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Réveil Communiste

Lettre d'André Gerin à M.G. Buffet: respecter le choix des communistes

10 Novembre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

Le 8 novembre 2008



Chère Marie-George,


J'aimerais que l'on mette les points sur les i au prochain conseil national du 19 novembre. Le choix des communistes risque d'être remis en cause. Bafouant nos statuts qui constituent notre loi commune, une partie de l'équipe dirigeante se livre à des tentatives multiples pour dévoyer le vote des adhérents. Faire respecter leur choix est essentiel pour que le 34ème congrès soit un congrès exceptionnel qui scelle l'unité des communistes. C'est une exigence si l'on veut rétablir la confiance !


Qu'une partie de la direction continue d'être favorable à la création d'une nouvelle force politique n'est pas en soi choquant. En revanche que cette frange fasse semblant d'ignorer que l'immense majorité des communistes veut préserver un PCF autonome et tente de lui imposer un autre choix : là, je dis attention, danger de division. Depuis plusieurs congrès, la base militante se sent méprisée. En ne respectant pas son expression, on ouvrirait la porte à la paralysie, au déchirement et à l'éclatement.


En choisissant de ne pas présenter de texte alternatif, alors qu'ils sont en désaccord avec l'orientation de la base commune qui affirme la nécessité du PCF, les camarades qui se prononcent pour une autre formation politique ont cherché à camoufler derrière l'abstention, le non vote, le vote blanc ou nul, le fait qu'ils sont minoritaires. L'assemblée générale des communistes, en décembre 2007, était claire sur ce point. En jouant la confusion au moment où la lame de fond de la crise financière s'apprête à déferler sur notre peuple, ils portent une lourde responsabilité. C'est le moment où jamais de parler clair et de serrer les coudes. De faire preuve d'esprit de responsabilité. L'heure n'est vraiment pas aux petits calculs personnels et aux querelles de chapelle. Nous devons faire corps avec les adhérents, avec tous les communistes.


Soyons clairs : le vote sur les textes indique un réel mécontentement des communistes qui ne se retrouvent pas dans la base commune. Mais le résultat du scrutin, notamment, au regard du vote au précédent congrès, la progression des textes alternatifs qui veulent le renforcement politique et idéologique du PCF, indique nettement dans quel sens ils veulent aller. Après le vote des textes, le Parti Communiste Français doit entrer dans le vif du congrès avec les assemblées de cellules, là où elles existent, les conférences de section et départementales, enfin le congrès par lui-même.


C'est le moment de mettre en œuvre des pratiques démocratiques inédites que tous les communistes appellent de leurs vœux. Ces pratiques doivent respecter les statuts, ce qui n'empêche pas de proposer des modifications que le congrès pourrait entériner. Nous devons veiller, sans parler d'arithmétique, que le choix des communistes se reflète dans les conférences et le congrès. L'élection des délégations à chaque niveau doit requérir toute notre attention. De la façon dont elles seront constituées dépend la qualité démocratique du congrès.


Deux critères sont essentiels :

- il faut encourager au maximum l'élection de camarades issus des milieux populaires et du monde du travail, implantés parmi eux. Cela suppose du volontarisme. La vie politique française, le comportement des élites agissent comme des repoussoirs. Le traumatisme des années Jospin est loin d'être résorbé chez les militants les plus touchés par les agressions du capitalisme.

- l'affirmation majoritaire des communistes en faveur du maintien de l'existence du PCF doit se refléter dans les délégations, en ayant le souci d'une réelle représentativité des différentes approches et conceptions du devenir du PCF. C'est la garantie d'un débat franc, loyal, fructueux. C'est la garantie d'élire des directions ayant une réelle légitimité, sous peine de tri sélectif qui écarte des adhérents. C'est la logique de l'appareil étouffant la voix plurielle des communistes.


S'il est un terrain sur lequel le PCF doit innover, c'est bien celui-là. Il faut en finir avec les pratiques de secret, de cooptation, de préparation opaque des élections. La question des directions doit devenir pleinement partie prenante du débat démocratique au sein du parti. Nous ne devons plus craindre l'expression des individualités encore moins les fuir ou les étouffer dans les carcans bureaucratiques. Le communisme du XXIème siècle revendique le droit à la personnalité, à l'originalité, à la différence, au non-alignement. Il faut absolument sortir d'une logique de « plus petit dénominateur commun » et promouvoir des cadres qui, tout en restant liés étroitement au parti, savent exprimer leur point de vue et prendre des risques politiques.


