Journée de Pasquale Noizet à Tours le 14 juin 2008 avec post scriptum
Sur la journée du 14 Juin 2008 passée à Tours pour la rencontre nationale
« Repenser le changement : quelles transformations du PCF ? »
6 H. C'est l'heure à laquelle la fédé de Paris a donné rendez-vous aux camarades qui prendront le bus pour se rendre à la rencontre nationale de Tours.
Gérard Pellois, responsable à la vie du Parti de la fédé de Paris et secrétaire de section du XIXème ouvre le rideau de fer puis la porte. Il y a déjà un camarade fraichement arrivé puis d'autres arrivent petit à petit. Nous nous retrouvons à la cuisine à boire un bon café. Parmi les camarades je retrouve pour le 20ème notre secrétaire de section et l'ex secrétaire de section Martine Cotten aujourd'hui responsable de la formation (poste plein d'avenir si l'on en croit débats qui suivront dans les ateliers). Pour l'heure nous devisons et faisons même la connaissance d'un camarade de la section RATP qui se trouve aujourd'hui à travailler pour des organisations humanitaires. Je retrouve d'autres camarades du 20ème comme l'illustre Henri Malberg et le non moins illustre Patrice Bessac secrétaire fédéral de Paris, Porte parole national du parti, Raphaëlle Primet secrétaire de cellule du 20ème et responsable de la relation avec les sections d'entreprises et de l'organisation du stand parisien à la fête de l'Humanité et membre du CN.
6H30 Les camarades qui se sont inscrits pour le voyage en bus sont tous arrivés mais toujours pas le bus. Une bonne partie fume et discute sur le trottoir devant un car que nous aurions aimé être le nôtre mais il décharge des jeunes et ne semble pas prêt à nous emmener même à la mer comme plaisante Patrice Bessac. Monique Brun la trésorière de la fédé nous apprend que le chauffeur ne s'est pas réveillé. Les mines se rallongent.
6 h 55 Le car arrive enfin. Le chauffeur s'excuse. Nous prenons place, nous avons le choix le car est grand et nous sommes peu nombreux.
7h10 Quatre camarades, dont notre secrétaire fédéral, s'installent sur des sièges en vis-à-vis. Patrice Bessac, Martine Cotten, Marine Roussillon (secrétaire de section 5ème), Françoise Baran (élue du 11ème) entament une partie de belotte dans la bonne humeur. Les jeunes de la JC sont regroupés non loin. Henri pique déjà un roupillon. Il n'est pas le seul à rattraper le sommeil écourté et moi bien installée à l'avant du car, je ferme les yeux et me laisse aller à un peu de repos.
8h Gérard Pellois nous prépare du café que le conducteur nous offre pour se faire pardonner son retard. Ça réveille. Je commence à me plonger dans la relecture des huit textes proposés aux trois rencontres nationales de pré-congrès et mes notes. Je me suis inscrite à la demande de la fédé à un atelier que j'ai choisi : « Structure du Parti - Rayonnement de nos idées ». Gérard Pellois nous apprend alors que finalement, sur les cinq thématiques il n'en reste plus que deux. Celle que j'avais choisie et préparée n'est pas dans le lot. IL reste « Militantisme et engagement » ou « Démocratie- Unité »... je choisis cette dernière.
10h
Nous arrivons enfin. A L'accueil nous donnons nos noms en groupe avec notre secrétaire fédéral ça va plus vite, on prend aussi nos billets pour le repas (10 euros).
Le palais des congrès est un lieu très contemporain et l'espace est très aéré. L'escalator m'amène à l'étage où a lieu la rencontre.
