Syndicalistes indiens pour la défense de la propriété sociale en Chine
Olivier Doriane (signataire français) nous a communiqué cet appel :
Comité international pour la défense de la propriété sociale
en Chine, pour la défense des travailleurs chinois
Nous qui faisons partie du mouvement ouvrier, militants et responsables de syndicats et de partis ouvriers, nous qui dans nos pays luttons contre les restructurations et les privatisations des entreprises publiques, qui luttons pour la paix, contre la guerre et l'exploitation, qui combattons pour substituer à la propriété privée et son cortège de misères la propriété sociale qui ne doit prendre en compte que les besoins des ouvriers et des paysans, nous avons longuement débattu et établi :
Face à la situation de misère et de guerre qui se développe sur notre continent, menaçant l'existence même de nos pays et de nos nations, face à l'offensive généralisée du régime de propriété privée qui se développe en Chine, menaçant la propriété d'Etat, nous ne pouvons être spectateurs indifférents, nous devons agir. Nous ne sommes pas neutres.
La première nécessité urgente, c'est la défense de la propriété sociale en Chine, notamment des entreprises d'Etat, contre le rétablissement d'une propriété privée dominante, contre les forces de l'économie de marché qui mèneraient à l'effondrement pour le peuple chinois, pour tous les peuples d'Asie. C'est pourquoi nous décidons de mettre sur pied un comité de liaison international pour la défense de la propriété d'Etat en Chine, pour la défense des travailleurs chinois.
La révolution ouvrière et paysanne chinoise de 1949 a en effet soulevé un immense espoir pour les ouvriers et paysans du monde entier, plus particulièrement pour tous les peuples de l'Asie et du continent indien : il était enfin possible, à l'image de la victoire de la Révolution russe, de ne plus subir le joug et d'exproprier le gros propriétaire foncier, de se débarrasser de l'usurier et de l'industriel privé exploiteur. En Chine, les exploités étaient en passe de devenir les " maîtres du pays ". En chassant les capitalistes, les ouvriers et les paysans chinois réalisaient l'unité de la nation chinoise. N'avaient-ils pas raison ? Faudrait-il renoncer au combat pour en finir avec le régime de l'exploitation ? Faudrait-il accepter la dislocation de l'unité de la nation chinoise ?
" Si la Chine s'effondre, l'Asie s'effondre. Si le régime de propriété privée finissait par l'emporter, la classe ouvrière chinoise serait demain soumise aux pires conditions d'exploitation, ce serait une catastrophe pour tous les travailleurs d'Asie, et au delà, du monde", déclare un responsable syndical du Pakistan.
Ce débat se mène en Chine
Nous savons bien que ce débat se mène aussi en Chine. Voici ce que constataient des anciens cadres et ministres l'été dernier quand ils écrivaient aux dirigeants du Parti communiste chinois (PCC) : " Est-il possible que nous ayons pris la mauvaise voie, qui nous mènerait ailleurs ? (...) Le socialisme chinois est précaire. Le peuple chinois est parvenu à un stade extrêmement critique ! En nous basant sur des faits actuels, il nous faut admettre que la réforme en Chine nous dirige vers la transformation de la propriété publique en propriété privée et le passage du socialisme au capitalisme. "
C'est le constat qui s'impose. Avec la politique de réforme et d'ouverture, les autorités chinoises ont lancé il y a bientôt 30 ans la restructuration et la privatisation des entreprises d'Etat, tandis qu'elles encourageaient les entreprises privées, notamment à capitaux étrangers.
Qui a payé le prix fort ?
