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Réveil Communiste

Contribution sur les statuts du parti signée Borelly Morvan Zaidner

30 Novembre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

Pour un communisme et un Parti Communiste Français du 21ème siècle
 
Pour l'élection démocratique de sa direction

 


La crise du système capitaliste qui secoue le monde, bouscule la préparation de notre congrès et place entre les mains de chaque membre du Parti Communiste, une grande responsabilité.
 
Devant les difficultés qui se profilent pour les peuples du monde, notre congrès doit être un acte fort, courageux, s'attaquant au capitalisme, non pour des modifications à la marge, mais pour avancer dans le sens de son dépassement.
 
La base commune adoptée par une majorité de communistes propose de construire avec notre peuple un communisme du 21ème siècle. Il propose également un chemin pour y parvenir:
 
« créer en permanence les conditions d'une intervention populaire, d'une maîtrise citoyenne et démocratique des processus de changement....Favoriser l'élaboration, à partir des contradictions du système  et des besoins qui s'expriment, des grands objectifs d'un projet de changement à vocation majoritaire...
Construire en toute circonstance les luttes, les rassemblements, les majorités citoyennes et politiques  susceptibles de porter ces réformes...
Dans tout ce que nous allons entreprendre, nous voulons mettre la démocratie et la participation active des citoyens au coeur de la construction du changement...
Placer sans attendre cette souveraineté du peuple au centre de notre pratique et de nos actes politiques doit devenir une marque de fabrique de notre démarche, de notre identité communiste aujourd'hui...
En donnant à la lutte des classes son contenu contemporain, nous voulons aider à construire l'unité de toutes celles et tous ceux qui ont intérêt à s'émanciper des dominations actuelles, la conscience de leur intérêt
».
 
Certains esprits chagrins diront que ce n'est pas la première fois que dans un texte de congrès nous proposons de mettre le mouvement populaire au centre de la construction du projet politique. Ces esprits là ont raison. Nous l'avons écrit à plusieurs reprises. Mais l'avons-nous traduit dans tous nos actes? Dans notre stratégie? Dans toutes nos batailles politiques? A l'évidence NON sauf dans des cas trop limités comme notre bataille politique de 2005 pour le NON au le traité constitutionnel.

Programme commun, gauche plurielle, comités anti-libéraux procèdent d'une même démarche. Nous sommes encore trop marqués par des pratiques d'accords politiques et d'union au sommet. Des accords qui placent de fait le peuple en soutient ou en force d'appoint et non en construction d'un projet politique. Une démarche qu'on le veuille ou non, nostalgique du parti guide ou « d'élite éclairée ». C'est dans cette démarche que nous avons à Martigues modifié nos statuts en présidentialisant le Parti, en abandonnant le travail de terrain sur les lieux de travail et dans les quartiers. En transférant vers le haut (des cellules aux AG de sections) la souveraineté des communistes. En calquant nos statuts sur ceux du PS.
 
Alors que tout dans la société demande plus de liberté et de démocratie nous avons faits l'inverse.
 
La démocratie: but et moyen disons-nous, dimension universelle du projet politique. Alors si nous sommes d'accord avec çà réfléchissons la nature du parti politique, la forme de ses structures, la composition de sa direction, ses règles de vie en fonction du rôle que nous souhaitons faire jouer au peuple. La nature des transformations à opérer découle du projet politique et des moyens pour y parvenir.
 
Alors: comment avancer? Les communistes dans leur très large majorité ont choisi de garder le Parti Communiste Français en le transformant profondément. C'est acter dans la base commune : « Nous faisons le choix d'engager de profondes transformations de notre parti ...La voie de transformations du PCF nous apparaît plus féconde que celle de la recherche d'un autre parti aux contours incertains », mais également dans les deux autres textes soumis au vote des adhérents. C'est ce que la quasi totalité des adhérents a exprimé à l'AG des responsables de sections en décembre 2007 ou encore en juin à Tours. Le mandat donné par le congrès sur cette question doit être extrêmement clair. Un calendrier précis doit être fixé pour aller vers la modification des statuts.

Oui il faut des transformations profondes dans notre parti.  

Quelles peuvent être ces transformations?

Construire dans les luttes, les débats le rassemblement populaire, les fronts progressistes, les majorités politiques nécessitent un immense travail de terrain. Nous gagnerons un nouveau mode financement de la protection sociale, un pôle public du crédit et de la finance, de nouvelles missions pour les services publics, un nouveau mode de développement, une place nouvelle pour l'industrie que si des millions de citoyens en fond leur affaire.
 
C'est à partir de ces données fortes qu'il nous faut entreprendre les transformations profondes  du P C F. L'intelligence collective des communistes est convoquée. Dans cet esprit nous faisons quatre propositions pour le débat.
 
1°) Développer les structures de proximité

C'est à partir des réalités de terrains qu'il faut chercher à construire ou à développer des structures de proximité. Proximité géographique ou communauté d'intérêt (protection sociale, logement, culture, industrie...etc).  Vers les lieux de travail tels qu'ils sont aujourd'hui avec l'éclatement des sites, des horaires et des statuts des personnels, avec aussi l'existence de bassins d'emplois, de zones d'activités regroupant des milliers et quelquefois des dizaines de milliers de salariés d'une grande diversité.
 