10h15
Dans une salle bien remplie d'environ 400 places, je me faufile vers une place libre entre deux camarades que je ne connais pas. Michel Laurent est à la tribune à la fin de son discours. Étaient installés sur la scène de la tribune MG Buffet et d'autres camarades responsables du PCF. Sont aussi intervenus en introduction des ateliers, Joëlle Greder , Gisèle Cailloux, Pascal Borelly, Richard Sanchez... Alain Sfrecola. Des grévistes en lutte de Touraine et du groupe ERTA (NESLE) montent à la tribune et nous exposent leur situation (L'entreprise veut licencier au 1er septembre 49 salariés alors qu'elle a fait 6 milliards d'euros de bénéfice en 2007).
Je prends quelques notes succinctes de quelques interventions.
Joëlle Greder constate que le CN est un parlement alors qu'il devrait être un lieu où on élabore en commun en prenant des décisions lisibles à mettre en œuvre collectivement.
Gisèle CAILLOUX met l'accent sur le militantisme. Pour elle, il s'agit de prendre pied dans l'entreprise. La formation des militants est importante également. Les conseils départementaux doivent être plus à l'initiative d'actions avec les membres du conseil départemental. Elle dénonce le cumule avec d'autres responsabilités lourdes des élu-e-s du parti. Enfin elle pense qu'il serait utile que les membres du CN participent à une commission.
11 H
UN EXEMPLE D'ATELIER
ATELIER 13 - DEMOCRATIE-UNITE
Je me retrouve dans le même atelier que ma camarade Marine Roussillon, la seule parisienne de ma connaissance. Nous étions environ vingt à y participer. Marine a proposé de présider le débat avec Guillaume, jeune camarade collaborateur du maire de BOBIGNY et militant dans le 18ème arrêt de Paris.
Chacun se présente succinctement. Je note que Guillaume a travaillé à l'âge de 15 ans et a suivi des études en alternance avec son travail. Il est fils d'une famille nombreuse et il pense que la formation tout au long de la vie est une chose importante et permet d'évoluer dans un métier. Dans l'atelier je repère un nom connu des militants : Laurence COHEN, membre du CN.
Nous n'avons qu'une heure trente pour débattre, ce qui est fort peu si l'on veut approfondir et certains camarades (peu nombreux heureusement) prennent la parole en déviant de la thématique mais il est vrai que tant de problématiques se recoupent !
Les camarades qui parlent avant moi abordent le problème de la désignation par cooptation des titulaires de postes, du besoin de formation notamment pour les plus jeunes, de la diversité des membres du parti qui devrait être mieux représentée au niveau de ses responsables, d'un CN trop nombreux, du besoin d'une ligne claire de la direction suivie d'actions concrètes, et la souveraineté des adhérents est mise en avant. (Il serait intéressant d'avoir un compte rendu de nos 2 présidents de séances Marine et Guillaume)
Quant à moi, je suis intervenue sur la question des verrouillages des postes à responsabilité, de la cooptation des dirigeants et des nouveaux cadres trop souvent parrainés, qui se présentent trop rarement sous forme de candidatures spontanées. J'ai parlé de mon inquiétude quand au texte huit (l'un des textes produits en préparation aux trois rencontres nationales, qui propose un nouveau processus de construction du congrès. Peut-on rester aux statuts actuels ou faut-il se donner tous ensemble un « code de bonne conduite » avant de changer les statuts ? Ce qui reviendrait à ne pas respecter les statuts actuels en attendant de les changer arbitrairement. Ce n'est pas démocratique). J'ai argumenté aussi sur l'importance des cellules et de les développer à nouveau. Je ne crois pas à l'explication trop facile, qu'il y a moins de cellules parce qu'il y a moins de militant-e-s adhérents. Je crois que les cellules sont nécessaires au développement sur un territoire donné et permettent un travail de proximité avec les habitants des quartiers populaires notamment. Quant « aux directions » je préfère parler de LA direction qui est actuellement en responsabilité. Elle doit assumer ses responsabilités par des actions lisibles et une ligne politique claire.