A quel prix pour les travailleurs ? Un rapport de 2004 du ministère du Travail et de la Sécurité sociale révélait que les travailleurs migrants du Delta de la Rivière des Perles, où sont concentrées les usines de surexploitation, avaient vu leur salaire moyen croître de 68 yuans (7 euros, 8 dollars US en 2004) en douze ans ! Dans le même temps, une livre de riz ou une livre de viande de porc coûtaient trois fois plus cher et les fonctionnaires avaient vu leurs salaires multipliés par cinq. La richesse (PIB) de la ville de Dongguan par exemple augmentait de 20% par an. Le même rapport du ministère affirmait que les industriels essayaient d'atteindre les profits les plus élevés possibles aux dépens des salaires et conditions de travail des ouvriers. Selon une étude réalisée en avril 2004 à Shenzhen, avec sa célèbre zone économique spéciale, auprès de 4.488 entreprises à capitaux étrangers de plus de 500 travailleurs, 46% des entreprises payaient leurs ouvriers au-dessous du salaire minimum légal, 60% ne payaient pas les heures supplémentaires selon la loi.
Et deux ans plus tard ? Le comité permanent de l'Assemblée nationale populaire (ANP) a contrôlé l'application de la loi sur le Travail dans 2.255 entreprises de sept villes et provinces. Quatre entreprises privées sur cinq n'avaient pas fait signer de contrat de travail à leurs employés ! " Les droits légaux des employés étaient fréquemment violés dans plus de 80% des entreprises privées, en particulier dans l'immobilier, l'industrie légère, la confection et la restauration ", déclara He Luli, vice-présidente du comité permanent de l'ANP en décembre 2005.
Cette politique se poursuit aujourd'hui. " Il faut continuer à promouvoir la propriété privée ", écrivait l'OCDE dans son rapport de 2005. Le président Hu Jintao a dit en octobre dernier qu'il fallait poursuivre le développement sur la même voie. Ainsi, la Commission de gestion et de surveillance des biens des entreprises d'Etat avait l'objectif de faire passer en 2009 le nombre des grandes entreprises d'Etat de 170 à 80 ou 100. Selon l'agence officielle Xinhua, M. Li Rongrong, en charge de la Commission, travaillait au regroupement de ces entreprises selon les lois du marché et le gouvernement avait offert de débloquer des fonds pour aider les entreprises à se mettre en faillite et à licencier les travailleurs. De quel droit et pour quels intérêts l'OCDE peut-elle ordonner de liquider des entreprises qui appartiennent au peuple ? Quels intérêts la Commission de gestion et de surveillance des biens des entreprises d'Etat (SASAC) et le gouvernement servent-ils en répondant positivement à ces exigences des multinationales et des institutions économiques et financière internationales ?
Voici comment un économiste américain, ancien responsable de la Banque mondiale à Pékin, voit en octobre dernier, après le 17e congrès du PCC les " vrais problèmes qui sont en jeu ": " La libéralisation du système financier : à quel rythme la Chine doit-elle vendre ses banques et autres institutions financières au privé, mais aussi au capital étranger ? La libéralisation économique : est-ce qu'on soumet le travail et les barrières structurelles à davantage d'ouverture pour le commerce, et plus vite ? " Pourquoi faudrait-il se plier à ces injonctions ?
A propos de la nouvelle loi sur le contrat de travail, l'agence Xinhua écrivait le 29 décembre 2007 :" Des statistiques indiquent que 40% des employés du secteur privé n'ont pas de contrat de travail, et certaines critiques ont pointé du doigt les salaires impayés, le travail forcé et autres qui ont favorisé le boom économique chinois. " Cette loi vise à protéger les travailleurs dans les entreprises privées : " Le gouvernement a fait un bon travail, mais il lui reste beaucoup à faire ", explique un responsable du PCC opposé à la politique d'ouverture.
