A propos des critiques de La Riposte contre André Gerin
André Gerin est critiqué par "La Riposte" à l'origine du texte 2 du vote du congrès du PCF les 29 et 30 octobre pour ses prises de position sur la délinquance et la vie dans les quartiers populaires, en particulier pour le contenu de son livre "les Ghettos de la République". On a tenté d'instruire un procès en sorcellerie contre lui, dans le style des campagnes "politiquement correctes" qui pourrissent les débats dans les campus anglo-saxons, avec l'appui de certains secteurs liquidateurs du PCF (les refondateurs, et Braouezec, pour ne pas les nommer) qui ont fait circuler un remontage de citations de ce livre, décontextualisées et tronquées, le but étant de faire passer André pour un raciste. Il faut remarquer que ce sont les mêmes milieux (les refondateurs d'Aubervilliers, Roger Martelli) qui ont été assez mal inspirés pour lancer en 2004 '"l'affaire du voile". Aujourd'hui, ce sont les trotskystes communautaristes de "La Riposte" qui prennent le relai, pour montrer à la direction sortante du PCF qu'ils peuvent être utiles.
On reproche aussi à André d'avoir fait préfacer son livre par Éric Raoult, député UMP du 93, et connu pour ses dérives xénophobes. Sur ce point, il se trouve que j'ai rencontré le député Éric Raoult dans le cadre d'une démarche des enseignants de mon lycée pour tenter de faire revenir en France deux élèves qui avaient été mariées et retenues de force dans leur pays, et qu'à cette occasion, il a utilisé ses relations gouvernementales, et qu'il y est parvenu. Il y a donc une différence certaine dans ce cas entre l'homme public qui recycle le discours xénophobe de base de l'UMP et le politicien pragmatique qui n'a pas hésité à se mouiller sur une question de simple humanité (il n'y était pas obligé). On peut comprendre qu'André le trouve sympathique. Et André a aussi le sens de la communication : il sait que l'indignation des petits bourgeois scandalisés est une sacrée caisse de résonance. C'est aussi pour ça qu'il est un des seuls communistes connus en France dans les classes populaires à part vaguement Marie George, et Maxime, qui est aussi un redoutable communiquant mais qui ne sais pas se limiter.
On reproche aussi à André d'avoir tutoyé "Nicolas" à la télé. Mieux vaut tutoyer Sarko, à mon avis que de se faire manipuler par lui, et d'embarquer dans son avion à destination du Liban, comme Marie George, pour devoir en plus pendant le trajet essuyer ses insultes (NS a dit à Hollande et MGB "vous nous avez niqué avec Le Pen pendant 20 ans, maintenant on va vous faire pareil avec Besancennot").
A ceux qui sont sincèrement inquiet de tout cela, je ne peux que conseiller une lecture sans préjugé des "Ghetto". La thèse de ce livre est simple : la population de ces quartiers (où André est élu) est abandonnée aux bandes mafieuses par les pouvoirs publics. Ce constat n'est sans doute pas valable partout, et tel quel, si rien n'était fait de plus, il aurait une portée autoréalisatrice. Mais, quoiqu'on en dise, il reste largement exact pour de vastes secteurs des banlieues des grandes villes. Les émeutes urbaines, si elle reflètent un malaise profond de la part des participants, ne peuvent pas être considéré comme révolutionnaires, ni même excusées, contrairement à la démagogie de la LCR, des refondateurs et de la plupart des dirigeant du PCF, car elles se tournent exclusivement contre les biens des classes populaires et les équipements publics dont elles ont besoin. Il s'agit d'une contradiction de classe interne au prolétariat, où un sous prolétariat marginalisé et sans perspective révolutionnaire s'en prend aux ouvriers et aux classes moyennes sur des bases ethnico-religieuses. La manière dont les manifestations lycéennes de 2005 et 2006 étaient attaquées par les bandes (j'y étais, je peux en témoigner), dans le plus pur style des nervis fascistes en dit long sur le degré zéro de leur conscience politique et leur racisme.
A cela, deux manières de répliquer : travailler à rétablir la légalité, ou sous-traiter aux associations communautaristes qui accompagnent dans le désert culturel provoqué par le déracinement et le chomage la prolifération des bandes. Cette dernière méthode a été privilégiée dans le 93 avec le résultat que l'on a vu (en particulier avec la campagne Aounit de 2004, et le compagnonnage avec un MRAP de plus en plus infiltré par les communautaristes).