L'atelier se termine et nos deux animateurs Marine et Guillaume commencent à travailler sur la synthèse, je reste un moment près d'eux. Arrive alors une camarade qui leur dit qu'ils doivent rejoindre pour ça les autres animateurs d'ateliers. Une synthèse de synthèses de tous les ateliers se fera en une seule fois. Que restera-t-il à la fin ?
Buffet ! (je ne parle pas de Marie George mais d'un appétissant buffet froid). Je prends place à une des nombreuses tables rondes où sont installés des camarades parisiens.
14 H REPRISE DES TRAVAUX - Retour dans la grande salle du congrès
SYNTHESE DES SYNTHESES DES ATELIERS
Ateliers DEMOCRATIE UNITE
La rapporteure (dont je n'ai pas retenu le nom) s'excuse à l'avance si tous les participants des ateliers ne retrouvent pas tout ce qui a été dit car il s'agit d'une « synthèse de synthèse ». En fait, plutôt un inventaire, avec beaucoup de positions vagues, ou incompatibles entre elles. Ce qui a été récolté dans les grandes lignes :
Mécontentement des communistes sur le fonctionnement du parti. Direction en incapacité de dégager une ligne politique claire pour plus d'efficacité dans la société.
Absence de perspective à gauche et besoin de capacité de rassemblement
Contexte social : déconstruction des acquis sociaux et affrontement de classes : le mouvement progressiste peine à avancer contre le capitalisme
Il existe différentes hypothèses et différentes réponses ce qui implique qu'il existe des tendances dans le parti. Il s'agit néanmoins de créer de l'unité sans pour autant gommer les diversités
Besoin d'un retour aux fondamentaux
Besoin de novation
Besoin d'une nouvelle force à gauche avec un PCF qui se transforme
Besoin d'un nouveau parti
(Retours aux fondamentaux, novation, besoin d'une nouvelle force à gauche, d'un PCF transformé, d'un nouveau parti, voilà qui représente en effet un panel des tendances du PCF )
Non respect des décisions prises collectivement
Besoin d'un bilan sur nos pratiques
Inconvénient des tendances sans en avoir les avantages notamment pour les tendances dans la direction sans pour autant savoir clairement qui pense quoi.
Ce qu'il faut changer :
La manière de prendre des décisions
La souveraineté des communistes (à respecter)
La conception des directions. Celles-ci sont devraient organiser des débats contradictoires véritables en donnant au préalable plus d'informations et de documentation sur les enjeux aussi.
Besoin d'une commission de travail qui nourrisse la réflexion commune et prévoir des auditions.
Moyens de communication utilisant l'interactivité. Essentiel d'avoir un processus de décision clairement défini
Conflits : ils font peur aux militants. Besoin pourtant d'opinions franches et contradictoires dans le but de parvenir à des résolutions
Dans les directions :
Besoin de renouvellement et de responsables issu-e-s du monde du travail et plus de jeunes. Le nombre de membres au CN est trop important et improductif. IL doit être réparti sur tout le territoire.
Elles (le choix de direction) doivent émaner des adhérents
Eviter les cooptations
Besoin d'écoute et de respect
Besoin de fédérer les communistes dans leur diversité
Impulser une ligne politique identifiable
Ascenseur dans les deux sens avec un lien plus fort entre le local la fédé et le national
Plus de transparence dans le travail des directions
Souveraineté des communistes : décisions prises en les faisant respecter majoritairement
Souveraineté : au dernier congrès cotisants et non cotisants : consultation par un bulletin de vote qui ne doit pas seulement poser les questions de la direction mais celles des adhérents
ATELIER MILITANTISME ENGAGEMENT
Chaque camarade est venu avec le sien : celui d'hier et celui d'aujourd'hui parfois diffère.
Besoin de repères
Raisons de l'engagement
Colère contre le système capitaliste, ses systèmes, les conditions de travail. Expériences personnelles et celles des personnes autour de soi.