Avec cette loi, tous les travailleurs chinois, en particulier ceux qui travaillent pour des multinationales ou pour des sociétés chinoises privées pourront disposer d'un contrat de travail. C'est l'expression de la vieille loi de la lutte des classes, qui voit l'exploitation nourrir la résistance à l'exploitation. Cela rend nécessaire le renforcement du combat du monde du travail pour des droits légaux garantis. Et cela soulève la question de l'unité de la classe ouvrière chinoise, fondée sur les conditions sociales qui ont permis son développement. Des dizaines de millions d'ouvriers chinois ne bénéficiaient-ils pas tous d'une protection du travail à vie, du droit à la santé, à l'éducation de leurs enfants, avec l'existence des entreprises d'Etat ? Pourquoi faudrait-il y renoncer ?
Contre les privatisations qui menacent l'existence même de la Chine
La défense des droits, de l'emploi et du contrat de travail ne peuvent être séparés du combat des ouvriers contre le démantèlement des entreprises d'Etat, contre le chômage et contre l'exploitation des multinationales. Contre les multinationales et les privatisations qui menacent l'existence même de la Chine comme nation unifiée et souveraine, le combat de la classe ouvrière chinoise n'a-t-il pas cette signification : rétablir la propriété collective des moyens de production et en assurer le contrôle ?
Pourquoi devrait-on renoncer à la voie ouverte par l'action révolutionnaire du peuple chinois ? Au nom du respect de la " mondialisation " et du caractère " incontournable " de l'économie de marché ? Mais si tel était le cas, alors ce serait l'objectif du mouvement ouvrier qui n'aurait plus de raison d'être. Il n'y aurait plus alors qu'à " accompagner la mondialisation ", ce qui n'est rien d'autre que la destruction des bases mêmes de la civilisation.
" Soumettre le travail et les barrières structurelles à davantage d'ouverture pour le commerce ", c'est à cela que servent la liquidation des entreprises d'Etat et l'encouragement aux entreprises privées pour ensuite faire adopter dans les autres pays des mesures désastreuses présentées comme nécessaires pour la compétitivité des entreprises.
"La loi sur les zones économiques spéciales en Inde nous vient de Chine avec cette argumentation des capitalistes et du gouvernement qu'il s'agit de concurrencer la Chine dans le domaine de la production de biens bon marché et de services ", dit un dirigeant syndical indien. Les zones économiques spéciales instaurées en Chine à partir de 1979 servent donc ainsi de modèles et d'armes contre les droits des travailleurs.
Un autre syndicaliste dit : " Tout se ramène à la question du coût du travail. Ici, on parle de faire travailler les salariés du textile pendant 60 heures dans le cadre de CDD, de la généralisation en Inde de zones économiques spéciales où les lois indiennes ne s'appliqueraient pas. " Les autorités ont rétabli le travail de nuit des femmes. Un syndicaliste du Bangladesh dit : " Le gouvernement viole la loi en interdisant l'existence et l'activité de syndicats dans les zones spéciales d'exportation. " C'est dans ces zones spéciales que vont s'implanter les usines du textile, alors même que le coût du travail au Bangladesh est plus bas qu'en Chine.
Faudrait-il accepter ces politiques comme un fait accompli ? Tout serait-il définitivement joué en faveur de la propriété privée ? Tout espoir de propriété sociale serait-il définitivement perdu ?
Aujourd'hui, si les conquêtes de 1949 sont menacées de disparaître, elles n'ont pourtant pas encore complètement disparu malgré les trente ans de " réformes ", comme l'écrit l'expert chinois d'une fondation américaine : " En Chine, l'Etat reste profondément et considérablement enraciné dans l'économie en dépit de trente ans de réformes. Aujourd'hui, la propriété d'Etat compte pour 35 % du PIB, l'Etat contrôle les plus grandes entreprises du pays, a le monopole des secteurs clés de l'industrie : banque, énergie, ressources naturelles, détient des milliers de milliards de dollars d'actifs et lance chaque année des investissements par centaines de milliards. "
De son côté, l'agence Xinhua précise : " Sur les 500 plus grandes entreprises du pays du classement 2007 de la Fédération chinoise des entreprises et de l'Association chinoise des directeurs d'entreprise, 349, soit 69,8 %, sont soit propriété d'Etat, soit contrôlées par l'Etat ".
