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Réveil Communiste

Pascal Borelly à Tours

18 Juin 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

Pascal Borelly

Intervention Tours 14 juin 2008

 

Nos structures ne sont pas à réfléchir en elles-mêmes. Elles sont étroitement liées à notre  conception, notre démarche de rassemblement, à la place que nous voulons donner au mouvement populaire dans la construction du projet politique.

 

Et là, il y a deux options

 

La première: on place le mouvement populaire en force de soutien à des alliances ou coalitions électorales. Le Parti Communiste représentant une des composante de la gauche. C'est par exemple en France :

  • L'expérience du programme commun.
  • De la gauche plurielle.
  • Des comités anti-libéraux.
  • En Espagne celui de Gauche Unie. En Italie c'est la coalition Arc en ciel.

 

Et le moins que l'on puisse dire c'est que les expériences ne sont pas concluantes.

 

Soit on met le mouvement populaire au centre de notre démarche

 

On fait du mouvement populaire l'auteur et l'acteur décisifs du changement ? C'est cette option là qui est sortie des AG de section. Ce doit être le point de départ de nos réflexions. Permettre aux citoyens d'intervenir du local au mondial sur tout ce qui fait leur vie au travail et hors travail.  De la gestion des entreprises ou la vie dans le quartier, aux grands défis posés à l'humanité comme : les problèmes de la faim dans le monde, la paix, l'écologie, la crise financière ...etc. C'est de notre peuple, de l'avancée d'idées transformatrices, du développement des luttes en France, en Europe, dans le monde que naîtront les conditions d'un large rassemblement. C'est à partir de ces données qu'il faut nous faut réfléchir à une réorganisation d'ensemble de nos structures branchées directement et en permanence sur des enjeux d'actions. Les sujets de mobilisations ne manquent pas,  nous pouvons tous donner de nombreux exemples.

 

Le Parti Communiste Français doit donc se transformer profondément  et démocratiser sa vie interne pour continuer dans les conditions d'aujourd'hui, pour être un grand parti populaire et national et répondre à ces défis. C'est ce qu'a exprimé une très large majorité de communistes à l'A-G des délégués de sections.

 

1°) Alors, comment avancer ?

 

Aucun changement ne naîtra spontanément nous le savons bien. Il y a besoin d'organisations, de débats, de mobilisations, de confrontations, de luttes pour faire reculer l'injustice et construire un véritable projet politique qui donne le pouvoir aux citoyens. Le Parti Communiste peut et doit être utile à cela. Ce doit être notre ambition. Nous avons des atouts pour faire dans la diversité de nos approches du 34 congrès un congrès qui va marquer la vie politique et redonne espoir à notre peuple.

 

Le premier de nos atouts ce sont les adhérents, les collectifs de communistes, leur engagement pour changer la société. Nous devons leur permettre de rayonner individuellement et collectivement, d'intervenir efficacement dans les batailles politiques, les luttes, leur donner tous les moyens pour intervenir sur les lieux de travail, la ville, le quartier...etc. Deux conditions indispensables :

 

Ø  Première condition. Entreprendre un véritable travail de renforcement, d'implantation et d'organisation. Aucun projet politique ne pourra s'élaborer, aucune victoire durable ne pourra être acquise dans des déserts de communistes. Le mouvement social manque cruellement depuis trop d'années d'intervention politique. C'est ce qui explique en partie ses limites. Comment par exemple gagner la bataille de la protection sociale (sécurité sociale, retraite, place de l'hôpital) sans avoir des milliers de débats et de mobilisations avec les salariés, les usagers sur les conditions de son financement. Les salariés, les citoyens rejoignent le Parti pour agir du local au mondial.

 

Ø  Deuxièmement. La mise sur pieds d'un véritable réseau de formation des militants. Nous voulons pour ambition de transformer le monde. Encore faut-il le comprendre. Le besoin de formation a été souligné par la quasi totalité des participants à l'A-G des délégués de section. Il faut apporter une réponse rapide. Les communistes ont besoin de repères fondamentaux, de connaissances théoriques. A partir de la culture marxiste, de nos acquits, travailler à la mise sur pieds d'un véritable secteur études et recherches pour favoriser l'élaboration et  la confrontation. Les moyens modernes doivent nous permettre de construire a travers tout le pays un véritable réseau formation, d'éducation populaire, de démultiplier les participants, les intervenants, les sujets. Cet effort de formation pourrait être relayé à tous les niveaux.