Cellules, sections, collectifs, réseaux, groupes de travail...etc.  Toutes les formes sont à expérimenter ou à développer pourvu qu'elles soient efficaces pour s'organiser au niveau d'une entreprise ou un quartier, une ville, une filière industrielle ou un service public. Leur objectif : rassembler les communistes, débattre avec les citoyens, organiser les luttes et les rassemblements sur tous les enjeux du local au mondial.  


Les moyens modernes de communication, l'utilisation massive d'internet  permettent aux communistes d'être reliés entre eux, l'échange et une circulation rapide de toutes les  informations quel que soient les lieux.
   
Partout, il y a des hommes et des femmes qui cherchent, qui militent dans les syndicats, les associations, qui ont des activités sociales. C'est avec eux que nous construirons, à parti d'eux, à condition d'être attentifs, de se donner des objectifs et des moyens d'une action persévérante, de longue durée.

On peut tenir le même raisonnement dans les localités et les quartiers, durement touchés par la crise, la dégradation des conditions de vie, chômage, précarité, logements rares et chers, environnement dégradé. L'implantation du parti a reculé, parfois disparu. Nous n'avancerons pas par incantations mais en rencontrant les habitants qui sont aussi des salariés souvent précaires, des chômeurs, des retraités, des jeunes lycéens et étudiants. Ces villes, ces quartiers ne sont pas des déserts. Il y existe souvent une vie sociale, des femmes et des hommes engagés qui demandent à être écoutés et reconnus.
 
2°)  Un rôle nouveau de la section

La section devrait être construite non comme une structure hiérarchique mais véritablement comme le lieu d'analyses et d'initiatives concourant à la mise en oeuvre des orientations de congrès. Le lieu où se croisent, se confrontent, s'épaulent, s'encouragent les activités de proximité, où s'échangent les expériences des militants et des militantes.

A la section se rencontrent les initiatives individuelles et collectives qui aboutissent à ce que chaque communiste ait le sentiment d'être utile, d'être entendu, où chaque communiste trouve, à partir de ses propres motivations, le moyen de participer à une action collective efficace. C'est aussi à ce niveau qu'il faut commencer à répondre au besoin de formation exprimé fortement par les communistes et qui peut aller au-delà vers la jeunesse, vers les salariés.
 
Une formation théorique et politique qui s'appuie sur les travaux de Marx et les développements qu'ils connaissent aujourd'hui. On nous dit parfois que cette transmission serait dogmatique et qu'il faut aussi voir ce que d'autres produisent. Pourquoi pas ? Sauf que ce qui est occulté, déformé de façon dogmatique dans le climat médiatique dominant, ce sont ces idées révolutionnaires que nous avons la responsabilité de faire vivre.


3°) Assemblée Générale annuelle des responsables de sections

Convoquée à deux reprises ces dernières années. L'assemblée générale des responsables de sections parce qu'elle ne passe pas par le filtre des conférences départementales permet une expression beaucoup plus libre des délégués, des interventions et réactions branchées directement sur les batailles politiques dans les sections et les départements. Elle reflète beaucoup mieux l'état d'esprit des communistes. Le travail en ruches ou en atelier permet de multiplier le nombre d'interventions.
Cette assemblée annuelle  des responsables de sections pourrait devenir une disposition statutaire.
La direction présentant à chacune d'entre-elles un bilan d'étape de la mise en oeuvre des orientations de congrès et des grandes campagnes politiques. Par exemple ou en sommes-nous dans notre bataille la bourse ou la vie, les salaires, contre la privatisation de la poste ou encore le logement...etc. Combien d'initiatives, de communistes en mouvement, combien de rencontres, de débats, de signatures, de citoyens rassemblés ? Où en sommes-nous dans nos contacts ou nos débats avec les forces politiques, les syndicats, le mouvement associatif ? Quelles sont les avancées, les questions en débats, les points de blocage ? Comment les lever ?


Une telle démarche permettrait de mettre en adéquation le rôle que nous souhaitons faire jouer au mouvement populaire et la transformation profonde de notre parti.
 
Cette Assemblée générale des responsables de section pourrait être préparée par la tenue d'une assemblée générale des adhérents dans toutes les sections qui aurait pour but de discuter et d'amender un document proposé par le Conseil National,  et de désigner les représentants de la section à l'AG.

4°) Les délégués aux congrès

Nous fonctionnons depuis des décennies sur le même mode de désignation des délégués dans nos congrès. Dans ce domaine aussi nous devons innover. « Un parti démocratique, ou les adhérents sont souverains » souligne avec beaucoup d'ambition la base commune.  Dans cet état d'esprit, pourquoi ne pas inscrire dans nos statuts une représentation directe des sections au congrès, avec une pondération départementale. Cela permettrait d'éviter le prisme déformant des conférences départementales, des délégations et de droits de vote triés sur le volet en  fonction du premier responsable de la fédération




Borelly Pascal

Morvan Jean-Pierre

Zaidner Marcel

 


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