Alors, n'est-il pas urgent de lancer cet appel clair : avant qu'il ne soit trop tard, il faut que cesse tout privatisation des entreprises d'Etat, directe ou déguisée. Les travailleurs chinois défendent la propriété d'Etat, nous nous déclarons à leurs côtés.
Frères et sœurs chinois, nous sommes à vos côtés
Nous qui combattons les privatisations dans nos propres pays, nous sommes à vos côtés lorsque vous défendez la propriété sociale dans les principaux secteurs de la production industrielle en défendant vos emplois, en exigeant le maintien de votre couverture santé et de vos retraites.
Nous savons que vous vous battez sur toutes ces questions, qu'il y a en Chine des grèves et des manifestations. Nous sommes à vos côtés.
Les travailleurs chinois sont dans leur droit légitime lorsqu'ils s'organisent pour se défendre. Aucune raison, aucun argument ne peuvent justifier que les entreprises d'Etat qui appartiennent au peuple chinois soient bradées aux spéculateurs privés et étrangers.
La crise du régime de propriété privée qui se manifeste dans les gigantesques pertes des banques dans les prêts " subprimes " n'épargne pas la Chine dans la mesure où son économie et ses finances sont de plus en plus intégrées au marché mondial en crise. Combien de milliards de dollars les banques chinoises vont-elles perdre dans ces investissements à risques ? Ne doit-on pas écouter ce citoyen chinois qui disait : " Grands dirigeants du gouvernement chinois, nous vous prions de ne pas être trompés par des loups qui parlent avec douceur et qui se sont camouflés dans une peau humaine (...). N'oublions pas que nos réserves en devises sont le produit de la sueur et du sang du peuple de Chine. Nous vous prions de les investir avec plus de soin".
Aucune raison que les entreprises étrangères et privées aient des droits, notamment de s'emparer des entreprises d'Etat, mais que les ouvriers en soient dépourvus quand ils veulent se défendre contre les prédateurs et les pilleurs. Aucune raison que les pilleurs puissent violer la loi pour voler la propriété d'Etat mais que les travailleurs qui veulent la protéger ne puissent faire appliquer la loi.
Le socialisme, ce sont les travailleurs !
A tous ceux qui pensent et disent : oui, les ouvriers et paysans chinois ont raison de défendre leurs usines et leurs terres contre les mises en faillite et les confiscations abusives, les entreprises d'Etat contre la privatisation, l'emploi contre les licenciements, la lettre à Hu Jintao déjà citée déclarait : " Nous devrions concevoir des orientations qui prennent vraiment en compte les principes du socialisme et les intérêts des travailleurs, des paysans et du peuple, dire la vérité sans avoir peur de perdre la face pour voir quels progrès ou erreurs ont été faits et quelles sont les leçons à en tirer. (...) L'économie en souffrira peut-être un certain temps mais cette politique aura le soutien sincère des larges masses et amènera donc une grande unité politique et économique ainsi qu'un fort développement. Nous avons des amis partout dans le monde et nous nous développerons. " Oui, la classe ouvrière internationale ne saurait être neutre. Les conquêtes aujourd'hui bafouées et attaquées de la révolution chinoise sont aussi nos conquêtes.
