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Réveil Communiste

Tribune du sénateur Ivan Renar sur les langues régionales

16 Juillet 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Front historique

Je mets cette tribune, publiée dans l'Huma d'hier, sur le blog, car elle recentre le débat sur la question réelle (à savoir inscrire ou pas les langues régionales dans l'article 1 de la Constitution). J'étais d'accord avec la position de l'Académie française, et je suis d'accord avec beaucoup de ce qui est dit dans ce texte ; mais concernant l'enseignement, il faut être plus clair. Que l'enseignement d'une langue régionale soit possible, à titre d'option, d'accord ; mais que l'enseignement se fasse, comme le demande la Charte européenne des langues régionales et minoritaires (non appliquée en France), dans ces langues régionales, voilà qui briserait l'égalité d'accès des (jeunes) citoyens au service public de l'enseignement, et qui est inacceptable.

Fraternellement

JC, le 16 juillet 2008


Tribune libre

À propos des langues régionales

Par Ivan Renar, sénateur du Nord.

Tout d’abord nous souhaitons réaffirmer que nous avons toujours été de fervents militants du plurilinguisme et de la diversité culturelle. À cet égard les langues régionales font indiscutablement partie de cette riche et indispensable diversité qu’il convient de préserver. C’est pourquoi nous avons toujours soutenu leur pratique et leur enseignement. Pour autant nous ne sommes pas favorables à leur inscription dans l’article 1er de la Constitution, qui ne contribuerait pas à les rendre plus vivantes mais conduirait avec certitude à écorner les grands principes de notre République.

Quelques réflexions à ce sujet :

1) Le 1er article de la Constitution définit la République comme l’oeuvre de tous et appartenant à tous, quelles que soient les particularités de chacun. Ainsi la République consacre ce qui rapproche les citoyens contre ce qui les divise. La meilleure façon de protéger les particularismes eux-mêmes est bien de garantir leur libre expression « privée » en les protégeant de toute ingérence « publique ».

2) Et justement, pourquoi introduire ce particularisme et pas un autre ? (demain la religion ?) Cela risque d’apparaître discriminatoire et d’ouvrir la voie à une division entre citoyens contraire à l’esprit de la République. Ne serait-ce qu’en matière linguistique, les personnes pratiquant des langues dites des migrants ne pourraient-elles pas légitimement se sentir victimes de discrimination ?

3) Le français est une langue mouvante, et aujourd’hui comme hier, c’est le parler populaire qui lui apporte ses nouvelles lettres de noblesse. Les nouveaux mots courants apparus ces dernières années doivent beaucoup aux parlers, aux métissages des cultures et à la culture des quartiers populaires (rap, verlan, etc.). Les langues importées par l’immigration ont en effet introduit une syntaxe, une prononciation et un lexique nouveaux qui ont un impact certain sur notre langue.

4) Pourquoi la Constitution évoquerait les langues régionales avant le français qui n’est mentionné qu’à l’article 2 ? Et ce alors même que notre langue nationale est de plus en plus menacée, y compris dans les institutions internationales ou européennes où elle est pourtant l’une des langues officielles ? Dans le contexte de mondialisation actuel où de nombreuses langues nationales sont de plus en plus mises en danger par l’usage de l’anglais, la priorité reste de consolider la place

du français. « Alerte sur les langues ! », titrait le Monde

en date du 10 juin, soulignant que le français et l’allemand, deux des trois langues de travail de l’UE, continuent de perdre du terrain à Bruxelles, au profit de l’anglais.

En mars 2006, à Bruxelles, le président Chirac avait quitté

la salle du Conseil, refusant d’entendre le français Ernest-Antoine Seillière, président du patronat européen, s’exprimer en anglais, devenu la langue de l’économie dominante.

Le président avait raison car « le premier instrument du génie d’un peuple, c’est sa langue », disait déjà Stendhal.

5) Comment ne pas relayer l’inquiétude de l’Académie française quant à la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution. C’est une démarche extrêmement rare de la part de la vénérable institution. L’Académie, « qui a reçu le mandat de veiller à la langue française dans son usage et son rayonnement », demande « le retrait de ce texte dont les excellentes intentions peuvent et doivent s’exprimer ailleurs, mais qui n’a pas sa place dans la Constitution ».

6) Même si elle ne l’a pas ratifiée, la France applique

de nombreux articles de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires. La législation française prend déjà en compte le fait linguistique régional même si cette législation doit être encore améliorée car unité du pays ne signifie pas pour autant uniformisation. Bien sûr que les langues régionales font partie du patrimoine de la France ! C’est tellement évident ! Pourquoi l’inscrire dans la Constitution ?

