte des places dedans et dehors. Voici à quoi conduiraient les « transformations profondes » que nos mutants voudraient voir réaliser au parti mais que l’on ne veut surtout pas définir concrètement puisque la majorité des communistes opte pour une démarche contraire. Cher Molière, que n’es tu à nouveau parmi nous, adaptant de ta plume légère et terriblement juste, la comédie du « bourgeois gentilhomme « avec dans le rôle du mutant communiste du 21ème siècle, un monsieur Jourdain métamorphique réinventant le sens du mot  communisme, déclinés sur tous les tons et s’extasiant des sons qui sortent de sa bouche !


Mais tout ce cirque pour quoi faire ? La direction sortante représentée par MG Buffet qui dit vouloir garder un parti communiste a voulu nous faire ronger un os pour garder les mains libres et se préparer à la nouvelle étape des fronts de la gauche notamment européenne. Il est visible et je l’ai vérifié à la conférence départementale de Paris, que les alliances entre ces deux pôles dits opposés (celui qui défend l’idée de fonder un autre parti et celui qui prétend garder un parti communiste mais avec de profondes transformations dont on ne connait pas les termes) sont bel et bien là , alliance des cols blancs, pour la lutte des places et qui comme un seul homme visent les prochaines élections européennes, fait des tractations avec le dissident du PS Mélenchon pour un rassemblement des gauches européennes (dans leur diversité : avec celles soit disant à gauche qui ont voté pour le oui à la constitution européenne).


Il est aussi visible que ceux qui veulent ce front des gauches relègueront les 40% de communistes qui ne veulent pas de ces « transformations profondes « sans noms, au rôle sulfureux de diviseurs, d’orthodoxes, d’intégristes. Lorsque, en conférence départementale, j’ai demandé légitimement de préciser en quoi consistait ces profondes transformations, ceux qui veulent un autre parti ont exprimé soit directement soit indirectement leur volonté de transformer le parti en parti de rassemblement de la gauche et notamment de le vider de son référencement historique tandis que ceux qui prétendent vouloir garder le parti communiste français ont prétendu que ce n’était ni le lieu ni le moment d’expliciter ce que seraient ces « profondes transformations ». De la part des refondateurs cela ne m’aurait pas étonnée mais de la part de responsables qui disent vouloir garder l’identité du PCF, cela m’interpelle.


L’Europe, celle contre laquelle nous avons dit « non » à une constitution libérale qui met en concurrence les peuples à travers l’exploitation dans le travail, les injustices les plus criantes, qui nie les acquis sociaux des pays membres et qui ramène à moins que rien les actions entreprises par les syndicats pour défendre les droits des travailleurs cette Europe devient maintenant (grâce à l’esprit ouvert de la métamorphose) l’objet d’un front des gauches avec les Verts du Oui, le PS du Oui ! On met en avant Mélenchon, somme toute homme sympathique mais qui ne représente qu’un groupuscule dissident du PS qui a renoncé à changer son parti de l’intérieur pour qu’il devienne de gauche (au moins comme dans les années 70). Un Mélenchon qui lorgne vers le PCF non pas pour le rejoindre mais pour l’utiliser dans son projet de gauche européenne. Ce projet est arrangé depuis les collectifs  anti libéraux. Ce qui m’écœure c’est l’utilisation que l’on en a fait hier et aujourd’hui. On retourne avec facilité le gant des contradictions sous prétexte qu’il faut être de son temps et « faire des expériences dans un monde tel qu’il est devenu ».On lève le doigt et selon d’où vient le vent on décide de nos alliances. Car d’après ce qui est écrit dans la base commune il s’agirait de « faire des expériences pour changer de voies » « d’inventer les voies et les moyens de ces transformations dans le monde tel qu’il est ». L’animal qui sort de cette métamorphose ressemble à s’y tromper à un caméléon.


Derrière le thème ô combien prévisible de la crise financière se cache toute tentative de remettre en cause nos actions récentes, nos stratégies récentes. Certes, certains de nos  mutants qui veulent u ne place dans la sphère du comité national ou dans les hautes sphères du pouvoir politique des prochaines élections 2012 compris, osent moins claironner « crise du communisme » et admettent au mieux de dire du bout des lèvres « crises du capitalisme ». Mais juste après ils viennent pleurer que les gens ont peur du communisme à cause de son passé (Celui de la gauche plurielle ? Des collectifs anti libéraux représenté par un parti « de la gauche populaire et anti libérale » qui a rendu invisible les militants communistes transformés en petits soldats de la candidature Buffet sous les huées de leurs petits camarades de la LCR et des anti communistes dits « non encartés » manipulés par les soit disant dissidents de la LCR ou par des petits chefs d’autres instances politiques ? ) Il s’agirait selon ces mutants de continuer le grand débat sur « penser à revoir nos symboles (j’imagine faucille et marteau, chansons révolutionnaires, drapeau rouge, etc.…). Encore un os à ronger tandis que tous sont d’accord pour partager le gâteau de l’Europe. Je n’ai rien contre participer à la luttes des peuples européens mais de là à vouloir jouer avec ceux là même qui sont pour une Europe capitaliste là cela devient insensé et contre révolutionnaire. Je ressens ce non sens comme de la trahison.