Oui, nous sommes les amis des travailleurs chinois
et c'est pourquoi nous décidons de constituer un Comité international
pour la défense de la propriété sociale en Chine,
pour la défense des travailleurs chinois
Mumbai, le 20 janvier 2008
Bangladesh : BADRUDDUJA CHOWDHURY Mohammad, président, Fédération de la jeunesse ; KABIR Ahamed, secrétaire adjoint, Fédération nationale des travailleurs du Bangladesh (BJSF) ; MONJUR Alam M.D., Fédération de la jeunesse, Chittagong ; MOZIBAR Rahaman, vice-président, Syndicat des ouvriers du textile, Dinajpur ; RAFIQZZAMAN, président de la Fédération nationale des travailleurs du Bangladesh ; SANZEED Hossain, secrétaire, Fédération de la jeunesse de la BJSF ; SARKAR Subal, secrétaire général, Association des paysans sans terre du Bangladesh (BBS) ; SOKANLA Duhla, secrétaire adjoint, BJSF ; ZAKIR Hossain J., secrétaire général, BJSF - France : DORIANE Olivier, Entente internationale des travailleurs et des peuples (EIT) ; FORGUE François, EIT ; GOZLAN David, EIT - Inde : D'SOUZA, Franklyn, secrétaire général, Fédération des employés d'Unilever de l'Hindustan ; DEEPAK Chi Danand Dubi, secrétaire général, Association des cadres de Schrader Duncan Ltd ; DEEPTI Gopinatu, secrétaire général, Syndicat des travailleurs des aéroports d'Inde (Mumbai) ; GARKWAD Vasan Shripat, Comité de solidarité syndicale (TUSC) ; GHOSH Asis Kusum, NFSRU ; GOMEZ Georges, président, Syndicat démocratique des pêcheurs et des travailleurs de la pêche ; JORGE Subhas Naik, président, Forum des syndicats indépendants ; KAGAL Ganesh, vice-président, Syndicat des employés de Nicholas ; KHADE Laxman Umesh, Association des cadres de Schrader Duncan Ltd ; NAIR M.S., Union syndicale des employés de Blue Star ; PAREKH Nalin V., vice-président, Syndicat des employés d'Unilever de l'Hindustan ; PATIL Arand, trésorier du Syndicat des employés d'Otis ascenseurs, Mumbai ; PAWAR KAGAL Dilip, syndicat des employés de Nicholas ; POL SINGH Satya, membre du syndicat des travailleurs de Gramin Khetehar ; PUJARI Harish, syndicat des employés d'Otis ascenseurs, Mumbai ; RAJ Shiv, secrétaire, Nirman Majdoor Pauchayat ; SANJAY Ambre, Fédération des employés d'Unilever d'Hindustan ; SANYAL Chandan Kanti, ancien secrétaire général, NFSRU ; SARM Nilesh, Association des femmes travailleuses du Bhanesh Gansee, Gujarat ; SAWE Lalit M., secrétaire général du syndicat des employés de Nicholas, Kampur ; SHANKAR Shiva, président, Syndicat de la Construction, Bengalore ; SINGH Rana Pratap, présidente, Syndicat des travailleurs des aéroports d'Inde (Mumbai) ; SINHA O.P., président, Comité des travailleurs d'Inde, Lucknow ; SUBIR Banerjee, membre du secrétariat national, NFSRU, Calcutta ; SUR Mona, membre de la CE du Conseil national des syndicats indiens, Kampur - VASUDEVAN Nambiath, secrétaire général, Fédération d'Inde des travailleurs de Blue Star, Mumbai - Pakistan : CHAUDHARY Gulzar Ahmed, secrétaire général, All Pakistan Trade Unions Federation (APTUF) ; GULZAR Yasir, secrétaire adjoint, Organisation des jeunes pour le progrès ; GULZAR Nasir, secrétaire à l'information, APTUF ; ILYAS Muhammad, secrétaire adjoint, Syndicat des travailleurs de la Presse ; JAMIL Rubina, présidente de l'APTUF ; JAVEED Ahmad, secrétaire adjoint, Fédération des travailleurs de l'industrie du tapis, ITTEHAD (APTUF) ; MUSHTAQ Ahmad M., vice-président, Fédération des travailleurs de l'industrie du tapis ITTEHAD (APTUF) ; NIAZ, Khan, secrétaire général, Fédération des travailleurs de l'industrie du tapis ITTEHAD (APTUF) ; SIDDIQUE Muhammad, secrétaire général, APTUF (District of Sheikupura).