7) Le français est avant tout une langue fédératrice qui permet de donner corps aux principes de liberté, égalité, fraternité

de notre République. Tous différents mais tous égaux en droits. Ainsi l’ordonnance de Villers-Cotterêts, qui a institué sous François Ier le français comme langue du royaume, permet à chacun de se faire comprendre et de comprendre les autres, de se défendre, de témoigner, d’attaquer en justice, etc. Remettre en question cette ordonnance comme le prévoit pourtant la charte européenne constituerait un net recul comme l’a d’ailleurs confirmé le Conseil constitutionnel

en 1999. L’usage du français pour les actes législatifs et les autres documents est une nécessité politique et démocratique.

8) Si depuis la révision constitutionnelle de 1992, l’article 2

du texte fondamental précise que « la langue de la République est le français », ce n’est pas contre les langues régionales mais pour lutter contre l’envahissement de l’anglais.

9) Madame Albanel a annoncé le dépôt d’une loi destinée

à « normaliser et organiser l’apprentissage et l’emploi des langues régionales ». Alors que l’État ne cesse

de se désengager et que de nombreux enseignements sont aujourd’hui en souffrance, on peut craindre qu’une telle loi verra ses effets limités si elle n’est pas accompagnée des moyens nécessaires de l’État qui font déjà cruellement défaut. Alors qu’il n’y aurait aucun intérêt à faire lire la Princesse

de Clèves à l’école, (pour reprendre un propos du président

de la République), comment croire alors que les poètes Frédéric Mistral et Jules Mousseron trouveraient soudain une place de choix dans les programmes ?

10) Plutôt que de vouloir inscrire les langues régionales dans la Constitution, donnons leur plutôt une vraie place dans

la vie quotidienne : à l’école, à la télé comme à la radio, car elles font véritablement partie de notre culture. De plus, comme en témoigne le succès du film Bienvenue chez les Ch’tis, il existe un attachement aux langues et parlers régionaux. Pour autant, personne ne peut contester que nous avons besoin d’une langue commune et nous savons bien

à quel point la maîtrise du langage est au coeur des enjeux

de pouvoirs et par conséquent de la liberté.

11) La promotion des langues et des cultures régionales comme un élément de culture est important. Je dis souvent que l’universel, c’est le local sans les murs. En revanche, cela ne doit pas s’apparenter à un enfermement régionaliste

ou communautariste, au contraire. Posséder des racines

ne doit pas empêcher d’avoir des ailes. On ne rappellera jamais assez que nous appartenons à une communauté qui s’appelle l’humanité.

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E
Michel,À lire ton historique, j'ai une question à te poser: et alors ?Que faut-il faire d'après toi dans le débat actuel ? Faut-il conclure de ce que tu dis qu'il est juste de trafiquer la constitution pour permettre la ratification d'un traité qui reconnaîtrait le droit à tout individu de s'exprimer en Allemand devant une juridiction ou une administration française ?Ou faut-il juger que les anciennes langues régionales, le Breton, l'Occitan et d'autres éventuellement (pour le ch'ti, je suis sceptique, n'en déplaise à Ivan Renar) font partie de notre patrimoine culturel national, doivent être à ce titre étudiées et conservées, mais n'ont rien à faire dans la constitution, surtout s'il s'agit de permettre la ratification d'un traité inégal (un de plus !) ? 
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G
Il s'est singularisé aussi en soutenant l'invasion du Liban par Israël en 2006
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G
Ivan Renar est intarissable sur le pourquoi du comment inscrire ou pas les langues régionales dans la constitution. Mais sur le communisme et son histoire c'est un autophobe et un repenti, le postcommuniste typique, dans toute sa spelendeur, voir le lien ci-dessous!
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M
Yvan Renar est un homme du Nord .Il ne devrait pas ignorer que le territoire de ce qui est devenu la France d'aujourd'hui connaissait principalement deux entités linguistiques , au Nord les pays de langue d'oil , au sud les pays de langue d'oc , la"frontière" entre ces deux entités se situant au niveau de Bourges comme c'est indiqué sur l'autoroute A20 . Il serait intéressant de faire connaître les circonstances exactes qui ont fait que le langage du Nord a été imposé par les féodaux du Nord à l'autre moitié de ce qui est devenu la France . Cette "colonisation" n'a d'ailleurs pas été que linguistique , les cadets des familles féodales du Nord victimes du droit d'ainesse se sont taillés par la force et au nom de la foi de bons fiefs . Je ne vois pas pourquoi ces circonstances historiques ne sont pas rappelées , il est bon qu'un peuple connaisse bien son passé , y compris ses élus .
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E
Défense des "langues" régionales : débat pour "bobos"? Attachons nous à défendre la langue française menacée de toutes parts et refusons la dictature de l'anglais en voyant bien qu'il s'agit là d'une stratégie pour nous imposer, à treme, le "modèle anglo-saxon".   
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