Ceux qui comme Clémentine Autain ne passent pas le périph peuvent toujours ricaner, ou admirer dans la glace la vertu de leur belle âme en s'indignant vertueusement des constats d'André Gérin, le fait est que la classe ouvrière de ces quartiers, ou qui a du les quitter, est profondément révoltée par l'obligation qui lui a été faite de vivre dans les dégradations et la violence, d'avoir à envoyer ses enfants dans des écoles livrées au racket et à la démagogie éducative, et qu'elle est maintenant profondément scindée entre immigrés non intégrés et "français", catégorie qui regroupe tous ceux qui se considèrent comme tels. Cette scission est le résultat d'une politique délibérée des classes dirigeantes européennes, et il est vain de chercher de part et d'autre des torts. La différence culturelle de substrat religieux, que les communautaristes des deux cotés tentent de réactiver joue aussi un rôle pour diviser les habitants, et nul angélisme de bobo n'y changera rien. Dans ce cas aucun compromis n'est possible avec les intégristes. On ne peut pas accepter leur revendication pour imposer un statut supra légal à leur confession quel qu'elle soit.
André Gerin a le mérite d'affronter ces contradictions réelles. En tant qu'élu, il a le devoir de "faire quelque chose" pour rendre la vie possible à nouveau pour les familles, les personnes âgées, les femmes seules et pour empêcher les bandes d'embringuer les enfants dès dix ou douze ans dans leurs trafics et dans une confrontation sans espoir avec le reste de la société française. Si les milliers de communistes du 93 qui ont voté comme un seul homme la base commune s'était posé la question, ils auraient peut être gardé le conseil général. A condition, bien sûr, qu'ils existent!
Gauchistes, refondateurs, laxistes du groupe dirigeant du PCF qui ont si peur de paraitre ce qu'ils sont (des stals) se donnent la main dans une vertueuse indignation qui ne montre au fond que leur profonde indifférence pour la vie des quartiers populaires. André tient un discours, parfois excessif, mais qui interprète correctement les véritables doléances du peuple des banlieues toute religion et toute couleur de peau confondues. A ce titre, la composition du conseil municipal de Vénissieux suffit largement pour réfuter toutes les calomnies. Le jour où le CN du PCF comptera autant de noms musulmans, il fera chaud. Le peuple des banlieues, en fait, vomit les tièdes, et leur discours politiquement correct, il en a plus qu'assez des humanistes en chambre et des petits bourgeois communautaristes qui n'ont qu'un but : se créer des quotas pour eux mêmes et toucher les subventions européennes, américaines ou saoudiennes.
On reproche aussi à André d'avoir demandé la rupture de la loi du silence : est-ce à dire que pour des communistes la loi de la mafia doit primer? chacun sait ou devrait savoir qu'il y a un fascisme par en haut et un fascisme par en bas, dont le Ku Klux Klan américain ou la mafia sicilienne réimportée par l'US Army sont les archétypes. Le courage face à ces fafs là, qu'on côtoie tous les jours, c'est de parler, et le rôle des pouvoir publics, c'est de dire "que les bouches s'ouvrent".
André Gerin est critiqué aussi, parfois par certains qui ont signé le même texte que lui, pour avoir proposé une sorte de "front patriotique" avec le capitalisme productif national, contre le capital international. Cette idée doit se discuter et non être anathémisée, surtout qu'elle s'articule aussi sur la nécessité, dans le cadre de l'action réelle des élus sur le terrain, de promouvoir l'emploi dans l'est lyonnais industriel sinistré par les délocalisations. Un élu doit pouvoir proposer aussi des solutions concrète et immédiates à ceux qui cherchent désespérément un emploi, sans avoir le temps d'attendre la Révolution. Quant à ceux qui sont sur un discours du type "les délocalisations c'est pas si mal ça donne du travail aux roumains et aux marocains" ne comprendront pas, bien sûr, et le traiteront de nationaliste!
La Riposte est aveuglée par son idéologie anglaise. La gauche révolutionnaire anglo-saxonne repousse du pied toute affirmation patriotique, car elle vit dans l'illusion confortable que son type de pensée est universel, elle qui provient de l'aire culturelle dominante et messianique. Elle est incapable dans sa candeur de s'imaginer dans la peau de l'opprimé. Je crains que ça ne changera que le jour où l'Angleterre ou les États-Unis auront été occupés par une puissance étrangère. Irlandais ou Écossais eux le comprennent tout de suite.
Il y a beaucoup de choses intéressantes dans le texte 2, largement dues à la plume de Greg Oxley, qui écrit de manière claire et accessible (au moins on ne peux pas lui reprocher de méconnaître la langue française!). Mais comme pour la LCR, son analyse de la question nationale est totalement inadaptée à l'histoire de notre pays, et donc le résultat est une pure production idéologique verbale et inoffensive. Mais utile, en fin de compte, pour diviser les communistes qui veulent qu'une direction en échec qui a oublié le marxisme et la classe ouvrière rende des comptes. En avril, lorsque je lui ai demandé s'il voulait participer à un front antiliquidateur, il a refusé dédaigneusement, mais lui et ses disciples se sont indignés lorsque j'ai supposé qu'ils visaient des "strapontins" à la direction. Et bien, Greg, c'est maintenant qu'on va savoir si vous allez dédaigner aussi les strapontins? Ou si tu vas préférer passer en bloc avec tes ouailles au NPA? Ou si tu vas accepter de travailler honnêtement à la relance du PCF, et à sa transformation démocratique, avec tous les signataires du texte 3?
