Lettre sur la liquidation de l'UNEF et le rôle de MP Vieu
3 Septembre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ce qui ne peut plus durer au PCF
La question du syndicalisme étudiant n'est pas une question anodine. Lorsque Marie-Pierre VIEU, aujourd'hui selon le monde probable successeur de MGB a conduit la liquidation de l'UNEF, elle était à l'avant garde des mutants refondus. Les positions des étudiants sur la question, comme des non-étudiants sont révélatrices de leur conception du PCF.
Souvenons nous: avant 2001, il y avait deux UNEF: l'UNEF, qui regroupait les militants communistes et la majorité des militants d'extrême gauche et l'UNEF-ID, organisation sociale démocrate à la botte du PS, qui comptait des militants LCR. Marie Pierre VIEU est l'avant dernière présidente de l'UNEF, en 1997 quand arrive la gauche plurielle. Venue de la Fédération de Haute Garonne du PCF, dirigée par Paul LESPAGNOL, ami de Pierre BLOTIN et Robert HUE, elle est totalement acquise à la mutation-liquidation du parti. L'accord avec le PS est central, voire primordial: il faut s'unir à tout prix comme le signale BLOTIN dans son bouquin "communisme français, l'heure de vérité". Le syndicalisme étudiant sert alors de laboratoire à un congrès de Tours à l'envers. Tout en étant toujours aux commandes, MP VIEU passe le relais à Karine DELPAS, présidente de l'UNEF de 1998 à 2001, dernière présidente.
Le problème dans le syndicalisme étudiant, c'est que les oppositions politiques s'organisent dans les syndicats au péril de ceux-ci. Sous les présidences de MP VIEU et K DELPAS, ces conflits sont multiples: tout d'abord le conflit entre communistes et mutants sociaux démocrates qui est la matrice de la liquidation de l'UNEF. Ensuite, il y a le jeu des traîtres de la LCR qui finirent par s'allier avec les liquidateurs pour saborder l'organisation (dont l'inénarable Antoine PELLETIER, exclu puis réintégré de la nouvelle UNEF). Pour finir, il y a les oppositions dans l'opposition qui sont multiples entre communistes "orthodoxes" et gauchistes de groupuscules.
Pour une majorité de militants, le jeu de VIEU-DELPAS est clair: liquider peu à peu l'organisation, se rapprocher de la colllaboration de classe et du PS. Malgré la motion du congrès de Pantin, contre toute forme d'unification des 2 UNEF, qui est majoritaire, cette unification a lieu quand même en 2001. L'opposition, malgré de nombreux efforts et de nombreuses tentatives a échoué. Aucune autre organisation étudiante de masse, de lutte et représentative n'a pas être créée à ce jour.
Depuis 2001, la direction du parti dans laquelle est entré MP Vieu, qui y tient désormais un rôle très important, soutient l'UNEF. En fait c'est cette direction qui a organisé la réunification: peut-on imaginer une réunion dans le bureau de Robert HUE entre BLOTIN, VIEU, DELPAS et quelques autres? Peut-on imaginer ce qu'ils se sont dit? Tout d'abord qu'ils s'arrangeraient pour que ce soit la prétendue gauche du PS qui prenne en main la nouvelle UNEF: pari tenu: la nouvelle UNEF est depuis l'organisation politique des jeunes Emmanuelistes. Ensuite que les derniers dirigeants de l'UNEF se recaseraient soit à la MNEF devenue LMDE, soit à la direction de la nouvelle organisation: les soc ont vite fait le ménage et en deux ans la majorité des communistes étaient mis à l'écart de toute responsabilité. Mais il fallait une contrepartie pour que les socs acceptent de prendre à leur charge ces incapables: la direction du PCF allait leur donner en leur offrant d'occuper à titre gratuit l'ancienne imprimerie du parti, 112 boulevard de la vilette à Paris. Regardez sur les plans de la ville: cette adresse se trouve juste à coté du colonnel Fabien: et ce n'est pas un hasard.
Ajoutez à cela la servilité d'incompétents « journalistes » à l'Humanité, comme Marie Noelle Bertrand, qui encore en 2007, considérait la nouvelle UNEF comme le syndicat des étudiants communistes (lire son article édifiant sur la coordination nationale de Lille le 25 novembre dernier ou elle tait le fait avéré que les délégués de la nouvelle UNEF ne composaiet que 10% du total) d'anciens bureaucrates de l'UNEF recasés à l'Humanité (comme Pierre Henri LAB) qui font une propagande active pour cette organisation et vous trouverez la raison pour laquelle les socs ont accepté cette « réunification ». On pourrait comparer cette « réunification » entre UNEF et UNEF-ID à celle de la RFA et de la RDA: une annexion!
