Commentaire de Pasquale Noizet : les droits des travailleurs en Chine
18 Octobre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Chine
Grâce à cet appel de syndicalistes indiens pour la défense de la propriété sociale en Chine à lire ici j'ai enfin trouvé des réponses à certaines de mes questions concernant le développement énorme de la Chine d'aujourd'hui et j'en suis assez bouleversée.
« .../Le comité permanent de l'Assemblée nationale populaire (ANP) a contrôlé l'application de la loi sur le Travail dans 2.255 entreprises de sept villes et provinces. Quatre entreprises privées sur cinq n'avaient pas fait signer de contrat de travail à leurs employés ! " Les droits légaux des employés étaient fréquemment violés dans plus de 80% des entreprises privées, en particulier dans l'immobilier, l'industrie légère, la confection et la restauration ", déclara He Luli, vice-présidente du comité permanent de l'ANP en décembre 2005. »
« Cette politique se poursuit aujourd'hui. " Il faut continuer à promouvoir la propriété privée ", écrivait l'OCDE dans son rapport de 2005. Le président Hu Jintao a dit en octobre dernier qu'il fallait poursuivre le développement sur la même voie. Ainsi, la Commission de gestion et de surveillance des biens des entreprises d'Etat avait l'objectif de faire passer en 2009 le nombre des grandes entreprises d'Etat de 170 à 80 ou 100. Selon l'agence officielle Xinhua, M. Li Rongrong, en charge de la Commission, travaillait au regroupement de ces entreprises selon les lois du marché et le gouvernement avait offert de débloquer des fonds pour aider les entreprises à se mettre en faillite et à licencier les travailleurs. De quel droit et pour quels intérêts l'OCDE peut-elle ordonner de liquider des entreprises qui appartiennent au peuple ? Quels intérêts la Commission de gestion et de surveillance des biens des entreprises d'Etat (SASAC) et le gouvernement servent-ils en répondant positivement à ces exigences des multinationales et des institutions économiques et financière internationales ? »
Qui a ouvert la boite de pandore et pourquoi ? A qui profite le crime ?
Le développement de la Chine que je qualifie de « trop rapide » et de non maitrisé a des raisons extrêmement claires : le capitalisme est entré par la fenêtre restée ouverte et déploit tout son savoir faire prédateur !Ceux qui ont ouverts ces fenêtres ont voulu une mutation et une démocratisation du système politique communiste mais au lieu de commencer par la démocratisation des pratiques et leur assouplissement, ils ont « confondus » démocratisation et « pays dits démocratiques » donc capitalistes. Ils ont pensé pouvoir maitriser le monstre capitaliste en y opposant ce qui fait leur force : l'étendue immense de la Chine, son histoire marquante des siècles passés, son peuple si nombreux, et il a fini par brader ce peuple travailleurs contre des cacahouètes pour les uns et des actions et magots vite gagné pour les autres, par la corruption et par des pratiques dignes des pays occidentaux capitalistes.
« Voici comment un économiste américain, ancien responsable de la Banque mondiale à Pékin, voit en octobre dernier, après le 17e congrès du PCC les " vrais problèmes qui sont en jeu ": " La libéralisation du système financier : à quel rythme la Chine doit-elle vendre ses banques et autres institutions financières au privé, mais aussi au capital étranger ? La libéralisation économique : est-ce qu'on soumet le travail et les barrières structurelles à davantage d'ouverture pour le commerce, et plus vite ? " Pourquoi faudrait-il se plier à ces injonctions ? »
Cela m'évoque fortement ce que nous vivons ici en France : la main mise de l'Europe sur les lois nationales de notre pays, la main mise financière et la crise qui en ressort qui n'est qu'un morceau de l'iceberg résultant entre autre de la mondialisation de l'économie capitaliste. La Chine en subit aussi les conséquences en libéralisant son système financier.
« A propos de la nouvelle loi sur le contrat de travail, l'agence Xinhua écrivait le 29 décembre 2007 :" Des statistiques indiquent que 40% des employés du secteur privé n'ont pas de contrat de travail, et certaines critiques ont pointé du doigt les salaires impayés, le travail forcé et autres qui ont favorisé le boom économique chinois. " Cette loi vise à protéger les travailleurs dans les entreprises privées : " Le gouvernement a fait un bon travail, mais il lui reste beaucoup à faire ", explique un responsable du PCC opposé à la politique d'ouverture ».
Ce qui s'avance comme progrès en Chine n'est qu'une régression des acquis sociaux car le contrat de travail est bien le premier acquis social des travailleurs sinon ils deviennent ou redeviennent des esclaves. De vouloir brûler les étapes les « décideurs » chinois rompent avec le contrat social qu'ils devraient observer s'ils n'étaient pas corrompus.
« Pourquoi faudrait-il se plier à ces injonctions ? »
Oui pourquoi faudrait-il se plier à ces injonctions ? Quel est le but visé par les hauts responsables du PCC ? Un enrichissement personnel ? Une stratégie qui n'a pas estimé le poids de l'ennemi en face pensant que la Chine était la plus forte et qu'elle dominerait les requins capitalistes en leur rachetant leurs entreprises et leurs dettes ? En jouant les « nouveaux riches » ?
« Avec cette loi, tous les travailleurs chinois, en particulier ceux qui travaillent pour des multinationales ou pour des sociétés chinoises privées pourront disposer d'un contrat de travail. C'est l'expression de la vieille loi de la lutte des classes, qui voit l'exploitation nourrir la résistance à l'exploitation. Cela rend nécessaire le renforcement du combat du monde du travail pour des droits légaux garantis. Et cela soulève la question de l'unité de la classe ouvrière chinoise, fondée sur les conditions sociales qui ont permis son développement. Des dizaines de millions d'ouvriers chinois ne bénéficiaient-ils pas tous d'une protection du travail à vie, du droit à la santé, à l'éducation de leurs enfants, avec l'existence des entreprises d'Etat ? Pourquoi faudrait-il y renoncer ? .../ »
Je pense que si les partis communistes étaient curieux et solidaires entre eux ils n'en seraient pas là à se regarder à distance et à compter les points gagnés ou perdus contre le capitalisme mondialisé. Si notre parti, plutôt que de tendre la main au PCC n'avait pas préféré défendre la cause tibétaine pour composer avec la « gôche française » qu'il veut rassembler à lui seul, si notre parti avait le moindre sens de ses responsabilités à l'échelle du monde, il aurait offert aux syndicalistes chinois de participer à ses congrès et demandé à participer en tant qu'invité (ou observateur peut importe) aux congrès du PCC. Nous voulons tellement avoir l'air « politiquement correct » que nous renions les peuples qui vivent une expérience courageuse et qui actuellement subissent de plein fouet l'incendie allumé par les prédateurs capitalistes et les personnes corrompues en Chine ou tout simplement qui ne peuvent résister à l'appel de ces sirènes s'étant attaché à un mat qui vient de casser. Pasquale Noizet le18 octobre 2008
Réveil Communiste :
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Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
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