Gilles Questiaux, 2 novembre 2008
On reproche aussi à André d'avoir fait préfacer son livre par Éric Raoult, député UMP du 93, et connu pour ses dérives xénophobes. Sur ce point, il se trouve que j'ai rencontré le député Éric Raoult dans le cadre d'une démarche des enseignants de mon lycée pour tenter de faire revenir en France deux élèves qui avaient été mariées et retenues de force dans leur pays, et qu'à cette occasion, il a utilisé ses relations gouvernementales, et qu'il y est parvenu. Il y a donc une différence certaine dans ce cas entre l'homme public qui recycle le discours xénophobe de base de l'UMP et le politicien pragmatique qui n'a pas hésité à se mouiller sur une question de simple humanité (il n'y était pas obligé). On peut comprendre qu'André le trouve sympathique. Et André a aussi le sens de la communication : il sait que l'indignation des petits bourgeois scandalisés est une sacrée caisse de résonance. C'est aussi pour ça qu'il est un des seuls communistes connus en France dans les classes populaires à part vaguement Marie George, et Maxime, qui est aussi un redoutable communiquant mais qui ne sais pas se limiter.
On reproche aussi à André d'avoir tutoyé "Nicolas" à la télé. Mieux vaut tutoyer Sarko, à mon avis que de se faire manipuler par lui, et d'embarquer dans son avion à destination du Liban, comme Marie George, pour devoir en plus pendant le trajet essuyer ses insultes (NS a dit à Hollande et MGB "vous nous avez niqué avec Le Pen pendant 20 ans, maintenant on va vous faire pareil avec Besancennot").
A ceux qui sont sincèrement inquiet de tout cela, je ne peux que conseiller une lecture sans préjugé des "Ghetto". La thèse de ce livre est simple : la population de ces quartiers (où André est élu) est abandonnée aux bandes mafieuses par les pouvoirs publics. Ce constat n'est sans doute pas valable partout, et tel quel, si rien n'était fait de plus, il aurait une portée autoréalisatrice. Mais, quoiqu'on en dise, il reste largement exact pour de vastes secteurs des banlieues des grandes villes. Les émeutes urbaines, si elle reflètent un malaise profond de la part des participants, ne peuvent pas être considéré comme révolutionnaires, ni même excusées, contrairement à la démagogie de la LCR, des refondateurs et de la plupart des dirigeant du PCF, car elles se tournent exclusivement contre les biens des classes populaires et les équipements publics dont elles ont besoin. Il s'agit d'une contradiction de classe interne au prolétariat, où un sous prolétariat marginalisé et sans perspective révolutionnaire s'en prend aux ouvriers et aux classes moyennes sur des bases ethnico-religieuses. La manière dont les manifestations lycéennes de 2005 et 2006 étaient attaquées par les bandes (j'y étais, je peux en témoigner), dans le plus pur style des nervis fascistes en dit long sur le degré zéro de leur conscience politique et leur racisme.
A cela, deux manières de répliquer : travailler à rétablir la légalité, ou sous-traiter aux associations communautaristes qui accompagnent dans le désert culturel provoqué par le déracinement et le chomage la prolifération des bandes. Cette dernière méthode a été privilégiée dans le 93 avec le résultat que l'on a vu (en particulier avec la campagne Aounit de 2004, et le compagnonnage avec un MRAP de plus en plus infiltré par les communautaristes).
Ceux qui comme Clémentine Autain ne passent pas le périph peuvent toujours ricaner, ou admirer dans la glace la vertu de leur belle âme en s'indignant vertueusement des constats d'André Gérin, le fait est que la classe ouvrière de ces quartiers, ou qui a du les quitter, est profondément révoltée par l'obligation qui lui a été faite de vivre dans les dégradations et la violence, d'avoir à envoyer ses enfants dans des écoles livrées au racket et à la démagogie éducative, et qu'elle est maintenant profondément scindée entre immigrés non intégrés et "français", catégorie qui regroupe tous ceux qui se considèrent comme tels. Cette scission est le résultat d'une politique délibérée des classes dirigeantes européennes, et il est vain de chercher de part et d'autre des torts. La différence culturelle de substrat religieux, que les communautaristes des deux cotés tentent de réactiver joue aussi un rôle pour diviser les habitants, et nul angélisme de bobo n'y changera rien. Dans ce cas aucun compromis n'est possible avec les intégristes. On ne peut pas accepter leur revendication pour imposer un statut supra légal à leur confession quel qu'elle soit.