Quiconque est candidat à quelque poste que ce soit, proposé par lui-même, par une direction sortante ou par un groupe de communistes, doit clairement s'afficher devant l'ensemble des communistes. L'ambition doit être conçue non comme un péché, mais comme un levier.


Pour un bon déroulement du débat démocratique concernant les dirigeants, tu dois dire sans délai si tu es candidate ou non à ta succession. Dans la foulée, les successeurs potentiels doivent se déclarer.

 

Le caractère collectif des directions est une originalité historique du Parti Communiste Français. Le bureau politique, quand il existait, était à la fois une force de réflexion et une force de frappe formidables. Il faut revenir à un exécutif d'une quinzaine de membres composés de militants ayant des conceptions diverses, capables d'assumer cette diversité et surtout ayant envie de porter leur parti aux avant-postes de la lutte des classes.


Le conseil national doit être le parlement du parti, sa plus haute autorité politique. Pour retrouver une légitimité qu'il a complètement perdue, notamment avec un absentéisme qui touche largement plus de la moitié de ses membres. Il faut prendre une mesure marquante et modifier les statuts en ce sens avec l'élection des membres du Conseil National au suffrage direct de l'ensemble des adhérents.


Il nous revient de porter dans la situation actuelle, plus que jamais, les couleurs du Parti communiste français et de dire aux gens que l'on veut une société communiste pour remplacer ce capitalisme destructeur. Annonçons donc la couleur. Je pense d'ailleurs que cette idée manque dans le document de base commune et s'il y a une chose que je partage avec les autres contributions, c'est que l'on ne peut laisser cette base commune dans son état actuel, qu'elle a besoin d'être revue pour appeler à du communisme tout de suite, à une démocratisation du PCF avec une direction qui anime et dynamise, avec des dirigeants de terrain travaillant au rassemblement, aux luttes, pour des avancées politiques et pour l'émancipation humaine.


Henri Malberg vient de publier un livre qui tombe fort à propos. Bravo et merci Henri pour ton courage, ta lucidité.