 

2°) Les lieux de travail, décisifs pour rassembler le salariat

 

Le salariat représente aujourd'hui 92% de la population active. Notre premier objectif doit être de reprendre pieds dans le monde du travail, le salariat, tels qu'ils sont aujourd'hui. De la grande entreprise au labo de recherche, de l'hôpital au supermarché, du service public à la PME.

 

Cela doit devenir l'affaire de tout le parti, de toutes les directions à tous les niveaux. Une démarche politique n'est efficace que si elle est mise en oeuvre par tous.

 

Quelques mots sur les structures de proximité

 

Faire un inventaire de ce qui marche et de ce qui ne marche pas ou ne marche plus. Construire ou reconstruire des structures de proximité qui favorise l'organisation, l'intervention des salariés, des citoyens sur un même lieux de travail, dans une zone d'activité, un bassin d'emplois, une même filière, un service public, un quartier, une ville...etc. Des structures qui doivent permettre aux communistes de se rassembler de débattre pour organiser l'action.

 

a) La cellule 

 

Au-delà du nom, la question posée est celle de l'efficacité. Ce niveau de construction du rassemblement populaire est incontournable si nous voulons construire des rassemblements plus larges. Pour autant, le rôle de la cellule, ce n'est pas simplement les mobilisations locales sur l'emploi ou le logement. Elle doit s'insérer dans des batailles nationales beaucoup plus générales sur les conditions à remplir pour changer réellement la société. La cellule devrait être également le lieu dans lequel des militants s'affirment. C'est la meilleure école pour former des responsables.

 

 b) Collectifs, réseaux, secteurs

  

Pour autant qu'elle soit indispensable, cette structure de base ne recouvre pas l'ensemble des problématiques posées pour une intervention politique efficace. Par exemple comment intervenir efficacement sur les problèmes liés au fret de marchandises ou  la Révision Générale des Politiques Publiques si nous n'intervenons pas sur l'ensemble du territoire avec les cheminots, les élus, les populations, si nous ne mettons pas en liaison les enseignants, les agents des impôts ou encore la communauté militaire? Il y a donc besoins de collectifs ou de réseaux qui rassemblent les communistes d'un même secteur d'activités : santé, éducation, transports, aéronautique...etc. Des secteurs, des réseaux  ou collectifs qui aident à la réflexion, donnent de la cohérence à notre intervention. Certains secteurs ou collectifs existent déjà mais leur vie est difficile avec peu de moyens. Une nouvelle organisation du travail au niveau du CN doit leur donner la possibilité de déployer en grand leur activité.

 

Un mot sur le Conseil National

 

Au delà du nombre qui n'est pas forcément un obstacle en soi, c'est la composition du CN,  sa manière de travailler qu'il faut profondément modifier. Un nombre beaucoup plus important de camarades ayant une activité professionnelle, une direction à l'image de ce qu'est le monde du travail dans toute sa diversité. Une direction tournée vers l'action, capable de décider de grandes campagnes nationales, d'en assurer une impulsion et un suivi réguliers. De pointer les avancées et les obstacles. Nous avons décidé une grande campagne sur l'argent. Où en sommes-nous ? Combien d'initiatives ont-elle été tenues. Quelles sont les idées en débat. Où sont les points de blocage ? C'est cela qu'attendent les militants d'une direction. En finir avec des débats généraux qui ne permettent pas de pousser le débat. Prévoir des CN avec des ordres du jour particuliers.

Le CN devrait élire en son sein un exécutif resserré, avec pour chacun de ses membres  une responsabilité politique particulière. Là aussi un suivi régulier est nécessaire.

 

Il me semble également utile de nommer un secrétariat limité à la coordination et à la mise en œuvre des décisions.  

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P
Entièrement d'accord avec cette intervention à laquelle je rajouterais une chose : il faut privilégier l'implantation et l'action en direction des quartiers populaires, des couches sociales les plus atteintes par l'exploitation capitaliste, ceux qui ont majoritairement voté "Non" en 2005, les ouvriers, les employés, les chômeurs, etc... En gros, l'ancienne implantation de l'électorat communiste.
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J
Je souscris entièrement au contenu de cette intervention. Que ce soit sur la place que doit occuper le mouvement populaire, la formation, les structures d'organisation du Parti.
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