André Gerin a le mérite d'affronter ces contradictions réelles. En tant qu'élu, il a le devoir de "faire quelque chose" pour rendre la vie possible à nouveau pour les familles, les personnes âgées, les femmes seules et pour empêcher les bandes d'embringuer les enfants dès dix ou douze ans dans leurs trafics et dans une confrontation sans espoir avec le reste de la société française. Si les milliers de communistes du 93 qui ont voté comme un seul homme la base commune s'était posé la question, ils auraient peut être gardé le conseil général. A condition, bien sûr, qu'ils existent!
Gauchistes, refondateurs, laxistes du groupe dirigeant du PCF qui ont si peur de paraitre ce qu'ils sont (des stals) se donnent la main dans une vertueuse indignation qui ne montre au fond que leur profonde indifférence pour la vie des quartiers populaires. André tient un discours, parfois excessif, mais qui interprète correctement les véritables doléances du peuple des banlieues toute religion et toute couleur de peau confondues. A ce titre, la composition du conseil municipal de Vénissieux suffit largement pour réfuter toutes les calomnies. Le jour où le CN du PCF comptera autant de noms musulmans, il fera chaud. Le peuple des banlieues, en fait, vomit les tièdes, et leur discours politiquement correct, il en a plus qu'assez des humanistes en chambre et des petits bourgeois communautaristes qui n'ont qu'un but : se créer des quotas pour eux mêmes et toucher les subventions européennes, américaines ou saoudiennes.
On reproche aussi à André d'avoir demandé la rupture de la loi du silence : est-ce à dire que pour des communistes la loi de la mafia doit primer? chacun sait ou devrait savoir qu'il y a un fascisme par en haut et un fascisme par en bas, dont le Ku Klux Klan américain ou la mafia sicilienne réimportée par l'US Army sont les archétypes. Le courage face à ces fafs là, qu'on côtoie tous les jours, c'est de parler, et le rôle des pouvoir publics, c'est de dire "que les bouches s'ouvrent".
André Gerin est critiqué aussi, parfois par certains qui ont signé le même texte que lui, pour avoir proposé une sorte de "front patriotique" avec le capitalisme productif national, contre le capital international. Cette idée doit se discuter et non être anathémisée, surtout qu'elle s'articule aussi sur la nécessité, dans le cadre de l'action réelle des élus sur le terrain, de promouvoir l'emploi dans l'est lyonnais industriel sinistré par les délocalisations. Un élu doit pouvoir proposer aussi des solutions concrète et immédiates à ceux qui cherchent désespérément un emploi, sans avoir le temps d'attendre la Révolution. Quant à ceux qui sont sur un discours du type "les délocalisations c'est pas si mal ça donne du travail aux roumains et aux marocains" ne comprendront pas, bien sûr, et le traiteront de nationaliste!
La Riposte est aveuglée par son idéologie anglaise. La gauche révolutionnaire anglo-saxonne repousse du pied toute affirmation patriotique, car elle vit dans l'illusion confortable que son type de pensée est universel, elle qui provient de l'aire culturelle dominante et messianique. Elle est incapable dans sa candeur de s'imaginer dans la peau de l'opprimé. Je crains que ça ne changera que le jour où l'Angleterre ou les États-Unis auront été occupés par une puissance étrangère. Irlandais ou Écossais eux le comprennent tout de suite.
Il y a beaucoup de choses intéressantes dans le texte 2, largement dues à la plume de Greg Oxley, qui écrit de manière claire et accessible (au moins on ne peux pas lui reprocher de méconnaître la langue française!). Mais comme pour la LCR, son analyse de la question nationale est totalement inadaptée à l'histoire de notre pays, et donc le résultat est une pure production idéologique verbale et inoffensive. Mais utile, en fin de compte, pour diviser les communistes qui veulent qu'une direction en échec qui a oublié le marxisme et la classe ouvrière rende des comptes. En avril, lorsque je lui ai demandé s'il voulait participer à un front antiliquidateur, il a refusé dédaigneusement, mais lui et ses disciples se sont indignés lorsque j'ai supposé qu'ils visaient des "strapontins" à la direction. Et bien, Greg, c'est maintenant qu'on va savoir si vous allez dédaigner aussi les strapontins? Ou si tu vas préférer passer en bloc avec tes ouailles au NPA? Ou si tu vas accepter de travailler honnêtement à la relance du PCF, et à sa transformation démocratique, avec tous les signataires du texte 3?
Gilles Questiaux, 2 novembre 2008
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