André GERIN

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G
un parti historique n'est pas une association de gens qui partagent des idées communes. Un parti communiste n'est pas l'association de tous ceux qui professent des idées communistes, ou telle ou telle version de ces idées que l'on considère correcte. c'est une organisation structuré dans la lutte révoluitionnaire concrète, économique et politique, et qui assume toutes sortes de contradictions. Il faut aussi un Ancrage matériel, une tradition de lutte, des attaches dans le vécu (familles, solidarité matérielle, et même intérêts personnels). Aujourd'hui la situation du PCF est spéciale puisqu'une partie importante de son appareil n'est plus communiste, mais l'unité des communistes reste un objectif stratégique central. C'est pourquoi je ne crois pas à une recomposition autour de l'idéologie. peut être autour de mots d'ordres pertinents et d'action fédérative de masse, mais c'est encore dans et non hors du parti que ça peut prendre corps.
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P
c-a-d, approfondi ton raisonnement gilles! ?
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G
Pas de recomposition sur bases idéologiques, aussi bonnes soient-elle!
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J
pour une fois je suis d'accord avec eldiablo sur le Prcf, étant sympathisant du Prcf oui en effet moi même j'ai quelques désaccords avec la direction du Pôle, par exemple au départ j'étais très réservé sur "la sortie de la France de l'UE" (faut dire le Prcf a été le 1er à l'avoir proposé!), sur ce point je suis désormais d'accord. Par contre le Prcf prône comme théorie le marxisme-léninisme, la je suis réservé (j'estime que cela relève du stalinisme, en effet c'est Staline lui même qui invente cette notion faut-il le rappeler), moi je suis partisan du socialisme scientifique (marxisme) de Marx et Engels développé par Lénine et d'autres révolutionnaires qui fut adopté par le PCF en 1979 puis supprimé au 28e congrès de la mutation réformiste en 1994.je pense en effet que 40% de marxistes contre 60% de réformistes c'est quelque chose de positif et nous devons faire notre possible pour renverser la tendance même si ça peux être illusoire. Si ça ne marche pas, alors il faudra se poser les bonnes questions et rassembler tous les groupes communistes opposés à la liquidation du PCF pour le continuer sur des bases révolutionnaires modernes, en revenant au centralisme démocratique mais qui soit réellement démocratique, je suis contre le droit de tendances comme le prône la gauche communiste, pas d'accord !Le PCF doit redevenir un parti révolutionnaire, d'avant-garde, des travailleurs renouant avec un véritable projet de société : un socialisme pour la France, un socialisme original, inédit, dégagé de tout modèle ayant existé, en analysant de manière critique les expériences des pays socialistes de l'Est, le positif et le négatif, tout en défendant la révolution d'octobre de 1917 comme la révolution française de 1789, l'union des drapeaux rouges et tricolores, de l'internationale et de la marseillaise. c'est ce parti que je veux voir revivre dans les conditions d'aujourd'hui, c'est continuer le vrai PCF tout simplement !
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G
Joignant la théorie à la pratique, Pasquale Noizet annonce sa candidature au CN.André Gerin dans sa lettre à Marie-George : "Quiconque est candidat à quelque poste que ce soit, proposé par lui-même, par une direction sortante ou par un groupe de communistes, doit clairement s'afficher devant l'ensemble des communistes. L'ambition doit être conçue non comme un péché, mais comme un levier".
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J
J'aime bien le post et la proposition d' Emmanuel. Sur la proposition du PRCF, pourquoi pas. Il faut se rassembler et se rencontrer.Et du coup je rebondis sur le post d'el diablo : "Ainsi, si je prends mon cas, j'aurai très bien pu rester au PCF si j'avais été dans une section ou une cellule "résistante" et y continuer à militer avec mes idées. Malheureusement, j'étais dans une section mutante ou plutôt suiviste où il n'était pas possible de militer sereinement sans subir les invectives..."Il faut en finir avec ça multiplié par milliers. Ce genre de vécu, ça fait trop de fois qu'on l'entend.
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E
Je pense qu'il faut rester modeste dans nos objectifs. Il faut se rendre à l'évidence, aujourd'hui, même si je pourrais le souhaiter, l'heure n'est pas l'unification des communistes (disons restés fidèles aux fondamentaux)au sein d'une organisation unique. Au moins ce congrès du PCF nous aura permis de débattre (via ce blog notamment) et d'engager une réflexion sur les perspectives.Ceux qui sont restés, ceux qui sont parti....chacun à son histoire et les circonstances sont différentes selon les sections et les fédérations. Ainsi, si je prends mon cas, j'aurai très bien pu rester au PCF si j'avais été dans une section ou une cellule "résistante" et y continuer à militer avec mes idées. Malheureusement, j'étais dans une section mutante ou plutôt suiviste où il n'était pas possible de militer sereinement sans subir les invectives...je me suis donc éloigné.Dans un premier temps j'ai milité avec des camarades