Les valeurs : solidarité et liberté notamment
Volonté de participer au changement, dépassement du capitalisme
Les luttes : terreau plus favorable pour l'engagement
Difficultés
Histoire et expérience communiste, culture communiste (besoin de formation) et difficulté à la porter à l'extérieur du parti (discrédit auprès de certains)
Manque de projet identifiable pour militer
Conception du rassemblement fluctuante
Souveraineté des communistes est elle réelle ? Quelle appréciation ? Quels choix ? (consultations pour faire des choix importants qu'elle soit sous forme de questions claires)
Pas assez d'argumentaires
Les dirigeants doivent accepter d'être mis en minorité sur une question
Bilan des collectifs : expérience des campagnes : qui doit faire cette analyse, ce bilan ? La direction ne doit pas être juge et partie
Désigner des commissions ?
Quelle conception des directions ?
Elles doivent être au service des adhérents
Prendre des initiatives politiques
Diriger et impulser la réflexion
Engager des batailles idéologiques
Promouvoir le parcours militant
Aider à la formation
Prochain congrès devra trancher si PCF ou pas PCF (pourtant l'ANE semblait avoir tranché ?)
Besoin de formation parce qu'il s'agit de soutenir la bataille idéologique très médiatique
Quelle forme donner à cette éducation (formation) ? Ecole ? Education populaire ?
Formation :
Sur les points d'actualité comme par exemple sur le Grenelle de l'environnement
Se réapproprier nos acquis (visée communiste)
Formations pratiques (comment écrire un tract, outils internet rapports de proximité, comment se rendre utile et audible etc.)
Structures de proximité :
La cellule mais pas seulement. Rencontres transversales cellules/section avant de prendre des décisions
Se visibiliser localement, s'adapter aux réalités locales, retrouver le plaisir du militantisme et de l'engagement
Travail en commun dans le mouvement social/sociétal
La réalité de nos forces s'imposent
Elu-e-s : rester en lien avec la réalité de terrain et du parti
Militantisme sur les lieux de travail : mutation du monde du travail de plus en plus rapide. Réfléchir à ses évolutions, à notre responsabilité et aux enjeux que cela suppose.
Parti vieillissant : s'articuler plus sur les individus ( ?)
Dirigeants : plutôt donner des aides que donner des ordres
DEBAT PLENIERE
24 Départements étaient représentés et 32 interventions ont eu lieu
les interventions sont mises en ligne sur le site du PCF y compris la conclusion de Marie-George Buffet.
PN le 17 juin 2008
PS du 20 juin 2008
En réponse à un commentaire posté par Astrée (voir sous le texte)
Tu as raison Astrée il va bien falloir trancher et le congrès est le lieu pour ça. Je suis persuadée aujourd'hui que je n'avais pas tort d'avancer avec Jonathan l'idée d'un congrès dont l'échéance aurait dû se faire juste après les municipales et non 8 mois après. C'est une manière de faire trainer le débat, de laisser passer de l'eau sous les ponts pour oublier les échecs pour ne pas faire de bilan. Car le problème est là : il n'y a pas de bilan et d'analyse officiels qui conduiraient à une stratégie claire. On continue ça et là et je l'entends dans mon AG décentralisée, qu'il faut "rassembler la gauche" (et non plus "à gauche") ce qui veut dire qu'une fois encore nous serions le moteur de cette gauche en recomposition sans pour autant savoir qui nous sommes, ce que nous voulons.
J'ai posé une question précise à Pierre Laurent qui participait à la fin de notre débat dans notre AG décentralisée en lui demandant de développer sur ce qu'il entendait pas "rassembler la gauche" tout en lui dépeignant la situation de notre parti (qu'il connait bien) sa femme a voulu répondre à sa place ce qui était assez drôle, j'ai insisté pour que ce soit lui qui réponde et un peu confus il a fini par dire "il faut des idées pour rassembler la gauche" Ah??? "je comprends mieux" ai-je répondu. Ce que je comprends c'est qu'en fait on veut faire un linkspartei.
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