Depuis plusieurs années, nous sommes quelques uns à militer pour que les « opposants » à la direction actuelle liquidatrice du PCF prennent en compte cette question du syndicalisme étudiant. Parce que la liquidation de l'UNEF est le laboratoire de la liquidation du parti: tout commença par des difficultés financières... pour bazarder et la théorie et l'organisation. Parce que les communistes ne peuvent pas laisser en plan les étudiants qui depuis des années sont régulièrement en lutte contre les gouvernements libéraux et que sans organisation, ces luttes échouent régulièrement depuis 2002.
Mais depuis plusieurs années, on ne peut pas dire que les différents « opposants » se soient beaucoup intéressés à cette question... aucun à ma connaissance n'a réellement pris position : il est temps que cela change et que le scandale éclate!
Aujourd'hui ce soutien de la direction du parti ne peut plus être toléré en aucune manière. Comment accepter que le PCF loue les locaux de la fédération de Paris et même 2 étages du colonnel Fabien à des entreprises extérieures (ce qui est soit peut être justifié) alors qu'il prête gratuitement des locaux à une organisation étudiante qui n'est pas une organisation amie!
En effet, lors de la dernière ANA de l'UEC en mai 2008, l'Union des Etudiants Communistes s'est clairement prononcée sur la nature de la nouvelle UNEF: la majorité (90%) de cette organisation ne fait pas de syndicalisme mais de la politique sociale démocrate et du recrutement pour les différents courants du MJS. L'UEC s'est qui plus est prononcée, outre sur la syndicalisation des étudiants communistes, sur la création à terme d'une nouvelle organisation qui regrouperait les étudiants communistes, les organisations syndicales pour l'instant divisées qui refusent la collaboration éhontée que pratique la nouvelle UNEF avec Pécresse (Fédération Syndicale Etudiante, SUD-étudiants, TUUD (10% restant de l'UNEF), syndicats locaux: AGEPS, AGEC, AGEN...) et la masse des étudiants inorganisés qui d'années en année constituent la part de plus en plus importante des mouvements de résistance et de lutte.
C'est pouquoi cette année, avec d'autres camarades de l'UEC, nous avons milité pour qu'il y ait un stand du syndicalisme étudiant de lutte qui rassemble les syndicats existants et qui débate de l'embryon de cette nouvelle organisation. C'est le stand « FORUM UNITAIRE DES LUTTES ET DU SYNDICALISME ETUDIANT », situé avenue Salvador Allende.
C'est la seule chose que nous pouvons faire 7 ans après que MP Vieu ait liquidé l'une des principales organisation étudiante pour constituer ce dont rêvent les refondateurs: le pôle de radicalité composé par la « gauche » du PS, la LCR/JCR et la droite du PCF, avec entre autre « La Riposte »: toutes ces organisations étant d'accord sur le fond, le dernier président de l'UNEF jean-baptiste PREVOST ayant été élu à l'unanimité le 8 décembre 2007. Ont donc voté pour lui: Xavier CHIARELLI de la LCR et Jérémie GIONO de « La Riposte »: les opposants d'opérette!
En espérant que vous me publierez su votre blog,
Fraternellement,
Pierre-olivier POYARD, PCF/UEC du Doubs
Réveil Communiste :
Réveil Communiste est animé depuis 2010 par Gilles Questiaux (GQ), né en 1958 à Neuilly sur Seine, professeur d'histoire de l'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis de 1990 à 2020, membre du PCF et du SNES. Les opinions exprimées dans le blog n'engagent pas ces deux organisations.
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Le blog est communiste, non-repenti, et orthodoxe (comme ils disent). Il défend l'honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d'Octobre, historiquement lié à l'URSS quand elle était gouvernée par Lénine et par Staline, mais sans fétichisme ni sectarisme. Sa ligne politique est de travailler à la création et à l'unité du parti du prolétariat moderne, et de lutter contre l'impérialisme (contre le seul qui importe, l'impérialisme occidental, dirigé par les États-Unis).
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