Qui a demandé l’avis de la base des communistes pour se permettre d’avancer aussi loin dans les alliances avec le nouveau parti de Mélenchon qui certes a été avec nous dans la bataille du non au référendum mais qui interpelle d’autres partenaires du « oui » et ce, sans la moindre analyse de la situation actuelle de l’Europe et de l’échec du respect du vote des français contre la constitution européenne ? Aujourd’hui il s’agit de remettre sur la table un plat froid et de le partager avec ceux là même qui ont voté pour une Europe libérale. Je sais, il faut être moderne, au micro onde, ça réchauffe vite. On nous sort les violons et on va danser sur l’air du nouveau front des gauches européennes. Mais il faudrait avant cela faire le bilan du parti de la gauche européenne auquel nous avons parait-il participé. Là aussi faire un bilan est du domaine de l’impossible.


Ce que je retire de tout cela, c’est un écran de fumée pour nous faire encore avaler des couleuvres et là je dis « ça suffit comme ça ! » C’est à cela que sert l’expérience, à ne pas refaire les mêmes erreurs. Aujourd’hui je vois plus clair. Je sais où on veut m’amener et je n’irai pas. Ce que je veux ce sont des bilans et des analyses. Ce que je veux c’est que l’on demande l’avis de la base des militants, qu’on les informe. Bref ce que je veux avant tout pour que le parti fonctionne sur ses deux jambes et avec une seule tête, c’est une démocratie interne. Ce que je veux c’est renforcer le parti communiste et lui donner toute ses chances de peser dans la société, de tenir ses promesses de changement radical. Pour se faire, il faut continuer à exister au sein de notre parti, dans toutes les instances et dans les exécutifs car c’est là aussi que tout ce joue. Parler c’est bien, faire avancer nos idées c’est très important mais faire respecter les décisions et les mettre en actes c’est difficile si nous ne sommes pas aussi dans les exécutifs.


Dans cette période de congrès, ne ratons pas cette étape pour agir durant ces trois ans. Il reste à passer le cap de la conférence nationale du 34ème congrès. Que nos délégués soient les meilleurs possible et fassent respecter leur droit à intervenir dans le débat. On ne peut encore définir les contours de ce que sera notre prochaine direction nationale. Tout va dépendre d’une liste alternative au niveau nationale, la plus large possible sur les bases du texte 3 qui donne la perspective d’unir le maximum de camarades sur des positions claires. Pour les trois années à venir, travaillons en concertation, continuons à nous informer et à nous voir. Nous avons du pain sur la planche mais j’ai bon espoir.

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P
Juste une petite réflexion qui me vient : je trouve que l'expression de "Chahut des consciences" de la Base Commune fait écho à la pièce de théâtre mise en avant par l'Humanité qui s'intitule "le silence des communistes"..."Chahut ou Silence revient à la même chose comme dirait Shakespeare "Beaucoup de bruits pour rien" notamment autour des métamorphoses du parti, de garder ou changer de nom, tout ça pour continuer à faire du parti une coquille des "possibles" de "profondes transformations" etc..ce qui ramène au silence DU COMMUNISME plutôt que des communistes car eux ils n'arrêtent pas de débattre sur ce qu'ils sont et ne seront plus... J'ai vu un extrait de cette pièce sur dailymotion et j'ai été attérée de voir qu'il s'agissait tout bonnement d'aboutir sur l'idée de créer un Die linke en France...Tout ce bruit pour...çà. Je comprends donc pourquoi l'Humanité en fait la publicité.QUand on connait le désir de faire une gauche européenne de certains de nos dirigeants et responsables et de faire ami ami avec les socialistes qui eux n'ont plus que leur nom pour donner le change.Sur le blog de Danièle BLeitrach il est question de cette pièce et il y a également un très bon texte qui l'accompagne et que je vous conseille d'aller lire. IL y a un lien sur le site de Réveil.
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M
Excellente analyse de la situation actuelle dans le Parti.<br /> Bravo à tes propositions d'unité d'action de tous les vrais communistes<br /> Merci de poursuivre ton effort pour informer les camarades.<br /> salutations fraternelles
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