du CNUC puis ensuite j'ai rencontré les camarades de "rouges vifs" association dont je fais toujours parti.Concernant le PRCF (ex CNUC) j'y ai de bons camarades mais je suis réservé sur leur mode de fonctionnement et un certain nombre de leurs thèses. Je crois qu'ils ont un peu trop l'esprit de chapelle et se veulent trop les défenseurs de la "pureté communiste". Ce que je dis n'est pas méchant simplement il me semble que cela et un peu un obstacle au rassemblement : je l'ai déjà dis à certains du PRCF.Avant d'envisager éventuellement de construitre un nouvel outil unifié, il faut apprendre à s'écouter et à vivre (militer) ensemble. Ainsi, pourquoi ne pas envisager, dans un premier temps, des campagnes unitaires sur des sujets qui ne font pas apparaître de divergences entre les divers "groupes" (y compris avec les camarades opposants au sein du PCF). Je pense par exemple à la défense des salaires et des retraites par répartition, les nationalisations, les services publics ou l'Union Européenne... C'est une suggestion qui me semble relativement réaliste...vous ne croyez pas! à débattre ...salut et fraternité. EL DIABLO
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P
camarade eric je suis globalement d'accord avec toi, d'accord avec TOUS !mais alors qu'attendons nous pour nous rassembler et nous rencontrer?un grand meeting des communistes de France à la Mutualité à PARIS , je sais que c'est possible !
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E
J'entends (je lis, plutôt) ce que disent les camarades du PRCF. Mais ils me semblent souvent beaucoup trop péremptoires à notre égard. Je dis ça très tranquillement pour avoir été, auparavant très proche de la Coordination communiste, à partir de 1993, puis des différentes structures (CNUC, FNARC ...) autour de la mouvance qui est aujourd'hui le PRCF. Il faudrait être sérieux lorsque l'on parle de l'unité des communistes. Qui classe, distribue les bons et les mauvais points ? Je me souviens d'un qualificatif de "semi-mutant" dans "Initiative Communiste" adressé à un amendement que nous avions présenté lors du 32e congrès du PCF, au nom de la fédération du Tarn. J'ai alors pris mes distances avec ces camarades ... Je ne chercherai donc pas à les convaincre du bien-fondé de notre pratique. Mais, si j'en juge par les résultats que nous avons obtenu, ici, dans notre département, avec le vote du 34e congrès, on ne s'est pas forcément fourvoyé ... Il me semble donc que la question de l'outil politique n'est pas à négliger : Je vous livre simplement cette remarque. Si plusieurs centaines de militants ou cadres, souvent aguerris, avaient pris ou conservé leur place dans le parti (ça ne veut pas dire laissé faire les dirigeants, mais bien prendre nos responsabilités de communistes face à une direction défaillante ou absente ...) le rapport des forces pourrait être encore plus en notre faveur aujourd'hui.Disant cela, je ne juge personne, surtout pas des militants pour qui j'ai de l'estime, par exemple Emmanuel Lyasse, ou G. Gastaud, par exemple.Mais trop souvent, des militants du PRCF viennent ici pour nous expliquer le bien-fondé de leur démarche. Je m'interdis d'aller faire la même chose sur leurs sites.C'est dans l'action commune que nous ferons vivre les idées communistes, contre la guerre en Afghanistan, contre les politiques inspirées par l'intégration européenne, en solidarité avec Cuba socialiste.Oui, nous voulons reconstruire un vrai parti communiste, utile à son peuple, autonome, rassembleur, actif dans les luttes, dans les quartiers populaires, le monde du travail ... et pour cela, personne ne peut faire l'impasse sur les dizaines de milliers de militants communistes qui militent dans le PCF avec cette volonté, dont je suis. Ce congrès peut devenir historique, comme le congrès de Tours, en somme, où nous reprendrions ce parti en battant les réformistes et les "post-communistes" qui se sont dévoilés (texte Cohen-Séat) et qui seront minoritaires sur leurs bases partout ou presque, pour peu qu'on les démasque intelligemment. Je crois de plus en plus à un scénario proche du scénario italien. Mesurons nos responsabilités aujourd'hui et dans les semaines qui viennent ! A cet égard, la lettre d'André, comme l'esprit unitaire et très positif qui anime tous les initiateurs du texte commun "Faire vivre et renforcer le PCF ..." doit nous permettre vraiment d'aller de l'avant. Nous avons, partout, des signes très encourageants.  Hasta la victoria!
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P
emmanuel je suis bien d'accord avec toi sauf que ce n'est pas au PRCF tout seul de reconstruire un parti communiste mais tous ensemble avec les rouges vifs,etc...AVEC TOUS MDR !<br /> mais gilles le PRCF n'a jamais appeler les communistes du PCF à sortir de leur parti contrairement au 15e, à Gérin, à la gauche communiste qui osent appeler les opposants communistes (qui peinent pour l'unité des communistes) à reprendre leurs cartes alors qu'ils ont étés complètement mis à l'écart, comment peut-on en arriver la camarade gilles ?! c'est sans fondement !<br /> nous devons évoluer camarades, TOUS ! bien avant que Sarko et ses sbires sociaux démocrates et autres faux communistes auraient détruit la France des travailleurs !
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